Nouvelle sur le forum... le retour !

Section réservée aux débats sur la correction et les correcteurs : tarifs pour rédiger un article ? Peut-on vivre de la correction ? Quels médias recrutent des correcteurs ?
Leze78
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Nouvelle sur le forum... le retour !

Message non lu par Leze78 » 11 nov. 2008, 23:32

Bonjour à toutes et à tous ! :)
J'ai découvert ce forum au hasard de mes recherches sur le net. J'ai parcouru les pages de discussions existantes et j'ai déjà trouvé un certain nombre de réponses ; toutefois je me permets de vous solliciter, en espérant que vous pourrez éclairer ma lanterne !
(je crois bien que c'est la première fois que je fais autant attention à ce que j'écris - mouarf)

Je vous explique ma situation : je suis enseignante (professeur d'anglais en collège, pour être précise), depuis maintenant 6 ans. Je souhaite changer de métier pour diverses raisons, dont je vous épargnerai les détails.
Le métier de lecteur-correcteur, d'après ce que j'ai pu lire, pourrait éventuellement me correspondre, bien que malheureusement, je ne possède pas 95 % des réponses de "Questions pour un Champion" :? .
Voici donc mes interrogations :

1) Y a-t-il du travail dans ce domaine (et je ne parle pas du fait que du travail, oui, il y en a mais qu'on ne veut pas payer qui que ce soit pour le faire :wink: ) ? Le fait que je vive en province est-il un handicap ? Je précise que j'ai vécu dix ans en région parisienne et que je viens tout juste de me mettre au vert, en Bretagne...

2) J'ai vu qu'il existe deux formations principales au métier de lecteur-correcteur : le CEC et surtout Formacom. La plus réputée des deux coûte très cher ; je sais que certaines aides sont possibles, mais au contraire des salariés du privé, en tant qu'agent de la fonction publique, je n'ai droit à aucune prise en charge des frais de formation (à croire que lorsqu'on choisit l'enseignement, on n'a aucune raison de vouloir faire autre chose un jour :roll: ). Savez-vous si Formacom propose une aide aux personnes dans ma situation ?

3) S'il n'y a pas de financement possible pour Formacom, il me reste donc le CEC, plus abordable. De plus, la formation peut se faire par correspondance, ce qui me conviendrait tout à fait puisque j'ai deux enfants en bas âge et que je me vois mal passer plusieurs mois à Paris sans les voir :cry: ). Mais est-ce une formation solide, pour moi qui suis complètement novice dans le domaine ?

4) Dernière question et après je vous laisse tranquilles : j'ai souvent vu revenir le métier de "secrétaire de rédaction" ou "secrétaire d'édition" dans vos discussions. Qu'est-ce donc exactement ? Désolée pour la naïveté de mes questions mais n'ayant finalement jamais quitté les bancs de l'école, je me rends compte que je ne connais vraiment pas grand' chose... :oops:

Je vous remercie par avance... et désolée d'avoir été longue !

(han là là j'espère ne pas avoir fait trop de fautes... ou n'avoir pas fait trop de fautes, au choix... :mrgreen: )
Dernière modification par Leze78 le 14 mars 2010, 21:43, modifié 2 fois.
archaud
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Message non lu par archaud » 12 nov. 2008, 09:06

N'étant ni correcteur ni secrétaire de rédaction, je vais laisser les professionnels de ces métiers-là vous répondre, dans le détail.

Journaliste rédacteur, fort d'une longue expérience, je me contenterai de quelques observations de bon aloi, j'espère :

- à propos des perspectives de carrière dans la profession de correcteur : elles me semblent limitées, ce secteur-là, comme bien d'autres, paraît plus ou moins bouché, et les rémunérations, pas très élevées, et c'est hélas ! un euphémisme. Aussi je vous conseille de conserver votre job de prof, qui est une sacrée assurance par les temps qui courent, et vous essayez à la correction, à vos heures.


