collaboratrice régulière : Help !

Questions et débats à propos de la pige et des pigistes : tarif d'une pige, statut du pigiste, comment trouver des piges ? Comment vendre des piges ? Droits des pigistes, ...
graindesel
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collaboratrice régulière : Help !

Message non lu par graindesel » 25 nov. 2008, 12:52

Bonjour à tous,

Je suis dans une situation que je ne sais pas résoudre. Merci d'avance à tous ceux qui voudrons bien m'aider !

Je travaille depuis 7 ans maintenant pour un magazine spécialisé, je suis une pigiste régulière depuis au moins 5 ans. À savoir : depuis toutes ses années, j'ai reçu un bulletin de salaire tous les mois avec un salaire moyen annuel croissant chaque année. Dès le début on m'a dit qu'il serait très mal vu (voire pas accepté) que je pige pour un titre concurrent (il n'y en a d'ailleurs pas beaucoup sur ce marché spécialisé). Une collègue SR m'a d'ailleurs fait remarqué que, en tant que collaboratrice régulière, cela m'était interdit sans l'autorisation de mon employeur. En contrepartie j'ai lu quel'employeur était dans l'obligation de me fournir du travail me permettant d'avoir un revenu annuel au moins équivalent à celui de l'année précédente. Cette situation de ne piger que pour un seul titre me met dans une grande fragilité... que je paye maintenant. Cela fait 1 mois que je n'ai aucune commande. Là je n'ai plus de boulot du tout malgré un courrier mail. Cela ne m'étais plus arrivé depuis 6 ans.
Je ne vois pas pourquoi ils ne voudraient d'un seul coup plus travailler avec moi (c'est une revue ou miraculeusement il n'y a pas de turn over : la plupart des journalistes y sont depuis 10, 15 ans voire plus) mais il faut que je me prépare à cette éventualité.
Je ne sais pas trop comment faire (tâter le terrain avec les SR avec qui je m'entend bien et qui sont dans la place, passer directement un coup de fil sachant que je risque me laisser déborder par l'émotionnel...) mais une question tout de même :
Quand les piges diminuent de façon évidente, doit-on carrément demander à l'employeur de procéder au licenciement. Ou doit-on directement s'adresser aux prud'hommes ?
cilou
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Re: collaboratrice régulière : Help !

Message non lu par cilou » 25 nov. 2008, 13:48

Bonjour Graindesel,

A priori, tu es dans une situation plutôt favorable : n'importe quel tribunal reconnaîtra que tu es pigiste régulière, donc CDI, donc qu'il faut te licencier en bonne et due forme si on veut se passer de tes services. Le problème, c'est que pour ça, il faudra te battre, et ça peut prendre du temps. Donc mieux vaut tâter le terrain avant, surtout si tu t'entends bien avec la SR. Ensuite, il sera toujours temps de "flinguer" davantage si tu sens que ton employeur tente de t'arnaquer. Plutôt qu'un coup de fil, mieux vaut un RV en direct, en seul à seul ou avec une tierce personne.
Pour connaître bien tes droits, le mieux serait
- d'acheter le guide de la pige, qui explique bien tout ça
- de te syndiquer (d'abord parce que c'est utile à toute la profession, ensutie parce que tu pourras bénéficier des conseils du syndicat, et éventuellement de l'assistance d'un délégué syndical lors d'éventuels procès aux prud'hommes)

