Piger quand on est intégré ?!

Questions et débats à propos de la pige et des pigistes : tarif d'une pige, statut du pigiste, comment trouver des piges ? Comment vendre des piges ? Droits des pigistes, ...
aud.
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Situations différentes et à chacune ses avantages

Message non lu par aud. » 26 févr. 2007, 18:40

Ok l'aspect matériel, c'est le plus lourd quand on pige, néanmoins, pour rappel, en tant que pigiste :
On a justement la possibilité de varier les supports et donc le type de piges, la liberté d'organiser son temps, de ne pas se lever ou de ne pas s'habiller le matin, la chance de ne pas voir tous les jours les mêmes têtes etc...
A chacun ses avantages et ses inconvénients... Et à ceux qui ne sont pas dans la bonne catégorie (selon eux) de tout faire pour rejoindre l'autre.

Bonne chance à tous.

Aud.
lila
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Message non lu par lila » 27 févr. 2007, 14:26

Excusez moi mais quand on est pigiste on peut également gagner BIEN PLUS qu'un journaliste intégré. Et on ne peut pas jeter la pierre au patron qui refuse une augmentation. Quand tu es pigiste tu as toutes les cartes en main. Il ne tient qu'à toi à refuser les piges mal payées, à démarcher les titres qui paient bien, a bosser comme un dingue... "Travailler plus pour gagner plus" s'applique très bien au pigiste! faut arrêter de jouer les victimes.
cilou
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Message non lu par cilou » 27 févr. 2007, 16:38

Ce que tu dis était peut-être vrai il y a 15-20 ans. Mais ce raisonnement est un peu biaisé : un ouvrier payé à la tâche a lui aussi toutes les cartes en main, il suffit qu'il bosse plus et qu'il trouve les patrons qui payent bien chaque pièce. Sauf que tout le monde sait bien que l'ouvrier payé à la tâche se fait systématiquement avoir (cf. la Chine).
La pige est en train de devenir pareille : dans TOUS les canards pour lesquels je bosse, les tarifs n'ont pas bougé depuis mes débuts (c'est à dire depuis 7 ans). On peut aussi jeter la pierre au patron qui refuse l'augmentation des tarifs de pige.
Des pigistes qui gagnent plus que des intégrés, je n'en connais pas. Je ne me plains pas, je gagne ma vie correctement, moins qu'un intégré alors que je bosse plus, mais quand même suffisamment. Mais de là à dire que le pigiste à toutes les cartes en main, c'est un peu se foutre de la g.. du monde.
lila
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Message non lu par lila » 28 févr. 2007, 13:04

Je ne suis pas sure. Perso, je bosse depuis 18 mois. Si tu te bouges bien tu peux gagner bcp.
farrell2
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Message non lu par farrell2 » 28 févr. 2007, 13:04

D'accord avec Cilou. même si j'appartiens encore (jusqu'à quand ?) à la catégorie des pigistes qui gagnent bien.
Entre les titres qui payent, gardées comme des forteresses (qui, ici, a déjà bossé pour Elle ?) et ceux qui payent en cacahouètes (la majorité), le pigiste perd une énergie dantesque. En principe, après 4-5 ans, il est lessivé, cuit de courir toujours au cul du camion, à quémander, faire son VRP et se prendre des réponses du genre "on a besoin de rien, merci".
Je l'avais écrit il y a un an déjà, ici : ce métier n'en est plus un.
babychoux
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Pfffff

Message non lu par babychoux » 02 mars 2007, 12:07

Bon je craque... quand tu dis que ce métier n'en est plus un, je trouve que tu pousses vraiment trop loin le bouchon. Si c'est vraiment si terrible que cela pourquoi n'en changes-tu pas ? J'en ai marre des journalistes qui passent leur temps à se plaindre et à pourrir le moral de tout le monde. Tu dis "bien gagner ta vie" alors contente toi de dire cela au lieu d'ajouter "jusqu'à quand ?".
Ce n'est pas dans mon tempérament d'agresser les gens surtout à l'écrit. Ne le prend pas mal... Notre métier a bien des inconvénients mais aussi pas mal d'avantages. Sans cela nous ne serions pas si nombreux à vouloir l'exercer. Je suis intimement persuadée qu'une des choses qui pourrit l'ambiance de travail et qui renforce l'impression d'être des victimes exploitées et vouées au chomâge est le type de commentaires que tu fais...
Désolé mais là, vraiment, je craque. J'en ai marre de ces commentaires à l'emporte pièce qui font pleurer dans les chaumières !
lila
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Message non lu par lila » 02 mars 2007, 14:58

je suis entièrement d'accord. Faut arrêter de se plaindre. Dans ce boulot, il suffit de démarcher pour trouver du taff même si c dur, que ca marche pas à tout les coups, faut se bouger le cul.
cilou
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Re: Pfffff

