Théâtre Actuel Bruxelles
présente
Robin RENUCCI- Caroline SILHOL
Dans
« Si Tu Mourais »
De : Florian Zeller
Mise en scène : Michel Fagadau
Scénographie : Florica Malureanu/ Lumières : Laurent Béal / Son : Bernard Guillaumat
Centre Culturel d’Uccle : les 17, 18 et 19 mars 2008. 20h30.
Une pièce réussie sur le mensonge et la vérité, le présent et le passé
Joli garçon et bourré de talent, le jeune écrivain- il est né en 1979-Florian Zeller en agace plus d’un…Quatre romans déjà chez Flammarion et même si son dernier ouvrage, Julien Parme, ne fait pas l’unanimité, sa troisième pièce, Si tu mourais, révèle un auteur doué. Il a beaucoup lu, pas les plus mauvais, Pinter, pour ne citer que le modèle qui saute aux yeux. Il a également beaucoup fréquenté les salles de cinéma, on voit qu’il aime Godard avec Une femme est une femme, par exemple. Mais Florian Zeller fait mieux que s’en inspirer, il propose son humeur, un ton fait de mélancolie désenchantée, d’intelligence teintée d’humour.
Pierre, dramaturge à succès, est mort dans un accident de voiture. Anne, sa veuve, médecin, la quarantaine élégante, apprivoise tant bien que mal son deuil, lorsqu’elle trouve dans le bureau de Pierre des notes sur une pièce de théâtre qu’il était en train d’écrire avant sa disparition. Ces notes éveillent chez elle le poignant soupçon que son mari ait pu avoir, dans les derniers moments de sa vie, une histoire avec Laura, une jeune comédienne. Le choc est douloureux. Anne commence alors une enquête, fouille le passé, questionne son entourage. Son esprit s'enfièvre. Elle ment aux uns et aux autres pour leur arracher la vérité. Daniel, le meilleur ami de Pierre, qui dissimule à peine son attraction pour Anne, assure qu’elle se fait des idées. Mais Anne se confronte aussi à Laura. Et les révélations se contredisent.
Florian Zeller met en parallèle la quête d’Anne avec des flashes-back sur les derniers temps du couple, où l’on sent bien que Pierre cachait quelque chose. A-t-il menti ? Qui était cet homme qu’Anne croyait connaître? Peut-on réellement connaître l’autre, ou son visage demeure-t-il toujours, tout en étant familier, un masque, une chimère, une construction ?
Si tu mourais n’est pas une pièce sinistre sur le deuil. La mort parle avant tout de la vie de ceux qui restent. Anne se demande si elle a bien compris qui était son mari. Cette question sans réponse alimente ses fantasmes et met en branle la mécanique du doute et la recherche de la vérité.
Car mine de rien, Florian Zeller nous fait l’éloge du mensonge. « Pour moi, le mensonge est une preuve d'amour, et l'honnêteté, au contraire, une trahison, une facilité de se débarrasser de ses conflits intérieurs et de les balancer dans les bras de l'autre.Un des thèmes qui traverse la pièce est celui de la transparence. Cette obsession contemporaine relève pour moi d'une confusion entre les notions de vérité et de morale. Je pense que la vérité n'est pas une valeur. Et cette notion d'honnêteté, qui alimente le sentiment de culpabilité, fait qu'en son nom, on se sent le devoir de dire la vérité, quitte à bousiller l'autre. L'aveu n'est pas le prolongement de l'amour. C'est une lâcheté ignoble. Aimer n'est pas encombrer l'autre de ténèbres ».
Robin Renucci et sa partenaire emmènent le spectateur… en eaux troubles.
Mise en scène nette et adroite de Michel Fagadau dans un décor très réussi, construction originale, sens du dialogue… Tout cela ne serait rien sans l’interprétation excellente d’un duo de premier ordre : Caroline Silhol, aérienne et bouleversante et un Robin Renucci d’une séduisante ambiguïté qui apporte de l’humanité au personnage de Pierre et laisse deviner derrière le masque le doute et les contradictions qui le rongent.
Robin Renucci n’est décidément pas un acteur comme les autres. Ex-jeune premier ténébreux, propulsé avec « Escalier C » de Tachella et « Coup de foudre » de Diane Kurys, Robin Renucci s’est vite écarté des lumières trop vives d’un vedettariat trop rapide pour s’engouffrer dans des contre-allées du théâtre. Avec « Hamlet » de Chéreau, et un mémorable « Soulier de satin » par Vitez ou encore des téléfilms de qualité (« Léon Morin prêtre »). Et surtout un théâtre militant, au fin fond de son village corse, où Robin Renucci prêche chaque été la bonne parole théâtrale avec des ateliers et des stages incluant la population locale et des troupes venues du monde entier. Le comédien s’est engagé à fond pour que le théâtre soit accessible au plus grand nombre. Un parcours qui lui vaudra d’être élevé au titre d’Officier des Arts et Lettres en 2003.
Visage familier du paysage culturel français, Caroline Silhol se caractérise par son éclectisme. En 1982, elle tourne le dernier film de François Truffaut "Vivement dimanche" avec Fanny Ardant puis viennent Bertrand Blier avec "Tenue de Soirée", Alain Resnais avec "I Want to Go Home"... En 1991, elle avait ému les spectateurs dans le rôle de l’épouse de Jean-Pierre Marielle dans "Tous les matins du monde" d’Alain Corneau, le film aux sept Césars. Sa formation au Conservatoire National l’a menée tout naturellement à une intense carrière théâtrale, défendant aussi bien des auteurs contemporains, de Yasmina Reza avec "Conversation après un enterrement" en 1987 ou J. Poiret dans "Joyeuses Pâques" avec P. Arditi en 2002, que des auteurs classiques comme Cocteau, Guitry et Rostand… Le personnage de Marie-Antoinette qu’elle a incarné au Palais des Sports dans la mise en scène de Robert Hossein en 1993 a marqué les esprits.
Avec des comédiens en état de grâce, le spectateur, bousculé dans ses certitudes, est embarqué dans la recherche de cette veuve désemparée, faite de doutes et d’appréhension. La réalité, l’imagination, la peur, le rire et le fantasme se mêlent dans ce spectacle. Et personne ne sort indemne.
Durée du spectacle : 1h30.
Centre Culturel d’Uccle : les 17, 18 et 19 mars 2008. 20h30.
Rue Rouge 47 à 1180 Bruxelles
Tél : 02 374 64 84
www.t-a-b.be ou www.ccu.be
Service presse Théâtre Actuel Bruxelles – Cathy Simon 0477 55 22 75 ou
Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
PHOTOS A TELECHARGER SUR www.t-a-b.be ou sur simple demande
|