graindesel a écrit :Quand les piges diminuent de façon évidente, doit-on carrément demander à l'employeur de procéder au licenciement.
SI tu vois qu'ils ne veulent plus continuer à t'employer, oui, il faut leur demander un licenciement en bonne et due forme. S'ils refuse, alors il faut aller aux prud'hommes.
Une collègue SR m'a d'ailleurs fait remarqué que, en tant que collaboratrice régulière, cela m'était interdit sans l'autorisation de mon employeur.
C'est faux. Dans la convention collective, "l’expression « journaliste employé à titre occasionnel » désigne le journaliste salarié qui n‘est pas tenu de consacrer une partie déterminée de son temps à l’entreprise de presse à laquelle il collabore, mais n’a pour obligation que de fournir une production convenue dans les formes et les délais prévus par l’employeur." Je ne vois pas où il serait question d'exclusivité
En contrepartie j'ai lu quel'employeur était dans l'obligation de me fournir du travail me permettant d'avoir un revenu annuel au moins équivalent à celui de l'année précédente.
Ce n'est pas tout à fait ça non plus. Disons que tu es présumée en CDI, donc qu'on ne peut pas modifier le contrat de travail de manière significative sans ton accord (même si le contrat de travail est présumé, et non signé). Or, une réduction de tes piges est une modification significative. CQFD.
Cette situation de ne piger que pour un seul titre me met dans une grande fragilité...
plus ou moins, puisque tu es CDI.
Là je n'ai plus de boulot du tout malgré un courrier mail.
Un courrier mail, c'est bien, mais peut-être faudrait-il un truc plus officiel comme un courrier avec AR
archaud
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Message non lu par archaud » 25 nov. 2008, 13:49

Bonjour,

Il est une tradition, en effet, qui veut que, lorsque l'on collabore à un titre spécialisé, parallèlement, l'on ne vende pas sa plume à des supports concurrents, se situant sur le même segment de presse. Il va sans dire que cette coutume est inique : d'abord, parce que, sauf exception, tu n'as signé aucune clause de non-concurrence, ensuite, parce que, pour que ton employeur soit légitimé à exiger que tu ne collabores pas à d'autres titres concurrentiels, encore faut-il que celui-ci soit en mesure de t'assurer des montants de piges d'un montant qui te permette de vivre sans avoir à compléter tes revenus en travaillant pour d'autres supports. En résumé : sauf à ce qu'une clause de non-concurrence ait été signée, la demande de ton employeur ne repose sur aucune légitimité juridique.

Quant à la possibilité de licenciement, tu es fondé(e) à le formuler auprès de ton employeur, si, sur une certaine période que la loi n'indique hélas pas, tu observes une chute de tes piges supérieure ou égale à 30%. Ce n'est pas une loi, c'est un usage de la profession.
Cependant, avant de formuler une demande de licenciement, je ne saurais trop te conseiller : 1/ de tirer au clair les raisons de ta mise à l'écart, car peut-être que les vrais motifs ne sont-ils pas ceux que tu crois ; 2/ ne pas te précipiter, être certain(e) qu'aucune solution n'est possible.
Enfin, si la procédure de licenciement était la seule issue possible à ce différend, je t'invite à consulter la convention collective des journalistes, que tu trouveras sur le site du SNJ, qui détaille les conditions financières d'un licenciement (grosso modo, 2 mois de préavis + indemnité non-imposable correspondant à 1 mois par année de présence + congés payés, 13e mois au prorata temporis).
graindesel
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Message non lu par graindesel » 25 nov. 2008, 17:53

Un grand merci Cilou et archaud,

Rien que votre réponse et je me sents moins seule.
j'ai trouvé ces informations ci-dessous qui confirment complétement ce que vous me dites :

Pigistes et licenciement (site usj-cfdt)
Il collabore à son journal, le pigiste.
Ca marche. Et puis un jour, plus rien. Le silence. Ou, en réponse à ses questions, une petite lettre évasive. Au téléphone, on lui explique : restrictions budgétaires, changement de formule, nouveau rédacteur en cher, travail mal apprécié... Ou alors, on vous donne un petit truc par-ci par-là pour vous faire poireauter en silence...

Un employeur qui ne donne plus de travail (et qui donc ne paye plus de salaire) à un de ses salariés, cela se nomme en termes juridiques "rupture du contrat de travail du fait de l'employeur". Autrement dit, un licenciement.

Et toutes les règles prévues par la loi et par la convention collective en cas de licenciement doivent être respectées.

Cela, c'est vrai pour un pigiste comme pour n'importe quel autre salarié. Même si beaucoup de patrons de presse persistent à ne pas vouloir l'admettre, la jurisprudence des tribunaux à ce sujet commence à être abondante.

Mais il reste encore plusieurs questions controversées. D'autre part, pour faire valoir vos droits sans contestation possible, il y a des précautions à prendre que vous devez connaître. Car une fois sur deux les litiges se règleront devant la justice, et les avocats patronaux sont retors !.