Message non lu par cilou » 02 mars 2007, 15:29

babychoux a écrit :Notre métier a bien des inconvénients mais aussi pas mal d'avantages. Sans cela nous ne serions pas si nombreux à vouloir l'exercer. Je suis intimement persuadée qu'une des choses qui pourrit l'ambiance de travail et qui renforce l'impression d'être des victimes exploitées et vouées au chomâge est le type de commentaires que tu fais...
Désolé mais là, vraiment, je craque. J'en ai marre de ces commentaires à l'emporte pièce qui font pleurer dans les chaumières !
C'est marrant, c'est pourtant toi qui disait en septembre
dernier :
Vu la situation de la presse, je commence à me poser beaucoup de questions... Autant dire que je suis hyper angoissée. Je vais être obligée de me lancer dans les piges... Mais je ne connais personne qui arrive à vivre de ses piges. D'où une angoisse à son apogée.
(www.categorynet.com/v2/boards/viewtopic.php?
t=8905&postdays=0&postorder=asc&start=0)
Qu'est-ce qui t'a fait changer radicalement de point de vue ? Aurais-tu le même qu'aujourd'hui si tu galérais encore ? Et as-tu tenté ou non la pige ? (car à te lire, c'était vraiment l'angoisse d'être "obligée de [te] lancer dans la pige).
babychoux
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Message non lu par babychoux » 02 mars 2007, 15:48

Pour répondre à ta question, mon changement d'opinion est venu du fait que je me suis effectivement lancée dans des recherches de piges et que je me suis rendue compte qu'il était tout à fait possible d'en vivre. Pour ne rien te cacher, il y a quelques mois j'étais particulièrement angoissée parce que je venais d'être virée (restriction budgétaire) et que je ne connaissais pas vraiment le monde de la pige. Ce dernier m'était simplement familier par ce que j'en lisais sur des forums comme categorynet... autant dire que je ne connaissais que les "mauvais côtés". En me lançant dans des recherches plus actives, jai rencontré des pigistes qui vivent très bien de leurs piges, qui sont épanouis, et je me suis rendue compte qu'il était possible d'en faire de même. Là encore attention, je ne jette la pierre à personne. JE reconnais tout à fait les aspects parfois difficiles et décourageants de ce métier mais je refuse de tomber dans des réflexions trop noires ou trop critiques vis-à-vis du journalisme. J'aime ce métier et je pense sincèrement qu'il est possible d'en vivre. Je crois que beaucoup de jeunes (comme moi) sont angoissés parce que les gens ne parlent que de leurs mauvaises expériences... Beaucoup de journalistes pro depuis des années se lamentent et oublient de dire qu'ils leur arrive de tomber sur des "bons plans", des redacs chefs sympas, qu'ils s'épanouissent en vendant des papiers passionnants à des canards, etc.
En un mot, je ne nie pas les côtés négatfs mais je voudrais simplement qu'on n'oublie pas tous les bons côtés du journalisme (et il y en a plein !). Il faut rééquilibrer la balance.
Bonne journée.
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Fennek
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Message non lu par Fennek » 05 mars 2007, 16:27

Tout à fait dac avec Farell: ce metier n'en est pas ("plus" je suis trop jeune pour le dire) un.

Déja Babychoux, si tu arrives à en vivre ce mois-ci, ca voudra pas dire que tu en vivras toute l'année. Ensuite procures toi un journal -n'importe lequel, de minute à l'huma- d'il y a 30 ans, tu verras du style, tu verras aussi une vraie maitrise de l'ecrit. La qualité des productions ecrites a dégringolé: pour moi, c'est un fait.


Retour en 2007


Qui voudrait d'un "j'accuse" aujourd'hui??? Ou même d'un "manifeste des salopes" (Pro-Ivg) comme Libé et Marie-claire le firent? Pourtant avec clearstream et consorts, ya encore de la place pour des papiers à couilles bien écrits je pense.

Il y a une semaine je suis tombé sur un edito du point (numéro 1 sur l'emballage de poisson dans le 16éme). Il pouvait se résumer ainsi: X (l'editorialiste) est allé voir Y jouer (une pro du Tennis semble-il) et il l'a trouvé belle. Et de se vanter des places introuvables qu'il a trouvé et de l'excellence du champagne du carré VIP.

L'anecdote serait risible si le type ne fesait pas figure de "grande" plume, il enseigne peut-être même au CFJ! Va savoir.

