Quand votre article est modifié...

Questions et débats à propos de la pige et des pigistes : tarif d'une pige, statut du pigiste, comment trouver des piges ? Comment vendre des piges ? Droits des pigistes, ...
gavroche
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Message non lu par gavroche » 01 mai 2009, 17:23

non, il nie qu'un autre puisse corriger aussi bien que lui son article...
me souviens d'un prof SR dans un grand quotidien qui disait la plus grosse partie de son boulot c'était d'être diplomate avec les journalistes...
comme quoi les collègues qui s'énervent juste pour une tournure de phrase corrigée, ça existe... Ca me laisse un peu sceptique comme attitude.
Sauf à tomber sur un SR incompétent ou un chef de rédac qui se découvre des talents de "maquilleur" de texte... et là c'est plus une question d'éthique, voir de ligne éditoriale que de simple correction, à 99 % ça se passe bien. Donc demander une vérification automatique et être intransigeant à son point sur ce sujet pour 1 % d'erreur...
Bon... j'sais pas, je serais p'tre plus regardante sur d'autres sujets que ça, moi. Et si y'avait vraiment problème, je m'interrogerai plus sur la ligne éditoriale du mag que sur le fait de pouvoir vérifier les titres de mon article...

J'ai amais bossé en mensuel mais le problèmes de bouclages tendus du slip ça existe là bas aussi à ce que j'en ai entendu. C'est pas spécifique du quotidien.

Je rejoins Archaud et Focus sinon.
cilou
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Message non lu par cilou » 01 mai 2009, 19:12

gavroche a écrit :non, il nie qu'un autre puisse corriger aussi bien que lui son article...
Non, relis son premier post :
j'ai très peur que mes articles soient retouchés (ce qui est bien normal, j'ai encore à apprendre) MAIS sans qu'on me fasse "valider"
les collègues qui s'énervent juste pour une tournure de phrase corrigée, ça existe... Ca me laisse un peu sceptique comme attitude.
Certaines fois, une tournure de phrase modifiée peut faire changer totalement le sens de la phrase. Je l'ai déjà vu.
Sauf à tomber sur un SR incompétent ou un chef de rédac qui se découvre des talents de "maquilleur" de texte... et là c'est plus une question d'éthique, voir de ligne éditoriale que de simple correction, à 99 % ça se passe bien.
C'est pour le 1 % restant que Julien voudrait pouvoir revoir les corrections.
Un SR comme un rédac'chef, peut être en retard, fatigué, à la masse, ou tout simplement pressé. Il ne s'agit pas d'incompétence.
Donc demander une vérification automatique et être intransigeant à son point sur ce sujet pour 1 % d'erreur...
Je suis d'accord que c'est exagéré.
J'ai amais bossé en mensuel mais le problèmes de bouclages tendus du slip ça existe là bas aussi à ce que j'en ai entendu. C'est pas spécifique du quotidien.
Quand on ne peut pas donner 1 h à l'auteur pour lire le papier en mensuel, c'est en général que le mensuel est mal organisé. Le genre de canard à te demander un article pour le 10 du mois, à le lire seulement le 20 du mois, à te demander des précisions et des modifications pour le 20 au soir, jour du bouclage.
Parfois, il y a de vraies raisons de ne pas donner à relire (on n'a pas le temps, ou on sait que le journaliste est un pinailleur). Mais la plupart du temps, du moins dans un mensuel, et pour les articles "froids" des quotidiens et des hebdos, c'est possible. Mais là aussi, il y a une certaine susceptibilité des SR et des rédac'chef qui ne veulent pas remettre en cause leurs corrections. Ou tout simplement qui ne veulent pas "s'emmerder avec ça".
C'est un peu susceptibilité des uns contre susceptibilité des autres.
Julien75
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Message non lu par Julien75 » 02 mai 2009, 01:18

Merci de vos réponses à toutes et à tous, heureux de voir que le débat ait pris

Quelques observations :

-je crains pas, je demande et même apprécie un regard extérieur de SR ou rédac' chef pour revoir mon papier sur le style, la clarté, etc !