Bonne chance
guibouz
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Message non lu par guibouz » 12 nov. 2008, 10:40

Bonjour,
Je suis d'accord avec Archaud en ce qui concerne le fait de conserver votre poste d'enseignante, dans un premier temps du moins. Le mieux est encore d'allier, si possible, les deux fonctions jusqu'à ce qu'il vous soit possible de vivre de votre nouvelle carrière, ce qui n'est pas gagné d'avance.
Travailler de chez vous ne devrait pas poser de problème pour de la correction pure : beaucoup de sociétés fonctionnent en envoyant les fichiers par mail, donc pour débuter (voire plus si vous parvenez à trouver des collaborations régulières et suffisantes), c'est une bonne chose. Ce qui est pratique avec deux enfants en bas âge.
Après, vous pouvez toujours proposer votre candidature dans la presse régionale, mais aussi dans d'autres secteurs (édition, internet, que sais-je encore).
En ce qui concerne les formations et leur prise en charge, je ne pourrais malheureusement vous donner d'informations à ce sujet.
cilou
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Message non lu par cilou » 12 nov. 2008, 11:23

Le métier du (ou, plus souvent, de la) secrétaire de rédaction varie selon les journaux. Ils font plusieurs de ces tâches :
- gérer les délais... autrement dit fixer les dates de remise et relancer (engueuler ?) les journalistes en retard
- fixer le "chemin de fer", c'est à dire le plan du journal (pub à telle page, grande photo pour lancer tel dossier...)
- réceptionner les articles, éventuellement commander des visuels (photos, schémas), relire, corriger, vérifier certaines infos
- faire la "titraille" (titre, chapô, exergues...)
- certains suivent aussi le travail avec l'imprimeur (qualité de l'impression...).
Je ne crois pas que ce soit un boulot qu'on puisse faire à distance, contrairement à celui de correcteur.

Sinon, tu dis que tu es prof d'anglais. Pourquoi ne pas jouer sur ce créneau ? Proposer des compétences à la limite de la correction et de la traduction.

Comme les autres, je vous suggère de garder votre poste d'enseignante au début, au moins à temps partiel. Ou de prendre un congé sans solde, mais sans démissionner.

Pour les formations, je ne sais pas.

Il faudra aussi vous renseigner, lors de vos premiers travaux, sur la manière dont vous êtes payée : si c'est en honoraire, ça pose quelques problèmes (Urssaf...), y a pas mal de discussions là dessus sur ce forum.
Leze78
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Message non lu par Leze78 » 12 nov. 2008, 18:48

Merci infiniment pour vos réponses ! Vous m'apportez des éléments précieux, surtout en ce qui concerne les débouchés dans le métier de correcteur... :cry:
Je suis déjà à mi-temps (je profite des aides qui me sont accordées pendant que mes enfants sont petits), et je pensais éventuellement profiter d'un congé parental pour suivre une formation ou me relancer dans des études, au terme desquelles, si ma reconversion s'avère problématique, je pourrais réintégrer mon poste d'enseignante.

Travailler avec l'anglais serait bien sûr un plus pour moi, mais j'avoue en être arrivée à un tel degré de lassitude dans mon métier que je suis prête à chercher un poste où la langue de Shakespeare n'est pas centrale, voire absente... :oops:

Je sais que le statut de fonctionnaire est très envié du public à cause de cette fameuse sécurité de l'emploi, mais je fête mes 30 ans aujourd'hui, j'ai donc encore au minimum 35 ans à tirer dans l'Education Nationale et cette simple perspective me déprime totalement.

Sur cette note sympathique, je vous remercie encore d'avoir pris le temps de me lire et de me répondre.

Leslie
cilou
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Message non lu par cilou » 12 nov. 2008, 19:04

Je ne dis pas qu'il faut à tout prix s'accrocher au professorat, surtout s'il vous déprime à ce point. Simplement, il vaut mieux ne le lâcher que lorsqu'on est sûr de ce qu'on veut faire (à défaut d'être sûr de pouvoir en vivre !). Donc après la formation, voire après une première expérience.
Congé parental + formation, ça me semble une bonne piste. Est-ce possible ? En particulier, le congé n'est-il pas payé que si l'on s'occupe à plein temps de ses enfants ?
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PascalSR
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Message non lu par PascalSR » 12 nov. 2008, 19:31

Leze78 a écrit :... mais je fête mes 30 ans aujourd'hui, j'ai donc encore au minimum 35 ans à tirer dans l'Education Nationale et cette simple perspective me déprime totalement.
Je vais fêter mes 30 ans dans trois mois et le fait de ne pas avoir trouvé un seul CDI de correcteur ou de SR en trois ans et de ne même pas savoir si je pourrai me permettre un jour de prendre un succédané de retraite n'est pas vraiment pour me rassurer... :evil:
cilou
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Message non lu par cilou » 12 nov. 2008, 20:39

