Coordonnées par un journaliste professionnel ou un expert, ces enquêtes sont complétées, modulées et enrichies par les internautes.
L’intérêt de la collaboration entre Agoravox et un journaliste professionnel réside dans la grande complémentarité des deux démarches. Réactivité du terrain, indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques et économiques, temps illimité, tels sont nos trois atouts essentiels par rapport à la “grande presse” traditionnelle, qui doit compter avec la pression publicitaire et que l’on soupçonne souvent d’être trop proche des pouvoirs institutionnels.
Dans la pratique, le schéma est simple :
1) Le journaliste publie sur le site un premier article sur un thème précis, présentant la problématique et les interrogations.
Ce thème est choisi par le comité d’Agoravox à partir de ses propres perspectives ou à partir de thèmes que proposés par ailleurs (contactez-nous pour proposer des nouvelles propositions d’enquête). Les sujets les plus demandés seront traités en priorité.
2) Les internautes réagissent en signalant au journaliste des faits bruts (et non des articles rédigés ni des simples opinions) pour compléter, préciser, corriger ou contredire cet article. (Voir encadré)
La première enquête a touché les vaccinations et fut coordonnée par un rédacteur d’Agoravox, Jean-Luc Martin-Lagardette, journaliste professionnel, professeur de journalisme et essayiste.
L’obligation vaccinale est-elle encore justifiée ?
Voici une synthèse de notre enquête, commencée en juin, telle qu’elle résulte de l’analyse des commentaires des internautes sur Agoravox et des vérifications et compléments apportés par mes soins ensuite. L’enquête est téléchargeable au format PDF à
http://www.agoravox.fr/enquete-agoravox-vaccinations.pdf
L’enquête a révélé l’extrême complexité du dossier “obligation vaccinale” ainsi qu’une très vive opposition entre les partisans et les opposants, non pas à la vaccination (ceux-là sont rares) mais à la politique vaccinale de la France. Après plus de trois mois d’analyses, de recoupements, de vérifications, d’interviews et de documentation, nous avons pu nous faire notre idée sur la question (voir également les articles qui détaillent notre démarche).
Voici en quoi elle consiste :
Les discours officiels (« seule la vaccination, qui est globalement inoffensive et dont les bénéfices dépassent de beaucoup les éventuels effets indésirables, permet de lutter efficacement contre les maladies infectieuses ; il faut donc vacciner au maximum pour protéger la population et espérer éradiquer ces maladies ») ou, à l’opposé, extrémistes (« les vaccins ne sont que des poisons et n’offrent jamais aucune utilité »), nous paraissent tous les deux simplistes et réducteurs. Ils sont donc faux et contreproductifs.
Celui qui cherche à se faire une idée par lui-même sur la réelle efficacité (tenant compte des ratios bénéfices/risques et coûts/bénéfices) de la vaccination, est bien embarrassé, car dans les discours officiels comme dans la presse, les risques sont généralement tus ou fortement minimisés.
Les témoignages d’effets indésirables (pour lesquels le système de notification est embryonnaire et face auxquels les résistances du milieu médical sont fortes) pullulent en revanche sur les sites internet, dans les forums, dans les livres et quelques revues. Les arguments des “pour” comme ceux des “contre” sont pour la plupart appuyés sur des travaux et des publications scientifiques. Le problème est que ces arguments opposés ne sont JAMAIS confrontés directement et dans une même tribune. Chacun s’exprime de son côté soupçonnant la partie adverse des pires pensées.
N’étant ni médecin ni chercheur, en tant qu’individu qui n’avait pas une opinion tranchée sur la question, je n’ai pas réussi à me faire une idée suffisamment claire de l’intérêt de la vaccination telle qu’elle est aujourd’hui pratiquée. Essentiellement en raison d’une communication insuffisamment transparente et contradictoire.
Suite à cette enquête, et en tant que journaliste, j’ai acquis une double conviction :
1) Les autorités et les médias prennent généralement les Français pour des enfants immatures et irresponsables à qui on refuse l’information contradictoire au sujet de la vaccination : ils préfèrent « sensibiliser » plutôt qu’informer pour éviter à tous prix les interrogations, les réticences vis-à-vis de la vaccination et, par suite, le rétrécissement de la couverture vaccinale. Pour « protéger la collectivité », il faut obliger ceux qui doutent et punir ceux qui refusent. Or, cette attitude dogmatique, paternaliste et militaire, quasi unique au monde, produit directement, à mon avis, l’effet inverse au but poursuivi : elle déstabilise et radicalise ceux qui souffrent des effets indésirables des vaccins et augmente la méfiance dans la population qui devient dès lors perméable aux propos contestataires répandus hors des circuits officiels.