-reste que néanmoins, rien à faire, je suis flippé à l'idée qu'on dénature mon texte (quand je parle de condition non-négociable, c'est pour être sûr que sur le FOND, l'esprit reste)

Pourquoi une telle obession de ma part ? Parce que quand tu es chez Ernst and Young, BNP ou Carrefour, que ta note interne ou ton rapport soit modifiée, no problem : ce n'est pas signé publiquement de ton nom à 100 000 exemplaires. Le journalisme écrit, c'est ton nom, toi qui est en première ligne. J'estime donc que la hiérarchie se doit d'améliorer le texte sur la forme, voir même de reprendre l'angle, mais pas de te faire dire ce que tu n'a pas dis. L'exemple donné ici même de la presse judiciaire où le titre de "une" vient casser la présomption d'innocence me renforce dans ma conviction : gagner ma vie dans la comm', l'enseignement du français et les traductions, et ne publier que ponctuellement dans le journalisme, de préférence dans des mensuels ou des mag', en parlant "diplomatiquement" de mon souhait de travailler par allers-retours.
gavroche
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Message non lu par gavroche » 02 mai 2009, 09:44

tu ne crains pas mais tu es flippé... :lol:
bref, change de métier, oui. Si t'es incapable de faire confiance à une équipe...

Et euh, changer un angle dans un article, ça je trouve ça bien plus grave que de modifier un titre ! Ça, ça demande une concertation ! surtout en pige ! où l'angle est normalement précisé dès la commande !!!
Tiens, j'avais un sujet un peu épineux sur la réforme du lycée. J'ai discuté de l'angle avec mes collègues parce que selon ce qu'on choisissait, ce n'était pas la même chose qui était exprimé ! Et oh, miracle, mon article est passé tel que...
D'ailleurs, changer l'angle d'un papier pour une personne qui n'a pas fait le boulot de recherche, je ne sais même pas si c'est faisable...

Et encore une fois, même si je n'ai pas vingt ans d'expérience derrière moi, et pas en piges en plus, je trouve qu'à 99% il n'y a pas de problèmes de modification du contenu des articles... Peut-être tout simplement parce que le contenu est discuté avant même l'écriture, en équipe ! Exemple que je prenais de mon article plus haut. C'est un travail d'équipe la confection d 'un journal. Tu décides pas seul de ce que tu mets dedans !
Une ligne éditoriale ça existe ! Quand tu bosses, que tu acceptes de bosser dans un journal, tu adoptes cette ligne éditoriale ( tellement vrai que si elle est modifiée, ça peut-être un motif pour le journaliste pour partir du canard avec tous ses droits ). Si elle ne te plait, tu bosses pas avec ce canard. C'est tout...
Perso, je refuserai de bosser dans un journal qui foule aux pieds certaines de mes convictions personnelles ( tu ne me verras pas à Minute, quoi... ). Faut savoir où on met les pieds, c'est tout.

au fait, un sr n'est pas hiérarchiquement supérieur à toi, journaliste... le chef d'édition oui. Tu connais si mal le fonctionnement d'un journal, magazine, au niveau interne pour faire ce genre d'erreur ?

tu travailles vraiment comment journaliste ? j'ai l'impression que tu ne connais absolument rien au fonctionnement d'une rédaction là...
T'es prof, on dirait ?
ann65
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Message non lu par ann65 » 02 mai 2009, 10:33

Julien75 a écrit :Merci de vos réponses à toutes et à tous, heureux de voir que le débat ait pris

Quelques observations :

-je crains pas, je demande et même apprécie un regard extérieur de SR ou rédac' chef pour revoir mon papier sur le style, la clarté, etc !

-reste que néanmoins, rien à faire, je suis flippé à l'idée qu'on dénature mon texte (quand je parle de condition non-négociable, c'est pour être sûr que sur le FOND, l'esprit reste)

