FEUX DE NUIT
Du mardi 26 septembre au vendredi 29 septembre à 20H00 et le samedi 30 septembre à 19H00
au Garage (Théâtre de L'Oiseau-Mouche) à Roubaix.(5 et 10 euros)
Réservation : 03.20.65.96.50
C'est le récit d'un homme qui après s'être emparé de la parole peut revenir sur son passé. De ce passé arrive un moment de son adolescence. C'est le moment où un soir - plusieurs soirs - il est entré dans le bruit et les flammes. Un soir - plusieurs soirs - où son odeur d'essence a allumé la nuit et a envoyé des signaux aux gens des villes. De son corps plein de rires, de soubresauts et de peurs, il est entré en émeute et a mis le feu à l'automne. . C'est bien la possession et l'usage qu'il fait de la parole qui lui permettent de faire surgir la mémoire. C'est la maîtrise entière de sa langue qui lui permet d'affronter le monde sans passer par la violence physique. Affrontement nécessaire pour éviter que d'autres, tous les autres, ne parlent à sa place. Renaissance de celui qu'il a été par celui qu'il est aujourd'hui par la parole, sa langue, voilà le récit de cette fiction.
EXTRAIT
« (…) C'est nos corps qui parlaient pour nous. Le corps ça a une mémoire plus coriace que tout le reste. Il sait mieux que la tête comment il faut faire danser les flammes. C'est à ce moment là que nos corps se sont mis à parler mieux que nous-mêmes. Le corps il se souvient où il a traîné si longtemps, il a pas oublié lui toutes les années pour rien. Toutes ces années à enterrer nos morts pour rien. Toutes ces années à regarder rien, à penser à rien, à devenir rien, à rêver qu'aux braquages de banques et aux six bons numéros du loto. Nos corps ils ont plus faim que les autres, il suffit de savoir d'où viennent nos champions nationaux. Avec Yazid le sport on le matait, rien de plus. Moi et Yazid nos corps on les avait déjà un peu entamé aux hallucinogènes. Fallait pas nous demander de courir après un ballon de foot on aurait essayé de jouer au ping-pong avec. Belles toutes ces nuits incendiaires à courir après les mèches, ça donnait du sublime à nos corps. Et toujours les mêmes questions, mais pourquoi taper dans nos quartiers qui sont déjà dans le coma. Que si on avait des couilles on devait montrer notre révolte en incendiant le centre ville. On voulait qu'on fasse une révolte intelligente, réfléchie, avec des objectifs qui auraient du sens. Ils comprenaient pas que c'étaient nos corps qui étaient en marche et que nos corps ils voulaient plus vivre où ils vivaient. Nos corps avaient vu avant tout le monde, avant nous-mêmes, qu'ils vivaient pas comme les autres. Qu'ils réagissaient bizarrement au contact de l'école, du sexe et de l'argent. Qu'ils réagissaient bizarrement au contact de l'honneur et du respect. Qu'ils tournaient en rond nos corps à vouloir-s'en sortir sans porte de sortie. Ils voyaient pas les gens que nos corps étaient devenus fauves et que la cité était devenue à nos yeux de chasseurs, une savane la nuit. Essayer de nous comprendre c'était trop tard.(…) »
Interprétation
Stéphanie Cliquennois, Amar Oumaziz.
Texte et mise en scène : Amar Oumaziz.
Musique et bande son : Frédéric Tentelier. Lumière : Frédéric Notteau
Durée : 1H00
Cette création a reçu le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles du Nord-Pas de Calais, du Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais, et du Garage à Roubaix. 1351 consultation(s)
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