Vendredi, 18 Mai 2012

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"L'engagement est apprécié par les rédactions"

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altAnthony Nicolazzi est un passionné de voyages et de géographie. Rien d'étonnant de voir qu'il combine cette passion avec son métier de journaliste, qu'il a appris sur les bancs de l'IPJ. Aujourd'hui, il alterne le secrétariat de rédaction pour divers magazines et la pige pour la presse voyage, à travers des grands  reportages. Zoom sur ce type de journalisme où passion et curiosité sont les maître-mots.

Le voyage est une passion pour vous. Arrivez-vous à dissocier voyages personnels et journalisme ?
Absolument pas. Et je ne le cherche pas. Quand je suis en vacances, j'aime bouger, découvrir de nouveaux lieux, me balader en forêt. Quand je travaille, je fais exactement la même chose ! J'ai fait le choix de travailler sur des choses qui me passionnent. C'est parfois gênant, pour mes proches, lorsque je me lève à cinq heures du matin pour prendre une photo. Mais c'est passionnant de découvrir d'autres cultures.

Quelles sont les qualités que doit avoir un journaliste de voyage ?
La curiosité, avant tout. Mon boulot me prend 24 heures sur 24 et quand je tombe sur une information, je peux m'arrêter dessus durant une heure. Je sépare peu ma vie professionnelle et ma vie privée car j'ingurgite en permanence l'information pour la redistiller à destination d'autres personnes. Bien sûr, il faut pouvoir être résistant et ne pas avoir peur des contraintes du voyage. Mais le plus important, c'est la curiosité, et la passion bien entendu.

Vous êtes journaliste indépendant. Comment organisez-vous et financez-vous vos voyages ?
Il faut savoir que les sujets sont réalisés un an en avance, pour que le lecteur ait une image fidèle du pays qu'il visite. Souvent, je propose mes sujets et on en discute avec le rédacteur en chef. Dans le secteur du tourisme, c'est assez particulier puisque la plupart des reportages sont financés par des prestataires touristiques : offices de tourisme, voyagistes, compagnies aériennes,... Les rédactions s'y habituent, mais ont tendance à supprimer de plus en plus leurs pages tourisme car en fin de compte, elles font la communication des sociétés qui payent les voyages. Il est mal venu d'être invité par un voyagiste et d'en dire du mal. Pour ma part, je choisis des voyagistes selon certains critères, comme des critères éthiques.

Les médias peuvent-ils promouvoir un tourisme responsable ?
Il ne faut pas se voiler la face. La presse tourisme devient une « communication ». Les journaux qui font du tourisme responsable, c'est souvent à titre gracieux. Lorsque cette notion deviendra une réelle « demande de clientèle », alors le tourisme responsable sera peut-être au centre des préoccupations.

Quels conseils pourriez-vous donner à ceux qui veulent se lancer dans le journalisme de voyage ?
Il y a une chose que je n'ai pas faite et que je regrette : partir sur une longue durée et vivre dans le pays. Les courts séjours ne permettent pas de se rendre compte de la réalité. Et puis cela permet d'avoir un engagement au niveau de son métier. Aujourd'hui, pour un jeune journaliste, il n'est pas forcément facile de se spécialiser. C'est pour ça que l'engagement, comme partir six mois, c'est très important : c'est apprécié par les rédactions. Mais je n'ai pas vraiment de conseils à donner. Le jeune journaliste qui souhaite se lancer dans le journalisme de voyage le fera par passion. C'est un métier qui ne s'invente pas.

Contacts :
Mail : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Site web : http://www.nicolazzi.net

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