Jean-Clément
Texier, dirigeant de MPA s.a.-BNP Paribas, joue dans les coulisses de la presse.
S'il est dans les coulisses, c'est toutefois pour tirer les ficelles. Coup de
projecteur sur un homme d'influence.
Destiné à Normale Sup, le hasard en a décidé autrement. Lhomme aime écrire et collabore à la Revue française de sciences politiques, à La Croix, à la rubrique littéraire de Combat et dirige celle de feu Presse Actualités. Entré en journalisme il est propulsé spécialiste des medias (il crée dailleurs une collection) notamment dans lEcho de la Presse. Puis, très vite, il joue un rôle officieux auprès de Henri Smadja qui lui commande des éditos dans Combat pour influencer le gouvernement de Chaban Delmas. Quand Jean-François Lemoine prend le pouvoir à Sud-Ouest, il devient son conseiller. Et il crée sa propre société la COFICOM, tout en continuant à écrire dans La Vie française. Pas dupe, il reconnaît : « ceux qui mouvraient les portes minstrumentalisaient pour que jaie de linfluence ». Un constat qui le fait séloigner du journalisme.
En 1986-87, il aide le suisse Ringier à monter sa filiale en France. « Les groupes de presse sont en réalité des écorchés vifs très secrets. Cela pose de vrais problèmes pour leur refinancement. Jai découvert au-delà de leur communication lunivers sensible du capital ». J.-C. Texier se retrouve banquier daffaire. En 1996 il entre à Banexi Communication. Il fédère des tours de table entre des éditeurs qui sintéressent à la télévision, il est appelé par la Générale des Eaux et Havas pour vendre Le Point à Pinault& Il conseille Le Monde pour gagner Le Midi libre, et laccompagne dans sa fusion avec le groupe des PVC, en liaison avec son homologue Moral, conseiller du Monde. « Mon rôle est de créer du lien dans le secteur » résume-t-il. Et il prédit : « la concentration nest pas derrière nous, mais devant nous. Il faudra shabituer à ce que les titres changent plusieurs fois de mains ».
Isabelle Musnik
Info publiée en partenariat avec Influencia
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