"A la fin je serais diable ou Dieu"
A lire dans le quotidien METRO et sur www.metrofrance.com
Complexe, provocateur né, passé maître dans l'art du contre-pied, le sélectionneur des Bleus est un personnage qu'on aime ou qu'on déteste mais qui ne laisse pas indifférent. L'homme a accepté de venir débattre avec les lecteurs de Metro à quelques jours d'une double confrontation (Roumanie le 5 septembre, Serbie le 9 septembre) capitale pour la qualification à la Coupe du monde 2010. Avec conviction, souvent avec humour. Eliminatoires, choix des joueurs, désamour avec public français, vie privée : "Raymond" n'a rien esquivé.
Sandrine Ricard : vous avez quand même une vision très négative des medias ?
J'ai des amis dans la presse, une femme à la télé. Je sais comment cela fonctionne, j'y ai travaillé. Ce que je ne peux accepter, c'est la malhonnêteté. Je pars du principe que les journalistes sont dangereux. La moindre phrase que je vais prononcer va être interprétée. Je fais attention à ce que cela ne mette pas les joueurs en difficulté. C'est pour çelà que je suis très très vigilant. Ce qui fait que je me ferme un petit peu. Quand je passé à la télé en conférence, je deviens schizophrène. Je me regarde presque et je m'écoute parler en me demandant : "qu'est ce que t'es en train de dire ?" Quand je réponds aux questions, je ne parle ni aux medias, ni forcément au public, je m'adresse aux joueurs.
Fode Savane : Ce qui est important pour nous, supporter, ce ne sont pas les petites phrases. Ce qu'on attend de vous, ce sont les résultats. Comment en obtenir ?
Moi je suis juste là pour mettre les joueurs dans les meilleures conditions pour qu'ils gagnent. Ce que j'essaie de dire aux joueurs : " la performance c'est vous. La victoire, ce sera vous". Là, on a une génération qui est jeune, qui se met en place, qui se construit. La moyenne de sélections en équipe de France se situe entre 12 et 15. C'est cela qu'on arrive pas à comprendre. Cette équipe est jeune, mais elle a du talent. C'est pour cette raison qu'il est capital de passer les qualifications et d'aller au mondial.
Sandrine Ricard. : Vous communiquez de manière très défensive, voire agressive…
Vous dites que je ne suis pas aimé du public. Je veux bien croire qu'une partie de l'opinion ne me soit pas favorable, mais je vous assure que quand je prends le métro,, je ne suis pas agressé du tout. Les gens dans la rue s'arrêtent, ouvrent leur fenêtre, klaxonnent pour me dire : "Accrochez-vous, ne les écoutez pas, continuez". Je n'ai que des messages comme ça. C'est ce qui me renforce parfois. Si en ouvrant la porte, des gens me jetaient des trucs sur la tête, je me poserais les vraies questions. Je pense qu'il y a une part du public qui est agacé par ma façon de faire et une autre qui a mon pris parti et qui pense que tout ce qui est écrit dans la presse est exagéré. Qu'on me reproche mes choix, qu'on estime que je ne fais pas la bonne équipe, on peut. Mais je refuse qu'on sorte des mensonges sans vérifier l'info.
Frédéric Bazin: Pourquoi l'équipe de France ne marque-t-elle pas plus de but ? On a l'impression que les internationaux se lâchent avec leur club et qu'ils sont inhibés chez les Bleus ?
Vous savez combien de fois on a tiré au but contre les Iles Féroé ? Il y a eu 18 tirs. Cela veut dire que la construction du jeu, l'animation, les situations de but, elles existent, on les créé. La différence elle se fait où ? Sur le truc que personne n'apprend : mettre le ballon hors de portée du gardien dans les 18 mètres. Le buteur est un joueur à part, un joueur exceptionnel, irrationnel. Cela, ça ne se contrôle pas.
Mathieu Haes : Le profil de l'équipe change à chaque match. Allez-vous maintenir votre confiance aux anciens ou faire appel à des jeunes pour la fin des qualifications et au Mondial ?