2) Le discours virulent de quelques opposants à la vaccination (ils sont rares), individuellement ou en associations, rend leur message critique quasi inaudible par la société. Ne voyant dans les vaccins que des poisons, voire un outil conçu par un complot mondial dans un objectif génocidaire, ces contestataires dramatisent le débat, ce qui ne facilite pas la recherche de la vérité par tous ceux qui s’interrogent sincèrement. Précisons que la plupart des contradicteurs ne sont pas des sectes ni des opposants systématiques mais généralement des personnes qui pensent souffrir des effets indésirables des vaccins et qui se positionnent seulement sur le souhait de la liberté de choix.
Conclusions de l’enquête
La vaccination pouvant induire des effets indésirables (et ces effets étant trop peu notifiés cliniquement et épidémiologiquement parlant), l’occurrence des maladies couvertes par les vaccins anciens étant rare et la vaccination n’étant pas le facteur unique de la baisse ou de la disparition de maladies infectieuses, la criminalisation de l’insoumission vaccinale, telle qu’elle est imposée en France[1], nous semble abusive - et contreproductive.
Elle serait peut-être acceptable si une totale transparence était apportée sur les ratios bénéfices/risques, si une communication authentique était menée sur les effets indésirables, si les autorités recherchaient systématiquement à recenser ces effets contraires et si elles acceptaient d’indemniser les victimes sur présomption raisonnable de lien (et non en présence de preuve) entre maladie et vaccin, du moins lorsque la vaccination est obligatoire (DTP et HB pour les professionnels de santé).
Il faudrait en effet inverser la charge de la preuve de l’innocuité de chaque acte vaccinal, charge qui devrait incomber totalement à celui qui l’impose. Le doute doit bénéficier à celui qui subit, non à celui qui impose comme c’est le cas aujourd’hui.
L’autorité, parce qu’elle ordonne le vaccin, ne doit pas se contenter de déclarer une absence de preuve entre la maladie d’une victime et un vaccin pour se dédouaner de sa responsabilité. Elle ne doit pas demander au malade de prouver le lien entre sa maladie et le vaccin pour prendre son cas en considération.
Ainsi, toute déclaration étayée de maladie associée à un vaccin devrait être présumée recevable. A charge pour le médecin et le laboratoire, s’ils le peuvent, de trouver l’autre cause de la maladie, seul moyen rationnel d’innocenter le vaccin.
Le bénéfice pour la collectivité (des vaccins obligatoires) n’est pas si certain. Un nouveau bilan comparé des risques et des bénéfices nous paraît donc indispensable à établir, avec des scientifiques indépendants et intégrant (pour les infirmer ou les confirmer) les arguments de tous y compris des contestataires.
Un débat démocratique approfondi (commission d’enquête parlementaire, conférences citoyennes, etc.) sur le bien-fondé et les modalités de la politique vaccinale telle qu’elle est actuellement menée devrait être organisé. Les arguments d’autorité (« Les scientifiques savent ce qu’ils font ») et de foi (« S’il y avait vraiment des risques, les autorités ne laisseraient pas faire ») sont désormais largement inopérants.
Pour enrayer l’actuel recul de la confiance en la politique française de prévention sanitaire, celle-ci ne devrait être imposée que si et quand elle est vraiment nécessaire, et en toute connaissance de cause, ce qui n’est pas toujours le cas aujourd’hui, les données diffusées dans le grand public laissant peu de place aux doutes ou aux critiques.
Si l’on veut que cette contrainte soit socialement acceptée, les autorités devraient prendre plus sérieusement en compte les propos des victimes (réelles ou supposées) de la vaccination ainsi que les arguments des sceptiques et des opposants. Elles devraient leur répondre point par point sans les diaboliser et accepter les échanges contradictoires et publics.
La liberté de vaccination devrait être laissée aux parents, dans des conditions de lucidité et de responsabilité à définir. De plus en plus de voix, y compris dans le monde médical et administratif (voir nos interviews), soit questionnent, soit souhaitent la levée de l’obligation vaccinale.
