Le Festival International du Grand Reportage d'Actualité et du
documentaire de société a ouvert ses portes mercredi au Touquet-Paris
Plage. Jusqu'à dimanche après-midi, documentaires, rencontres avec
les journalistes et débats se succéderont. Rencontre avec l'organisateur
du festival, Georges Marque-Bouaret.
Yamina Benguigui assure la présidence de la sélection
officielle du FIGRA 2009. Quelles sont les raisons qui ont motivé ce
choix ?
Yamina est une grande professionnelle dotée d'une grande vigueur éthique.
Cela m'a paru être un gage de sérieux pour le festival. Son engagement
personnel au niveau du documentaire me paraissait important pour la 16ème
édition de ce festival.
L'édition 2009 apporte pas mal de nouveautés notamment au niveau
des différentes compétitions. Pouvez-vous nous présenter
les nouveautés de cette édition?
Nous avons apporté des modifications pour ce qui touche à la sélection
officielle. Nous étions en effet confrontés à une demande
plus ou moins affirmée de certains réalisateurs qui trouvaient
que la sélection Autrement Vu des autres années était une
sélection rebus puisque cette sélection n'avait
à l'époque pas de prix.
Pour corriger cela, nous avons donc créé le Prix Autrement Vu
et avons demandé au Cinéma du Nord-Pas-de-Calais de constituer
un jury et de remettre son prix.
Nous avons également ouvert la sélection Terre(s) d'Histoire chapeautée
par un jury de 5 personnes qui vont juger ses 9 films.
Le jury Coup de Pouce se renforce cette année avec le partenariat de
la chaîne Planète qui vient apporter au lauréat un prix
d'une valeur de 6.000 € comprenant la diffusion de son documentaire
sur la chaîne ainsi que la location de matériel. Le réalisateur
obtient donc une première diffusion assurée de son film.
Enfin, comme chaque année, nous retrouvons le jury Jeunes constitué
d'étudiants du Nord-Pas-de-Calais.
Cette année, la presse internationale sera fortement présente...
Deux grandes soirées sont cette année programmées sous
le parrainage de deux chaînes de télévision étrangères.
Une chaîne belge, la RTBF, et une chaîne suisse, la TSR, nous rendront
visite avec chacune un documentaire inédit. La TSR viendra célébrer
chez nous les 40 ans de son émission de reportages Temps présent.
Le fondateur de l'émission sera présent au FIGRA, accompagné
de certains des journalistes de l'équipe. Ce sera l'occasion de revenir
sur 40 ans de reportage. L'équipe de la TSR présentera en exclusivité
mondiale Les Disparus du Kivu, un documentaire sur le retour au pays des habitants
de cette région du Nord Congo, à la recherche de membres de leur
famille séparés par la guerre. La RTBF viendra également
présenter également une avant-première (Léon Degrelle
ou la Füher de vivre) ainsi que trois courts métrages tirés
de son émission d'enquêtes Questions à la Une.
Le festival se terminera par une soirée de clôture avec une avant-première
importante, Après Nargis, proposée par Thalassa.
Le FIGRA, c'est également la rencontre entre les professionnels
et le public. Les débats tiennent toujours une place aussi importante
dans votre festival ?
Après chacun des 44 films de la sélection officielle, un « Paroles
de reporters » est prévu. C'est un débat entre le public
et le réalisateur ou le journaliste dont le film a été
projeté.
Le samedi, un grand débat public sera également organisé
sur la question « peut-on filmer en caméra cachée ? ».
C'est un thème soulevé de façon récurrente actuellement,
notamment avec l'émission de France 2 Les Infiltés : est-ce
légal ou non ? Peut-on filmer les gens à leur insu ?
Est-ce déontologique ? Toutes ces questions seront abordées
avec notre partenaire, la SCAM
Le festival du Scoop et du journalisme a récemment annoncé
que sa prochaine édition était compromise en raison de problèmes
de financement. Avec la crise, de nombreux autres festivals ont dû restreindre
leurs ambitions ou sont menacés. Le FIGRA connaît-il lui aussi
la crise ?
La crise, nous la connaissons depuis la naissance du festival ! Nous avons déjà
connu des moments très difficiles et le FIGRA a déjà failli
disparaître. Ces difficultés nous ont servi de leçon. Quand
nous avons été en difficulté, nous avons fait en sorte
de toujours équilibrer nos budgets le plus vite possible. En 2005, nous
avons atteint l'équilibre financier. Depuis cette date, nous essayons
de nous tenir au budget en équilibre sans aucune dépense supplémentaire.
On ne dépense pas plus que nous avons. Évidemment, on doit jongler
financièrement. La plupart de l'équipe est constituée d'intermittents
du spectacle et nous sommes parfois dans la précarité. Mais nous
essayons d'être très vigilants avec nos finances. Nous sommes aussi
vigilants avec nos fournisseurs. Et grâce à nos partenaires, nous
parvenons à toucher l'équilibre.
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