Depuis 2006, l'équipe est en train de se reconstruire. Il y a eu cet apport de jeunes joueurs autour des cadres. A l'Euro, les tauliers n'étaient pas bien et les jeunes pas du tout prêts. Ils étaient loin de savoir ce qu'étaient une compétition de ce niveau
-là. Ca nous a coûté très cher. Maintenant, ils savent. Mais on ne pouvait pas en passer par autre chose. C'est ce que je dis toujours aux anciens, ce n'est pas vous qui laissez la place, c'est eux qui doivent vous virer. La jeunesse n'est pas une carte de credit en équipe de France. Pour cette génération là, il faut vraiment se qualifier pour la Coupe du monde. En vue des matches de préparation, il y aura quelques réajustements psychologiques à mettre en place mais bon elle sera prête. Il faut donner le pouvoir à cette équipe.
Sandrine Ricard : Mais moi je le vois jouer et c'est ce qui me panique à moins d'un an de l'Afrique du Sud. Que comptez-vous faire ?
Je vous le répète, c'est un groupe qui possède une moyenne de matches internationaux limitée. Je reprends toujours l'exemple de l'Espagne, qui me fait bien rire. Ils sont devenus champions d'Europe. Au Mondial 2006, avec une équipe qui était trop jeune, nous, les vieux, on les a battu . En Allemagne, en finale, vous aviez les deux equipés les plus vieilles du tournoi. Je vous l'accorde, on n'est pas toujours rayonnant, on des moments de fragilité, mais ce que je regarde moi, ce sont les espérances. Si j'y croyais pas, j'aurais arrêté après l'Euro, en disant : "Débrouillez-vous, c'est sans avenir". Et non justement, c'est pas sans avenir. J'ai cette conviction que vous ne ressentez pas à l'extérieur.
Frédéric Bazin : Vous avez des entretiens individuels avec les joueurs pour voir où ils en sont ?
Je ne fais pas d'entretiens formels. C'est toujours une surprise. Je vais trouver les joueurs quand ils ne s'y attendent pas : dans le couloir, à la sortie de leur chambre, quand on va l'entraînement. Je m'arrange pour me retrouver juste à côté de celui que je veux voir. De cette façon, ils sont plus détendus. Il y a un truc que je n'oublies jamais, c'est que j'ai été joueur. Garder cette relation de confiance avec eux est capital. Je ne l'ai jamais trahi et ils le savent. D'ailleurs on me le reproche souvent : "si tu les avais un peu allumé, ce n'est pas toi qu'on critiquerait". Honnêtement je m'en fous. Même sous la torture, il n'y a rien qui sortira vers l'extérieur. Mon seul souci, c'est d'entretenir l'ambition d'aller à la Coupe du monde. Et d'être performant là-bas. A la fin, seul le résultat comptera. A la fin, je serais diable ou Dieu.
Frédéric Bazin. : vous observez l'attitude des joueurs ?
Je note tout ce que font les joueurs : les moments où ils sont bien, les moments où ils ne le sont pas. On va vivre en Afrique du Sud comme on a vécu en 2006 en Allemagne : un mois et demi ensemble. Quand on a un comportement face à une situation banale à un moment où il y a un peu de stress mais pas trop, je sais que c'est un détail aujourd'hui, mais là-bas, ce sera une montagne. C'est ce qui fait qu'un groupe est fort quand il part ou qu'il est déjà fissuré avant de commencer.
Grégory Rota : Mandanda et Lloris sont en balance pour le poste de gardien. Allez-vous instaurer une hiérarchie comme vous l'aviez fait avec Barthez et Coupet ?
Je sais déjà qui va jouer contre la Roumanie et la Serbie. Il faut faire des choix qui seront discutés quoi qu'il arrive. En France, il y a 60 millions de passionnés, de gens qui ont quelque chose à dire sur la sélection. Qu'il y ait cette envie, que tout le monde puisse discuter sur le foot, je trouve ça génial. Mais à la fin, il y en a un qui doit choisir et assumer, et c'est moi.
Mathieu Haes : Quand vous rentrez dans un stade de France hostile, comment vous le vivez ?
