Toc toc toc, y'a quelqu'un chez Stock ?

Section réservée aux débats sur la correction et les correcteurs : tarifs pour rédiger un article ? Peut-on vivre de la correction ? Quels médias recrutent des correcteurs ?
Climousse
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Toc toc toc, y'a quelqu'un chez Stock ?

Message non lu par Climousse » 22 mars 2013, 10:09

Salut à vous, amis correcteurs et extrémistes de la virgule,

J'ai une petite interrogation de lectrice à vous soumettre. Je viens de terminer de lire "Yellow Birds", chez Stock, le fameux roman sur la guerre en Irak dont tout le monde parle, et je suis tout bonnement atterrée par le nombre de fautes que j'ai relevé dans le texte. Des fautes toutes bêtes, que même la simple rédactrice que je suis a su débusquer (et qui ont fini par me gêner dans ma lecture). Du genre "ébété" sans H, l'accord systématiquement hasardeux de tel (typiquement -- j'invente une phrase mais c'était comme ça à chaque fois -- "Ils s'envolèrent telles des colombes" -- gnié ?), des concordances de temps inappropriées ou des changements de temps (voire de personne) à l'intérieur d'une même phrase ("nous nous levâmes et empoignèrent nos fusils", de mémoire)... Bref, est-il possible que ce roman n'ait juste pas été relu ? Que tant d'énormités aient pu passer sans que personne se rende compte de rien ? Et à quel niveau cela peut-il se produire : la traduction ? (texte si esquinté que je me demande si ce n'est pas à cause d'une traduction approximative que je n'ai que modérément accroché à ce bouquin alors que j'étais conquise d'avance, par principe) la correction ? l'editing ? Que se passe-t-il chez Stock ? Et comment leur signaler/protester ?

J'avais déjà, à maintes reprises, constaté ce genre de fautes (qui, personnellement, me dérangent) dans des ouvrages publiés par de petits éditeurs, ou dans des toutes petites collections très spécifiques, et mis cela sur le compte des moyens limités des boîtes en question. (Ce qui ne rend pas la chose plus acceptable.) Mais de la part d'une grosse maison d'édition comme Stock, je trouve ça inacceptable. Sans compter que j'ai payé ce bouquin 19 euros, ce qui n'est pas rien !

Alors, vos avis ?

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Re: Toc toc toc, y'a quelqu'un chez Stock ?

Message non lu par duplex » 22 mars 2013, 13:35

Je serais bien en peine de vous répondre en ce qui concerne Stock, cela fait bien longtemps que je n'ai pas eu le temps de me plonger dans un roman et je ne suis plus guère ce qui se passe dans l'édition, mais je me permets de relever l'un de vos exemples qui n'est pas une erreur, car la confusion est courante : « Ils s'envolèrent telles des colombes ». En effet, « tel » s'accorde avec le nom ou le pronom qui suit. En revanche, « tel que » s'accorde avec le nom qui précède.
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Re: Toc toc toc, y'a quelqu'un chez Stock ?

Message non lu par Climousse » 22 mars 2013, 15:34

duplex a écrit :Je me permets de relever l'un de vos exemples qui n'est pas une erreur, car la confusion est courante : « Ils s'envolèrent telles des colombes ». En effet, « tel » s'accorde avec le nom ou le pronom qui suit. En revanche, « tel que » s'accorde avec le nom qui précède.
Cela échappe totalement à ma logique ("tel" n'a-t-il pas ici le sens de "semblable à" ? et donc ne devrait-il pas être accordé avec le sujet auquel il se rapporte ?) mais d'accord. J'aurais au moins appris quelque chose aujourd'hui ! :roll: Merci.
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Message non lu par ann65 » 22 mars 2013, 16:45

Climousse a écrit :
duplex a écrit :Je me permets de relever l'un de vos exemples qui n'est pas une erreur, car la confusion est courante : « Ils s'envolèrent telles des colombes ». En effet, « tel » s'accorde avec le nom ou le pronom qui suit. En revanche, « tel que » s'accorde avec le nom qui précède.
Cela échappe totalement à ma logique ("tel" n'a-t-il pas ici le sens de "semblable à" ? et donc ne devrait-il pas être accordé avec le sujet auquel il se rapporte ?) mais d'accord. J'aurais au moins appris quelque chose aujourd'hui ! :roll: Merci.
L'adjectif "semblables" dans ton exemple s'accorde avec "ils" (le sujet auquel "semblables" se rapporte)...
Ils sont semblables à des colombes.