Pourquoi une telle obession de ma part ? Parce que quand tu es chez Ernst and Young, BNP ou Carrefour, que ta note interne ou ton rapport soit modifiée, no problem : ce n'est pas signé publiquement de ton nom à 100 000 exemplaires. Le journalisme écrit, c'est ton nom, toi qui est en première ligne. J'estime donc que la hiérarchie se doit d'améliorer le texte sur la forme, voir même de reprendre l'angle, mais pas de te faire dire ce que tu n'a pas dis. L'exemple donné ici même de la presse judiciaire où le titre de "une" vient casser la présomption d'innocence me renforce dans ma conviction : gagner ma vie dans la comm', l'enseignement du français et les traductions, et ne publier que ponctuellement dans le journalisme, de préférence dans des mensuels ou des mag', en parlant "diplomatiquement" de mon souhait de travailler par allers-retours.
Contrairement à toi, je n'estime pas que le rédacteur est en "première ligne", parce qu'il a apposé sa signature au bas papier. Pour moi, le rédacteur n'est qu'un des maillons de la chaîne.
Un papier ne devient un article (qui sera lu) que parce qu'il publié dans un canard.. Et pour cela, il doit être corrigé, édité, mis en page, illustré. C'est donc le fruit d'un travail collectif.

Je bosse depuis 20 ans et j'ai exercé le métier de SR pendant 10 ans et j'a remarqué que ce sont toujours les mêmes qui râlent parce que leurs papiers ont été "massacrés par les SR qui ne connaissent rien au sujet et qui se font plaisir en changeant un mot par un autre". Et toujours les mêmes qui apprécient sincèrement l'oeil extérieur du SR et ses interventions, avec qui il est toujours agréable de discuter... et à qui on a envie de discuter les propositions de corrections et faire relire les papiers après correction.

Par ailleurs, concernant la fond, ce que tu appelles "l'esprit", tu n'ignores sûrement pas qu'il existe, dans tout canard, une ligne éditoriale. Le MÊME fait divers ne sera pas traité de la façon dans le Monde, Le Parisien ou le Nouveau Détective.
Et si ton papier n'est pas en cohérence avec cette ligne éditoriale, il sera modifié sur la forme et le fond. C'est le jeu ma bonne Raymonde...

Mais je pense que tu as finalement raison de ne pas te jeter à corps perdu dans le journalisme si cette règle du jeu ne te convient pas et te fait du mal à ton petit ego :wink: . Parce que tu va être malheureux et parce que tu risques d'être perçu comme un bel emmerdeur..
starfrog
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Message non lu par starfrog » 04 mai 2009, 11:04

A la lecture de ce sujet, beaucoup de novices et internautes en marge de votre profession, dont je fais partie, seront ravi(e)s de la tournure informative(qui fait quoi, le travail d'équipe, ...) qu'a pris ce post !
Excellent ! Merci à vous, débat enrichissant !
cilou
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Message non lu par cilou » 04 mai 2009, 12:19

Juste une remarque : les journalistes qui veulent absolument relire les corrections des SR doivent appliquer le même traitement aux gens qu'ils interviewent, et donc leur faire relire leurs citations. Autrement dit, pourquoi un interviewé ferait-il confiance à un journaliste pour ne pas déformer ses propos, si le même journaliste ne fait pas confiance aux SR et rédac'chef ?
citizen
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Message non lu par citizen » 05 mai 2009, 09:50

Pour ce qui est de la ligne éditoriale, ce n'est pas la peine de polémiquer, il ne parlait pas de ça (à peine évoquait-il le fait qu'il comprenait qu'un redchef trouvant son papier pas bien change l'angle, mais l'angle d'un article c'est pas une ligne éditoriale... alors évidemment, s'il faut changer l'angle d'un papier c'est problématique si c'est parce que le journaliste l'a mal traité, mais je crois que ce n'est pas vraiment ce qu'il voulait dire, juste qu'il était ouvert aux propositions et modifications, tant qu'on lui en parle)
Contrairement à toi, je n'estime pas que le rédacteur est en "première ligne", parce qu'il a apposé sa signature au bas papier. Pour moi, le rédacteur n'est qu'un des maillons de la chaîne.
Un papier ne devient un article (qui sera lu) que parce qu'il publié dans un canard.. Et pour cela, il doit être corrigé, édité, mis en page, illustré. C'est donc le fruit d'un travail collectif.
Oui, enfin, évidemment la FABRICATION d'un journal est collective, mais AU FINAL, c'est pourquoi ? pour que le lecteur le lise. Et si le lecteur voit une erreur dans l'article, avec une signature, ben il se dit que c'est le mec qui a signé l'article qui est con et a fait une erreur.
C'est comme un défilé de mode, y a plein de gens impliqués, mais c'est le styliste qu'on félicite ou qu'on hue, ou pour un livre publié, y a l'éditeur les correcteurs les imprimeurs etc, mais c'est l'écrivain qui signe et doit assumer.