Je n'ai pas de contrat. Comment prétendre au licenciement ?

Dès lors que vous avez collaboré, moyennant rémunération, à une publication ou une agence de presse, il existe un contrat de travail, même si rien n'a été conclu par écrit, et même si l'employeur appelle cela autrement.

Il s'agit d'un contrat à durée indéterminée

L'employeur va peut-être essayer de prétendre qu'il s'agissait de contrats "à durée déterminée", c'est-à-dire d'un contrat différent à chaque collaboration, et que cela n'entraînait pour lui aucune obligation.

Sachez que, selon la loi, un contrat "à durée déterminée" ne peut exister que dans certains cas très précis. Il ne peut être renouvelé qu'une seule fois. Et surtout, il doit obligatoirement être conclu par écrit ; la loi précise qu'à défaut d'écrit, le contrat est toujours présumé "à durée indéterminée". Et la rupture par l'employeur d'un contrat à durée indéterminée, c'est un licenciement. Il n'y a pas à sortir de là.

On ne m'a jamais envoyé de lettre de licenciement

La jurisprudence a établi depuis longtemps qu'il y a un licenciement dés lors qu'un employeur ne donne plus de travail ou ne paye plus de salaire à un de ses salariés, et même si le licenciement n'a pas été notifié par écrit.
Il existe maintenant un grand nombre d'arrêts de tribunaux (prud'hommes, appels, cassations) qui reconnaissent que ce pricipe s'applique au pigiste régulier à qui un employeur cesse de donner du travail (Paris, 22 ème Chambre C du 1/02/1985 - Paris, 21 Chambre B du 10/01/1986).
Toutefois, il vous appartient de faire savoir à l'employeur que vous considérez cela comme un licenciement et que vous exigez le préavis et l'indemnité.
En outre, la jurisprudence demande que vous ayez bien vérifié auparavant les intentions de l'employeur.
La marche à suivre dans un tel cas sera donc la suivante :
- d'abord, discuter avec l'employeur ou lui écrire pour réclamer du travail ;
- s'il répond négativement , ou évasivement, ou s'il ne répond pas, alors envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception pour exiger le respect de vos droits en cas de licenciement ;
- mieux encore : prenez contact, avant toute démarche, avec la permanence pigistes ou la permanence juridique de l'USJ-CFDT, où vous trouverez des militants aptes à vous conseiller.

Dans quel cas, mon employeur a-t-il le droit de me licencier ?

Votre employeur a le droit de vous licencier s'il justifie d'un motif "réel et sérieux". Ce sont les mots employés par la loi.

Il peut vous reprocher une faute grave. (Mais attention, il ne suffit pas qu'il la décrète grave pour qu'elle le soit...). Dans ce cas, il ne vous doit même pas de préavis ni d'indemnité.

Il peut aussi vous reprocher une insuffisance professionnelle, des fautes légères répétées. Il peut estimer que, pour une raison quelconque, vous ne correspondez plus aux exigences du poste de travail que vous occupez, même sans qu'il y ait faute de votre part. Dans tous ces cas, le motif peut être jugé légitime, pourvu qu'il soit bien le vrai motif ("réel") et que l'employeur puisse justifier, par des arguments, qu'il est suffisamment sérieux pour mettre fin à la relation de travail.

Quels que soient votre ancienneté et la taille de l'entreprise, l'employeur doit préalablement vous convoquer pour une entrevue, au cours de laquelle il vous exposera les raisons du .i.licenciement.;. envisagé. Vous pouvez vous y faire accompagner par un autre salarié de l'entreprise (par exemple un délégué). Vous pouvez ensuite exiger notification par écrit des motifs du licenciement.

A quelles sommes ai-je droit ?

Sauf en cas de .i.faute grave.;., vous devez toucher au moment de votre licenciement :
- le préavis,
- l'indemnité de licenciement,
- l'indemnité de congés payés,
- le prorata du 13è mois.

Si les formalités légales de licenciement n'ont pas été respectées, vous pouvez demander des dommages-intérêts pour non respect de la procédure (un mois de salaire) devant les prud'hommes. Vous pouvez également obtenir des dommages-intérêts si le motif est jugé non-valable.