De même, la perspective d’un dialogue loyal, rigoureux, transparent, contradictoire et arbitré de façon impartiale, basé sur une grande enquête scientifique indépendante, détendrait certainement les acteurs de cette controverse et nous permettrait, à nous citoyens, d’y voir plus clair. Cela donnerait par la suite plus de légitimité et de force aux décisions des autorités. Et rassurerait nombre de parents soucieux de la santé de leurs enfants et qui ne veulent pas les engager malgré eux dans des voies qui pourraient leur être dommageables, parfois à vie.
Enfin, les autorités devraient faire preuve de plus de transparence dans le jeu des différents acteurs (séparation entre les rôles informatifs et les rôles commerciaux au sujet des vaccins ; composition et éthique des instances sanitaires concernées, communication plus transparente sur les effets indésirables, etc.) et mieux expliquer leurs raisons.
La publication de l’enquête a suscité diverses réactions, positives ou négatives comme on pouvait s’y attendre. Merci à tous de leurs commentaires. Les positifs parce qu’ils nous encouragent, les négatifs parce qu’ils vont nous permettre soit de préciser notre pensée, soit de rectifier erreurs ou lacunes.
Cette nouvelle forme de journalisme a ceci de particulier et de très intéressant à notre sens, c’est que chacun peut avoir une vue globale de la question (opinions + enquête + réactions) et entendre les arguments des uns et des autres dans le même média : c’est là une grande originalité et la grande force de cette démarche. Ajoutons que les acteurs concernés (institutions ou autres) peuvent à tout moment apporter des compléments ou des rectifications à l’enquête.
Notre enquête a pour objectif de réunir des éléments d’information et de connaissance
pour permettre à chacun de se faire une idée plus complète sur la problématique de la
vaccination. Beaucoup de questions en effet se posent à ce sujet, notamment celle de la
liberté thérapeutique (est-elle socialement admissible ou non ?). Les réponses ne sont
pas évidentes.
En tout état de cause, si l’on veut obliger la population à se faire vacciner, il faut
impérativement apporter la preuve que les vaccins sont efficaces, utiles et inoffensifs. La
transparence est le seul moyen de parvenir à emporter l’adhésion du plus grand
nombre.
Notre enquête cherche à apporter un peu de lumière sur cette question. Rappelons que
chaque argument doit être accompagné de faits, de chiffres et de références précises.
1 - Les vaccins sont vraiment efficaces et utiles ? La question peut paraître iconoclaste.
Elle doit être posée puisque des accidents ont eu lieu, que d’autres méthodes de
prévention existent et que l’invention de Pasteur a été contestée par d’autres
scientifiques (des illuminés, des charlatans ?). De même, si les vaccins sont efficaces,
pourquoi la plupart des autres pays européens n’obligent-il pas leurs ressortissants à se
faire vacciner ? En quoi la France serait-elle plus savante que les autres pays ?
2 - Les vaccins ont-ils réellement éradiqué des maladies ? Si oui, lesquelles (la
poliomyélite oui ? la variole non ? Depuis que l’Assurance maladie prend en charge à
100 % le vaccin contre la grippe chez des personnes ciblées, la mortalité liée à cette
maladie aurait fortement chuté) ? Dans quel pays, à quelle époque ? Quelles preuves en
avons-nous (quelles études scientifiques, épidémiologiques) ?
3 - Le vaccin est-il efficace seulement si tout le monde est vacciné ? Un des grands
arguments des partisans de l’obligation vaccinale est la nécessité d’éviter que demeurent
des poches de personnes non vaccinées car elles fragiliseraient la communauté dans son
ensemble. Alors, pourquoi proposer de ne plus vacciner, par exemple, que les groupes
de personnes à risque ? Pourquoi ne pas obliger alors tous les touristes arrivant en
France à être vaccinés ?
4 - Pourquoi des maladies disparaissent-elles dans des pays où personne n’est vacciné ?
Comment déterminer avec certitude que c’est bien tel ou tel vaccin qui est l’origine de la
disparition d’une maladie ?
5 - L’obligation vaccinale en France remonte à l’après deuxième guerre. Sur quelles
études se basaient-elles pour ainsi avoir conduit à l’obligation généralisée ? 50 ans plus
tard, les conditions ont beaucoup changé. Les mêmes obligations sont-elles autant
justifiées aujourd’hui ? Quelles études récentes apportent la preuve d’une telle
nécessité ?
6 - Le recensement des accidents iatrogènes est-il bien organisé en France
(pharmacovigilance) ? Les accidents post-vaccinaux sont-ils répertoriés ? Le sont-ils
correctement ? Les études faites avant le lancement sur le marché d’un nouveau vaccin
sont-elles suffisantes ?
