[édito]Belga, l’une de plus importantes agences de presse en Belgique, dépasse royalement les bornes ! On sait que cette agence a connu dans les années 90 de grosses difficultés financières qui l’ont forcée à se diversifier et à se restructurer.
Belga a alors commencé à investir dans les nouvelles technologies, tout en recrutant de jeunes journalistes, souvent débutants mais surtout pas chers à l’embauche. Jusque là, on ne peut pas vraiment lui jeter la pierre. Quelle entreprise de presse ne le fait pas ?
Belga a aussi élargi ses activités « presse » en lançant il y a quelques années, un service de diffusion de communiqués de presse au sein de ses fils d’infos. Soit, l’AFP a fait pareil avec une de ses filiales.
Par contre, plus récemment le département marketing de Belga a décidé de pousser les relations presse au sein de l’entreprise. Ainsi l’agence organise fréquemment des ateliers pratiques sur les relations presse. On peut se poser des questions alors que l’éthique journalistique interdit de cumuler des activités de journalisme et de communication.
Mais encore, c’est tendance. Alors fermons les yeux.
Mais là, où Belga va vraiment trop loin c’est avec son concours « jeseraijournaliste.be ». Ce concours médiatisé à l'aide de spots publicitaires en TV et en radio, propose au grand public de réaliser des reportages audiovisuels. A la clé : un stage rémunéré chez Belga, rien que ça !
Ce concours n’est rien d’autre qu’une vulgaire insulte. Une insulte à la profession, à la lecture des présentations et conseils sur le journalisme prodigués sur le site jeseraijournaliste.be. Une insulte aux stagiaires qui chaque année travaillent bénévolement chez Belga. Une insulte aux organisateurs de la campagne "Pigiste pas pigeon" qui luttent contre la précarisation de la profession.
Toutes les sources que nous avons contactées, dans la profession comme dans les organisations professionnelles, voire même dans la rédaction Belga, se sont dites révoltées par cette campagne. On est en droit de se demander pourquoi Belga met sur pied une telle campagne de « recrutement » alors qu’à ses portes, se bousculent des milliers de candidats, formés pour la plupart, au journalisme et aux métiers de l’image. Ne sont-ils pas assez bons pour Belga ?
On est en droit aussi de se demander si cette grosse campagne de marketing, car il ne s’agit que de cela, n’est pas une source facile et gratuite de contenus pour l’agence de presse. Les candidats renoncent en effet, au profit de Belga, à tous leurs droits sur les contenus présentés dans le cadre du concours.
Pour conclure sur cette belle mascarade, Belga ne précise nulle part la rémunération de ce stage de 6 mois. Messieurs les responsables du marketing, un pin’s Belga, en guise de premier prix, aurait sûrement été moins risible.
Greg Manset
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