Pour savoir comment calculer toutes ces sommes, reportez-vous au Code du Travail et à la .i.convention collective ou adressez-vous aux permanences de l'USJ-CFDT.

Une précision : le salaire de base sur lequel seront calculées les sommes dûes peut être :
- soit la moyenne des douze mois précédant le licenciement,
- soit la moyenne des vingt-quatre derniers mois.
Cela afin de tenir compte de ceux pour qui le licenciement a été précédé d'une diminution progressive de leurs piges.

Comment établir la régularité de mon travail ?

Il vous sera plus facile de prétendre à préavis et à indemnité de licenciement si votre collaboration est très régulière.

Il n'y a aucun critère applicable mécaniquement à toutes les situations. On peut cependant dire avec une quasi-certitude que la régularité est indiscutable dès lors que le pigiste a touché des piges tous les mois pendant plus de trois mois, même si leur montant est peu élevé.

La Cour d'Appel a, par ailleurs à plusieurs reprises, condamné des entreprises de presse à verser des indemnités de rupture, même lorsque la collaboration n'était pas régulière (Paris, 21 ème Chambre A, 21/02/1983 - Paris, 18 ème Chambre D, 23/09/1986).

Mes piges ont considérablement diminué...

Voilà le serpent de mer : le licenciement à petit feu. On veut se débarrasser de vous, mais sans le dire. On vous fait taire à coups de bricoles...

Une chose est sûre : un employé à salaire fixe, dont l'employeur diminue le salaire sans son accord, peut se considérer comme
licencié : c'est une rupture du contrat de travail par l'employeur.

Mais qu'en est-il pour un pigiste dont, par définition, le revenu est variable ?

On doit tenir le même raisonnement, non seulement pour le pigiste qui a une pige fixe, "forfaitaire", tous les mois du même montant, mais aussi pour ceux qui peuvent justifier que leur pige, malgré quelques variations minimes, se situe toujours dans la même fourchette.

Par exemple, voici un pigiste qui gagne tous les mois, depuis plusieurs années, entre 8 000 et 9 000 francs. Cette collaboration, bien que rémunérée à la pige, l'occupe à plein temps. Et puis un jour, il ne gagne plus que 2 000 à 3 000 francs par mois, et cela de façon durable. Il est fondé à soutenir qu'il y a rupture du fait de l'employeur.

Il est évident que le contrat tacite qui existait entre le journal et lui, comportait le principe d'un travail quasiment à plein temps, avec lequel il pourrait gagner sa vie.

La Cour d'Appel de Paris (21 ème Chambre B, 10.01.1986 - 18 ème Chambre E, 10/04/1987) et la Cour ce Cassation (Soc. 18/03/1986) ont suivi le même raisonnement que nous en condamnant l'employeur qui avait diminué le montant des piges à verser au pigiste les indemnités de rupture.

Alors, si vous êtes dans ce cas, si votre volume de piges a chuté de façon très nette, à vous de voir si vous préférez garder quand même cette collaboration, ou bien si vous préférez tenter de faire valoir votre droit au licenciement. Nous vous aiderons.
graindesel
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Message non lu par graindesel » 25 nov. 2008, 18:11

Eu, c'est encore moi !

Je n'en reviens pas du fait que l'on m'avait (une SR syndiquée pourtant) vraiment présentée comme une obligation le fait de non piger ailleurs !!! Bon ceci dit le nombre de titre dans mon domaine est tellement petit qu'en pratique ce n'est pas évident.
Voila aussi une raison pour laquelle je ne vais quitter mon canard sans vérifier au préalable que les carottes soient réellement cuites. Ceci dit, à la lecture du texte que j'ai posté précédemment, j'ai un très mauvais pressentiment.

Est-ce que quelqu'un a vécu ce moment ? Là, cet espèce d'entre deux où l'on a signalé que l'on n'avait plus de commandes et où l'on n'a pas de réponses ?

