Le journalisme citoyen est en plein essor sur la toile. En France,
les sites de citoyens reporters poussent comme des champignons. Après
le populaire Agoravox, Come4News fait également beaucoup parler de lui.
Et pour cause: la plate-forme rémunère ses auteurs. Nouvelle forme
de journalisme ? Concurrence déloyale avec les journalistes professionnels
? Avenir de la presse ? Découverte de ce média avec son président
Fabien Bardoux.
Bonjour Fabien Bardoux, vous êtes président de Come4News.
Pouvez-vous nous présenter votre plate-forme ? Combien d'auteurs ? Combien
de lecteurs ?
Come4News utilise essentiellement des logiciels opensource, dont les
fameux Joomla, élu CMS de l'année 2006, et Linux que l'on ne présente
plus ! Le site est hébergé par Typhon, l'hébergeur de Netvibes
et de Scoopeo. Pour gérer ce site, nous avons constitué une petite
équipe ultra compétente et très réactive, qui nous
accompagne pour la montée en charge, qui est forte.
En effet, 4 mois après le lancement, nous comptons déjà
plus de 700 rédacteurs citoyens, plus de 5000 articles publiés,
et plus de 200.000 lecteurs chaque mois. Des chiffres qui augmentent constamment.
Comment fonctionne Come4News d'un point de vue financier : gagnez-vous
de l'argent grâcé à la publicité ? à des sponsors
? Et comment procédez-vous pour rétribuer vos auteurs ? En fonction
des sujets ?
Come4News touche des revenus publicitaires qui sont intégralement
reversés aux rédacteurs, et des revenus de sponsoring qui financent
l'infrastructure technique. Les sujets abordés sont très variés,
avec une préférence de nos rédacteurs pour la politique,
le sport, la santé, l'environnement, et les faits divers. Chaque rédacteur
touche un droit d'auteur de 1 euro par article publié. Les plus prolixes
touchent plus de 100 euros par mois, auxquels il faut ajouter un bonus de 100
euro pour chaque article qui prend la tête de notre classement qualitatif,
qui tient compte de l'avis des lecteurs.
N'avez-vous pas l'impression qu'en rémunérant les journalistes
citoyens, jusqu'alors bénévoles sur la plupart des plates-formes
francophones, vous créez une concurrence déloyale vis-à-vis
des journalistes professionnels ? Que répondez-vous aux personnes qui
disent que vous tuez le métier de journaliste ?
Les journalistes professionnels sont associés au projet :
plusieurs étudiants stagiaires sont membres de l'équipe, et contribuent
notamment à l'animation de la communauté de rédacteur afin
d'améliorer en permanence la qualité du contenu produit, et la
fiabilité des informations fournies.
A terme l'objectif est de disposer d'une équipe de rédacteurs "pros" mais de centrer leurs missions sur le lien avec les "amateurs" afin de créer une réelle osmose. Le métier du journalisme est loin d'être mort, en particulier celui du journaliste d'investigation qui demande une rigueur exemplaire et une abnégation totale. Lisez la dernière enquête de William Reymond, Toxic, pour vous en convaincre !
Quels sont vos projets de développement ?
Nous envisageons de lancer une version en anglais de Come4News en 2008.
Plus d'infos :
www.come4news.com

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