7 - En France, quatre vaccins sont obligatoires : diphtérie, tétanos, poliomyélite,
tuberculose (BCG). Chacun de ces vaccins est-il réellement efficace (références, études,
pas seulement études en laboratoire) ?
8 - Chacun de ces vaccins est-il ou non dangereux (y a-t-il des effets secondaires) ?
Comment sont testés ces effets ? Le sont-ils sur le long terme ? Les dangers éventuels
résident-ils dans l’action des protéines injectées ou dans celle des adjuvants (mercure,
aluminium) qui accompagnent le vaccin ? Comment et par qui est calculé le rapport
entre les risques et le bénéfice ?
9 - Le système immunitaire du bébé n’est pas achevé à sa naissance. Quels sont les
effets du vaccin sur son développement et sur sa qualité future ? Est-il vrai ou faux que
la vaccination peut affaiblir les défenses immunitaires ? Qu’elle peut modifier le capital
génétique des gamètes ? Qu’il pourrait y avoir un lien entre vaccins et affections
neurovégétatives ?
10 - Les vaccins non obligatoires (rougeole, coqueluche, zona, hépatite, choléra, grippe,
méningite…) sont-ils également efficaces et/ou dangereux ?
11 - Les intérêts sanitaires et les intérêts financiers sont-ils bien séparés ? Quels sont les
liens entre les laboratoires pharmaceutiques et la conduite de la politique de santé dans
le domaine de la vaccination ? Y a-t-il des tiers compétents permettant de juger en toute
indépendance ? Comment est-on sûr que les décisions prises favorisent en premier lieu
la santé des gens et leur liberté de conscience, fondement de notre démocratie ?
12 - Un argument des partisans de l’obligation obligatoire est que les « sectes »
refuseraient ces actes administrativo-médicaux que sont les vaccins. Et que donc
l’insoumission vaccinale serait l’indice d’une appartenance sectaire. Existe-t-il des
études permettant d’affirmer cela (si oui, lesquelles ? Par qui ont-elles été menées ?
Quand ?) ? Les « sectes » refusent-elles effectivement les vaccinations ? Si oui, quelles
« sectes » ?
13 - Maintenant que tout refus de vaccin obligatoire est passible de 6 mois de prison et
de 3 750 € d’amende, les responsables politiques et sanitaires sont-ils tous prêts à
prouver qu’ils font tous vacciner leurs enfants (la pédagogie par l’exemple est encore
plus efficace que la prévention) ? Et qu’en est-il de la “négligence” vaccinale ? Est-elle
autant punie que le refus affirmé ?
14 - Pourquoi cette criminalisation de l’insoumission vaccinale ne fait-elle l’objet d’un
large débat public ? Pourquoi la presse ne conduit-elle pas un tel débat, ne mène-t-elle
pas d’enquête poussée et contradictoire (principe de l’enquête journalistique) ? Si les
vaccins sont réellement utiles, de tels débats permettraient de le faire comprendre et
mieux admettre.
15 - Si on trouve un vaccin contre la grippe aviaire, ne serait-il pas irresponsable de
refuser de se faire vacciner ? Y aurait-il d’autres moyens (notamment préventifs) de
lutter contre une épidémie de grippe aviaire ?
16 - Virus et microbes hantent constamment nos organismes. Certaines approches
proposent de raisonner en terme de terrain plutôt qu’en terme d’agresseurs « venus
d’ailleurs ». Est-il possible (souhaitable) de mener une réflexion sur le fonctionnement
et l’intérêt de la vaccination en la comparant avec d’autres paradigmes ? Notre modèle
scientifique doit-il (peut-il) évoluer ?
17 - Autres questions…
Avant de répondre point par point à certains “posts” significatifs, nous insistons sur l’angle de l’enquête qui répond à la question : « L’obligation vaccinale est-elle encore justifiée ? » [1]. Notre réponse est négative. En aucun cas, cela ne signifie une négation de l’intérêt de la vaccination. Notre article signale simplement que l’obligation vaccinale ne fait pas l’unanimité, qu’elle est contestée ou reconnue aujourd’hui moins utile, que les conditions sont peut-être réunies pour qu’elle puisse être levée. Dans ce contexte, la sévérisation des sanctions paraît aller à contresens. Plutôt que lever le bâton pour effrayer le réfractaire, nous pensons qu’il serait plus judicieux de susciter l’adhésion par l’explication et l’information, donc par le débat contradictoire. Bref, par la confiance.
