Vendredi, 25 Mai 2012

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Bernard LAPORTE en interview pour le quotidien METRO : "Changer le visage du sport"

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ITV exclusive "Changer le visage du sport"

Actualité sportive, réforme du haut niveau , ambition politique, affaire judiciaire : Bernard Laporte a répondu à Metro

Un an après l’affaire Ouaddou, le Lyonnais John Mensah a été victime d’insultes racistes, dimanche…

C’est un acte intolérable et inadmissible qui n’a pas sa place dans une enceinte sportive. J’avais demandé à ce que dans le cadre de la loi de sécurité intérieure que va défendre Michèle Alliot-Marie, on étende l’interdiction administrative de stade de trois à six mois. Un an en cas de récidive. C’est chose faite. Cette mesure est indispensable. Les choses avancent.

Quel bilan dressez-vous des Mondiaux de ski ?

Les skieurs français et les dirigeants m’ont dit qu’ils s’étaient sentis valorisés et soutenus. Au-delà des trois médailles, ce qui est encourageant en vue des Jeux de Vancouver (2010), c’est de se dire qu’une dizaine d’athlè­tes sont capables de faire un podium. La France est le 3e domaine skiable au monde. Notre objectif dans le futur doit être de figurer parmi les trois meilleures nations. On se devait de démontrer notre savoir-faire en termes d’organisation. Quatre villes françaises sont pré-candidates à l’organisation des Jeux d’hiver de 2018.

La France a officialisé sa candidature pour l’Euro 2016. Une rénovation a minima des stades ne suffira pas ?

Les stades sont au cœur de notre dossier. C’est une opportunité unique à saisir pour combler notre retard sur nos voisins européens. C’est pour cette raison que j’ai voulu la création de la commission “Grands stades” présidé par Philippe Seguin. Pour avoir une chance d’organiser l’Euro, il va falloir moderniser des enceintes vétustes, en créer d’autres.

Le pays hôte devra disposer de neuf stades de 30 à 50 000 places. On est loin du compte ?

Mais les financements et les projets sont là ! A Lille, à Lyon ou à Nice par exemple, à travers des investissements privés ou des partenariats public-privé. Ces clubs n’attendent pas après nous pour subventionner leurs enceintes. Ce qu’ils veulent eux, c’est que les délais soient moins longs. Aujourd’hui, on a l’impression qu’il faut dix ans pour construire un stade. C’est à ce niveau qu’on intervient. Il faut réduire la procédure administrative. Dans le cadre de la réforme du sport professionnel, je mets tout en œuvre pour que le caractère d’intérêt général des stades soit reconnu. Aujourd’hui, un stade, c’est un outil au service de la compétitivité des clubs et du développement économique de nos régions. En France, le sport, c’est 30 milliards d’euros et 1,7% du PIB.

Que pensez-vous des critiques sur le XV de France ?

Que ce soit clair, je n’ai pas le vu le match. Maintenant l’important est de gagner et, que je sache, ils ont battu l’Ecosse. Je crois que par moment on a rêvé d’idéal mais l’idéal n’existe pas dans le sport de haut niveau. Et puis par honnêteté et connaissance du milieu, je me suis toujours promis de ne jamais critiquer l’équipe de France.

D’ici à 2012-2016, vous voulez faire de la France une des premières nations sportives au monde. C’est ambitieux...

On a le choix entre le déclin et l’ambition. Notre modèle du sport de haut niveau a plus de 50 ans. Quand j’entends dire que nos stades sont inadaptés, j’ai envie de répondre que c’est la même chose pour nos structures. Il faut passer la vitesse supérieure. On n’a pas le droit de faire rêver des jeunes dont on sait qu’ils ne monteront jamais sur un podium. Au contraire, concentrons tout nos moyens sur les 5 000 vrais potentiels plus tôt que sur 15 000 aujourd’hui. Nous mettrons autour d’eux toutes les composantes du succès.

Que répondez-vous à ceux qui craignent un désengagement progressif de l’Etat ?

ça n’a pas de sens ! La réforme du haut niveau, c’est l’Etat qui engage 200 millions d’euros. Le haut-niveau est l’une des missions prioritaires de l’Etat.

Mais vous allez fermé des établissements de formation en région ?

Il y a quelques établissements qui aujourd’hui ne répondent plus à leur vocation. Nous voulons les réorienter, les réorganiser, pas les fermer.

Les critiques disent qu’on ne vous entend pas beaucoup, que vous avez surtout été nommé pour un effet de casting…

Je ne suis pas là pour faire des photos, mais pour engager des réformes. Mon rôle, ce n’est pas simplement d’aller soutenir les équipes de France de football et de rugby ou d’assister à la très belle arrivée de Michel Desjoyaux. C’est de savoir comment faire pour qu’ils gagnent, leur donner les moyens de la performance. On a parlé d’ambition : avec nos deux grandes réformes, nous sommes en train de changer le visage du Sport français pour les dix ou vingt années à venir.

Vous avez récemment été déchargé de la jeunesse, qui a été rattachée au Haut commissariat aux Solidarités actives. Comment vous l’avez vécu ?

Lorsque je me suis rendu à Québec, très en pointe sur les politiques jeunesse, on m’a dit : la clé de la réussite c’est un rattachement direct au premier ministre. C’est aujourd’hui chose faite chez nous et je m’en réjouis. Moi qui suis sportif, je veux qu’on soit là pour être efficace.

Vous seriez prêt à franchir un pas supplémentaire dans le monde politique et à vous présenter à une élection ?

Pourquoi pas. Ce n’est pas quelque chose qui me déplairait. Pour moi, la politique, c’est me battre pour des gens. C’est ce que je fais au gouvernement, c’est ce que fait un maire dans sa ville, c’est la vocation des élus en général…

Votre image a été brouillée par des questions judiciaires. Cela vous fragilise en tant qu’homme politique ?

Ce qui m’agace c’est qu’on mente, qu’on mélange tout, qu’on cherche à nuire. Mais quand on est un homme public, il faut s’attendre à des attaques comme ça. La seule chose qui m’importe, c’est mon travail pour le Sport, pour nos athlètes et le rayonnement sportif de notre pays.


Gilles Daniel
Renaud Moncla
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