" Nous exigeons des autorités qu'elles ne s'attaquent pas aux dernières libertés accordées à Mohammed Abbou. Ses conditions de détention sont déjà exécrables et sa famille subit un harcèlement constant. Mettre fin à un entretien accordé par la loi, sans justification, est illégal", a déclaré l'organisation.
La femme de Mohammed Abbou, Samia, s'est rendue le 24 mai à sa visite hebdomadaire à la prison du Kef, accompagnée de militants des droits de l'homme. Les gardes de la prison n'ont pas autorisé les membres des organisations Human Rights First et Front Line à le rencontrer. Samia s'est donc présentée seule à son mari. La loi autorise le couple à s'entretenir 15 minutes chaque semaine. Durant la conversation, lorsque Samia a déclaré avoir été accompagnée par une mission conjointe de militants des droits de l'homme, les gardes ont tiré un rideau pour séparer le couple et fait sortir Samia, mettant brutalement fin à l'entretien.
Samia Abbou a été très choquée par cette sanction arbitraire. Elle n'a par ailleurs eu aucune nouvelle de son mari depuis l'incident.
Le matin du 24 mai, Lassaad Jouhri, membre fondateur de l'association de soutien aux prisonniers poltiques (AISPP) a été arrêté et interrogé sur ses activités et notamment sur son intention d'accompagner les organisations Human Rght First et Front Line lors de la visite de Samia Abbou à son mari.
Depuis son incarcération, le 1er mars 2005, la femme du cyberdissident et ses enfants sont les cibles d'un harcèlement constant. Lorsqu'ils rendent visite à l'avocat, à 170 kilomètres de chez eux, ils sont fréquemment insultés et parfois même molestés.
Mohammed Abbou a été condamné à trois ans et demi de prison pour un article publié sur Internet dans lequel il comparait les tortures infligées à des prisonniers politiques en Tunisie aux exactions de soldats américains à Abou Ghraib.
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[Communiqué RSF ]
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