Donc personnellement je comprend qu'on puisse avoir cette crainte, c'est le journaliste qui a signé qui est en première ligne si les lecteurs se plaignent d'une erreur. Et je suis d'accord sur le fait qu'on devrait pouvoir relire son papier avant publication. Mais bon si c'est pas possible, effectivement il faut savoir faire confiance, en parler avec le red chef, rencontrer les SR... mais c'est plus compliqué pour un pigiste, qui n'est pas dans la rédac, voire pas dans la ville (Paris ou ailleurs).
royalys
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Message non lu par royalys » 05 mai 2009, 12:32

Michel de Saint Pierre n'acceptait pas que l'on retouche ses articles même une virgule. Mais nous ne sommes pas M. de Saint Pierre.
Nacera
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Message non lu par Nacera » 05 mai 2009, 13:18

Bonjour
je suis devenue correctrice de presse tout à fait par hasard car sans formation aucune. Mais il est vrai que mon niveau de français m'a énormément aidée et le jour même de mon essai, j'ai eu ce poste officiellement. Notre red chef était un puits de culture, une véritable encyclopédie, qui m'a appris les ficelles du métier. Puis il est parti (pour avoir plus de temps pour finir l'écriture d'un livre), me laissant seule, désemparée, perdue au milieu d'une montagne de papiers à lire, à corriger, à réécrire... Mais comme j'avais les fautes en horreur, c'est avec joie que je traquais sans cesse les virgules, les points-virgules, les fautes de tout genre. Mine de rien, j'ai vu passer 10 ans à corriger encore et encore. Dans plusieurs journaux, j'ai eu à "toucher" les éditos et autres articles de bons journalistes (même si on me l'avait "interdit" -oui, oui-), et croyez-moi, jamais on ne me l'a fait remarquer, jamais on ne m'a traitée de "madame-je-sais-tout". Bien au contraire, on félicitait mon "état d'alerte". Bon, je ne la joue pas, je voulais simplement dire qu'un journaliste, un pigiste ou une personne qui écrit quelque chose doit apprécier l'effort que fait un correcteur pour rendre son papier plus agréable et plus léger, et apprendre aussi de lui à partir de ses fautes aussi minimes soient-elles.
Je vais me préparer, je crois, à recevoir des messages de personnes pas d'accord du tout.
cilou
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Message non lu par cilou » 05 mai 2009, 16:05

Je pense que tout le monde ou presque est d'accord pour voir ses fautes corrigées.
Je pense que Julien craint plutôt les changements de fond. Un conditionnel transformé en indicatif. Une nuance supprimée. Un interviewé dont on modifie la pensée...
Julien75
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Message non lu par Julien75 » 08 mai 2009, 10:34

Merci de toutes vos réponses à mon post !

D'abord, j'ai appris pas mal sur le travail de SR. Je peux paraître un peu naïf sur la question mais quand tu es pigiste dans des magazines parisiens d'ampleur national, on ne te fais pas faire le tour de la maison. Tu es plutôt prié d'aller te faire foutre, question ambiance et rapports humains...

Donc intéressant post sur le travail de SR. A quelqu'un comme Gavroche qui m'attaque violemment : j'ai énormément besoin de son regard extérieur. Quand tu as passé des heures sur un papier, il arrive un moment où tu n'as qu'une envie, qu'on te dise ce qu'on en pense, et qu'on te suggère des modif'. C'est pas "utile", c'est indispensable ! J'aime bien la référence à la dictée d'école primaire : le regard de l'autre vous aide à vous relire. Mais tout est dans le verbe "suggérer" ; quand il s'agit d'un rédac' chef qui veut "vendre" ou "orienter" le papier, sans te suggérer, mais de façon autoritaire, eh bien là c'est la merde. Comme c'est dit plus haut, un passage d'un conditionnel à un indicatif, et hop, tout est foutu en l'air...

