Qui a passé le test Ubiqus ?

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Emeliane

Qui a passé le test Ubiqus ?

Message non lu par Emeliane » 17 sept. 2003, 20:13

J'aimerais savoir si quelqu'un a passé le test d'embauche de la société Ubiqus et si oui, quel est le niveau demandé, comment ça se passe et... quelles sont les questions :) ?

Marianne
Duc
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Qui a passé le test Ubiqus

Message non lu par Duc » 17 sept. 2003, 20:17

Qqcqça, Ubiqus ? :?:
Emeliane

Message non lu par Emeliane » 17 sept. 2003, 20:40

C'est une société qui propose des comptes-rendus, synthèses de manifestations diverses au sein des entreprises.
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Makhno
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Message non lu par Makhno » 18 sept. 2003, 12:15

Un pote bosse de temps en temps pour eux. Je lui demanderai. Si je me souviens bien, ce test est orienté culture politique.
"Rien n'est là pour flatter beaucoup la soif du mieux. Qu'y faire ?"
Auguste Blanqui
LeNonce

Message non lu par LeNonce » 18 sept. 2003, 13:47

J'ai bossé pour cette boîte pendant environ un an, jusqu'à avril 2001. Selon mes souvenirs, les tests prenaient environ deux heures le matin, autant l'après-midi.

- d'abord une rafale de QCM, portant sur un peu tout : culture générale, politique, économie. Pas mal de noms à citer dans les deux cas : qui est ministre de ça, pédégé de telle grosse boite, qui était président de la République en 1970 ; combien de pays dans l'UEM, qui sont-ils, etccc. Kesako un PER, les critères de Maastruc, ...

- puis des tests grandeur nature, préfigurant le "travail" demandé chez Ubiqus : en temps limité, on vous passe un enregistrement d'une réunion/conférence/colloque/CE... Et le candidat doit retranscrire sous Word ce qu'il peut.

C'était il y a trois ans, et vu que le DRH et le DG ont changé 36 fois -- tout en restant issus d'HEC, comme les patrons, faut pas dec'... --, les tests ont pu être amendés. M'enfin l'esprit n'a pas dû tellement changer. [C'est bien le problème (commentaire personnel)].

Je connais des gens qui y bossent encore (RIP), je vais leur demander aussi.
Invité

Message non lu par Invité » 18 sept. 2003, 15:00

Merci pour vos réponses.
LeNonce, peux-tu me parler un peu du boulot que tu as fait pour cette boite ? Quelle est l'ambiance ? Le rythme de travail (j'ai postulé pour être rédacteur free lance) ? Le salaire... ?
LeNonce

Message non lu par LeNonce » 18 sept. 2003, 16:09

Ah oui, détail qui a son importance : j'étais permanent, en CDI. Je ne peux pas te dire que l'ambiance était bonne ; mais il faut bosser au siège pour s'apercevoir de la déconnance du management. En tant que rédacteur, free lance ou permanent, tu échappes un peu à ça. Sauf que ton téléphone se met à t'inquiéter quand il sonne. Les joies du télétravail... M'enfin quand faut bouffer, faut bouffer, hein.

Voilà ce qu'un ami free lance (depuis quelques années) raconte sur les tests :
Mon poteau a écrit : Moi j'ai passé les tests pour l'embauche des free-lances. Ce n'est pas pareil. Mais je ne voudrais pas décevoir ta fiévreuse envie de savoir : écoute de dix minutes d'enregistrement d'un extrait de conseil
d'administration avec plein de chiffres partout et retranscription "en temps réel". QCM de culture générale très orientée top ten du management moderne.
Tu understand ce que je veux dire ?
Et vous ?

Pour tes autres questions, je les envoie à Poteau, et j'attends la réponse (il doit ubiqusser aujourd'hui : il se fait tellement iech qu'il répond trop vite).

A suivre...

---- EDIT

J'avais écrit un très long MP à quelqu'un qui demandait des renseignements sur l'auguste travail de rédacteur chez Ubiqus. Avec plein de détails. Si je le retrouve, je le mettrai en ligne.
AS

Message non lu par AS » 18 sept. 2003, 17:13

J'ai passé leur "test" il y a deux ans, depuis chez moi et non à Paris puisque j'habite Marseille : ils m'ont envoyé une cassette audio + une charte expliquant la façon dont il fallait faire les compte-rendus, et je leur ai renvoyé un document Word retranscrivant ce que j'avais entendu (un conseil d'administration). Rien de passionnant mais rien de très compliqué non plus. Ensuite j'ai eu des commentaires par téléphone sur mon compte-rendu, puis ils m'ont envoyé assister à différentes réunions, conférences, etc. avec mon petit magnéto et mon carnet de notes... Encore une fois rien de compliqué, mais c'est assez chronophage (pour retranscrire une heure de réunion, il faut compter environ 3 heures) et pas très lucratif. Mais bon, ça m'a dépannée quelques temps ! Bon courage à toi.
LeNonce

Message non lu par LeNonce » 18 sept. 2003, 17:33

Bon, mon pote est peut-être pressé, mais son appréciation de la situation vaut bien celle d'AS, ci-dessus. C'est d'ailleurs l'idée que je me faisais de ce taff, tout en étant permanent : c'est un job étudiant...