Alors comment on en est arrivé là? En 30 ans, une transition majeure du monde du travail en occident a eu lieu: Le salarié est passé de personne (viré par le patron himself, qui le tutoyait) à rouage (viré par le DRH, qui le vouvoye) d'une mecanique bien huilée. Une mecanique qui vise le cash flow rate, le fric, et en aucun cas la qualité ou la satisfaction du lecteur (dans le cas de la presse). Hors comme la medecine (elle aussi en crise grave) ce n'est pas le but du journalisme de faire du fric. La qualité d'un article n'est pas chiffrable, alors que les rentrées d'un service pub le sont. Cette logique du moins-disant tue déja le journalisme tranquillement tandis que les tenors du metier (aucun n'a moins de 45-50 ans) ont gardé les habitude un peu tzar et star de l'ancien temps.

Cette schizophrenie (entre les nouveaux traités comme au mac-do et les anciens qui squattent le carré VIP) explique pourquoi beaucoup rentrent sur ce marché du travail avec une idée fausse. La suite est déja écrite outre-atlantique je pense: les editorialistes les plus outranciers survivront (O Reilly, Michael moore) tandis que le journaliste de base deviendra de plus en plus fonctionnaire et consensuel. Ou alors, comme à l'epoque de Maupassant un dilletante: Cf l'inflation de noms à particules (qui m'etonne toujours) dans la presse. Je ne crois pas que ce sont les piges dans libé, le fig ou le monde qui payent leur loyers.

Conclusion: Pour travailler dans la presse de nos jours il importe surtout d'être lisse (cad un mauvais journaliste) OU de vivre d'autre chose (les rentes restent un must) pour bouffer.
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Message non lu par havas » 06 mars 2007, 01:34

Pas d'accord avec Fennec (alors que... ) : personnellement j'attribuerai plus la qualité qui semlbe plus mauvaise à un problème de conceptualisation ; en effet Fennec ton analyse sent plus un maôisme mal régurgité que la sincérité : hors tout simplement il y a 100 et plus quelques années, un "J'accuse" trouvait sa force dans sa rareté : peu d'élite entrainait peu de journaux capables de proposer des analyses autres qu'élitistes ou populaires, donc une oblgation d'un niveau intellectul intermédiaire accesible à tout le monde.
Hors aujourd'hui la presse est tellement spécialisée qu'il est presque impossbible de trouver quelque chose de fédérateur ; tel spécialiste va venir défendre une thèse ( et forcément les thèses se sont considértablement enrichies avec l'augmentatiton du niveua culturel ( quoi qu'un en pense la majorité, la culture est aujourd'hui plus facilement accesible que l'éducatiion à proprement parler ) qui sera tellement élitiste que les secteurs à niches se diversifient jusqu'à l'implosion...
Evidemment gérer cette contradiction avec l'impasse idéologique de la diversité constitue un grand écart intellectuel difficile à faire accepter dasn une société de médias où les abus ont pris le pas sur un questionnement légitime et pourtant purement rationnaliste.
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Message non lu par cilou » 06 mars 2007, 08:54

Pourquoi est-ce que tout le monde écrit "hors" à la place de "or" ?
"Hors" signifie "dehors"
"Or" marque une opposition avec ce qui précède, et sert à échaffauder un raisonnement.
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Message non lu par Fennek » 06 mars 2007, 10:02

Havas: je t'aime bien, mais pitié ne me traite pas de Maoiste: Ce genre de conneries militante c'était bon pour nos parents! Affirmer que je soutient une pensée autocratique à l'origine de millions de morts c'est insultant au possible. Tu vaux mieux qu'un pauvre point Goldwin mal ficellé non?

Pour le reste trés sincérement: Moi pas comprendre tes propos.

Cilou: Mea culpa, mon clavier est tombé par terre, c'est la faute à Hors-ni-car
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Message non lu par havas » 06 mars 2007, 12:34

Je crois que j'ai encore posté bourré...
Pourtant c'était calir quand je l'ai tapé dans ma tête : et dsl Fennek, c'était vraiment pour trouver une idéologie de comparaison si je me souviens bien, pas d'assimiliation pas de danger...
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Message non lu par Fennek » 06 mars 2007, 15:14

En fait, c'est paradoxal, mais je pense que le monde du travail d'aujourd'hui (qui fonctionne à la schlague) emprunte plus à la pensée de Mao qu'on pourrait le croire.

J'explique:Contrairement à Staline qui voulait une elite bien formée mais à sa botte, Mao pretendait substituer la culture politique (façon Mao hein, pas science-po) à la compétence. En des termes plus trash: le plus fayot l'emportait. Ceci explique pourquoi des millions de chinois en sont morts, les commissaires agricoles était parfois des lycéens dont le seul mérite était d'avoir balancé leurs parents petit-bourgeois.

Cette non-meritocratie à outrance se retrouve je pense.

Tu comprend donc mon indignation, ô Illusioniste nazareen...
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