Je me range vraiment du côté de "Citizen" : vous ne m'enleverez pas de l'idée que le job de journaliste n'est pas un job comme les autres : quand on force votre plume en interne chez Veolia, quand on modifie votre rapport chez Vinci, etc, eh bien c'est caché, vous ne signez pas sur la place publique, et mentalement vous êtes clairement détaché du truc car c'est "le groupe" qui veut ça. Un article signé de votre plume, c'est vos amis, votre famille, les interviewés cités dedans qui peuvent vous faire une remarque à VOUS. En ce sens, je pense qu'un rédac chef ou un SR, en modifiant le texte signé d'un autre, a le devoir d'être fidèle à la pensée de l'autre.

C'est exactement la politique que je mène avec mes interviewé, "Cilou" : jamais, jamais je n'ai pas fait relire à quelqu'un ma transcription d'un entretien servant à un papier ; je me sentirais trop mal que l'autre n'est pas relu. Après, c'est moi qui choisit les citations dans l'ensemble de l'entretien, c'est clair. Mais vraiment je ne conçoit pas le journalisme comme "coincer" quelqu'un, faire dire, pour faire vendre ou faire rentrer dans une case.

Alors je sais que le réel exige parfois ça, il faut bien que les magazines se vendent. C'est pour ça que si j'adore le journalisme par certains côtés, je m'en méfie comme de la peste, par ailleurs.

Il faut savoir où l'on met les pieds, me disiez-vous. C'est vrai. Mais tous les journaux n'ont pas une charte éditoriale forcément claire. Je crois que tout ça est une question d'éthique personnelle. Il faut "sentir" avec qui l'on bosse. Et si l'oin sent que l'article a vocation à être "tiré" dans un sens, eh bien peut-être faut-il abattre la carte du pseudonyme, signer sous pseudonyme, je veux dire.

Quelqu'un l'a déjà fait ? Pourquoi ne pas instaurer une relecture obligatoire par le journaliste, qui, s'il n'est pas d'accord avec un rewriting sauvage changeant le fond (le fond, ai-je dit, amis SR) de l'article, pourrait faire jouer un clause "pseudonyme" ou retrait de signature ? Alors certes le rapport de force (éco) n'est pas en notre faveur. Mais encore une fois, il est possible de gagner son indépendance en donnant des cours, en faisant de la comm', des traductions, ou mille autres jobs encore. Qu'en pensez-vous ? Le débat se poursuit....
Julien75
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Message non lu par Julien75 » 08 mai 2009, 10:37

Pardon pour les fautes d'orthographes évidentes de mon précédent post, ce 8 mai au matin, mon orthographe n'était pas au garde à vous visiblement :oops:
gavroche
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Message non lu par gavroche » 08 mai 2009, 10:58

citizen a écrit :Pour ce qui est de la ligne éditoriale, ce n'est pas la peine de polémiquer, il ne parlait pas de ça (à peine évoquait-il le fait qu'il comprenait qu'un redchef trouvant son papier pas bien change l'angle, mais l'angle d'un article c'est pas une ligne éditoriale... alors évidemment, s'il faut changer l'angle d'un papier c'est problématique si c'est parce que le journaliste l'a mal traité, mais je crois que ce n'est pas vraiment ce qu'il voulait dire, juste qu'il était ouvert aux propositions et modifications, tant qu'on lui en parle)
quand on modifie un article au point d'en modifier le contenu, c'est que le contenu initial ne convenait pas à la ligne éditoriale, à mon sens... on ne fait pas ça gratuitement, il me semble. :?
l'autre solution c'est de ne pas publier le papier du tout, tu me diras...
gavroche
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Message non lu par gavroche » 08 mai 2009, 11:20

Julien75 a écrit :Merci de toutes vos réponses à mon post !

Donc intéressant post sur le travail de SR. A quelqu'un comme Gavroche qui m'attaque violemment : j'ai énormément besoin de son regard extérieur. Quand tu as passé des heures sur un papier, il arrive un moment où tu n'as qu'une envie, qu'on te dise ce qu'on en pense, et qu'on te suggère des modif'. C'est pas "utile", c'est indispensable ! quand il s'agit d'un rédac' chef qui veut "vendre" ou "orienter" le papier, sans te suggérer, mais de façon autoritaire, eh bien là c'est la merde. Comme c'est dit plus haut, un passage d'un conditionnel à un indicatif, et hop, tout est foutu en l'air...

