Lundi, 21 Mai 2012

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Tatamis : on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même !

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Tatamis : on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même !Le journalisme d’investigation est un art difficile. Les organisateurs du salon du livre d’investigation nous le rappelait encore il y a quelques jours (lire la brève à ce sujet ). Manque de moyens, censure, …
La plupart des investigations n’aboutissent pas. Souvent car les journalistes n’ont pas assez de budgets pour aller au bout de leur enquête. Parfois parce qu’une autorité quelconque a décidé de les museler, et plus généralement, car aucun média ou maison d’édition ne veut prendre le risque de publier l’enquête. Jean Robin connaît bien cette navrante mécanique. Il a vu tellement de portes se fermer pour l’édition de son livre "Ils ont tué la télé publique" (lire la critique de ce livre sur Categorynet.com ) qu’il a décidé de créer sa propre structure d’édition. Rencontre. 

Bonjour Jean Robin. Pouvez-vous présenter brièvement. Qui êtes-vous ?

28 ans, pendant 7 ans consultant Internet/télécoms, et depuis un an journaliste d'investigation, impliqué dans la vie citoyenne depuis 10 ans, 2 associations créées (l'une il y a 6 ans sur la manière dont Internet change la démocratie, l'autre il y a 3 ans sur l'amélioration de la qualité de l'information et de sa transmission), et depuis avril 2006 gérant d'une nouvelle maison d'édition, Tatamis.

Je précise, car c'est important selon moi, que je donne très régulièrement mon sang et mes plaquettes, de même que je suis inscrit depuis 5 ans sur le fichier France Greffe de Moelle, pour donner ma moelle osseuse si un receveur est compatible avec moi. J'encourage d'ailleurs tout ceux qui lisent ces lignes à le faire aussi, d'autant que ça ne coûte rien, sauf un peu de temps. J'estime être aussi impliqué dans la vie citoyenne de mon pays par mes actes associatifs et professionnels, que par mes dons pour mes compatriotes. C'est pourquoi dans ma vie j'essaie concrètement de servir les idées de liberté, d'égalité et de fraternité. 

Vous avez lancé votre propose structure d’édition afin de publier vos ouvrages. Alors que l'édition est un marché quelque peu en difficulté, n'est-ce pas là une aventure périlleuse ?

La lecture d'un livre peut changer une personne, donc cette aventure mérite qu'on la tente. Par ailleurs, venant d'un métier où j'ai très bien gagné ma vie, mais où je me suis aussi franchement ennuyé, je préfère désormais l'inverse. Je ne renie pas pour autant mon passé, qui m'a permis de lancer cette activité d'édition, au moment où le marché n'est en effet pas au mieux. Mais n'oublions pas que même sur des marchés en décroissance, il existe des entreprises qui réussissent.

Pourquoi lancer votre propre maison d'édition et que comptez-vous publier ?

Notre stratégie consiste à occuper un marché de niche aujourd'hui déserté, celui de la lutte contre la censure et pour la liberté d'expression. Nous publions les livres dont les auteurs ont sollicité en vain nombre de maisons d'édition, à commencer par les deux miens qui ont été refusés partout : "Ils ont tué la télé publique" et "La Judéomanie". Souvent, les raisons de cette censure sont les mêmes : collusion d'intérêt (comme pour "Ils ont tué la télé publique"), politiquement incorrect (comme pour "La Judéomanie"), mènent à une omerta dont personne ne parle (par définition). Les livres que nous publions ont pourtant une légitimité à exister et à être largement diffusés, de par le thème qu'ils abordent, leur rapport avec l'actualité, et les arguments souvent inédits qu'ils apportent au débat. Et, précision importante, ils sont totalement en adéquation avec les lois françaises. Notre indépendance totale nous permet d'aborder les sujets qui posent le plus de problèmes aux médias et grandes maisons d'édition, car ils représenteraient trop de risques pour eux. Croyez-moi, nous avons un boulevard devant nous!

D'ailleurs nous ne sommes pas les seuls : récemment, un journaliste a dû créer sa maison d'édition et diffuser par Internet son livre, une enquête sur Auchan qui avait été refusée par nombre de maisons d'édition (le groupe auquel appartient Auchan est le premier annonceur français, ça a peut-être joué). Mais, alors que lui s'en arrête pour l'instant à ce livre, nous avons décidé de continuer à publier d'autres auteurs que le fondateur de la maison, en l'occurrence moi. Les deux prochains livres que nous publierons ont d'ailleurs été écrits par d'autres personnes, qui ont chacune reçu le soutien (via une préface) d'une personnalité de premier plan. Vos lecteurs peuvent s'abonner à notre lettre de diffusion (sur http://www.tatamis.fr ) pour être informés avant tout le monde de ces deux livres, et des suivants qui seront annoncés au fur et à mesure de leur parution.

Je profite d'ailleurs de l'espace que vous nous accordez sur Categorynet.com pour lancer un appel à manuscrit : si vous êtes journaliste et que votre essai ou votre enquête a été refusée partout, ou bien si vous ne l'avez jamais soumise en sachant par avance qu'elle serait refusée, mais qu'elle rentre parfaitement dans la légalité bien sûr, n'hésitez pas à nous soumettre votre manuscrit ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ), nous vous dirons ce que nous pouvons en faire.

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