Dimanche, 21 Septembre 2014

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Sang d'encre pour la démocratie

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altSur le coup de 11 heures ce 18 janvier se tenait au Résidence Palace à Bruxelles une conférence de la FIJ (Fédération Internationale des journalistes). Cette conférence de presse était l'occasion pour l'association de faire le point sur l'année 2004.

Le ton était sombre à l'image de cette année particulièrement meurtrière pour les journalistes.

Selon les sources de la FIJ, au moins 129 journalistes et collaborateurs de presse ont été tués l'an dernier dans l'exercice de leur fonction. Il s'agit du pire bilan annuel enregistré lors de la décénie passée. Si certains d'entre eux sont tombés parce qu'ils étaient au mauvais endroit, au mauvais moment, beaucoup d'autres sont les victimes de ce qu'ils dénoncent. A ce triste constat vient s'ajouter l'indifférence des gouvernements à l'égard des journalistes disparus, assassinés et torturés. « Il tend à y avoir quelques mots de regrets insignifiants, des enquêtes bâclées et une vaste indifférence » s'insurge Aidan White, secrétaire général de la FIJ. C'est pourquoi un appel aux Etats-Unis et aux autres gouvernements a été lancé afin qu'ils prennent leurs responsabilités pour enquêter sur les assassinats de journalistes. Les USA étant plus spécifiquement visés au vu de quelques bévues commises par leurs soldats à l'encontre de certains journalistes depuis le début du conflit irakien et dont les responsables n'ont jamais été vraiment inquiétés. En cause, le manque de sérieux des enquêtes menées.

Les reporters mais surtout les locaux

Par ailleurs, si de nombreux envoyés spéciaux nous ont quitté cette année, c'est au niveau local que les chiffres sont les plus sensibles, remarque la FIJ.
En Asie plus particulièrement, trop de journalistes locaux ont subi les foudres de la violence parce que leur travail dérangeait. Aux Philippines par exemple, 13 journalistes ont été tués l'an passé. Seul deux enquêtes ont été menées et aucune n'a conduit à des poursuites.

De ce fait, le secrétaire général de la FIJ, a laissé entendre sa volonté de voir émerger de la part d'organisations comme l'ONU des formations de sécurité pour les médias locaux dans les zones où elle est active.

Pour Aidan White, l'ensemble de ces chiffres risque de s'aggraver dans les années à venir. Face à ce constat et via son Fonds international de sécurité (INSI), la FIJ tente de répondre à la violence. « C'est un effort pratique et déterminé impliquant les responsables des médias et leurs salariés pour réduire les risques auxquels nous sommes confrontés et pour mettre la pression sur les gouvernements afin qu'ils prennent leur responsabilités. Chaque syndicat de journaliste et chaque dirigeant des médias doit se joindre à cet effort » concluait Aidan White.

Plus d'infos :
Tél. : + 32.2.235.22.00
Web : www.ifj.org

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