La Fès des bourgeois de l’Islam, a donc été, et cela depuis longtemps la capitale des bijoux, Meknés étant généralement citée dans sa mouvance. Les femmes vêtues de brocarts dans les demeures en fête ont été minutieusement décrites en 1917 par A.R. de Lens éblouie par la profession des parures. « Des bracelets en argent ciselé chargent leurs bras ; des rangs de perles fines entremêlées d’émeraudes encerclent leurs cous… les cabochons précieux font… saillie sur leurs bagues ; les touaba enrichis de diamants brillent discrètement au milieu du front ….Quelques-unes portent de hauts diadèmes où les pierres jettent des lueurs vertes et rouges parmi les entrelacs du métal. D’autres ont la tête ceinte d’un double bandeau de perles d’où tombent de longs glands en rubis. Les nattes noirs encadrent le visage sont piquées d’agates et d’améthystes. Des émeraudes étincellent sur les boucles de ceintures délicatement ouvrées » Et elle concluait « étincellement de l’or et de gemmes précieuses, la femme marocaine tout entière est un joyau dont on ne perçoit que le resplendissement »
La bijouterie ethnique marocaine a su réaliser la synthèse de ces apports et des expressions de son génie propre. Dans ses renouvellements périodiques, elle a montré à l’évidence l’émergence répétée de son authentique originalité.
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