Articles avec copié-collé et réécriture

Questions et débats à propos de la pige et des pigistes : tarif d'une pige, statut du pigiste, comment trouver des piges ? Comment vendre des piges ? Droits des pigistes, ...
isabelleB
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Message non lu par isabelleB » 15 déc. 2009, 16:04

Bonjour,

Je souhaiterais piger pour un magazine, mais j'ai remarqué que ses '"dossiers" étaient en fait une compilation de divers sites Internet et dossiers réécrits, voire copiés-collés. Je sors d'école et ça me fait tomber de haut! Ce n'est pas ce qu'on nous a appris à faire (encore heureux, d'ailleurs).

D'où ma question : est ce qu'utiliser ainsi des infos déjà existantes dans tout ou partie de l'article est courant? Si oui, savez vous combien c'est payé? Ce n'est plus du tout du journalisme, mais puisqu'il faut bien commencer par quelque chose...

Merci de vos réponses :o)
cilou
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Re: Articles avec copié-collé et réécriture

Message non lu par cilou » 15 déc. 2009, 17:03

Je comprends que tu tombes de haut ! Et malgré ça, tu veux bosser pour eux ? Tu ne veux pas plutôt essayer de proposer de vrais piges à des journaux sérieux ?
Pour répondre à ta question, je crains malheureusement qu'un journal ne fasse pas ce genre de "compil" par plaisir, mais par économie. Autrement dit, c'est un moyen de faire "pisser la copie" aux journalistes (en poste ou pigistes), afin de remplir le journal pour pas cher. Le montant de la pige est probablement faible.
Quant au "copier-coller", c'est tout bonnement interdit, à moins bien sûr qu'il ne s'agisse que d'une petite partie des articles, que ce soit mis entre citations, et que la source soit indiquée. Je serais toi, je ne mettrais pas mon nom sur un article qui contient du "copier-coller" : c'est toi qui peux être attaqué pour contrefaçon. Sans oublier que ton image de jeune journaliste en prendrait un coup.
isabelleB
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Message non lu par isabelleB » 15 déc. 2009, 17:39

et bien, comme on est prévenu qu'il faut passer par la case "comm" pour avoir un salaire décent, je me dis que je pourrais au moins écrire une partie de l'article sous une forme "journalistique". Je ferais bien apparaître les parties "pompées" pour ne pas être accusée de plagiat, en demandant l'autorisation. C'est horrible, j'ai l'impression d'être déjà désabusé...

C'est sûr que je cherche aussi à piger pour d'autres journaux. Mais le marché de la pige étant ce qu'il est, je veux commencer par envoyer des synopsis très bien ciblés pour des journaux où j'ai déjà un contact (au moins sur des salons). C'est assez limité mais je pense que ça a plus de chances d'aboutir.
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Message non lu par cilou » 15 déc. 2009, 18:28

isabelleB a écrit :et bien, comme on est prévenu qu'il faut passer par la case "comm" pour avoir un salaire décent, je me dis que je pourrais au moins écrire une partie de l'article sous une forme "journalistique".
On est nombreux à l'avoir fait, ce n'est pas déshonorant.
N'oublie pas de prendre un pseudo pour la com : certains journaux n'apprécient pas que le nom de leurs pigistes apparaisse aussi en com.
je veux commencer par envoyer des synopsis très bien ciblés pour des journaux où j'ai déjà un contact (au moins sur des salons). C'est assez limité mais je pense que ça a plus de chances d'aboutir.
Ce me paraît une bonne méthode.
societypages
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Message non lu par societypages » 16 déc. 2009, 08:44

De manière générale on peut dire que les journalistes n'écrivent pas, mais recopient. A ce sujet lisez le bouquin de Ruffin, que vous devez connaître, "Les petits soldats du journalisme". Sachez que votre état désabusé ne fera qu'empirer. On n'est pas grand-chose quand on est journaliste, au mieux un passe-plat d'autant plus apprécié par les politicards et les voyous capitalistes que l'on est docile, peu dérangeant, accomodant, et que l'on est prêt à servir tous les clichés du néo-libéralisme : il n'y a qu'un seul système possible, les riches ont toujours raison, il faut s'accomoder de la publicité omni-présente, etc. Peu à peu j'en suis venu à haïr la plupart de ces journalistes sans couilles. Heureusement qu'il y a Daniel Mermet, Serge Halimi, Michael Moore... Qui sont considérés comme des parias parce qu'ils font leur métier.
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Message non lu par cilou » 16 déc. 2009, 18:06