Ben... j'ai eu le cas la semaine dernière. article un peu délicat à écrire. J'y ai passé une bonne après midi pour quoi ? 2000 signes... à discuter avec le chef de redac, la direction...
Alors,ok, ils n'ont pas fait les modifs qu'ils me demandaient de façon arbitraire sans m'en avertir mais crois moi que dans ces cas là tu sais où est la hiérarchie dans un journal. Et on te le fait sentir !
La solution ? être pro ! Faire ton boulot ! J'suis retournée vers mes sources, j'ai approfondi le sujet et j'ai eu les billes pour défendre certains points très importants à mes yeux.

Je me range vraiment du côté de "Citizen" : vous ne m'enlèverez pas de l'idée que le job de journaliste n'est pas un job comme les autres : quand on force votre plume en interne chez Veolia, quand on modifie votre rapport chez Vinci, etc, eh bien c'est caché, vous ne signez pas sur la place publique, et mentalement vous êtes clairement détaché du truc car c'est "le groupe" qui veut ça. Un article signé de votre plume, c'est vos amis, votre famille, les interviewés cités dedans qui peuvent vous faire une remarque à VOUS. En ce sens, je pense qu'un rédac chef ou un SR, en modifiant le texte signé d'un autre, a le devoir d'être fidèle à la pensée de l'autre.
Et pourtant un journal vit de ses ventes, a des bénéfs ou des pertes, un chiffre d'affaires... quand tu bosses dans une rédac, tu as des supérieurs, une ligne éditoriale... tu ne décides pas seul de ce que tu écris. Tu idéalises trop le métier. Tu le détaches de sa réalité sociale et économique. Et encore une fois à 99 %, il n'y a pas de gros problèmes lors des corrections...
C'est exactement la politique que je mène avec mes interviewé, "Cilou" : jamais, jamais je n'ai pas fait relire à quelqu'un ma transcription d'un entretien servant à un papier ; je me sentirais trop mal que l'autre n'est pas relu. Après, c'est moi qui choisit les citations dans l'ensemble de l'entretien, c'est clair. Mais vraiment je ne conçoit pas le journalisme comme "coincer" quelqu'un, faire dire, pour faire vendre ou faire rentrer dans une case.
Je ne fais JAMAIS relire pour correction mes papiers !
Il m'arrive de temps en temps de le faire relire quand c'est un sujet pointu sur lequel je pourrais dire des bêtises - genre un article sur la biochimie moléculaire - mais je précise bien que c'est pour vérifier qu'aucun bêtise n'est dite et non pour que la personne me dise ah non, ce serait mieux de dire ça comme ça...
C'est un contrat de confiance. Et de toute façon, en phr et pqr, s'amuser à être malhonnête, tu le fais une fois mais pas deux ! la personne s'en souvient et ne se laisse pas prendre deux fois !
Ce n'est pas une question de faire rentrer dans une case. Mais dis, t'es prof je crois , tu fais approuver tes cours aux parents d'élèves avant ? T'es un ou une pro... censé faire son job, de journaliste, honnêtement. Tu n'as pas à le faire valider par tes sources.

Il faut savoir où l'on met les pieds, me disiez-vous. C'est vrai. Mais tous les journaux n'ont pas une charte éditoriale forcément claire.
ligne éditoriale on dit, pas charte... Et euh, si, tous les journaux magazines en ont une. maintenant que tu n'arrives pas à la décrypter... Ça fait pourtant parti du job d'un journaliste.

Je reste vraiment dubitative sur tes propos... j'ai l'impression que tu idéalises complètement ce job. Et ouais, on vend des papiers, des articles. on n'écrit pas pour la beauté du geste. Y'a du fric derrière, y'a une hiérarchie, un travail d 'équipe et le journaliste là-dedans n'est qu'un petit pion qui n'a pas à faire sa diva, à mon sens, parce qu'il sait aligner trois phrases de français correctes...
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