comment devenir correspondant local ou pigiste ?

Discussions générales sur les écoles et les formations en journalisme et en communication (préparations écoles, choix d'une formation, hésitation entre plusieurs écoles, ...)
Minako
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comment devenir correspondant local ou pigiste ?

Message non lu par Minako » 10 août 2008, 14:48

Bonjour à tous. Je vais passer les concours de journalisme l'année prochaine et je souhaiterais travailler dans un journal en attendant. Je voudrais savoir comment devenir pigiste ou correspondant local. (D'ailleurs, quelle est la différence entre les 2 ?). Dois-je me proposer lors d'un stage ? ou bien puis-je faire une candidature spontanée ? Merci d'avance.
J. Boissay

Message non lu par J. Boissay » 10 août 2008, 18:10

Bonjour,

- Un pigiste est un journaliste, et le correspondant non. C'est la principale différence.

- Pour devenir CLP (correspondant local de presse), tu peux faire les deux. Si ton stage se passe bien, discute en avec ton maitre de stage, en lui disant que t'aimerai continuer de travailler pour eux. Rien n'empêche non plus la condidature spontanée. Etant étudiant, tu peux te proposer en tant que correspondant universitaire, pour couvrir les manifestations liées à ta fac.
kaeak
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Message non lu par kaeak » 10 août 2008, 20:47

+ 1 pour la différence CLP/pigiste. De taille !

Mais pour être correspondant, inutile de te limiter à ce qui est lié à la fac. Pour toi, d'ailleurs, ce serait même mieux de ne surtout pas te limiter à ce genre de choses.
Selon la région où tu vis et le journal auquel tu penses pour la correspondance, tu n'auras pas les mêmes activités. Ca peut aller du vrai boulot de CLP (sans doute très inutile pour préparer les concours et même trop bouffe-temps pour t'y aider) à un boulot de journaliste payé au tarif CLP. C'est-à-dire de l'exploitation pure et simple.

Pour être correspondant, il te faut être corvéable et exploitable (payé avec des cailloux, et peu respecté par les journalistes de la rédaction). Il te faut aussi du temps et une voiture si tu dois couvrir une zone rurale. Ce n'est pas la meilleure façon de préparer les concours, ça prend beaucoup trop de temps pour peu de choses positives à la fin.

Il vaut mieux que tu cherches un stage qui te permettra, peut-être après de l'observation, de faire un boulot de journaliste et de reprendre ensuite ton rythme scolaire.

Dans tous les cas, candidature spontanée car les annonces sont rares ! Mais saute dessus si tu en vois une, bien entendu.
Minako
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comment devenir correspondant local ou pigiste ?

Message non lu par Minako » 12 août 2008, 21:26

est ce quelqu'un peut m'expliquer comment la pige fonctionne. Est ce que le journal "commande" des articles sur des sujets bien précis, ou bien le pigiste se rend à la rédaction pour savoir sur quels sujets il va devoir écrire. Si des étudiants ont fait de la pige, vos réponses sont les bienvenues. Dites moi comment cela s'est passé pour vous. D'avance, merci.
kaeak
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Message non lu par kaeak » 12 août 2008, 21:36

Souvent, les pigistes trouvent eux-mêmes leurs sujets et vont les vendre aux rédactions.
Mais il arrive aussi que les rédactions passent des commandes. Tout dépend du fonctionnement, des besoins, du pigiste...
cilou
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Message non lu par cilou » 13 août 2008, 08:10

Au départ, il faut forcément proposer des sujets : ce n'est que lorsque le journal te connaît bien et t'apprécie qu'il peut éventuellement te passer des commandes.
Et pour proposer des sujets en adéquation avec un journal, il faut bien connaître ce journal, c'est à dire avoir étudié en détail plusieurs numéros.
Un bon bouquin sur ce sujet : Le Guide de la pige, aux éditions Entrecom.
Climousse
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Message non lu par Climousse » 13 août 2008, 12:24

Bon, vous allez me trouver un peu incohérente, vu qu'habituellement je tape allègrement sur le sort fait aux CLP, mais dans le cas d'un étudiant, et je l'ai déjà dit ici, je trouve que ça peut être une bonne expérience. A condition qu'on sache ce qu'on veut, et quoi en attendre.