Par ailleurs, et c'est un autre point encore, je les imagine mal me laisser aller jusqu'aux prud'hommes : il y a plein de points quand aux droits d'auteur où ils sont en tort. Style : un livre qui sort chaque année... alors qu'ils n'emploient que des pigistes. Ou plus fréquemment : des articles (parfois franchement conséquents : une vingtaine de feuillets) qui reparaissent sans le titre de son auteur... et évidemment sans la rémunération de ce dernier.
je n'ai pas peur d'aller aux Prud'hommes et si je dois y aller, j'en profiterais pour régler tous mes comptes. Mais j'aimerais bien ne pas en arriver là.
Donc, il me faut la jouer un peu finement.
Avant d'envoyer un courrier en AR, je pensais à un courrier mail (puisque c'est comme cela que nous communiquons d'ordinaire) où laisser entendre que je ne laisserais pas la situation se dégrader pendant des mois. peut être leur demander franchement s'ils ne veulent plus m'employer...

Sur cette affaire je me sent très fragile : j'ai auparavant démissionné d'un boulot (je n'étais pas encore journaliste), éreintée et moralement vidée après un harcèlement moral de 2 ans (à une époque où on ne parlait pas encore de ce fameux harcèlement). Du coup je me sent incapable, émotionnellement, d'affronter un rendez-vous.

Bon là c'est quand même pas trop la joie.
archaud
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Message non lu par archaud » 25 nov. 2008, 18:33

Suis mes conseils de "vieux de la vieille" : prends le recul nécessaire pour faire le point, pour peser le pour et le contre, évite d'agir sur un coup de tête. D'autre part, à supposer que ta situation ne s'améliore pas d'elle-même, ce qui semble hélas être le cas, tente d'appeler tes employeurs à la raison : sans pleurnicher, mais sans non plus te montrer trop procédurière, et dans le ton employé, et dans les références juridiques ou jurisprudentielles auxquelles tu pourrais faire référence. Et si tu sens (mais tu sens vraiment) que les carottes sont cuites, là emploie les grands moyens : lettre recommandée + accusé de réception + références juridiques et jurisprudentielles. Un truc, tout con, qui leur fera peur, et qui les poussera à vite te régler tes indemnités : tu peux abuser de la terminologie "Attendu que". C'est tout con, mais, forcément, ils penseront que tu as déjà pris conseil auprès d'un avocat.
Cela dit, je le répète : vois si ta situation ne pas redevenir normale. Car retrouver du boulot, ce n'est pas facile ! et pour personne !
cilou
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Message non lu par cilou » 25 nov. 2008, 19:07

Pour renchérir sur Archaud si, si, on ne passe pas notre temps à s'engueuler sur ce forum, parfois on est d'accord :wink: ) :
- ton canard est probablement petit, mais la société elle-même a peut-être plus de 50 salariés, auquel cas il y a des délégués du personnel, voire des délégués syndicaux dans ta boîte, prends contact avec eux, discute.
- essaie de discuter avec la personne qui te faisait les commandes. L'idéal est de visu, mais si tu ne t'en sens pas capable, tant pis, fais-le par mail, en pesant bien tes mots et ne l'envoyant pas sous le coup de la colère (mon conseil : écrire, relire, faire lire à quelqu'un, laisser passer une nuit, relire de nouveau, et enfin envoyer). Dans cette lettre, en effet, demande leur franchement s'ils ne veulent plus t'employer.
- tu as raison de ne pas craindre d'aller aux prud'hommes. Sache quand même que c'est long, car il est peu probable que ça puisse se régler aux référés. Enfin, vu les sommes en jeu (il me semble que les indemnités de licenciement d'un journaliste sont d'au moins un mois de salaire par année d'ancienneté, soit sept mois de salaire moyen pour toi), si tu vas aux prud'hommes, il sera judicieux de te faire assister d'un avocat.

