Cet ouvrage propose neuf reportages sur les cinq continents qui composent une vaste fresque de la relation de l'homme à l'abeille : de la cueillette la plus rudimentaire des chasseurs-cueilleurs de l'Himalaya à l'exploitation industrielle des abeilles pour la pollinisation des amandiers aux Etats-Unis, aux récoltes nocturnes en brousse camerounaise, ou aux ruchers de Paris...
De magnifiques photos à couper de souffle, des textes vivants, nous emportent dans un voyage à travers le temps et l'espace. Et mettent en lumière les différences culturelles et spirituelles du lien de l'homme à la nature, de l'équilibre à la prédation.
Après un travail de trois ans sur les abeilles (Le peuple des abeilles – éditions Rustica) centré sur la vie de la colonie et sur la biologie de l'abeille, Eric Tourneret a élargi sa recherche à un niveau mondial.
Cette enquête internationale apporte un regard nouveau sur la disparition des abeilles, et traduit l'équation complexe du développement durable : comment vivre sur une planète aux ressources limitées, confrontée à des problèmes écologiques, climatiques et à une population en constante augmentation.
Pierre Rabhi, expert international pour la sécurité alimentaire, apporte sa vision humaniste dans une préface éclairée.
Questions à Eric Tourneret
Pourquoi ce travail sur les abeilles ?
J'ai grandi dans un village à flanc de montagne, au-dessus d'Annecy. Quand j'ai découvert les mortalités d'abeilles, mon instinct d'enfant de la campagne m'a dit que quelque chose ne tournait plus rond dans notre rapport à la nature. J'ai choisi de m'engager pour les abeilles et pour transmettre l'idée d'une nature vivante.
De tous ces pays visités, quels sont vos meilleurs souvenirs ?
Mes meilleurs souvenirs sont plus liés aux gens qu'aux lieux, aux rencontres, au partage. J'ai adoré l'Argentine, que je ne connaissais pas et où j'ai été accueilli au sein d'une famille, où l'on ressent la solidarité de gens qui ont connu des périodes de richesse, mais aussi de misère. Au Népal, la ferveur des bouddhistes tournant autour des stupas me touche toujours énormément, comme me touchent l'organisation des villages des Raïs chez qui nous avons séjourné, et la dignité de leur silence… Ces gens qui vivent dans des conditions extrêmes ont toujours le sourire au bord des lèvres.
Quel est le principal apport de l'abeille à l'humanité ?
C'est la pollinisation de toutes les plantes à fleurs, fruits et légumes compris. Imaginez que les abeilles rendent chaque année un service gratuit vital à l'humanité, chiffré par l'Inra à quelque 155 milliards d'euros. Ce n'est pas coté à Wall Street, mais c'est énorme comparé au chiffre d'affaires d'une entreprise internationale comme Monsanto, qui est (seulement) d'un milliard de dollars US.
Est-il vrai que les abeilles disparaissent ?
Oui, dans beaucoup de pays, l'exportation de notre modèle agricole de paysan contribuable, propriétaire de centaines d'hectares, la monoculture intensive à l'aide d'engrais, de pesticides, d'herbicides et bientôt de plantes OGM, affaiblissent les colonies d'abeilles. Des déserts verts sans insectes apparaissent dans le monde entier.
Nous sommes dans une civilisation de l'extrême. Notre agriculture fonctionne au pétrole, elle est dépendante de subventions, et ce n'est certainement pas un modèle à exporter. De plus, elle génère des besoins énormes en irrigation, un non sens quand on sait que l'or de demain sera l'eau potable…
On dit que si l'abeille venait à s'éteindre, l'homme n'aurait plus que quelques années à vivre…
C'est une image, mais assurément, si toutes les abeilles disparaissaient, le monde tel qu'on le connaît serait en péril. Et le coût en vies humaine énorme… C'est un choix de civilisation. On peut continuer de détruire la terre tout en consacrant des milliards à la recherche pour coloniser l'espace. Mais pour le profit de qui ? C'est la question, et dans ce cas-là, mieux vaut oublier les droits de l'homme et même le concept de liberté individuelle.
Quelle qualité des abeilles vous a le plus touché ?
Le mode de vie collectif de cet insecte interroge sur nos propres modèles sociaux. Un apiculteur breton me disait que, si une colonie se trouve en disette, toute la nourriture sera partagée entre ses membres, jusqu'à la fin. Un bel exemple de solidarité.