Je n'ai jamais eu de CDI. Toujours des CDD ou des piges. Pourtant, je vis correctement du journalisme et je ne me sens pas précaire (merci, la loi Cressard !). Mais le cas de la correction est différent, il est probablement plus précaire. Cela dit, entre un boulot stable mais qui te déprime et un boulot précaire qui te plaît, je crois que le choix est clair (du moins si ton compagnon n'est pas lui aussi précaire).
Leze78
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Message non lu par Leze78 » 12 nov. 2008, 22:43

Pour ce qui est de me former pendant un congé parental, ce serait possible si je peux le faire à distance, car évidemment si je ne gagne qu'environ 650 euros par mois grâce aux aides de la CAF, je n'aurai pas les moyens de me payer les services d'une assistante maternelle... :oops:
En plus, mon mari est aussi en passe de se reconvertir ; jusqu'à présent il était monteur vidéo principalement pour France 3 (et donc avait le statut d'intermittent du spectacle) et dans quelques mois, il commence une formation pour devenir constructeur de maisons écologiques en bois... :D

Donc bien sûr je ne ferai rien de risqué : tant que je ne suis pas sûre du chemin que j'ai emprunté, je ne lâcherai pas mon poste (je me mets tout au plus en "pause").

Mais comme dit très justement Cilou, je pense qu'il vaut mieux avoir un statut un peu plus précaire mais aimer ce qu'on fait plutôt qu'être coincée dans un boulot qu'on ne peut plus voir en peinture... une vraie prison dorée, quoi... :cry:
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PascalSR
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Message non lu par PascalSR » 13 nov. 2008, 21:30

Bonjour Leslie,

J'ai toute une lignée d'enseignants du côté de ma mère, qui est elle-même prof d'anglais et qui sera en retraite l'année prochaine. Je vis moi-même avec une ex-contractuelle en italien en renconversion, qui en avait marre de préparer l'insurmontable capes (17 postes en interne pour toute la France ; prochainement supprimé).

Je suis donc loin d'être un antifonctionnaire primaire (sauf quand les impôts me demandent de payer la taxe d'habitation pour un logement que j'ai quitté l'année précédente ! :evil:)

N'ayant moi-même jamais eu la fibre enseignante, je ne saurais juger les courageux et courageuses qui se sont lancés, avec plus ou moins de bonheur, dans ce sacerdoce.

En tant qu'éventuelle future « défroquée », il faut juste que tu saches que c'est laisser derrière toi la sécurité pour la précarité et la chasse à l'emploi . Avec une famille, ce n'est pas toujours évident.

Il faut surtout être prévoyant, clairvoyant, toujours entreprenant et ne jamais se laisser abattre. Ce n'est pas marche ou crève mais presque...
archaud
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Message non lu par archaud » 14 nov. 2008, 08:48

Au risque d'apparaître comme un provocateur, ce que, en l'espèce, je ne suis pas, je serais tenté de dire que vivre dans la précarité de la pige peut aussi être un luxe, qui n'est évidemment pas à la portée du quidam. Quelle est votre assise financière ? Avez-vous de lourds crédits en cours ? Etes-vous particulièrement dépensier(e) ? Etes-vous propriétaire de votre résidence ? Autant de questions, et bien d'autres, qu'il faut se poser avant de s'engager dans cette voie, certes passionnante, mais à l'avenir incertain.
Et puis, au risque de me faire brûler vif par les dames du forum, si vous êtes du beau sexe, êtes-vous mariée ? votre moitié gagne-t-elle bien sa vie ? Je connais quelques journalistes-femmes payées à la pige qui se plaisent dans cette situation précaire, mais leur mari gagne de l'or en barre. Alors, évidemment, les revenus des piges, ça leur fait de l'argent de poche.

Quant au cas de Leze78, les choses me semblent limpides : quitter l'enseignement serait un risque inutile, en raison de la protection inaliénable dont les heureux fonctionnaires bénéficient, jusqu'à la fin de leur carrière. D'autre part, je crois savoir que les fonctionnaires ont, sous certaines conditions dont j'ignore les contours, la possibilité de prendre des périodes sabbatiques, et de retrouver leur job, une fois ces périodes achevées : une piste que Leze78 devrait explorer, je pense.
Petifolio
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Message non lu par Petifolio » 14 nov. 2008, 13:36

Bonjour,

En lisant ces commentaires me reviennent les propos d'Eugène Boutmy (1883). Je me permets d'en glisser ici quelques uns, la suite est disponible à l'URL en bas du texte…