Bon courage.
-
faust
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Message non lu par faust » 25 nov. 2008, 19:27

euh, désolée de mettre mon grain de sel dans le post de graindesel (ah ah ah) mais quid des contrats à durée déterminée d'usage qui, d'après ce qu'on m'avait dit sur ce forum et ailleurs, sont légaux ? quand un changement de rédacteur en chef coïncide avec l'arrêt des commandes, je suppose qu'on ne peut rien faire puisque ce type de contrat stipule bien qu'il n'engage en rien l'employeur (fréquence, volume, durée des piges, etc.). pourquoi ce type de contrat est-il donc légal ? (inutile de préciser que ces contrats sont le plus souvent édités par des agences de presse qui sous-traitent tout ou partie de la rédaction de magazines nationaux...cf précédent Relaxnews et l'Express...)
cilou
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Message non lu par cilou » 25 nov. 2008, 19:34

Là, c'est plus difficile. Théoriquement, on peut faire requalifier ces CDD en CDI, en montrant qu'ils ne correspondent pas aux cas où la loi autorise le recours aux CDD. Dans les faits, c'est plus difficile.
On te fait signer un CDD pour chaque pige ?
archaud
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Message non lu par archaud » 25 nov. 2008, 19:40

Je ne suis pas du tout certain que les contrats d'usage soient légaux, justement, dans l'univers du journalisme, quoique, hélas, souvent pratiqués. Les intermittents du spectacle ont des contrats à durée déterminée d'usage, pas les journalistes. Les contrats d'usage supposent qu'il s'agit d'un emploi temporaire, saisonnier.
Dans ma boîte, ils nous faisaient signer chaque mois un contrat d'usage à durée indéterminée ; leur avocat a eu la bonne idée de les dissuader de poursuivre cette mascarade.
Le but du contrat d'usage est, pour l'employeur, ne pas avoir à payer une prime de précarité, à la fin du contrat.

Bon, sinon, je suis content que, sur ce qui précède, maîtresse Cilou soit d'accord avec moi ; je vais enfin pouvoir passer une nuit qui ne sera pas peuplée de cauchemars :lol: :lol: .
faust
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Message non lu par faust » 25 nov. 2008, 20:40

mes infos étaient donc fausses alors... :cry:
enfin là, il y avait un seul contrat, jamais renouvelé, même pour de nouvelles commandes. bref. suis hors sujet, désolée.
cilou
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Message non lu par cilou » 25 nov. 2008, 21:17

Tu n'es pas hors sujet. Mais clairement, si ton employeur essaie de te faire croire qu'un seul contrat peut instituer des CDD d'usage, il se plante. Un CDD doit comporter
- une date de début
- une date de fin
- toutes les précisions nécessaires pour n'importe quel type de contrat de travail (lieu, nature du travail, montant du salaire, primes diverses...).
Si tu n'as pas ça pour chaque travail, il s'agit soit de piges, soit de CDI. Et des piges régulières équivalent à un CDI.

Un contrat qui n'engagerait en rien l'employeur... c'est leur rêve, mais pas encore une réalité (mais ça pourrait le devenir).
zoom
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Message non lu par zoom » 25 nov. 2008, 21:54

Un contrat qui n'engagerait en rien l'employeur... c'est leur rêve, mais pas encore une réalité (mais ça pourrait le devenir).
Ah bon, c'est pas le CNE çà ? Ou alors il n'existe d'éjà plus ce contrat que finalement personne ne voulait... :?
archaud
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Message non lu par archaud » 25 nov. 2008, 22:02

cilou a écrit :Un contrat qui n'engagerait en rien l'employeur... c'est leur rêve, mais pas encore une réalité (mais ça pourrait le devenir).
Arrête de diaboliser les patrons ! Ce sont souvent des gens qui ont investi leurs propres deniers dans leur journal, en s'endettant lourdement, en prenant de vrais risques, en hypothéquant leur maison, etc. ; ils ne passent pas non plus le plus clair de leur temps à savoir comment exploiter les pigistes ; ce sont souvent des gens comme il faut, sans rapport avec l'image caricaturale que certains syndicats de gauche veulent en donner.
cilou
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Message non lu par cilou » 25 nov. 2008, 22:06

Où vois-tu que je diabolise ? Je regarde juste leurs revendications récurrentes.
En effet, certains (rares) patrons de presse ont investi leurs propres deniers. C'est justement pour ça qu'ils veulent prendre le moins de risque avec leurs sous, ce qui passe par une précarisation accrue des journalistes.
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