Je suis déçu pour les joueurs. C'est un engrenage. Ce sont les instincts les plus bas qui font fonctionner la foule. Pourquoi ils sont venus au stade ? Pour se défouler ou pour nous encourager ? Qu'on nous siffle à la fin du match en fonction du résultat, qu'on réclame des têtes, ça ne me choque pas. J'ai payé pour un spectacle, j'ai trouvé que c'était de la merde, j'ai le droit de siffler. Mais pas durant le match, le film ou la pièce. A la limite, on se lève et on s'en va. Je n'arrive pas à comprendre ce comportement. Imaginer qu'un joueur qui rentre sur le terrain n'ai pas envie, c'est impossible. Si le public pousse derrière son équipe, les joueurs sont transcendés. Je suis habitué aux sifflets. J'ai une longue tradition. Quand j'ai été joueur, j'ai été pris en grippe. Il y a des gens, ce sont des têtes de turc naturelles. Je n'ai rien fait pour le changer, on est d'accord. J'essaie d'être efficace, je ne tente
pas de plaire.
Grégory Rota. : Comment vous voyez le match contre la Roumanie ?
Ca va pas être facile. Eux n'ont rien à perdre. Ils ont gagné en Lituanie, ce qui leur donne un espoir d'accrocher au moins d'accrocher une place de barragiste. Ils sont quelque part sereins. Ils ont changé de sélectionneur, ça créé toujours un effet sur les premiers matches.
Frédéric Bazin : Est-ce que finalement, vous vous êtes marié avec Estelle ?
Non. Elle a horreur que je l'appelle ma femme. C'est le pronom "ma" qui la dérange. C'est la possession. Je sais que Christine Bravo a sorti une info ahurissante. Elle était à notre mariage, mais nous on y était pas. Elle l'a dit en rigolant dans son émission mais n'imaginait pas que la nouvelle soit reprise. Elle n'a pas mesuré l'importance des matchs contre la Roumanie et la Serbie...
Frédéric Bazin : Vous avez déjà songé à l'après équipe de France ?
Je vis ici et maintenant. Je ne cherche même pas à savoir. Je fais à fond mon travail. Le jour où cela s'arrêtera, je me poserais les questions. Je crois que lorsqu'on donne le meilleur de soi, les conséquences sont toujours positives. Derrière, je sais qu'il y aura autre chose. Je n'ai suivi de plan de carrière. La vie est tellement plus belle si on se laisse surprendre.
Propos recueillis par le service des sports de Metro France
FHCOM Tél 0155342424 www.fhcom.net
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Frédéric HENRY
+33155342424
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Communiqué envoyé le 01.09.2009 20:48:38 via le site Categorynet.com dans la rubrique Sports
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Raymond Domenech
"A la fin je serais diable ou Dieu"
A lire dans le quotidien METRO et sur www.metrofrance.com
Complexe, provocateur né, passé maître dans l'art du contre-pied, le sélectionneur des Bleus est un personnage qu'on aime ou qu'on déteste mais qui ne laisse pas indifférent. L'homme a accepté de venir débattre avec les lecteurs de Metro à quelques jours d'une double confrontation (Roumanie le 5 septembre, Serbie le 9 septembre) capitale pour la qualification à la Coupe du monde 2010. Avec conviction, souvent avec humour. Eliminatoires, choix des joueurs, désamour avec public français, vie privée : "Raymond" n'a rien esquivé.
Sandrine Ricard : vous avez quand même une vision très négative des medias ?
J'ai des amis dans la presse, une femme à la télé. Je sais comment cela fonctionne, j'y ai travaillé. Ce que je ne peux accepter, c'est la malhonnêteté. Je pars du principe que les journalistes sont dangereux. La moindre phrase que je vais prononcer va être interprétée. Je fais attention à ce que cela ne mette pas les joueurs en difficulté. C'est pour çelà que je suis très très vigilant. Ce qui fait que je me ferme un petit peu. Quand je passé à la télé en conférence, je deviens schizophrène. Je me regarde presque et je m'écoute parler en me demandant : "qu'est ce que t'es en train de dire ?" Quand je réponds aux questions, je ne parle ni aux medias, ni forcément au public, je m'adresse aux joueurs.
Fode Savane : Ce qui est important pour nous, supporter, ce ne sont pas les petites phrases. Ce qu'on attend de vous, ce sont les résultats. Comment en obtenir ?
Moi je suis juste là pour mettre les joueurs dans les meilleures conditions pour qu'ils gagnent. Ce que j'essaie de dire aux joueurs : " la performance c'est vous. La victoire, ce sera vous". Là, on a une génération qui est jeune, qui se met en place, qui se construit. La moyenne de sélections en équipe de France se situe entre 12 et 15. C'est cela qu'on arrive pas à comprendre. Cette équipe est jeune, mais elle a du talent. C'est pour cette raison qu'il est capital de passer les qualifications et d'aller au mondial.