Pour expliquer pourquoi ce durcissement des sanctions nous semble contestable, nous avons été obligés, dans l’enquête, de relativiser (non de nier) les bienfaits des vaccinations. Nous n’avions pas d’autre moyen pour contrer l’affirmation excessive que les vaccins sont les seuls moyens de lutte contre les maladies infectieuses et qu’ils n’ont pas d’effets secondaires. Ou si peu que leur bénéfice s’impose de toute évidence. Cette évidence n’apparaissant pas, au vu des nombreuses réactions sur Agoravox, à tous, il nous fallait dire pourquoi [2].
Un internaute écrit après la publication : « Le caractère obligatoire d’un vaccin doit faire débat, il faut cependant être prêt à l’accepter si c’est la meilleure chose pour la communauté ». On est bien d’accord. Au vu des positions extrêmes exprimées sur Agoravox, il nous a semblé précisément qu’il y avait déficit de débat sur ce thème.
Un autre internaute dit, un peu dans le même sens : « Si je suis favorable à une meilleure information des patients sur les risques, je suis défavorable à un choix "individuel" pour ce qui est des maladies contagieuses, hautement infectieuses et dangereuses, qui nuirait évidemment à la politique de protection de la collectivité. L’obligation ne peut-être enlevée que pour des maladies pour lesquelles le risque pour la collectivité est très faible ». Nous sommes d’accord.
Mais trois questions se posent :
Comment faire pour laisser aussi une chance à l’organisme de réagir puisqu’il est capable, dans un grand nombre de cas, de traiter et de résorber lui-même une infection ? Il y a aussi une autre balance bénéfice/risque à étudier : aucun effet secondaire dû à un vaccin contre combien de risques de maladies aujourd’hui ? De plus, rien ne prouve que la levée de l’obligation conduise à une réduction de la couverture vaccinale...
Aujourd’hui, les risques de DTP sont-ils suffisamment bas pour imaginer lever l’obligation ?
Sommes-nous vraiment sûrs que la contrainte soit meilleure que la pédagogie et le débat pour obtenir une couverture élevée (comme cela se fait dans beaucoup d’autres pays) ?
La principale leçon que nous tirons de notre étude est le constat d’une carence dans le dialogue démocratique à ce sujet (et non que les vaccins sont inutiles ou nocifs).
- Internaute : « Au vu des éléments (incomplets et uniquement "à charge") présentés, l’auteur aurait pu utiliser un certain nombre de données pour demander un réexamen légitime des méthodes de vaccination et des suivis des patients en fonction des vaccins. En s’aventurant sur le terrain d’une remise en question globale des politiques de vaccinations actuelles sans éléments épidémiologiques, il a malheureusement déconsidéré son enquête. Comme plusieurs commentaires l’ont rappelé, une politique de vaccination ne peut prendre en compte le seul intérêt individuel, mais doit aussi examiner l’intérêt collectif. Il me semble inutile de reprendre les arguments déjà développés lors de la présentation de l’enquête, notamment par des médecins spécialistes, mais il est dommage que l’auteur n’ait pas tenu compte de ces avertissements ».
► Commentaire de l’auteur : C’est le cœur du problème. Il existe malheureusement peu d’informations épidémiologiques synthétiques. Nous n’avons pas non plus une vision de leur évolution dans le temps. Nous avons demandé à l’Afssaps de nous communiquer ces éléments précis et nous les communiquerons dès qu’ils seront en notre possession. Par ailleurs, le fonctionnement actuel de la vaccinovigilance n’est pratiquement jamais l’objet d’enquête ni de débat dans nos médias. Il nous a semblé que c’était pourtant, démocratiquement parlant, un point sensible et important.
- Internaute : « L’auteur a déjà une petite idée sur la question avant de démarrer l’enquête ; son travail laisse à penser qu’il souhaite se documenter plus amplement (normal pour un
journaliste...). Il faut dire que l’intitulé des questions est souvent de nature à amener des réponses "partisanes". Mais le résultat et la conclusion que j’ai retenus sont qu’une étude objective et transparente s’impose. Qui va payer cette étude, sachant que, comme les médias le proclament ces temps-ci en se disant l’écho du gouvernement, l’Etat est surendetté, donc inféodé à ses prêteurs de deniers ? Sachant que (comme je l’ai entendu dans les dîners et lu dans les livres), le CNRS et l’Université sont de plus en plus financés par les entreprises privées ».