societypages a écrit :De manière générale on peut dire que les journalistes n'écrivent pas, mais recopient.
Parle pour toi !
Quant au bouquin de Ruffin, il est certes intéressant car il permet de s'interroger sur son métier et de ne pas tomber dans certains travers, mais de là à prendre tout pour argent comptant, il y a de la marge.
La profession de journaliste exige d'être critique, aussi bien sur les journaux que sur un bouquin comme celui de Ruffin.
Enfin, le journalisme d'investigation n'est pas le seul digne de ce nom.
Heureusement qu'il y a Daniel Mermet, Serge Halimi, Michael Moore... Qui sont considérés comme des parias parce qu'ils font leur métier.
J'aimerais bien savoir en quoi ils sont parias :roll:
societypages
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Message non lu par societypages » 16 déc. 2009, 21:56

De manière générale on peut dire que les journalistes n'écrivent pas, mais recopient.
Parle pour toi !

Ce sont les écrivains qui écrivent, voulais-je dire, et aussi les auteurs d'essai, car ils ne peuvent pas faire autrement qu'écrire. Pour eux l'écriture est un art. Alors que pour un journaliste l'écriture est un moyen. Un journaliste est un écrivant, comme un pharmacien ou un notaire. Les journalistes sont des écrivains ratés. Car on ne demande pas à un journaliste de bien écrire, mais d'écrire vite. Un journaliste qui écrit bien suscite des jalousies. S'il écrit aussi bien, pourquoi n'est-il pas romancier ?

Quant au bouquin de Ruffin, il est certes intéressant car il permet de s'interroger sur son métier et de ne pas tomber dans certains travers, mais de là à prendre tout pour argent comptant, il y a de la marge.

Ne pas tomber dans certains travers ? Le journaliste travaille aux ordres d'un directeur de publication. Il applique la forme et le contenu traditionnels, ou sera placardisé ou viré. Il n'y a pas de marge car quelques groupes de presse seulement décident de l'avenir de toute une profession. Leur seul critère d'appréciation est la rentabilité. Et je ne parle même pas des journaux gratuits qui eux travaillent avec des communiqués de presse émanant des grandes marques. En clair : le journalisme de spectacle a pris toute la place, au détriment du journalisme d'information. Quant à la presse alternative, elle ne peut se prévaloir que d'un tirage confidentiel, comme le journal "La décroissance".
Et si vous voulez être critique sur le métier de journaliste, alors lisez "Les nouveaux chiens de garde" de Serge Halimi ou bien "Sur la télévision" de Pierre Bourdieu.

Le journalisme d'investigation n'est pas le seul digne de ce nom ? Le journalisme d'enquête est la bouffée d'oxygène de la profession, car il demande au journaliste de déployer tous ses talents : collecter l'info, vérifier, trier, mettre en relation les éléments d'information, suivre une piste, construire un récit convergeant vers l'établissement d'une vérité. Cette dernière est souvent dérangeante. Ex. : les paradis fiscaux. Ce serait remettre en cause le train de vie luxueux d'une minorité de la population que de les supprimer. A ce sujet écoutez les explications de l'économiste Frederic Lordon sur le site <la-bas.org>. Voilà pourquoi les journalistes de talents que je cite sont considérés comme des parias, parce qu'ils osent remettre en cause l'ordre dominant. A ce sujet lisez l'édito. de Serge Halimi dans le numéro du "Monde diplomatique" daté octobre 2009 : Notre combat.
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Re: Articles avec copié-collé et réécriture