Sandrine Ricard. : Vous communiquez de manière très défensive, voire agressive…
Vous dites que je ne suis pas aimé du public. Je veux bien croire qu'une partie de l'opinion ne me soit pas favorable, mais je vous assure que quand je prends le métro,, je ne suis pas agressé du tout. Les gens dans la rue s'arrêtent, ouvrent leur fenêtre, klaxonnent pour me dire : "Accrochez-vous, ne les écoutez pas, continuez". Je n'ai que des messages comme ça. C'est ce qui me renforce parfois. Si en ouvrant la porte, des gens me jetaient des trucs sur la tête, je me poserais les vraies questions. Je pense qu'il y a une part du public qui est agacé par ma façon de faire et une autre qui a mon pris parti et qui pense que tout ce qui est écrit dans la presse est exagéré. Qu'on me reproche mes choix, qu'on estime que je ne fais pas la bonne équipe, on peut. Mais je refuse qu'on sorte des mensonges sans vérifier l'info.
Frédéric Bazin: Pourquoi l'équipe de France ne marque-t-elle pas plus de but ? On a l'impression que les internationaux se lâchent avec leur club et qu'ils sont inhibés chez les Bleus ?
Vous savez combien de fois on a tiré au but contre les Iles Féroé ? Il y a eu 18 tirs. Cela veut dire que la construction du jeu, l'animation, les situations de but, elles existent, on les créé. La différence elle se fait où ? Sur le truc que personne n'apprend : mettre le ballon hors de portée du gardien dans les 18 mètres. Le buteur est un joueur à part, un joueur exceptionnel, irrationnel. Cela, ça ne se contrôle pas.
Mathieu Haes : Le profil de l'équipe change à chaque match. Allez-vous maintenir votre confiance aux anciens ou faire appel à des jeunes pour la fin des qualifications et au Mondial ?
Depuis 2006, l'équipe est en train de se reconstruire. Il y a eu cet apport de jeunes joueurs autour des cadres. A l'Euro, les tauliers n'étaient pas bien et les jeunes pas du tout prêts. Ils étaient loin de savoir ce qu'étaient une compétition de ce niveau
-là. Ca nous a coûté très cher. Maintenant, ils savent. Mais on ne pouvait pas en passer par autre chose. C'est ce que je dis toujours aux anciens, ce n'est pas vous qui laissez la place, c'est eux qui doivent vous virer. La jeunesse n'est pas une carte de credit en équipe de France. Pour cette génération là, il faut vraiment se qualifier pour la Coupe du monde. En vue des matches de préparation, il y aura quelques réajustements psychologiques à mettre en place mais bon elle sera prête. Il faut donner le pouvoir à cette équipe.
Sandrine Ricard : Mais moi je le vois jouer et c'est ce qui me panique à moins d'un an de l'Afrique du Sud. Que comptez-vous faire ?
Je vous le répète, c'est un groupe qui possède une moyenne de matches internationaux limitée. Je reprends toujours l'exemple de l'Espagne, qui me fait bien rire. Ils sont devenus champions d'Europe. Au Mondial 2006, avec une équipe qui était trop jeune, nous, les vieux, on les a battu . En Allemagne, en finale, vous aviez les deux equipés les plus vieilles du tournoi. Je vous l'accorde, on n'est pas toujours rayonnant, on des moments de fragilité, mais ce que je regarde moi, ce sont les espérances. Si j'y croyais pas, j'aurais arrêté après l'Euro, en disant : "Débrouillez-vous, c'est sans avenir". Et non justement, c'est pas sans avenir. J'ai cette conviction que vous ne ressentez pas à l'extérieur.
Frédéric Bazin : Vous avez des entretiens individuels avec les joueurs pour voir où ils en sont ?
Je ne fais pas d'entretiens formels. C'est toujours une surprise. Je vais trouver les joueurs quand ils ne s'y attendent pas : dans le couloir, à la sortie de leur chambre, quand on va l'entraînement. Je m'arrange pour me retrouver juste à côté de celui que je veux voir. De cette façon, ils sont plus détendus. Il y a un truc que je n'oublies jamais, c'est que j'ai été joueur. Garder cette relation de confiance avec eux est capital. Je ne l'ai jamais trahi et ils le savent. D'ailleurs on me le reproche souvent : "si tu les avais un peu allumé, ce n'est pas toi qu'on critiquerait". Honnêtement je m'en fous. Même sous la torture, il n'y a rien qui sortira vers l'extérieur. Mon seul souci, c'est d'entretenir l'ambition d'aller à la Coupe du monde. Et d'être performant là-bas. A la fin, seul le résultat comptera. A la fin, je serais diable ou Dieu.