► Commentaire de l’auteur : Nous sommes partis avec le constat qu’il n’y avait manifestement pas consensus sur la politique vaccinale et que les objections des réfractaires étaient insuffisamment prises en compte. C’est donc surtout, effectivement, à partir de ces contestations que nos questions ont été élaborées. Ce qui a donné l’impression que nous étions orientés contre les vaccinations, ce qui n’est pas le cas. Peut-être avons-nous été maladroits en procédant de la sorte, en choquant ceux pour qui la politique de vaccination ne mérite pas tant de critiques. Notre souhait est uniquement que ces critiques aident à ce qu’un vrai débat transparent, rigoureux et pluraliste puisse s’engager.
- Internaute : « Certaines des conclusions de votre enquête sont indiscutables et bienvenues, comme une plus large information, clairement séparée de la communication des fabricants, et une réévaluation des bénéfices et des risques. En revanche, la conclusion préconisant de rendre facultative la vaccination des enfants est basée sur des méthodes parfois contestables.
Citons par exemple :
• p. 33 il est cité à l’appui de cette vision un texte non daté, d’origine
et de destination inconnues ;
• pp. 36 à 40 deux interviews seulement sont reproduites, de personnes
d’une opinion voisine, toujours dans la même ligne ;
• p. 41 on suppose que de nouvelles maladies pourraient nécessiter de
nouvelles et nombreuses vaccinations, alors que rien ne permet de le dire. »
► Commentaire de l’auteur :
« Texte non daté, d’origine et de destination inconnues » : ce fut effectivement une erreur de notre part. Nous l’avons donc supprimé dans notre 2e édition de l’enquête qui comporte quelques autres modifications et précisions.
Les deux interviews : Si ces deux personnes ont parlé dans le même sens, ce fut pour nous un surprenant hasard ! Car, en allant les voir, nous nous serions plutôt attendus à voir mis en cause notre supposition que l’obligation vaccinale n’était plus forcément indiquée aujourd’hui. Nous rappelons que le Comité technique des vaccinations est l’instance scientifique qui conseille le gouvernement sur ces questions. Son président a parlé à titre personnel. Mais cette question n’est pas absente des débats au sein des instances gouvernementales.
De nombreuses maladies ou dysfonctionnements sont aujourd’hui l’objet de recherche de vaccins, du sida au cancer en passant par l’obésité. Si l’on ne peut que se réjouir de trouver des moyens d’éviter des maladies, ne faudrait-il pas aussi, beaucoup plus qu’aujourd’hui, s’interroger et agir sur leurs causes ? La prévention est la parente pauvre des systèmes de santé (environ 5 % des financements publics).
- Internaute : « Votre article passe totalement sous silence un aspect pourtant important de la vaccination : la prévention professionnelle, pour laquelle la problématique est radicalement différente, tant du point de vue du vacciné, que de celui du médecin (du travail en l’occurrence) ou encore des enjeux de santé. Il suit par contre à la virgule près le discours ambiant ».
► Commentaire de l’auteur : La prévention professionnelle est effectivement peu traitée dans notre article, sauf en quelques passages où nous parlons précisément de l’attitude du corps médical concernant les vaccinations sur lui-même. On peut penser que c’est une faiblesse du dossier. Ce fut notre choix de nous adresser surtout aux questions touchant le grand public.
- Internaute : « Résultat décevant mais prévisible. L’épidémiologie est un sujet trop complexe pour être traité par petites annonces. Si l’on veut des "enquêtes citoyennes", il faut poser des questions auxquelles le citoyen sans compétence dédiée peut répondre.
Je vous suggère par exemple une enquête quantitative sur le droit du travail dans la grande distribution. Il y aurait des biais aussi, mais moindres, et les réponses pourraient rester factuelles. Ou, si vous tenez à rester dans le médical, une enquête sur la prescription, la vente et le prix de médicaments génériques ».
► Commentaire de l’auteur : Nous sommes nous aussi un peu déçus par notre propre enquête. Nous aurions aimé pouvoir aller un peu plus loin, sur les données épidémiologiques notamment. Nous n’avons pas encore eu toutes les réponses à nos demandes. D’un autre côté, cet aspect épidémiologique mériterait certainement plus qu’une enquête journalistique, qu’elle soit ou non participative. C’est pourquoi nous pensons aujourd’hui nécessaire la tenue de grands débats publics et d’études indépendantes nous permettant d’y voir plus clair.
http://www.agoravox.fr
Enquête participative de Jean-Luc Martin-Lagardette réalisée pendant l’été 2007 avec les internautes d’Agoravox
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