Le statut de pigiste offre beaucoup d’avantages : pas de contraintes géographiques, liberté dans la gestion du temps. Mais tout n’est pas rose dans la vie d’un pigiste.
En dehors des difficultés financières et le parcours du combattant pour trouver de nouvelles collaborations, les pigistes souffrent d’un manque cruel de reconnaissance et d’un isolement. Afin de créer une solidarité entre confrères, certains journalistes ont décidé de créer des réseaux, des sites web communs, ou encore de louer ensemble un local. C’est le cas de Elodie Bécu, Paolo Bevilacqua, Jérôme Citron, Marc Fernandez, Eric Lecluyse, Eric Mugneret, Yaroslav Pigenet, Karine Portrait et Audrey Williamson qui se sont réunis au sein du collectif 25e ligne. Rencontre.
En quelques mots, qu’est-ce que « 25e ligne », ses objectifs et son origine ?
Marc Fernandez : Nous sommes neuf journalistes indépendants dont un photographe et un webmaster. Nous sommes pour la plupart issus du feu « Transfert magazine ». A l’époque, nous étions habitués à nous réunir dans un bar parisien appelé la « 25e image ». Afin de rompre avec notre isolement, nous nous sommes réunis en association de loi 1901. «25e ligne » évoque ce troquet de nos rendez-vous hebdomadaires mais aussi un feuillet de presse (25 lignes de 60 signes). L’objectif principal de notre collectif est de créer des liens entre nos membres afin de rompre avec l’isolement du pigiste. Un réseau fort car nous nous entraidons très souvent. Outre un soutien moral et une dynamique de groupe, le collectif nous offre l’opportunité de travailler à plusieurs sur des reportages.
Comment fonctionne votre collectif ?
Marc Fernandez : Nous nous réunissons toutes les semaines pour faire le point sur nos articles en cours, partager certaines collaborations, etc. Nous mettons toujours le collectif en avant. A l’époque, nous cherchions un poste dans une rédaction. Aujourd’hui, nous préférons le collectif même si le quotidien n’est pas tous les jours facile. Nous aurons prochainement des locaux qui constitueront notre lieu de travail quotidien. Nous avons aussi un site web où nous publions certaines de nos créations.
Etes-vous une agence de presse ?
Marc Fernandez : Non. Nous avons juste mis en commun certaines de nos collaborations. Nous avons également créé une petite plaquette de présentation. Avec cette dernière, nous démarchons les rédactions. Les rédacteurs en chef sont assez surpris et ouverts à notre initiative. Ils sont plus habitués à des collectifs de photographes.
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