«Un
sujet, un verbe, un complément. Et pour les adjectifs, vous viendrez
me voir. » Telle est la consigne que les rédacteurs en chef
sont censés donner aux jeunes journalistes débutants. La bonne
phrase du journaliste fait,
en effet, penser au coup de pinceau de l'aquarelliste
: pas le temps de lécher la besogne car le soleil va disparaître
; pas le temps d'un retour car on ne ferait que diluer ; pas non plus trente-six
choses à déployer car il n'y a qu'un angle de prise de vue.
Les
gens qui ont dans la tête en permanence quatre adjectifs, trois verbes,
deux incises, trois circonstancielles, un remords, deux précisions, quatre
métaphores, une allusion et un jeu de mots ne sont bons qu'à écrire
des éditoriaux, cette plaie de la presse française. Même
l'éternelle remise de médailles chez les sapeurs-pompiers peut
faire un bon papier. À condition d'aimer à la fois les gens et
l'ironie, la vie, le rythme et le langage.
Dans ce guide, l'auteur se saisit d'une phrase, de quelques lignes d'un paragraphe
parues dans la presse, les décortique, les analyse, les critique pour
montrer comment ils répondent ou non aux exigences de l'écriture
journalistique. Une invitation à améliorer son style, à
inventer sa phrase.
Biographie de l'auteur
Hédi KADDOUR a enseigné la littérature française
à l'École normale supérieure Fontenay/Saint-Cloud/Lyon.
II a également été chargé de cours d'écriture
journalistique au CFJ. Son roman Waltenberg (Gallimard) a été
élu Meilleur roman français 2005 par le magazine Lire. Il est
chroniqueur à la Nouvelle Revue française.
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