« Le statut du pigiste français est envié et devrait être européanisé » déclare Myriam Guillemaud, journaliste pigiste et membre actif du Syndicat National des Journalistes (SNJ). En France, les pigistes sont des journalistes salariés en contrat indéterminé. Ils reçoivent des bulletins de paie, cotisent et ont droit aux indemnités de la sécurité sociale, des Assedic, de la retraite. La convention collective nationale de travail des journalistes leur permet d’obtenir le 13ème mois, les congés payés, les indemnités de licenciements, le droit syndical et d’autres avantages sécurisants.
Malgré le confort et la sécurité qu’offre ce système, de plus en plus de pigistes rêvent d’être engagés au sein d’une rédaction. Myriam Guillemaud explique : « Sur le terrain, on se rend compte que les droits des pigistes sont souvent bafoués par l’employeur. Par exemple, si on n'y fait pas attention, le 13èmemois et les congés payés sont inclus dans le prix brut de la pige, la prime d'ancienneté n'est pas toujours prise en compte, etc. Il y a encore beaucoup à faire pour protéger les droits des pigistes ».
Un statut belge lourd à assumer
En Belgique, les pigistes possèdent le statut d’indépendant, c’est-à-dire qu’ils ne sont soumis à aucune subordination mais ils n’ont pas droit aux allocations de chômage, aux congés payés, et autres sécurités liées au statut de salarié. David Bertrand, journaliste indépendant pour une revue belge, tente de se spécialiser dans le domaine du sport aventure et des voyages. Mais ses ambitions se heurtent au manque de protection sociale. Il explique par exemple : « Une journée de maladie me coûte vraiment très cher, en plus de la consultation du médecin, je dois également récupérer le manque à gagner d’une journée de travail. J’ai toujours peur qu’il m’arrive quelque chose ».
L’Association des Journalistes Professionnels Belge propose des barèmes et incite les rédactions à les respecter. Malgré cela, les tarifs ne sont pas toujours appliqués. D’après David Bertrand : « En tant que nouveau dans le métier, il n’y a pas de négociations pour les tarifs des piges, on accepte celui imposé par l’employeur sinon il proposera le sujet à un autre collègue. La concurrence est rude, beaucoup sont prêts à travailler pour rien ». Une réalité qui dépasse les frontières belges.
Une solution : unir ses forces
En général, les pigistes revendiquent peu leurs droits. En France ils ont peur de se faire licencier. En Belgique, ils craignent que le sujet ne leur soit pas accordé.
Martine Simonis remarque : « Les journalistes sont trop nombreux par rapport à la demande, cela entraîne une baisse des rémunérations et favorise la concurrence. Les pigistes se sentent en permanence sur un siège éjectable, car ils ont peur d’être remplacés. Cette situation les empêche de défendre leurs droits collectivement ».
Marie Guillemaud, membre de la SNJ en France confirme ce fait mais reste optimiste : « Il n’y a pas de secret, tout seul on se fait virer. De plus, changer la mentalité individualiste des journalistes pigistes demandent du temps. Par contre il est déjà arrivé qu’un journaliste monte au créneau, et que les autres suivent. C’est une bonne tactique qui peut aboutir au résultat voulu ».
Saroya Olivier
En savoir plus :
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Visitez le site du Syndicat National des Journalistes (SNJ)
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Visitez le site de l'AGJPB (Association Générale des Journalistes
Professionnels de Belgique)
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