Mercredi, 1 Octobre 2014

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Des journalistes qui deviennent attachés de presse

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journalisme et relations presseJournalistes et attachés de presse vivent des rapports étroits mais pas toujours bercés d'harmonie. Les relations politiquement correctes n'empêchent pas les uns et les autres à parfois se détester. Pourtant, certains journalistes décident un jour de travailler dans le secteur de la communication, à temps plein ou à côté de leur activité journalistique. Pourquoi font-ils ce choix ? Et surtout, qu'en disent les textes de loi ? Trois professionnels témoignent de leur expérience.


En France, si le Code du Travail précise que «le journaliste professionnel est celui qui a pour occupation principale, régulière et rétribuée l'exercice de sa profession (...)» (Article L. 761-2) et la Convention nationale collective des journalistes qu' «en aucun cas, un journaliste professionnel ne doit présenter sous la forme rédactionnelle l'éloge d'un produit, d'une entreprise, à la vente ou à la réussite desquels il est matériellement intéressé» (Art.5), il faut aller chercher dans l'Arrêté Peyrefitte de 1964 pour voir apparaître clairement le caractère inconciliable des métiers de journaliste et attaché de presse. Le texte souligne : «les activités de conseiller en relations publiques et d'attaché de presse sont incompatibles avec celles des journalistes professionnels et d'agent de publicité». En revanche, de plus en plus de journalistes cessent leurs activités de rédaction pour se lancer dans la communication ou les relations presse. Si ce changement de «camp» n'est pas toujours bien vu par les confrères journalistes, il semble que la situation actuelle de la presse et le marché de l'emploi découragent plus d'un pigiste à continuer dans la voie des médias. En outre, leur expertise et leur connaissance de la presse n'est pas à négliger dans leurs nouvelles fonctions communicationnelles.

Olivier Da Lage, journaliste et membre de la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels (CCIJP). «Il n'existe aucun obstacle juridique aux journalistes qui décident de devenir attaché de presse » indique Olivier Da Lage, auteur du livre «Obtenir sa carte de presse et la conserver». Par contre, les deux activités ne sont pas compatibles dans le système français. Mais à quoi s'expose le journaliste, dans ce cas précis ?

«La carte de presse peut être retirée par la CCIJP si celle-ci constate que les revenus des activités de communication sont plus élevés que ceux de la presse. Tout est une question de proportion». Le Code du Travail n'est pas très précis là-dessus, mais Olivier Da Lage indique ne pas être certain «qu'il y ait actuellement un consensus pour légiférer là-dessus».


Christophe Sokal, journaliste et directeur de l'agence belge de communication Blue Tattoo. Au début des années 90, et après un parcours de 14 ans en tant que journaliste, Christophe Sokal a décidé de déployer l'activité journalistique dans le domaine de la communication. «J'ai voulu mettre le journalisme au service des causes de l'entreprise», précise-t-il. Tout en désirant respecter la rigueur, l'objectivité et la clarté propres à cette profession, Christophe Sokal s'est donc lancé dans la communication éditoriale et les relations presse, après le constat des limites d'autonomie dans les rédactions belges. Ses activités de journaliste n'ont pas cessé pour autant puisqu'il travaille toujours pour le quotidien Le Soir. «Je pourrais avoir une carte de presse professionnelle mais cela ne m'intéresse pas» avoue cet amoureux du journalisme.

Laurence Morel, directrice associée de LMDB éditorial. Tombée très tôt dans l'univers de la pige, Laurence Morel n'a pourtant j'amais eu l'occasion de réaliser son rêve : être critique culturelle. En plein crise de la presse, dans les années 90, elle a l'occasion d'organiser le lancement d'un évènement. «Je me suis alors rendue compte que la com' m'intéressait et après une formation d'un an, je me suis retrouvée chez Ayache comme chargée de communication». Durant ses temps libres, elle lance un site de critique culturelle, qui prend de l'ampleur et qui est à l'origine de la création de l'agence de contenu LMDB éditorial. «Mon parcours de journaliste m'aide tous les jours car pour faire de la communication, il est important d'avoir une grande connaissance de la presse» précise-t-elle. Et elle ajoute : «beaucoup de mes amis journalistes se sont mis, comme moi, à faire de la communication».

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