En revanche, l'adjectif indéfini "telles" se rapporte bel et bien à colombes :
Telles des colombes, ils s'envolèrent...
"Telles" pourrait être remplacé par "à la façon de... ". Et on se rend alors compte que "telles" se rapporte bien à "colombes" et pas à "ils"...

Cela ne te te semble toujours pas logique ?
Dernière modification par ann65 le 23 mars 2013, 10:36, modifié 1 fois.
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Re: Toc toc toc, y'a quelqu'un chez Stock ?

Message non lu par coco47 » 23 mars 2013, 05:01

Eh oui Climousse, ça peut paraître drôle à première vue, mais on écrit pourtant : « Il était bavard telle une pie. » Duplex a raison et Ann explique bien cette logique de la chose en traduisant par à la façon de. Ainsi : « Elle jurait tel un charretier » ou « Son geste était doux telle une caresse ».
Reste que, sur le fond, votre indignation est justifiée et réjouissante. Tant de gens se satisfont des mauvais traitements que les éditeurs, même « grands », font subir à la langue. Et sans craindre le ridicule, comme ce terrible « nous empoignèrent » que vous citez.
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Re: Toc toc toc, y'a quelqu'un chez Stock ?

Message non lu par La vraie Gavroche » 28 mars 2013, 10:54

J'ai une petite interrogation de lectrice à vous soumettre. Je viens de terminer de lire "Yellow Birds", chez Stock, le fameux roman sur la guerre en Irak dont tout le monde parle, et je suis tout bonnement atterrée par le nombre de fautes que j'ai relevé dans le texte.


Stock n'est pas le seul éditeur à publier des textes de cet acabit...

Je viens de terminer Le dernier homme de Fukushima, publié chez Don Quichotte ...

Un véritable festival, dont voici quelques exemples :

je découvrai mon premier cadavre ...

Matsumura destabilisait ma rationalité

les patrouilles de police avaient permis de réduire de pillages

Après, j'ai arrêté de chercher les fôtes d'ortograf et de gramère, c'était par trop énervant...

Je leur ai envoyé un mail, mais apparemment, y'a personne non plus là-bas... :)
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Re: Toc toc toc, y'a quelqu'un chez Stock ?

Message non lu par loony » 28 mars 2013, 11:43

Idem, je ne compte plus les romans truffés de fautes que j'ai pu lire. Je crois que le pire sont les romans noirs que je dévore chaque été. Je pense à The Killer inside me chez Folio policier, entre dizaines d'autres. Et à l'époque je n'avais encore que de lointaines velléités de correctrice ! :shock:
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Re: Toc toc toc, y'a quelqu'un chez Stock ?

Message non lu par prof » 28 mars 2013, 19:26

loony a écrit : je ne compte plus les romans truffés de fautes que j'ai pu lire.
     Ce qui laisse supposer que pour certains éditeurs, et non des moindres, les services de qualité que nous souhaitons leur offrir ne leur paraissent plus indispensables. Quelles leçons en tirer ?
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Re: Toc toc toc, y'a quelqu'un chez Stock ?

Message non lu par ann65 » 29 mars 2013, 09:52

prof a écrit :
loony a écrit : je ne compte plus les romans truffés de fautes que j'ai pu lire.
     Ce qui laisse supposer que pour certains éditeurs, et non des moindres, les services de qualité que nous souhaitons leur offrir ne leur paraissent plus indispensables. Quelles leçons en tirer ?
La leçon que j'en tire, personnellement, c'est que les lecteurs se souciant très peu de l'orthographe sont beaucoup plus nombreux que ceux qui s'en soucient.
Si c'était le contraire, les maison d'édition seraient submergées de lettres de réclamation de lecteurs en colère qui les menaceraient de ne plus acheter les bouquins qu'elles éditent..