Vous travaillez depuis maintenant cinq ans sur les abeilles, comment faites-vous sans sponsors ?
C'est la question difficile. Depuis la sortie du livre « Le Peuple des abeilles », mes photos se sont vendues partout dans le monde. C'est, j'espère, le début d'une success story : je suis arrivé au bon moment avec le bon sujet. Mon travail est aujourd'hui régulièrement exposé en France - cet été au Festival Photo Peuple et Nature de la Gacilly, mais aussi dans de grandes villes comme Paris ou Lille, dans des Parcs Naturels, des bibliothèques et muséums d'histoire naturelle… Des musées étrangers me contactent et j'aurai bientôt une exposition permanente en Australie. Mon travail est devenu une référence photographique pour l'abeille.
Quel est votre miel préféré ?
Ah le miel… J'en ai dégusté partout en France et beaucoup dans le monde. Avec la diversité de nos terroirs, nous possédons en France une palette exceptionnelle de miels.
Les apiculteurs savent valoriser cette richesse en produisant des miels issus de fleurs spécifiques : lavande, thym, romarin, châtaignier, tilleul, acacia, bruyère, et même lierre. Mais pour moi, le miel reste lié à l'enfance et, d'où qu'ils soient, je suis toujours fan des miels de montagne !
Est-ce que vous vous êtes beaucoup fait piquer ?
C'est une question qui revient souvent… Demandez à un menuisier s'il se tape parfois sur les doigts ! Je travaille avec les mêmes protections que les apiculteurs, ce qui n'évite pas quelques piqûres… qui arrivent lorsque vous ne faites plus attention, ou que vous les ennuyez trop. Pour ce travail, je n'ai réellement eu que deux accidents, liés à des erreurs humaines, l'un au Népal, l'autre au Cameroun, qui m'ont valu chacun une quarantaine de piqûres…
Est-ce que vous craignez les abeilles maintenant ?
Je dirais plutôt que je les aime de plus en plus. Récemment, je suis monté sur les toits de New York pour y rencontrer les apiculteurs qui posent des ruches malgré l'interdiction de la ville. C'était étonnant : ils élèvent des abeilles de souche italienne, et je ne me suis jamais protégé. J'ai même pris des images d'enfants de maternelle qui découvraient les abeilles sans aucune protection…À se demander si ce n'est pas la peur qui déclenche la piqûre…
Quels conseils donneriez-vous pour protéger les abeilles ?
Chacun peut y contribuer en consommant le miel des apiculteurs français. Pour les personnes qui ont un jardin, planter des fleurs et des arbres mellifères, mettre en place un talus, une haie et préférer des méthodes et produits naturels pour lutter contre les insectes et les parasites. Et pour ceux qui veulent renouer avec une tradition pas si ancienne, mettre une ruche dans un coin de son jardin !
Les auteurs
Sylla de Saint Pierre a grandi dans l'atmosphère littéraire d'une famille d'écrivains.
Elle a travaillé dix ans pour divers supports de presse avant de s'orienter vers la communication. Depuis 15 ans, elle dirige une agence conseil en communication éditoriale, où elle conçoit des magazines, livres d'entreprises, outils d'édition, …
Ce parcours de vie lui a donné le goût du mot juste et de la rigueur de l'information comme celui des formules qui chantent. Elle signe ici son premier livre.
Eric Tourneret, 44 ans, est photographe free-lance depuis 1989. Il parcourt le monde depuis vingt ans pour la presse magazine française et internationale. Sa double expérience de photographe de studio et de reportage lui permet de traiter des sujets très divers, de la décoration à l'univers de l'handicap. En 2004, il commence un travail de fond sur l'abeille en France. Exposées à l'Orangerie du Sénat en 2006, ses photographies uniques sont ensuite éditées sous le titre "Le peuple des abeilles" chez Rustica.
Son travail est régulièrement exposé partout dans le monde.
Novembre 2009
Format : 24 x 32 cm
240 pages
Editions Rustica
ISBN-10: 2840389509
ISBN-13: 978-2840389507
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Contact Presse:
Tourneret
Eric Tourneret
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www.thehoneygatherers.com
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Communiqué envoyé le 17.11.2009 15:20:14 via le site Categorynet.com dans la rubrique Environnement
Diffuser votre communiqué de presse : http://www.diffuseruncommuniquedepresse.com/
Posted: 2009-11-17 15:20:19

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