Débarqué il y a quelques années en Suède, le journal gratuit Métro est maintenant bien implanté en Belgique. Il séduit tous les jours un nombre très important de navetteurs, qui se voient proposer de l'information sans dépenser un sou. Au détriment de la presse classique ? Luc Rademakers, rédacteur en chef de Metro Belgique, répond à nos questions.
Luc Rademakers, pourquoi avez-vous lancé un journal gratuit ?
On avait remarqué que cela marchait bien en Suède. Il y a 3 ans, la presse gratuite n'était pas encore très développée ailleurs. Nous trouvions aussi intéressant d'essayer d'atteindre un lectorat qui ne l'était pas encore par la presse écrite. Nos lecteurs sont surtout des jeunes qui se déplacent vers les villes. Ce sont des gens qui ont terminé ou vont terminer leurs études. Plus généralement, nous visons un public qui va de 15 à 45 ans.
Pensez vous que vous menacez la presse «classique» ?
Non, au contraire. Notre arrivée sur le marché a été bénéfique pour la presse écrite. Nous leur apportons des lecteurs et des annonceurs. Nous recevons beaucoup de courrier de lecteurs qui nous disent que, grâce à nous, ils ont repris goût à la lecture. Maintenant, ils lisent 2 ou 3 quotidiens par jour. Le renouveau que nous avons apporté dans la profession a amélioré l'image de la presse écrite. Nous avons aussi amené des annonceurs publicitaires qu'on ne voyait que dans la presse magazine. Je ne pense donc pas qu'on peut nous accuser de « voler » les annonceurs des autres journaux.
Les journaux «classiques» sont-ils trop cher ?
Un journal n'est jamais trop cher. Le problème, c'est qu'il y a trop de contenu dans les grands quotidiens. Les gens n'ont pas le temps de tout lire. Ils ont alors l'impression de gaspiller leur argent. Je crois que les journaux doivent aussi arrêter de se copier, surtout la presse flamande. Le format des journaux payants n'est plus adapté.
Que pensez vous de ceux qui disent que vous dévalorisez l'information en la rendant gratuite ?
Je ne trouve pas cela très objectif. Tout ce qui est nouveau fait peur. Nous n'avons pourtant pas inventé la presse gratuite. Quand on regarde la télévision ou qu'on écoute la radio, on a l'impression que c'est gratuit. De plus en plus de journalistes travaillent sur des sites qui fournissent l'information gratuitement.
Le fait que Metro soit financé à 100% par la publicité est nouveau en Belgique mais pas à l'étranger. Nous garderons toutefois toujours la limite des 30% maximum de publicité pour 70% de contenu. Les annonceurs ne cherchent d'ailleurs pas de l'espace dans la presse. Ils veulent de la crédibilité.
Metro Belgique : http://www.freemetro.be
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