Martin Bohn, vous avez lancé récemment le blog http://www.2mots.fr/.
Pouvez-vous nous présenter votre site et ses objectifs ?
Jai édité ce blog pendant lété
pour présenter ma pédagogie d'écriture issue du journalisme.
Cest un outil de formation, un laboratoire didées sur la
parole. Quant au nom, 2mots, j'aime résumer une idée « en
deux mots » par goût de la clarté, avant de bâtir un
raisonnement complexe.
Vous proposez des formations en techniques d'écriture. A qui
sont destinées vos formations ?
Dabord aux journalistes, car les écoles m'ont sollicité
en premier. Mais ensuite à tout rédacteur adulte, car j'interviens
en entreprises et institutions, sur différents thèmes. L'écriture
reste un simple outil dont j'enseigne le maniement, avec une prédilection
pour la parole profonde. Le journaliste dira : « Trouver le mot juste
». Mais je vais plus loin. Je cherche le langage premier, symbolique,
comme une alchimie entre les personnes. Ca intéresse les organisations
qui réfléchissent à leur communication fondamentale. Elle
remue un peu les tripes quand on laisse remonter les mots justes et précis.
Cette parole naît du silence. Elle assainit le climat professionnel.
Quels sont vos tarifs ?
Ils dépendent du travail et du mode d'intervention : en direct
ou via un intermédiaire (écoles de journalisme et centres de formation).
Il
n'y a pas un consensus sur l'écriture web. Certains sont persuadés
qu'il existe une véritable écriture multimédia, d'autres
pensent que le web est un support comme le papier avec quelques hyperliens en
plus. Quelle est votre approche ?
Cest un point du cours « Rédiger sur le web ». Mes
techniques se basent sur l'observation. L'internaute n'est pas simple lecteur,
et consomme Internet autrement quun livre. Il surfe avec des attentes
spécifiques. Sa position corporelle change son état desprit.
Le moment aussi. Sur écran, l'Sil lit 25 % moins vite que sur
papier, et fatigue. Lécriture web doit donc tenir compte de tout
ça. Regardez leffort des industries pour rapprocher lordinateur
du livre, cest le signe dune gêne. On a usé tant
dacuités visuelles avec lhorrible écran cathodique
irradiant et mal réglé. Donc, sur le web, il faut notamment :
- rédiger très court ou offrir un raccourci d'impression
- donner l'info d'emblée (principe journalistique)
- enrichir son texte de liens, sons, animations, vidéos... Cest
lavenir. Observez les enfants sur ordinateur. Avec leur aisance étonnante,
quels internautes deviendront-ils ?
J'ajoute à titre personnel que la qualité d'écriture permet
de se lâcher, heureusement. Un mauvais texte est toujours trop long. Alors
quun style élégant, drôle, provocant, va capter l'attention,
faire plaisir. Que ce soit par une satisfaction intellectuelle (qualité
d'analyse), émotionnelle ou physique... Pour cette raison, j'adopte différents
tons sur mon blog, comme on varie le menu dans l'assiette. Parfois, je m'autorise
l'argot. Ca donne du contraste, un petit gros mot. Et ça reste une convention
de langage... Jécris sur internet ce que je naurais pas
permis dans mon journal.
Ces deux dernières années ont vu une croissance forte
du nombre de formations en techniques d'écriture. Souvent destinées
à des journalistes. Doit-on en comprendre que les journalistes sont mal
formés à l'écriture ou que les écoles ne font pas
leur boulot ?
Question épineuse. En effet, il existe des écoles plus ou moins
excellentes. Nous échangeons entre formateurs, et recueillons parfois
des témoignages douloureux. Jouvre des yeux ronds quand certains
adultes, après un cursus de journalisme, découvrent dans mon stage
des notions de base. Chaque candidat au concours doit détailler le programme
de lécole, discerner dans quelle mesure la pédagogie lui
plaît. Mais pour lécrit, lécole spécialisée
nexiste que dans mes rêves. Et dans la presse, l'écriture
est rarement le facteur décisif d'embauche.
Maintenant, mon neurone perfectionniste signale qu'on se forme toute la vie
aux disciplines intellectuelles. J'ai croisé dans différents médias
des journalistes illettrés voués à le rester, mais aussi
de véritables talents littéraires, trop ignorés. Heureusement,
un rédacteur qui aime écrire se forme par lui-même. Il suffit
doser, de ne plus avoir peur. Si vous saviez le nombre d'adultes qui
rédigent des poésies et sen cachent... Jai franchi
le pas discrètement sur mon blog : ce fut une libération intérieure.
Dailleurs, le merveilleux Albert Londres était d'abord poète.
Son style est un bonheur permanent.
Plus d'infos :
www.2mots.fr
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Nous avons déjà parlé de ses formations en techniques
décriture journalistique sur Categorynet.com. Martin Bohn refait
parler de lui avec le lancement dun nouveau blog et de nouveaux modules
de formation. Rencontre avec ce consultant journaliste.
Il
n'y a pas un consensus sur l'écriture web. Certains sont persuadés
qu'il existe une véritable écriture multimédia, d'autres
pensent que le web est un support comme le papier avec quelques hyperliens en
plus. Quelle est votre approche ? 