Or, je crois bien qu'une majorité de lecteur s'en fout... Les éditeurs se passent donc des services de vrais correcteurs.

Les correcteurs ont déjà disparu du monde de la presse. Les SR "purs" suivent ce chemin et sont de plus en plus souvent remplacés par des SR-graphistes-maquettistes-retoucheurs d'images.

La "correction" de nombreux ouvrages édités est, sans doute, confiée aux stagiaire où à un auto-entrepreneur pas, peu ou mal formé et pratiquant des tarifs dérisoires. Il n'y a pas de petites économies en période de crise. :wink:
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Message non lu par MaraDesBois » 29 mars 2013, 11:18

Merci pour cet article loony, il est très intéressant !
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Re: Toc toc toc, y'a quelqu'un chez Stock ?

Message non lu par prof » 29 mars 2013, 14:42

ann65 a écrit : Les éditeurs se passent donc des services de vrais correcteurs.
     Voudriez-vous décourager les postulants à ce métier ? À défaut de servir la presse ou l'édition, quelles perspectives s'ouvrent-elles encore à eux ?
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Re: Toc toc toc, y'a quelqu'un chez Stock ?

Message non lu par ann65 » 29 mars 2013, 16:11

prof a écrit :
ann65 a écrit : Les éditeurs se passent donc des services de vrais correcteurs.
     Voudriez-vous décourager les postulants à ce métier ? À défaut de servir la presse ou l'édition, quelles perspectives s'ouvrent-elles encore à eux ?
C'est bien la question.

Si un de mes enfants m'avait dit : "J'ai envie d'entreprendre des études pour devenir correcteur/rice (ou même journaliste)", je lui aurais dit que ce sont, certes, des beaux métiers, avec beaucoup d'appelés et peu d'élus.

Pourquoi cacher la réalité ?
Je ne suis pas sûre qu'un jeune (ou moins jeune) puisse aujourd'hui gagner convenablement sa vie en se lançant dans le métier de correcteur.
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Re: Toc toc toc, y'a quelqu'un chez Stock ?

Message non lu par loony » 29 mars 2013, 21:26

ann65 a écrit : Si un de mes enfants m'avait dit : "J'ai envie d'entreprendre des études pour devenir correcteur/rice (ou même journaliste)", je lui aurais dit que ce sont, certes, des beaux métiers, avec beaucoup d'appelés et peu d'élus.
D'un autre côté Ann, je pense que notre génération (chui plus si jeune que ça cela dit, hélas :? ) a entendu ça pour beauuuuuuuuucoup de métiers qu'elle voulait faire. C'est en tout cas mon cas ! A chaque fois que j'ai voulu faire quelque chose, j'entendais ce beau refrain... :wink:
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Re: Toc toc toc, y'a quelqu'un chez Stock ?

Message non lu par ann65 » 30 mars 2013, 11:36

loony a écrit :
ann65 a écrit : Si un de mes enfants m'avait dit : "J'ai envie d'entreprendre des études pour devenir correcteur/rice (ou même journaliste)", je lui aurais dit que ce sont, certes, des beaux métiers, avec beaucoup d'appelés et peu d'élus.
D'un autre côté Ann, je pense que notre génération (chui plus si jeune que ça cela dit, hélas :? ) a entendu ça pour beauuuuuuuuucoup de métiers qu'elle voulait faire. C'est en tout cas mon cas ! A chaque fois que j'ai voulu faire quelque chose, j'entendais ce beau refrain... :wink:
Certes, mais certaines filières offrent encore moins de débouchés que d'autres Et les filières littéraires sont de celles-là.
Les jeunes qui sortent des écoles de soins infirmiers n'ont pas de mal à trouver de boulot. Par exemple.
Nombre de formations techniques offrent également des débouchés intéressants.
Il ne s'agit pas d'un refrain que les vieux cons de parents que je suis s'amusent à chanter à leurs enfants par plaisir, mais d'une réalité. Que la littéraire que je suis trouve déprimante.
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