Lundi, 21 Mai 2012

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Situation de la presse belge : le sénat réfléchit !discrètement !

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le sénateur Philippe MahouxLe 3 avril 2003, quatre députés ont déposé une proposition de résolution relative aux statuts des journalistes et des rédactions. Cette résolution établit le bilan de la situation assez désastreuse du journalisme en Belgique. Face à la libre concurrence et aux mouvements de concentration des groupes de presse, le sénateur Philippe Mahoux expose quelques pistes de réflexions.

La situation du journalisme en Belgique connaît-elle des spécificités qui expliqueraient sa précarité ?
Il n'y a pas de spécificités particulières, dans l'ensemble des pays industrialisés, il y a des problèmes. Il est vrai qu'en Belgique, nous avons un lectorat limité. C'est un pays de 10 millions d'habitants dont 4 millions de francophones. Il reste 3 groupes de presse pour ce lectorat : Rossel, IPM et Mediabel qui comprennent près de 15 titres. Economiquement on ne peut pas dire que ce soit trop peu. Les plus pessimistes disent qu'il y en a encore de trop pour être viable. Ce que je souhaite en tout cas est que la situation actuelle ne s'aggrave pas.

Comment lutter contre la concentration des groupes de presse pour éviter que la situation n'empire?
Combattre la concentration des titres est extrêmement difficile car en réalité la problématique de la rentabilité est toujours mise en avant. En Belgique, il existe une aide à la presse. Mais ce n'est pas une compétence du fédéral, c'est une compétence des communautés.

La solution se situerait peut-être au niveau du public?
Le lecteur reste le moteur principal : il achète, s'abonne. Ca fait partie des recettes et à côté, ça entraîne un effet sur les annonces publicitaires. Donc il faut renforcer l'attrait du public pour les médias, conscientiser les citoyens. Nous devons inviter les jeunes à lire des quotidiens mais en même temps à développer le sens critique par rapport aux informations.

Le contenu de l'information a-t-il pâti du mouvement de concentration de la presse?
La concentration de la presse entraîne le fait que, malgré la diversité des plumes, on écrit à peu près la même chose. Qui dit concentration dit raréfaction de l'emploi et réduit la diversité de l'information. Or dans une démocratie, la diversité de l'information est tout à fait fondamentale.
Les sources d'information deviennent également concentrées. L'exemple le plus caractéristique est la médiatisation de la guerre du Golfe en 1991. Beaucoup d'organes de presse relayaient l'information mais elle venait d'une source unique. On a tenté de faire des efforts lors de la récente guerre d'Irak.

Vous proposez également d'améliorer le statut du journaliste?
Il y a certainement des progrès à faire au niveau du statut, c'est-à-dire à l'établissement d'un lien de subordination pour savoir si le journaliste est salarié ou indépendant. Il faut clarifier la situation des faux-indépendants. Ces journalistes travaillent en exclusivité pour un journal dont les rémunérations sont pratiquement fixes mais ils gardent le statut d'indépendant. Il faut mettre au point ce lien entre le journaliste et son employeur, pour améliorer le statut social. Quand les conditions du travail s'améliorent, généralement la qualité du travail suit.

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