Message non lu par cilou » 17 déc. 2009, 09:05

societypages a écrit :Alors que pour un journaliste l'écriture est un moyen.
Oui. D'ailleurs, tous les journalistes ne sont pas des journalistes de l'écrit.
Les journalistes sont des écrivains ratés.
Non. Pas plus que les pharmaciens ne sont des médecins ratés, ou les notaires des avocats ratés, pour reprendre tes exemples. Journaliste et écrivain sont deux métiers très différents, qui se rejoignent parfois, lorsqu'un journaliste fait un bouquin pour rendre compte d'une longue enquête. Mais même là, le journaliste s'intitule plus souvent "journaliste qui écrit" que "écrivain.
Car on ne demande pas à un journaliste de bien écrire, mais d'écrire vite.
Non. Ce qu'on demande avant tout à un journaliste, c'est de trouver de bonnes informations. Un journaliste est là pour informer, pas pour divertir comme l'écrivain. Les deux sont nobles.
Un journaliste qui écrit bien suscite des jalousies. S'il écrit aussi bien, pourquoi n'est-il pas romancier ?
Ta vision des choses extrêmement négative à base de jalousies et de renoncements me laisse pantoise.
Ne pas tomber dans certains travers ? Le journaliste travaille aux ordres d'un directeur de publication.
Oui, et alors ? Toute personne qui n'est pas rentière travaille aux ordres de quelqu'un. Le journaliste aux ordres du directeur de publication. L'écrivain aux "ordres" des éditeurs et des lecteurs (plus exactement, s'il ne fait pas ce qui correspond à leur demande, il n'est pas publié ou vendu), les notaires aux "ordres" de leurs clients (même si ce ne sont pas tout à fait des ordres, le résultat est le même), les pharmaciens aussi,...
Leur seul critère d'appréciation est la rentabilité.
C'est un des critères, en effet, probablement le premier, et les effets sont néfastes. D'un autre côté, un journal durablement déficitaire ne peut pas être indépendant non plus.
En clair : le journalisme de spectacle a pris toute la place, au détriment du journalisme d'information.
De quand dates-tu la pédiode d'or du journalisme d'information ? En quoi était-ce différent d'aujourd'hui ? Ne crois-tu pas que celui qui veut s'informer en a largement les moyens ?
Quant à la presse alternative, elle ne peut se prévaloir que d'un tirage confidentiel, comme le journal "La décroissance".
Le Canard Enchaîné n'est aux ordres d'aucun groupe, et son tirage est d'environ 500 000 exemplaire, et il est très rentable. Comme "confidentiel", on fait mieux.
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Re: Articles avec copié-collé et réécriture

Message non lu par rrico » 17 déc. 2009, 10:29

Et je ne parle même pas des journaux gratuits qui eux travaillent avec des communiqués de presse émanant des grandes marques
Tu es sûr de toi? Tu as vraiment lu le contenu de tous les journaux gratuits? Ou tu as retenu celui qui te fait horreur (Direct pour ne pas le nommer)?

Est-ce que tu t'interroge aussi sur les journalistes qui travaillent dans des radios (gratuites, elles aussi). Qu'en penses tu? Lisent ils des communiqués de presse à longueur de journée? Est-ce que la "rigueur" prêtée au payant n'est pas un argument marketing?

Si on se pose en observateur critique de la presse, encore faut-il en avoir une connaissance aiguë... Sinon, comme toi, on fait de la généralisation en outrance, tu pars dans tous les sens... Bref renseigne toi avant de dire des âneries
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Re: Articles avec copié-collé et réécriture

Message non lu par societypages » 17 déc. 2009, 10:37

Tous ne sont effectivement pas des journalistes de l’écrit, mais tous utilisent l’écriture (rapide, et non littéraire) pour travailler : écriture radio, commentaires d’images, dépêches d’agence ou presse écrite. Impossible de pratiquer ce métier sans écrire.
Il y a une grande différence entre un pharmaco-épidémiologue et un médecin. Le premier connaît les médicaments et leur composition et peut travailler avec les labos. Un médecin connaît le corps humain et le fonctionnement de ses composantes (organes, tissus, cellules) mais ne peut être compétent dans la connaissance des médicaments. Il s’agit de deux professions divergentes quant à l’orientation des connaissances demandées. Alors qu’un journaliste peut être considéré comme un écrivain raté car il n’a approfondi ni le style, ni la matière.
C’est-à-dire : ni la forme, stéréotypée, mixture des genres rédactionnels enseignés en Ecole de journalisme. Ni le contenu, car il travaille comme un moineau passant de branche en branche, de manière superficielle, se contentant du factuel. Il n’y a pas d’analyse. Les sociologues, les économistes font ce travail. Un roman est une symphonie. Un journal est un puzzle, de plus complètement inféodé aux intérêts des capitalistes. Posséder un groupe de presse fait partie de la stratégie de communication des industriels. Les articles publiés importent peu. Seules comptent les pages de publicité et les idées (conservatrices, néo-libérales) destinées à asseoir la domination de la classe des possédants, liée aux politicards démagogues. Un écrivain n’a que faire de ces calculs sordides. Il travaille avec son âme, et non sous le coup de la carotte et du bâton. Il ne s’agit pas de divertissement. Un artiste doit produire à partir de son vécu, ou bien il dépérira. « Ce qui est en œuvre dans une œuvre d’art, c’est l’avènement de la vérité » (Heidegger).

