Mardi, 21 Mai 2013

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Colombie : Le journaliste de la chaîne Telesur, Freddy Muñoz, à nouveau recherché par la justice

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Libéré le 9 janvier 2007 après cinquante jours de détention, le correspondant colombien de la chaîne latino-américaine Telesur, Freddy Muñoz, est à nouveau sous le coup d’un mandat d’arrêt pour « terrorisme » depuis le 7 février dernier.  Reporters sans frontières trouve confuses les conditions dans lesquelles la procédure a été relancée.

Accusé d’avoir apporté un soutien logistique à un attentat commis en 2002 par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Freddy Muñoz avait été relâché faute de preuves. D’anciens combattants de la guérilla s’étaient rétractés après avoir témoigné contre lui et les examens médicaux avaient révélé que les cicatrices que présente le journaliste à l’abdomen n’étaient pas dues à une manipulation d’explosifs.

Le 7 février, la justice a émis un autre mandat d’arrêt contre Freddy Muñoz - sans le transmettre à son avocat - en invoquant de « nouvelles preuves » : « des documents saisis par le Département administratif de sécurité (DAS, service de renseignements militaire) à son domicile, une contre-expertise médicale et une photo ».

L’avocat du journaliste, Tito Gaitán, a souligné que son client n’avait pas passé de nouveaux examens médicaux depuis sa libération et que la perquisition du DAS avait déjà été effectuée depuis longtemps, non pas à son domicile mais chez un avocat, défenseur de guérilleros présumés, à qui il avait laissé sa carte de visite.

Le 10 février, soit trois jours avant que Tito Gaitán n’accède à nouveau au dossier, l’hebdomadaire Cambio et le quotidien El Tiempo ont publié une photo de « Freddy Muñoz parmi des combattants des FARC » (cf. photo). Les deux journaux ont également indiqué que le journaliste était en fuite au Venezuela, le siège de Telesur se trouvant à Caracas.

(JPEG)

Dans un communiqué publié en ligne le 15 février, Freddy Muñoz a dénoncé la photo comme un « montage », en s’étonnant qu’elle paraisse un mois après sa libération. Le journaliste a également fustigé les liens entre certains fonctionnaires de justice, des agents du DAS et les paramilitaires. Enfin, il a démenti avoir fui au Venezuela mais a confié devoir se cacher en raison de menaces de mort envoyées sur sa boîte email par le commando paramilitaire des « Aigles noirs ». Ce commando s’est effectivement illustré par une véritable campagne de terreur contre la presse de la côte caraïbe à la fin de l’année 2006 (cf. communiqués).

Au vu de ces derniers développements, Reporters sans frontières a déclaré : « Nous constatons que de nombreuses irrégularités entachent la procédure engagée contre Freddy Muñoz. Le journaliste doit bénéficier de la présomption d’innocence et de garanties de sécurité qui n’ont pas été respectées. Nous continuerons à le soutenir tant qu’il fera l’objet de menaces et que la preuve formelle de sa culpabilité n’aura pas été établie. Notre organisation condamne par ailleurs toute instrumentalisation de cette affaire à des fins idéologiques et politiques. La Colombie a le malheur de compter deux grands prédateurs de la liberté de la presse : les FARC et les paramilitaires. »981 consultation(s)

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