Et pourtant, qu'est-ce que le correcteur? D'ordinaire un déclassé, un transfuge de l'Université ou du séminaire, une épave de la littérature ou du journalisme, et que les circonstances ont fait moitié homme de lettres, moitié ouvrier. Aujourd'hui, sans doute, les choses ne sont plus ce qu'elles étaient il y a dix ans. (…)
Le correcteur a des origines diverses; mais on peut affirmer, sans crainte d'être démenti, qu'il n'y a peut-être pas un seul correcteur dans les cent imprimeries de Paris qui ait fait de cet emploi le but prémédité de ses études ou de ses travaux antérieurs. C'est par accident qu'on devient correcteur.
Ou bien c'est un jeune homme sans fortune, élevé au collège ou au séminaire. Ses études achevées, il s'est trouvé en face d'un problème terrible: vivre. Il a été d'abord maître d'étude ou régent dans un collège de l'Université; quelquefois, s'il sort du séminaire, il s'est engagé imprudemment dans les ordres et a plus tard quitté la soutane. Ces deux déclassés se sont longtemps débattus avant de trouver un asile.
Il y a encore le correcteur que l'on peut appeler « amateur ». C'est un étudiant peu fortuné ou un homme de lettres sans éditeur qui cherche passagèrement quelques ressources dans la lecture des épreuves. Il serait étonnant qu'il fût habile.
Le correcteur femme existe aussi; mais cette espèce, du reste très rare, n'apparaît jamais dans l'atelier typographique; on ne l'entrevoit qu'au bureau du patron ou du prote. Nous n'en parlerons pas... par galanterie.
Au point de vue du caractère, le correcteur n'est pas exempt de certains défauts, qu'on relève d'ailleurs avec assez d'amertume; mais ces défauts on doit les attribuer plutôt à sa situation qu'à la nature. Il ne faut pas oublier qu'il est presque toujours un déclassé: aussi semble-t-il juste d'excuser plus qu'on ne le fait les correcteurs auxquels on serait tenté, de reprocher leur caractère maussade quelquefois peu bienveillant, plutôt porté à la tristesse et à la misanthropie qu'à la gaieté.
Encore une fois, il faut se souvenir qu'avant d'en venir là ils ont souffert de pénibles froissements éprouvé de nombreuses déceptions et lutté contre le mauvais vouloir de certains typographes dont ils sont, comme on dit la « bête noire ». (…)

http://abu.cnam.fr/cgi-bin/go?dicotypo1

Cordialement,
Petifolio
cilou
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Message non lu par cilou » 14 nov. 2008, 18:04

Archaud, la situation inverse existe aussi : le journaliste qui peut se lancer dans la pige parce que sa moitié (femme) gagne bien sa vie.
Mais en effet, la précarité ou non du conjoint est une donnée importante. C'est pourquoi j'avais demandé à Leze si son compagnon était précaire.
Pour ma part, la situation stable de mon compagnon m'a aidée à "passer le pas" vers la pige, plutôt que de rester dans une rédaction qui me déprimait et me pressait comme un citron. Ce qui ne veut pas dire que mes piges sont de "l'argent de poche", car depuis, j'ai fait mon trou. Mais les premiers mois, c'est sûr que ça aide !
RusselPrice
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Message non lu par RusselPrice » 14 nov. 2008, 18:21

Cilou, je suis l'exemple vivant ce que tu viens d'écrire : pigiste plus ou moins précaire grâce à ma chérie qui, elle, est journaliste en PQR. Certes, les mois où ma rémunération dépasse la sienne sont rares mais ils ont tendance à augmenter, thanks god. Pour Leze78, ben on va commencer par te souhaiter un joyeux anniversaire. Les conseils que tu trouveras ici sont souvent très réalistes quant à la difficulté du monde de la Presse. Mais tu trouveras aussi plein d'ex-parisiens installés en Bretagne, qui ont changé de job et on retrouvé la patate (suivez mon regard).
Bons bouclages à tous, j'ai des papiers sur le gaz...
archaud
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Message non lu par archaud » 14 nov. 2008, 18:35

D'accord, Cilou, c'est aussi vrai. Mais reconnais que la situation qui est la tienne n'est pas celle de toutes (et de tous). Les cas sont vraiment tous différents.
Par exemple, moi, après avoir épousé une riche héritière, je m'en suis débarrassé et ai capté sa fortune, ce qui me permet de jouer le journaliste-bohême, en toute quiétude :lol:
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