Rencontre avec Pierre Lorimy, Yann Barte et Laure Deschamps, tous trois co-fondateurs de l’association Redac’ Nomade, qui regroupe à l’heure actuelle sept journalistes-pigistes.
Quand vous est venue l'idée de vous regrouper en association ?
Tout est parti de notre rencontre en juin 2001 : nous avons réfléchi ensemble à la meilleure manière de fédérer les pigistes, mais aussi de montrer que certains d’entre eux sont fiers de leur métier. Dès qu'on évoque les pigistes, on en fait des victimes, des précaires qui subissent ce statut. Bien sûr, ce phénomène existe, particulièrement chez les journalistes débutants. Mais n'oublions pas que de nombreux pigistes ont choisi de l'être, par goût de l'indépendance et de la presse. Et bien qu’indépendants, nous n'en sommes pas pour autant solitaires! Travailler ensemble comme le font depuis longtemps les photographes, échanger des contacts et des idées, monter des sujets à plusieurs…
Comment l'association fonctionne-t-elle au jour le jour ?
Nous nous réunissons chaque semaine dans un café pour faire notre propre conférence de rédaction. La seule différence, c'est qu'au lieu de discuter d'une ligne éditoriale, d'un lectorat, nous allons aborder peut-être vingt magazines différents ! Rien de tel pour vous stimuler. Chacun d'entre nous travaille individuellement et, parallèlement, de plus en plus en duo voire en trio, sur des dossiers et des enquêtes.
Pourquoi ne se limiter qu’aux journalistes de presse écrite ?
Ce n'est pas un choix délibéré, plutôt un état de fait, sans doute car nous sommes nous-mêmes rédacteurs. Mais rien n'est figé. Nous sommes en contact avec des JRI et des journalistes radio. Un photographe nous a rejoint récemment et nous pensons intégrer d'autres profils complémentaires : photographes, SR, JRI et des correspondants en région et à l'étranger.
Cette association est-elle ouverte à d'autres journalistes ?
Oui, mais nous privilégions aujourd'hui des profils complémentaires, ainsi que les pigistes installés dans les capitales étrangères. Nous avons des règles d'adhésion, et l'association n'est destinée qu'à des pigistes expérimentés, professionnels (selon la loi Cressard, qu'ils soient ou non encartés), et surtout qui ont choisi ce statut et tiennent à le conserver. Aujourd'hui, nous sommes sept journalistes. Nous ne voulons pas nous agrandir trop vite pour préserver notre "esprit de famille".
Une chronique de Thomas Quéguiner
Pour accéder au site,
www.redacnomade.com
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