Frédéric Bazin. : vous observez l'attitude des joueurs ?
Je note tout ce que font les joueurs : les moments où ils sont bien, les moments où ils ne le sont pas. On va vivre en Afrique du Sud comme on a vécu en 2006 en Allemagne : un mois et demi ensemble. Quand on a un comportement face à une situation banale à un moment où il y a un peu de stress mais pas trop, je sais que c'est un détail aujourd'hui, mais là-bas, ce sera une montagne. C'est ce qui fait qu'un groupe est fort quand il part ou qu'il est déjà fissuré avant de commencer.
Grégory Rota : Mandanda et Lloris sont en balance pour le poste de gardien. Allez-vous instaurer une hiérarchie comme vous l'aviez fait avec Barthez et Coupet ?
Je sais déjà qui va jouer contre la Roumanie et la Serbie. Il faut faire des choix qui seront discutés quoi qu'il arrive. En France, il y a 60 millions de passionnés, de gens qui ont quelque chose à dire sur la sélection. Qu'il y ait cette envie, que tout le monde puisse discuter sur le foot, je trouve ça génial. Mais à la fin, il y en a un qui doit choisir et assumer, et c'est moi.
Mathieu Haes : Quand vous rentrez dans un stade de France hostile, comment vous le vivez ?
Je suis déçu pour les joueurs. C'est un engrenage. Ce sont les instincts les plus bas qui font fonctionner la foule. Pourquoi ils sont venus au stade ? Pour se défouler ou pour nous encourager ? Qu'on nous siffle à la fin du match en fonction du résultat, qu'on réclame des têtes, ça ne me choque pas. J'ai payé pour un spectacle, j'ai trouvé que c'était de la merde, j'ai le droit de siffler. Mais pas durant le match, le film ou la pièce. A la limite, on se lève et on s'en va. Je n'arrive pas à comprendre ce comportement. Imaginer qu'un joueur qui rentre sur le terrain n'ai pas envie, c'est impossible. Si le public pousse derrière son équipe, les joueurs sont transcendés. Je suis habitué aux sifflets. J'ai une longue tradition. Quand j'ai été joueur, j'ai été pris en grippe. Il y a des gens, ce sont des têtes de turc naturelles. Je n'ai rien fait pour le changer, on est d'accord. J'essaie d'être efficace, je ne tente
pas de plaire.
Grégory Rota. : Comment vous voyez le match contre la Roumanie ?
Ca va pas être facile. Eux n'ont rien à perdre. Ils ont gagné en Lituanie, ce qui leur donne un espoir d'accrocher au moins d'accrocher une place de barragiste. Ils sont quelque part sereins. Ils ont changé de sélectionneur, ça créé toujours un effet sur les premiers matches.
Frédéric Bazin : Est-ce que finalement, vous vous êtes marié avec Estelle ?
Non. Elle a horreur que je l'appelle ma femme. C'est le pronom "ma" qui la dérange. C'est la possession. Je sais que Christine Bravo a sorti une info ahurissante. Elle était à notre mariage, mais nous on y était pas. Elle l'a dit en rigolant dans son émission mais n'imaginait pas que la nouvelle soit reprise. Elle n'a pas mesuré l'importance des matchs contre la Roumanie et la Serbie...
Frédéric Bazin : Vous avez déjà songé à l'après équipe de France ?
Je vis ici et maintenant. Je ne cherche même pas à savoir. Je fais à fond mon travail. Le jour où cela s'arrêtera, je me poserais les questions. Je crois que lorsqu'on donne le meilleur de soi, les conséquences sont toujours positives. Derrière, je sais qu'il y aura autre chose. Je n'ai suivi de plan de carrière. La vie est tellement plus belle si on se laisse surprendre.
Propos recueillis par le service des sports de Metro France
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Communiqué envoyé le 01.09.2009 20:48:38 via le site Categorynet.com dans la rubrique Sports
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