C’est une tradition dans les écoles de journalisme, les étudiants de deuxième année effectuent un séjour à l’étranger pour réaliser une grande enquête.
A la fin du mois de mai, une quinzaine d’étudiants du CELSA (Paris IV – Sorbonne) ont donc effectué un séjour d’une semaine à Sarajevo, réalisant des reportages sur les changements en Bosnie-Herzégovine pour une agence virtuelle dont la production était diffusée sur un site Internet.
Le SNJ-CGT s’étonne qu’une école publique, liée à une université prestigieuse, ait cru bon de faire parrainer cette formation par une marque de téléphone mobile.
En effet, les étudiants ont été équipés par cette marque de son dernier téléphone mobile, « appareil photo-vidéo intégré de 12,1 mégapixels (le plus puissant du marché à l’heure actuelle) », présenté comme « l’outil multimédia idéal des blogueurs qui souhaitent pouvoir télécharger facilement leurs images et leurs films sur YouTube et sur les sites Web de publication et de partage de contenus ».
Les nouvelles technologies bouleversent, certes, les méthodes de travail des journalistes, mais le journaliste touche à tout, capable de faire enquête, interview, images et sons, même avec du matériel d’une utilisation simplifiée, reste un leurre.
C’est la polyvalence chère aux nouveaux employeurs des médias plus sensibles aux profits qu’à la pertinence de l’information qui est présentée comme le « nec plus ultra » du journalisme. C’est présenter les nouvelles technologies comme le remède à la crise des médias. C’est plonger, enfin, les étudiants dans un environnement où le journaliste peut être parrainé (ou sponsorisé) pour travailler, où le journaliste doit travailler dans l’urgence absolue. Au bout du compte, c’est la qualité de l’information qui est en cause.
Le SNJ-CGT déplore que les nouvelles technologies s’introduisent ainsi subrepticement dans le quotidien des journalistes sans une profonde réflexion sur le traitement de l’information dans le nouvel environnement numérique.
Le SNJ-CGT n’entend pas refuser le progrès des technologies, mais il souhaite que des discussions approfondies permettent aux journalistes d’utiliser les nouveaux outils pour améliorer l’information due aux citoyens et non pour générer seulement des gains de productivité au seul profit des actionnaires.
Montreuil, le 2 juin 2010
(communiqué SNJ CGT)
communiqué étudiants journalistes cobayes.doc
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