Le dénominateur commun de sa vie, c'est le métier de journaliste. «Qu'il s'agisse de la presse écrite, la radio ou la télévision, c'est du journalisme avant tout», confiait le président du jury Gérard Carreyrou lors du rendez-vous «Une heure avec...» qui se tenait ce jeudi soir au Palais de l'Europe. Une heure pour
en apprendre plus sur une carrière, une expérience.
Homme de radio (16 années passées à Europe 1), homme de télévision (à TF1 entre autres, et aujourd'hui président du pôle documentaires de la chaîne), Gérard Carreyrou a une expérience non négligeable du monde des médias. Sa carrière, il la doit surtout, selon lui, à la chance. Jeune journaliste en 1967, il entre à RMC (Radio Monte-Carle) « par hasard » et démarre sa vie professionnelle dans la radio, qu'il quittera pour la télévision à la fin des années 80.
Devant un public attentif, et guidé par les questions de Georges Marque-Bouaret (délégué général du FIGRA), Gérard Carreyrou s'est livré une heure durant. Les reporters de guerre ? Il les admire, pour leur courage. Les journalistes engagés ? Il était l'un d'entre eux, plus jeune, mais a surtout travaillé pour des médias qui ne l'étaient pas. Un bon journaliste, c'est quoi ? Un homme curieux d'esprit avant tout, muni d'une santé (physique et psychologique) de fer. « Ni trop trouillard, ni trop aventureux ».
Gérard Carreyrou a également discuté avec le public, qui sollicitait l'avis du professionnel des médias sur des questions plus larges liées au journalisme. La politique et les médias sont-ils de connivence ? Les journalistes doivent-ils être incisifs dans leurs entretiens avec les politiques ? Autant de questions auxquelles le président du Jury 2005 a répondu avec passion et intérêt.
Entretien.
Quelle place occupe le documentaire aujourd'hui dans la télévision ?
Le documentaire connaît un véritable regain d'intérêt. On assiste à une renaissance au sein des chaînes. C'est vrai qu'à une période, le documentaire était en baisse... Depuis deux ou trois ans, les chaînes comme France 2, France3, France 5 ou encore Arte ont commencé à diffuser de plus en plus de documentaires. Et TF1 commence vraiment à s'y intéresser. On assiste également au développement de chaînes documentaires ; une petite quinzaine existe aujourd'hui. Cela prouve que le public a envie de ce genre de programmes.
Quelle est la recette d'un bon documentaire ?
Il faut un sujet intéressant dans l'actualité, qui s'inscrive dans l'air du temps. Il faut montrer, démontrer quelque chose par différents moyens : l'enquête, les témoignages. Quand je visionne un film avec l'impression d'un déjà vu, c'est raté. Le bon reportage, c'est une démonstration de quelque chose par un angle qui intéresse le public.
Vous venez de lancer la chaîne Ushuaïa TV. Quels sujets aborde-t-elle ?
La grande nature, l'environnement, l'écologie, le développement durable. On souhaite montrer comment notre monde est en danger, et comment certaines situations peuvent aboutir à des désastres écologiques. C'est une vision assez engagée.
L'équipe est-elle composée de journalistes ?
Les documentaires sont achetés à des agences comme Capa par exemple, ou réalisés en co-production. Le travail des journalistes est entièrement présent sur la chaîne mais il n'est pas réalisé en interne.
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