Jeudi, 20 Juin 2013

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Référendum : Le vote blanc pour éviter un amalgame dangereux

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Référendum : Le vote blanc pour éviter un amalgame dangereux

entre un NON de Gauche et un NON d'Extrême droite à la Constitution.



Par Rachid Nekkaz*



Depuis que le Président de la République, Jacques Chirac a annoncé
début mars la tenue d'un Référendum sur le Traité constitutionnel
européen, un malaise s'est emparé du pays à la faveur de la montée des
partisans du NON à la Constitution.



Pourquoi ce malaise ?

La raison est simple : ce Référendum a brouillé les clivages classiques
entre une Droite dite libérale et une Gauche dite sociale.

Les Français ont découvert que les partis leaders de la Droite et la
Gauche étaient sur la même longueur d'onde quant à la philosophie de
l'Europe telle qu'elle est exprimée dans la Constitution.



Du coté du NON à la Constitution, les Français découvrent aussi que des
partis aussi opposés en principe que l'Extrême droite, l'Extrême
gauche, une bonne partie du PS, le PCF, le MDC de Jean-Pierre
Chevènement, ou les Souverainistes de Philippe de Villiers et de
Charles Pasqua, ont uni leur force pour mobiliser les Français à voter
NON.



Ces paradoxes sont imputables à la structure même du Référendum qui
n'offre que deux choix, ou bien le OUI ou bien le NON, à l'image d'une
campagne électorale américaine où les électeurs n'ont le choix qu'entre
deux candidats.



Réducteurs ? Oui assurément l'organisation d'un Référendum appauvrit
considérablement les choix de l'électeur qui est habitué lors des
élections classiques à avoir le choix « du cœur » entre plusieurs
candidats au premier tour avant d'avoir à choisir « par raison » entre
les deux favoris lors d'un deuxième tour.

En réduisant le choix à deux possibilités, OUI ou NON, le Référendum
crée un malaise considérable dans le pays à cause des unions
contre-nature qu'il entraîne, telle celle du Front National avec la LCR
du coté du NON.



Il est malsain de laisser exposer notre démocratie à de telles unions
contre-nature qui heurtent la sensibilité républicaine de millions de
citoyens qui ne veulent pas que leurs convictions soient amalgamées
dangereusement avec d'autres convictions qu'ils ne partagent pas, et
tout ceci à cause d'un Référendum incapable de proposer un élément de
distinction supplémentaire entre un NON de Gauche et un NON d'Extrême
droite par exemple.



Pourtant, il est possible d'atténuer ce malaise provoqué par ce
Référendum sur la Constitution européenne, notamment chez les partisans
du NON.

Afin d'éviter l'amalgame dangereux entre un NON de Gauche et un NON
d'Extrême droite, le Gouvernement pourrait voter un Projet de Loi afin
de reconnaître le vote blanc lors de l'organisation d'un Référendum
exclusivement.



Les avantages de l'adoption rapide de ce Projet de Loi, soutenu déjà
par 2400 Maires, applicable dès le 29 mai prochain sont nombreux.

D'une part, la reconnaissance du vote blanc offre une troisième
possibilité démocratique de vote au-delà des choix réducteurs du OUI et
du NON. D'autre part, elle permet aux citoyens qui n'adhérent pas à la
Constitution, de ne pas associer leur NON à ceux de l'extrême droite.



Enfin, la reconnaissance du vote blanc lors des Référendum permet
d'encourager des millions de citoyens qui d'habitude grossissent les
chiffres des abstentionnistes, à venir enfin voter et à s'exprimer au
travers du bulletin blanc.



Ainsi, élargissement de la palette des choix démocratiques, distinction
d'un Non de gauche et d'un NON d'Extrême droite et lutte contre
l'abstention sont les principaux avantages de la reconnaissance du vote
blanc lors d'un Référendum.



Le plus important étant surtout de dissiper ce malaise qui prend
parfois même, et nous le déplorons, la forme d'un réquisitoire
maladroit de certains tenants du OUI qui accusent la Gauche de se
fourvoyer avec l'Extrême droite en étant ensemble du coté du NON.



A notre sens, l'urgence est que ce Référendum se déroule dans des
conditions sereines, pédagogiques et justes, en évitant des attaques
morales d'un coté comme de l'autre. La reconnaissance du vote blanc
lors de ce Référendum peut remplir cette mission de façon presque
certaine.



Le Premier Ministre peut proposer dès le prochain Conseil des Ministres
la mise à l'ordre du jour prioritaire de ce Projet de Loi à l'Assemblée
Nationale, ou en séance extraordinaire. L'application concrète de ce
Projet de Loi peut être effective dès le 29 mai prochain par la
présence dans les 17 000 bureaux de vote, de trois bulletins, un OUI,
un NON et un BLANC. La démocratie française ne pourra que s'en
féliciter, les citoyens français aussi.



*Rachid Nekkaz, Président

Association J'aime la Démocratie

Tel : 06 60 41 90 59
5173 consultation(s)

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