Voilà la seconde réponse de Poteau à un mail dans lequel j'avais copié tes questions, avec ce commentaire : "Tu peux me pondre tes appréciations en deux lignes sur ces questions ? Quelque chose de synthétique. C CHIANT, LONG, ET CA PAIE MAL, sans doute. Mais en moins excessif, plus pertinent pê."
Et mon poteau a écrit : Ta petit synthèse est digne d'un ex-rédacteur de haut vol. Tu lui réponds ça.
C'est ce qu'il y a de mieux.
Ca vaut ce que ça vaut, mais il fait partie des vieux free lance, maintenant, Poteau.

Le Nonce
Chronophile

Note à benner : si, si, mon pote a vraiment répondu ça. Et c'est tout.
Invité

Message non lu par Invité » 18 sept. 2003, 18:47

Merci pour tous ces détails... pas très réjouissant tout ça mais il faut bien beurrer les épinards...
Si vous avez d'autres infos, je suis preneuse.
Emeliane

Message non lu par Emeliane » 18 sept. 2003, 18:51

Le dernier message était de moi, je n'étais pas connectée
LeNonce

Message non lu par LeNonce » 25 sept. 2003, 11:55

Voilà le MP portant sur le taff de rédacteur permanent chez Ubiqus.

A consommer avec modération.

LN

------------------------------

De: LeNonce
A: -
Posté le: Mar Juin 17, 2003 8:39 pm
Sujet: Re: à propos d'Ubiqus


Voilà des impressions en gros. C’est très subjectif, et c’est un peu le bordel, car écrit au fil de la plume…

Ubiqus, c’est une boite dirigée et détenue par deux HEC dans la force de l’âge, Lamotte et Bello. Un des deux (je ne sais plus lequel) fait partie de la famille Wendel (comme Ernest-Antoine). Autant dire qu’ils ont le souci de leurs marges.

Mon premier CDI, c’était donc chez eux, en tant que rédacteur. Après une batterie de tests et des entretiens un peu bâclés (on s’en aperçoit après en avoir passé d’autres), hop ! ils te balancent en « formation » interne pendant deux-trois mois. Le premier mois, t’es payé au SMIC. Avantage, ça permet à Ubiqus de te faire signer une convention de j’sais plus quoi, qui permet à l’entreprise de te classer comme « jeune en difficulté » (ils ciblent leur recrutement sur les jeunes et naïfs diplômés bac +3/ +5 !!!) et de bénéficier d’exonérations fiscales.

J’ai rencontré des collègues sympa. Faut en profiter, car après, on ne les voit plus. Les rédacteurs bossent pratiquement tous, et la plupart du temps, chez eux. C’est prévu dans le contrat, et pas indemnisé du tout (tu paies de ta poche une partie des frais généraux de la boite. Ton appart te coûte plus si tu y passes toute la journée, évidemment). Il bien existe une salle et quelques bureaux volants au siège, à Passy ; mais c’est volontairement limité. Bosser chez soi, ça veut dire pas d’horaires (c’est pour ça que le rédacteur a le statut cadre), et des contacts avec les supérieurs par mail, par téléphone et par coursier quasi-exclusivement. Ca veut dire aussi que la seule compagnie de ta journée de travail, c’est toi, et ton iBook de fonction.

Le taff est simple : on t’envoie en mission chez un client, tu enregistres et tu prends des notes. Revenu chez toi, tu te repasses la bande et tu tapes ce que le gens ont dit, en plus ou moins exhaustif, selon les souhaits du client. Sans évidemment en dénaturer l’esprit. Pas de créativité, donc, c’est même limite abrutissant de rédiger ce que disent des types rarement inspirés. En revanche, ça apprend à écrire beaucoup, vite, voir d’écrire mieux sur des sujets divers, c’est indéniable. Et de taper à la machine comme une bête…

Enfin sujets divers, c’est vite dit. Le cœur de métier d’Ubiqus, c’est là où les comptes rendus sont obligatoires, dans les réunions sociales d’entreprise (comités d’entreprises, CHSCT, dans les grosses boites privées et publiques). C’est vite répétitif, même s’il arrive de faire des missions intéressantes. On trouve aussi un peu de finance (présentations de résultats, assemblées générales), et des trucs variables (colloques...).

Quand je suis arrivé, le salaire, c’était un fixe de 162 KF, ce qui allait de pair avec une production quotidienne mini-maxi de 12 pages Ubiqus (soit un total de 5000 mots) par jour. Ca fait pas mal. Les cadences de travail sont vraiment soutenues, pas question de glandouiller ne serait-ce qu’une demi-journée comme on l’a tous fait dans un bureau. Il faut être très discipliné et s’astreindre à respecter une certaine quantité de bandes tous les jours, sinon, on est submergé. Avantage, tu peux organiser ta journée comme tu veux, tant que tu rends ton document dans les temps.

