Jeudi, 28 Août 2014

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Apprendre l'écriture journalistique : des formations et un blog avec Martin Bohn

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Apprendre l’écriture journalistique : des formations et un blog avec Martin Bohn Nous avons déjà parlé de ses formations en techniques décriture journalistique sur Categorynet.com. Martin Bohn refait parler de lui avec le lancement dun nouveau blog et de nouveaux modules de formation. Rencontre avec ce consultant journaliste.

Martin Bohn, vous avez lancé récemment le blog http://www.2mots.fr/. Pouvez-vous nous présenter votre site et ses objectifs ?
Jai édité ce blog pendant lété pour présenter ma pédagogie d'écriture issue du journalisme. Cest un outil de formation, un laboratoire didées sur la parole. Quant au nom, 2mots, j'aime résumer une idée « en deux mots » par goût de la clarté, avant de bâtir un raisonnement complexe.

Vous proposez des formations en techniques d'écriture.

A qui sont destinées vos formations ?
Dabord aux journalistes, car les écoles m'ont sollicité en premier. Mais ensuite à tout rédacteur adulte, car j'interviens en entreprises et institutions, sur différents thèmes. L'écriture reste un simple outil dont j'enseigne le maniement, avec une prédilection pour la parole profonde. Le journaliste dira : « Trouver le mot juste ». Mais je vais plus loin. Je cherche le langage premier, symbolique, comme une alchimie entre les personnes. Ca intéresse les organisations qui réfléchissent à leur communication fondamentale. Elle remue un peu les tripes quand on laisse remonter les mots justes et précis. Cette parole naît du silence. Elle assainit le climat professionnel.

Quels sont vos tarifs ?
Ils dépendent du travail et du mode d'intervention : en direct ou via un intermédiaire (écoles de journalisme et centres de formation).

Martin BohnIl n'y a pas un consensus sur l'écriture web. Certains sont persuadés qu'il existe une véritable écriture multimédia, d'autres pensent que le web est un support comme le papier avec quelques hyperliens en plus. Quelle est votre approche ?
Cest un point du cours « Rédiger sur le web ». Mes techniques se basent sur l'observation. L'internaute n'est pas simple lecteur, et consomme Internet autrement quun livre. Il surfe avec des attentes spécifiques. Sa position corporelle change son état desprit. Le moment aussi. Sur écran, l'Sil lit 25 % moins vite que sur papier, et fatigue. Lécriture web doit donc tenir compte de tout ça. Regardez leffort des industries pour rapprocher lordinateur du livre, cest le signe dune gêne. On a usé tant dacuités visuelles avec lhorrible écran cathodique irradiant et mal réglé. Donc, sur le web, il faut notamment :
- rédiger très court ou offrir un raccourci d'impression
- donner l'info d'emblée (principe journalistique)
- enrichir son texte de liens, sons, animations, vidéos... Cest lavenir. Observez les enfants sur ordinateur. Avec leur aisance étonnante, quels internautes deviendront-ils ?

J'ajoute à titre personnel que la qualité d'écriture permet de se lâcher, heureusement. Un mauvais texte est toujours trop long. Alors quun style élégant, drôle, provocant, va capter l'attention, faire plaisir. Que ce soit par une satisfaction intellectuelle (qualité d'analyse), émotionnelle ou physique... Pour cette raison, j'adopte différents tons sur mon blog, comme on varie le menu dans l'assiette. Parfois, je m'autorise l'argot. Ca donne du contraste, un petit gros mot. Et ça reste une convention de langage... Jécris sur internet ce que je naurais pas permis dans mon journal.

Ces deux dernières années ont vu une croissance forte du nombre de formations en techniques d'écriture. Souvent destinées à des journalistes. Doit-on en comprendre que les journalistes sont mal formés à l'écriture ou que les écoles ne font pas leur boulot ?
Question épineuse. En effet, il existe des écoles plus ou moins excellentes. Nous échangeons entre formateurs, et recueillons parfois des témoignages douloureux. Jouvre des yeux ronds quand certains adultes, après un cursus de journalisme, découvrent dans mon stage des notions de base. Chaque candidat au concours doit détailler le programme de lécole, discerner dans quelle mesure la pédagogie lui plaît. Mais pour lécrit, lécole spécialisée nexiste que dans mes rêves. Et dans la presse, l'écriture est rarement le facteur décisif d'embauche.

Maintenant, mon neurone perfectionniste signale qu'on se forme toute la vie aux disciplines intellectuelles. J'ai croisé dans différents médias des journalistes illettrés voués à le rester, mais aussi de véritables talents littéraires, trop ignorés. Heureusement, un rédacteur qui aime écrire se forme par lui-même. Il suffit doser, de ne plus avoir peur. Si vous saviez le nombre d'adultes qui rédigent des poésies et sen cachent... Jai franchi le pas discrètement sur mon blog : ce fut une libération intérieure. Dailleurs, le merveilleux Albert Londres était d'abord poète. Son style est un bonheur permanent.

Plus d'infos :

www.2mots.fr

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