Ce qu'on peut en attendre :
CLP, quand on est tout débutant, c'est quand même une expérience. J'avais beau avoir écrire des portraits de grands photographes, un dossier sur la Turquie pour un canard associatif au début de mes études, quand je me suis retrouvée face aux 300 joueurs du loto de l'amicale du personnel de ma ville pour un reportage commandé par un hebdo local, j'ai eu très chaud à la figure, et il a fallu que je sorte prendre un peu l'air avant de m'y mettre. CLP, ça permet de se coltiner la technique, l'apprentissage du terrain, sur des sujets qui ne sont généralement pas difficiles à comprendre (et donc de concentrer ses efforts sur la maîtrise du métier). D'expérimenter un peu la constitution d'un réseau etc. De commencer à fréquenter des journalistes, car il arrive aussi qu'on rencontre en reportage les journalistes des canards concurrents, qui n'ont pas envoyé de CLP sur ce sujet etc. C'est une expérience, qui peut être intéressante dans la perspective des concours, aussi pour réaliser qu'interviewer Hollande ou Pete Doherty, ce n'est pas le quotidien de beaucoup de journalistes. Dans mon canard, qui exploite sans vergogne pas mal de CLP, et qui est donc je crois un bon modèle du genre, les journalistes sont quand même assez bien disposés envers les correspondants étudiants, en prenant un peu le temps de les "former" (avec plein de guillemets, hein).

Ce qu'il ne faut pas en attendre :
Un CLP n'est pas et ne sera jamais un journaliste, même s'il couvre seul un secteur, et même les élections dans ledit secteur, avec interview de députés qui ont d'habitude les honneurs de la presse nationale et tout ça. Sur le terrain, les gens ne font pas la différence. A la rédaction, on choisit d'envoyer un CLP quand on estime qu'un sujet ne mérite pas qu'un journaliste se déplace. C'est dur, mais c'est souvent comme ça. Du coup, les CLP se tapent souvent les sujets les plus ingrats. J'avais trouvé la parade en proposant mes sujets intéressants, sans attendre qu'on me les confie, aussi parce que j'avais la chance de bosser pour un journaliste sympa qui ne me les piquait pas. Ce qu'il aurait pourtant dû faire puisque, en théorie, les CLP n'écrivent pas, mais se limitent à donner des infos. N'étant pas journaliste, le CLP n'est pas payé en salaire avec cotisations etc (contrairement au pigiste, mais tous ces détails figurent déjà dans plein de posts sur Catego), mais en honoraires, extrêmement bas, qui couvrent souvent à peine les frais de déplacement, et qui exposent à une cotisation Urssaf au-delà d'un certain montant. Il ne faut donc, pour résumer, n'en attendre ni reconnaissance sociale, ni reconnaissance financière.

Moyennant quoi :
c'est une bonne expérience quand on débute, mais il ne faut pas se laisser embobiner et coincer dans ce statut par des promesses de stage (encore que ça arrive assez souvent, et que ça peut être pas mal) et encore moins d'embauche ; ni y rester trop longtemps. Ne surtout pas chercher à en vivre, prendre chaque sujet comme un exercice pratique, et quand on prépare un concours en parallèle, ne pas s'y impliquer de façon démesurée (un peu quand même, hein, c'est aussi l'intérêt). Ce que je dis aux stagiaires d'été de mon canard : dans ce genre de statut, il faut bosser pour soi. Pour les lecteurs, bien sûr, mais surtout en profiter pour s'exercer, varier les styles de papiers, de sujets etc.

Pour la petite histoire :
Voilà comment j'ai commencé comme CLP : Un gros chantier d'ouverture d'une nouvelle ligne SNCF se trouvait au bout de ma rue. Une visite de chantier a été organisée pour les riverains, à laquelle je me suis rendue en disant que j'étais journaliste pour un journal local. J'ai pris des photos, interviewé le chef de chantier, quelques riverains, et envoyé mon papier au canard en question, écrit dans le ton de ce que j'avais lu dedans depuis plusieurs semaines. Ils m'ont rappelée, ont publié le papier, et m'ont proposé de correspondre. Aussi simple que ça. Pour les quelques canards que je connais, les bons correspondants (souvent les étudiants, d'ailleurs), manquent un peu. Donc, il y a moyen de se faire une petite place.