En cours de route, la boite allant mal, ils sont passés à 14 pages par jour (+16 % quand même), sans augmentation de salaire. Un peu plus tard, ils ont ajouté un système de primes trimestrielles incitant à faire plein plein plein de missions. Les « meilleurs » rédacteurs arrivaient à se faire 10000 balles en plus sur le trimestre. Les autres que je connaissais, en moyenne, 2-3000 balles. Attention, ces primes dépendent de l’activité de l’entreprise, et ne sont pas uniformes. L’été, c’est le désert. Lors des coups de bourre (janvier, juin, septembre, décembre), même pas la peine de prévoir de sortir le soir : t’es trop naze. La rédaction intensive, ça fatigue. On était tous dans ce cas là…

En plus, ces primes n’étant régies par aucun texte ni même de note interne (enfin si, y’en a une, mais elle n’est pas diffusée en entier aux rédacteurs...), elles sont accordées un peu à la gueule du client. Tu ne peux rien dire.

Quand tu es vraiment au point, c’est-à-dire au bout de six-huit mois, tu bosses beaucoup plus vite. Et tu peux envisager une évolution dans la boite, si le courant passe bien.

Le truc suprême, et la seule carotte, c’est de passer rédacteur temps réel. C’est nettement mieux payé, mais attention : beaucoup d’appelés, très peu d’élus. Il y avait 6-7 rédacteurs temps réel quand je suis parti, sur 60-70 rédacteurs. Tous des anciens, qui avaient donc supporté le fonctionnement d’Ubiqus. Et comme l’ensemble des taffs d’Ubiqus, ce n’est pas facile à vendre à d’autres employeurs. Il faut dire les choses comme elles sont : le rédacteur est un sténotypiste, en un peu mieux. C’est tout. Je conçois que cela puisse convenir, un temps. Mais avec ça et les conditions de travail, plus l’ambiance dégueulasse et le management autoritaire (et peu compétent, car très jeune), ça m’a fait fuir. Et j’ai remarqué parmi mes collègues qu’on finit par ne plus avoir le temps de chercher autre chose…

L’esprit d’Ubiqus, quand je l’ai quitté, avait beaucoup changé. D’une boite de djeunz à l’esprit plutôt sympa et start-up, à la fin, c’est devenu une thurne opaque violemment antisociale. Ubiqus a eu la folie des grandeurs pendant la bulle Internet, et ce sont ses salariés qui ont payé les pots cassés. On a vu un des deux PDG, présidant un CE d’Ubiqus, s’emporter contre les tickets restau car ils n’allaient pas dans le sens de l’individualisation des salaires.... Des TR à 30 balles, en plus, dont tu payais la moitié ! Il s’est tellement emporté qu’il a claqué la porte du CE devant une assistance ébahie... Des gens bien, quoi.

J’ai eu la chance de bosser au siège, pendant six mois, pour un développement (foireux) de contenus financiers en ligne qui a complètement foiré, pour une filiale maintenant revendue. C’est en bossant au milieu de vrais collègues qu’on se rend compte du management à la trique de la boite. Sans cette étape, je pense que je serai resté plus longtemps.

Les collègues qui sont entrés avec moi, en 2000, sont pour moitié encore là-bas. Mais je crois que notre « promotion » est nettement au-dessus de la moyenne : le turn over est colossal. Au bout d’un an, j’étais un ancien. Avec le recul, je me dis que j’ai souffert de harcèlement moral caractérisé. Mais bien fait, donc extrêmement dur à prouver. C’est d’ailleurs en fuyant Ubiqus que je suis devenu journaliste, par le plus grand des hasards. Ce n’est peut-être pas si mal… Mais ce n’est pas grâce à mon poste de rédacteur de conférences que je l’ai décroché.

Ah oui : je ne suis pas franchement un natural born syndicaliste. Mais si je n’avais pas trouvé autre chose, j’avais pris toutes les dispositions, contacts, etccc… (et ce ne sont pas des mots en l’air) pour créer une section CFDT à Ubiqus. C’est dire aussi à quel point j’étais remonté.

Ubiqus recrute aussi des « saisonniers » en free lance, généralement des étudiants. J’aurais bien aimé avoir un tel job pour arrondir mes fins de mois, étant potache. Car rédacteur Ubiqus, c’est typiquement un job étudiant. J’ai un ami qui bosse occasionnellement pour eux. C’est pas très bien payé, en plus les barèmes n’ont pas été augmentés depuis 1997-98. Mais faute de mieux…

Bon, si tu as lu tout ça jusqu’au bout, bravo : tu supportes les journalistes verbeux.

Je ne dis pas qu’Ubiqus est forcément une mauvaise expérience. Dans mon cas, c’était ça ou rien. Mais ce n’est assurément pas un « bon moment » à passer. Si j’avais su ce qui m’attendais, j’aurais sans doute cherché autre chose avec plus d’ardeur.

Voilà le sens de la démarche, dirons-nous.

Le Nonce
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