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La réforme sur le statut d'autoentrepreneur en question

Publié : 10 oct. 2013, 15:52
par PascalSR
Adrien Sergent : jeune auoentrepreneur et porte-parole des opposants à la réforme


Vous noterez l'ironie liminaire qui établit que — comme bien souvent — ceux qui sont censés informer les masses sont eux-mêmes très mal informés et commettent d'énormes contre-sens ; ce qui dessert du coup le message qu'ils veulent faire passer : la journaliste qui parle des 160 000 autoentrepreneurs menacés d'aller pointer *chez Pôle emploi.

Par statut, les AE sont des travailleurs indépendants libéraux ; ils ne peuvent en aucun cas prétendre toucher le moindre euro de chômage sur l'argent gagné sous ce statut.

Ce jeune homme me semble mu par une très bonne volonté, mais il a l'air d'oublier de considérer beaucoup de choses importantes, comme le problème des cotisations sociales et retraite. Son parcours est un cas d'école, en aucun cas généralisable à l'ensemble des AE. Et puis, tout le monde n'est pas aussi débrouillard, créatif ni intelligent que lui. Une autre forme d'élitisme. Le comble dans la mesure où il s'agit de la défense d'un sous-statut professionnel et juridique.

Re: La réforme sur le statut d'autoentrepreneur en question

Publié : 11 oct. 2013, 18:24
par Catherine_75
Impossible d'ouvrir ton lien, Pascal.

Re: La réforme sur le statut d'autoentrepreneur en question

Publié : 14 oct. 2013, 02:59
par PascalSR
Beuh-zi, za barche, Cath !

Re: La réforme sur le statut d'autoentrepreneur en question

Publié : 14 oct. 2013, 17:57
par mijo
Bonjour
Pour répondre au message de Pascal sur la réforme de l’AE
Un AE peut être un « libéral », un commerçant ou un artisan inscrit en C.de Métiers (c’est mon cas).
Comme tout créateur d’entreprise, il ne cotise pas à l’assurance chômage.
(Il peut cotiser volontairement ... si ses revenus le lui permettent.)
Les indemnités de chômage sont réservées aux salariés involontairement privés d’emploi.
S’il cesse son activité, l’AE (ou un autre chef d’entreprise) s’inscrira néanmoins à PoleE s’il recherche un emploi. C'est ce qu'il faut entendre quand les AE répondent qu'ils devront aller "pointer à PolE".
Au passage, notons qu’il ne feront pas partie des statistiques qui recensent d'abord les chômeurs indemnisés. Mais l'Agence pourrait se passer de ces 160 à 200 000 dossiers en plus.
S'il n'est pas indemnisé, l'AE pourra cepednant demander à bénéficier du RSA et de la CMU, redevenant ainsi une charge pour la communauté.

En ce qui concerne les cotisations sociales & fiscales de l’AE, elles s’élèvent à environ 25 % de ce qu’il facture.
Il ne peut déduire aucun frais de fonctionnement (loyers, carburant, matériel…) au contraire des autres professionnels.
Le projet de loi prévoit l’abaissement des seuils de passage du statut AE à un statut « classique » : le chiffre avancé est de 19000€ ce qui fait moins d’un SMIC mensuel. Difficile dans ces conditions de se constituer un fonds de trésorerie qui permettrait de passer au niveau supérieur compte tenu du niveau de charges sociales obligatoires qu’il se verra plus ou moins rapidement imposer, qu’il soit alors bénéficiaire ou déficitaire en fin d'exercice.

Enfin, cette formule permet à tout un chacun, quel que soit son âge ou son origine sociale, de s’essayer à l’entreprise, de valoriser un savoir-faire ou de créer son propre emploi et d’en vivre dignement. Ell encourage l'esprit d'initiative.
En cas d’échec, les dégâts sont limités (impayés, arriérés de charges sociales...).
En cas de réussite, le passage au niveau supérieur se fait plus en douceur.

La réduire à une sorte de pis-aller pour loosers serait une bourde économique et sociale.

Re: La réforme sur le statut d'autoentrepreneur en question

Publié : 14 oct. 2013, 20:48
par oranginasanguine
Le statut d'auto-entrepreneur est certes excellent pour certains (artisans etc.) mais pour d'autres (et notamment pour les journalistes) c'est une façon dont les employeurs ont d'éviter de payer des charges (frauder l'Ursaff) et d'exploiter leurs employés.... De nombreux "pure player" et autres médias sur le web ne salarient pas leurs employés et leur donnent le choix entre adopter le statut "Agessa" ou "auto-entrepreneur": vive la précarité! Pas de préavis en cas de licenciement, pas le droit au chômage, perte de la carte de presse, salaires bien en dessous de la grille tarifaire journalistes, pas de navigo ni tickets restos, etc.
Il y a zéro controles, c'est archi connu cette arnaque et tout le monde s'en fiche.