Voilà, en espérant avoir répondu à ta question !
klaborde

Message non lu par klaborde » 13 août 2008, 13:21

Message supprimé
Dernière modification par klaborde le 01 févr. 2009, 02:49, modifié 1 fois.
J. Boissay

Message non lu par J. Boissay » 13 août 2008, 16:57

+1
A mon avis, c'est la meilleure manière de faire ses ses armes, voir comment on écrit,.... Et surtout, de mettre un premier pied dans le journalisme. Si tu arrives à garder de bons contacts avec la rédaction, cela peu aider...
Pour ma part, c'est cette expérience qui m'a ensuite permis de suivre une formation dans un IUT, avec mon niveau scolaire relativement moyen.
zed02
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Message non lu par zed02 » 19 août 2008, 16:32

Je pense qu'être correspondant d'un journal local peut être utile. Pour ma part, j'ai été correspondant sportif pendant deux ans dans un canard départemental, en parallèle des mes études d'histoire à la fac. Je ne travaillais que le week-end, et je m'efforçais d'être le plus disponible et le plus appliqué possible. Ca m'a beaucoup apporté, j'ai rencontré d'autres journalistes sur le terrain, et j'ai notamment appris à écrire plus vite.

Comme la rédaction pouvait compter sur moi, ses journalistes ont appuyé ma candidature pour un stage d'été, et j'ai été pris pendant trois mois en CDD au sein de la rédaction sportive puis locale. C'est cette expérience qui a été prédominante dans ma réussite des concours cette année (J'étais admis à l'ESJ et l'IJBA). A l'oral, ça fait vraiment la différence quand on connaît la réalité d'une grande partie des journalistes: la PQR.

Tout ça prend du temps et ce n'est pas toujours facile d'aller suivre un match de foot de division départementale au fin fond de la cambrousse, mais c'est un investissement. Et un bon investissement à mon sens.
canahe
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Message non lu par canahe » 20 août 2008, 16:28

kaeak a écrit :Ca peut aller du vrai boulot de CLP (sans doute très inutile pour préparer les concours et même trop bouffe-temps pour t'y aider) à un boulot de journaliste payé au tarif CLP. C'est-à-dire de l'exploitation pure et simple.
Pour avoir exercé le boulot de CLP pendant un an en préparant les concours, je dirais que je ne suis pas complètement d'accord : si tu bosses bien, tu peux gérer ton temps un peu comme tu le veux surtout si tu te positionnes sur un domaine ou un quartier où il y a plusieurs correspondants. Lors de ma préparation, je m'accordais parfois jusqu'à une semaine sans travailler pour le journal afin de me consacrer aux concours. Je pense au contraire que c'est le moyen rêvé de bosser ces concours tout en se faisant une petite expérience. C'est moins contraignant qu'un stage où tu pourras difficilement dire "demain je ne viens pas je travaille l'actu".

Pour ce qui est du vrai boulot de journaliste payé au tarif CLP, hé bien, en effet j'ai donné. Cela dit, je rejoins Climousse sur le fait que c'est certainement très formateur. A toi de savoir si tu acceptes d'être sous-payé de manière provisoire pour te forger une expérience. Personnellement, c'est le choix que j'avais fait et cela s'est avéré payant lors des oraux des concours qui ont presque essentiellement tourné autour de cette expérience. Mais c'est certain qu'il ne faut pas s'enliser dans ce statut batard. Bonne chance à toi pour cette préparation.
kaeak
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Message non lu par kaeak » 20 août 2008, 20:26

Moi aussi, c'est l'option que j'ai choisie et pour moi aussi, elle a payé. Mais hors de question de rester dans ce statut, ni même de me plier à certaines choses... bref. C'est heureusement du passé :) .

Quand je dis "vrai boulot de CLP = inutile", c'est parce qu'un vrai boulot de CLP ne lui permettrait pas de s'exercer à l'écriture journalistique. Ce serait gâcher son temps pour rien.
Accepter d'être sous-payé et exploité pendant un temps que l'on sait, à l'avance, limité, pourquoi pas. C'est un choix à faire et il peut s'avérer vraiment payant. Mais il faut faire un boulot de "journaliste" pour que cela soit utile, pas un boulot de CLP. Ca passera d'abord par les petites kermesses etc. Mais c'est formateur, dans ces cas-là, de chercher un angle original et de bosser sur l'image, par exemple, pas de se contenter de faire un compte rendu banal. Si, bien sûr, la rédaction vous en laisse la liberté...
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