Mardi, 18 Juin 2013

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Une journée dans la peau d’un journaliste

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altLes journalistes le savent : leur métier n'est pas simple. Public Sénat offre la possibilité à des personnalités politiques (ou autres) d'endosser le costume de rédacteur en chef pendant une journée. Comment se déroulent ces journées ? Qu'apportent-elles ? L'éthique journalistique est-elle respectée par ces  journalistes d'un jour ? Nous avons posé ces questions à Philippe Di Nacera, rédacteur en chef de Public Sénat.

 

En quoi consiste le concept "rédacteur en chef d'un jour" ?
Cela fait un an ou deux que nous organisons cela sur Public Sénat de manière assez régulière. L'objectif est de mettre des personnalités, politiques pour la plupart, dans la peau d'un journaliste pendant une journée et de les amener à prendre des décisions éditoriales. Il apprennent donc à choisir les sujets, hiérarchiser l'information, maîtriser les contraintes de temps... Tout ce qu'on sait quand on fait ce métier et tout ce qu'on croit savoir quand on ne le fait pas.
Si nous invitons surtout des politiques du Sénat, nous avons envie d'élargir à la société civile, au monde du sport ou au monde de l'entreprise.

Quel rôle jouent ces journalistes d'un jour ?
Le matin, ils assistent à la conférence de rédaction et ils nous aident à réfléchir aux choix de la journée. Il y a ensuite une autre conférence de rédaction dans la journée, en présence de toute la rédaction. Ensuite ils participent à la finalisation des reportages et le soir, ils participent au Face à la Presse, aux côtés des autres journalistes. Ils réalisent également un entretien de 8 minutes, qui est enregistré, afin de ne pas leur imposer le direct,  et ensuite diffusé après le journal de 18h. Ce qui est intéressant, c'est qu'ils se rendent compte qu'il ne suffit pas de dire « je veux inviter telle personne » pour qu'elle soit disponible. Il y a beaucoup de contraintes dont il faut tenir compte.

Leur fonction politique ne compromet-elle pas l'indépendance et l'éthique de la rédaction ?
Il y en a un qui est resté politique jusqu'au bout, c'est Robert Hue. Il a précisé qu'il assumait le fait d'avoir des convictions et qu'il n'y avait rien d'indécent à cela. Les autres ont eu beaucoup plus de scrupules et de recul par rapport à leur position politique. On a par exemple eu Renaud Dutreil, Ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat, en pleine grève des fonctionnaires. Toute la journée, dans ses choix, il a joué le jeu du journaliste qui essaye d'appliquer un traitement équitable et indépendant de l'information.

Que leur apporte cette expérience ?
C'est une véritable découverte pour eux, et il n'y en a pas un qui n'est pas sorti lessivé. Et en général, ils en sortent avec une meilleure idée du fonctionnement d'une rédaction. Ils apprennent sur le métier, dont ils ont souvent une idée fausse, et en ressortent différents. Pour nous, la rédaction, c'est également enrichissant car ils viennent avec un regard décalé. A la sortie, il y a véritablement une meilleure connaissance des uns par rapport aux autres.

Les prochains rédacteur en chef :
1er juin 2005 : Michel CHARASSE Sénateur du Puy-de-Dôme
15 juin 2005 : Josselin de Rohan, président du groupe UMP du Sénat, sénateur du Morbihan

Infos :
Public Sénat
Tél. : 01 42 34 44 00
http://www.publicsenat.fr

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