Re: La réforme sur le statut d'autoentrepreneur en question

Publié : 15 oct. 2013, 08:58
par mijo
Il n'y a pas que dans le journalisme que le phénomène de salariat déguisé soit dénoncé. Le bâtiment, qui crie au loup depuis des mois, semble être un autre spécialiste de la chose. Cependant si on consulte le rapport de l'IGAS, il reste un phénomène marginal ou à tout le moins, pas aussi important que certains veulent bien le dire.
Et au risque de paraître cynique, avant de s'inscrire en tant qu'AE, le "candidat" a tout le loisir de s'informer (dans le journalisme, on sait faire ça, non ?) des conséquences de sa décision. Même si pour bouffer on ferait bien n'importe quoi ! Et si la tentation d'un contrat alléchant est parfois très forte.
Ceci dit, un accompagnement renforcé serait effectivement nécessaire pour mieux informer les impétrants.

J'ajouterai que le "salariat déguisé" existait bien avant que la formule AE ne soit créée : une loi permet de requalifier en contrat de travail la relation entre un freelance/prestataire de service/EI qui ne travaille que pour un seul et unique client.

Mais effectivement, certains milieux professionnels, dont le journalisme web ou propositions de piges en particulier, me semblent assez disposés à user et abuser de toutes les ficelles pour faire travailler les gens pour des nèfles. Je me suis toujours étonnée que certains soient assez crédules pour se laisser faire ainsi et ne pas être aussi vigilants qu'ils devraient l'être. Mais ceci n'a rien à voir avec l'auto-entreprise qui n'est qu'une occasion de plus saisie par des arnaqueurs pour abuser de personnes qui cherchent du travail.

Bonne journée

Re: La réforme sur le statut d'autoentrepreneur en question

Publié : 15 oct. 2013, 11:15
par oranginasanguine
En fait mijo, ce n'est pas que les gens se laissent abuser, c'est que souvent les employeurs leurs disent que c'est un statut temporaire, lié au fait que la boite est une start-up et que dès que la boite en aura les moyens, l'employé passera d'auto-entrepreneur à salarié.... ce qui n'arrive pas souvent!!!!
Et aussi, tout simplement, ils acceptent parce qu'ils ne trouvent pas d'autres boulots....
Cette semaine encore 2 plans sociaux annoncés: Presseurop/Courrier International et France Télévisions...

Re: La réforme sur le statut d'autoentrepreneur en question

Publié : 15 oct. 2013, 12:36
par mijo
Je sais, Orangina, la situation dans le milieu de la presse n'est pas brillante. Je ne dit pas que les gens se laissent abuser : comment résister à une offre alléchante quand on cherche du boulot depuis des lustres ?
Mais justement, l'information avant l'inscription en AE devrait mettre en garde les personnes sur ce point bien précis : ce qu'implique le statut.
Avant que la formule AE n'existe, on faisait croire aux candidats qu'un particulier a le droit de se faire rémunérer en factures !
Dans votre secteur d'activité (comme dans d'autres) particulièrement gangrené par des pratiques extrèmement limites apparues en particulier avec le web, il faut absolument mettre les gens en garde : dès qu'une proposition de ce genre est avancée, un voyant doit s'allumer dans la cervelle du candidat.
Ceci dit, toutes les entreprises débutantes ne sont pas des arnaqueurs et beaucoup n'ont guère de moyens au départ.
L'important est de cultiver son esprit critique.

Re: La réforme sur le statut d'autoentrepreneur en question

Publié : 15 oct. 2013, 12:50
par accolade
Exactement ! Merci Mijo !
Avant l'autoentreprise, les employeurs malhonnêtes payaient les piges en droits d'auteurs ou demandaient d'éditer des factures même sans statut. Le problème fondamental de la pige n'est pas le statut d'autoentrepreneur, ce sont les employeurs malhonnêtes, la crise de la presse et le marché surpeuplé de journalistes.

Le statut autoentrepreneur peut être un formidable tremplin si tant est qu'on a une pleine connaissance de ses contraintes et de ses défauts. Et en limiter le CA annuel n'est en aucun cas un moyen de lutter contre le salariat déguisé, la concurrence déloyale, ou les employeurs malhonnêtes. Au contraire, cela ne va faire qu'amplifier le phénomène et rétablir un peu plus de travail au noir.
Ce sont les autres statuts indépendants (et le portage salarial qui n'est désormais plus accessibles qu'aux personnes gagnants au moins 2 900 € brut par mois - quelle blague ! En tous cas, les journalistes ne risquent plus d'être concernés par la question) qu'il faudrait réformer, et les pratiques des employeurs qu'il faudrait bien mieux contrôler.