Ils sont assez rares les journalistes qui parviennent à vivre de leurs écrits, comme une longue enquête. De Closets a pu le faire à une époque passée. Ce travail serait beaucoup plus difficile aujourd’hui, car encore une fois on a voulu appliquer au journalisme des critères de rentabilité imbéciles venus du management entrepreneurial, sans discernement, cela conduisant à ce processus de « people-orienting journalism » qui a achevé de saper la crédibilité des journalistes.
Ce qu'on demande avant tout à un journaliste, c'est de trouver de bonnes informations ?
« Le Canard enchaîné » peut faire ce travail, mais on lui reproche de payer ses informateurs. Tout le monde ment, et une interview n’est souvent qu’un assemblage de « propos mensongers recueillis ». Il ne s’agit pas de trouver de bonnes informations, mais de trouver des infos conformistes, pour vendre du contenu. A se sujet lisez les ouvrages de Bernard Stiegler sur la dénonciation de la télécratie et la destruction de l’ego par l’industrie culturelle.

Ta vision des choses extrêmement négative à base de jalousies et de renoncements me laisse pantoise ?
Il ne s’agit pas de renoncement, mais de la prise de conscience de deux réalités opposées. Une approche artistique, et une approche utilitaire, vénale, à la base du journalisme puisque ce dernier doit être rentable, inséré dans la cascade, le torrent publicitaire qui le finance.

L'écrivain aux "ordres" des éditeurs et des lecteurs ??
Peut-on dire que Frederic Beigbeder a écrit « 99 francs » sur ordre ? Ou bien que Houelbecq est obligé de ré-écrire les mêmes romans parce qu’il a créé un genre ? Non, ils se renouvelent, chose qu’un journaliste ne pourra jamais faire pour ces raisons de rentabilité immédiate et d’adaptation des contenus à l’idéologie néo-libérale.

Un journal durablement déficitaire ne peut pas être indépendant non plus ?

La bonne santé financière d’un journal renforce effectivement son indépendance. Pas d’argent, pas de journal, mais la recherche effrénée de budgets publicitaires sape la crédibilité, comme déjà évoqué. Les lecteurs ne sont pas dupes. Voilà pourquoi il faut limiter les aides de l’état aux seuls journaux d’information, et la suspendre pour les journaux et magazines de divertissement. Et légiférer pour taxer les journaux gratuits, ces torchons téléguidés par les grandes marques.

De quand dates-tu la pédiode d'or du journalisme d'information ? En quoi était-ce différent d'aujourd'hui ? Ne crois-tu pas que celui qui veut s'informer en a largement les moyens ?

« Le Monde » dirigé par André Fontaine, « Libération » dans les années ’80 faisaient un bon travail. De même les journaux de la fin du 19ème et début 20ème étaient de bonne qualité car les journalistes étaient plus proches de la classe moyenne et de la classe populaire que de la classe des possédants. Quant au « Canard enchaîné », il ne s’agit pas d’un support entrant dans la catégorie de la presse alternative. Ce journal est établi depuis longtemps. Par presse alternative on entend un support anti-libéral, anti-productiviste, anti-consumériste, ne présentant pas une mise en page ressemblant à un écran de télévision, n’utilisant pas les commentateurs habituels. « Le Canard » est une exception.
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Message non lu par cilou » 17 déc. 2009, 13:35

societypages a écrit :Il s’agit de deux professions divergentes quant à l’orientation des connaissances demandées. Alors qu’un journaliste peut être considéré comme un écrivain raté car il n’a approfondi ni le style, ni la matière.
Non, là aussi, ce sont deux professions totalement différentes.
Le journaliste informe, ce n'est pas le rôle de l'écrivain.
Je rapprocherais plus le métier du journaliste de celui de scientifique, ou de policier, que de celui d'écrivain. Le scientifique tente de comprendre le monde qui l'entoure (de même que le journaliste tente de le rentre intelligible au lecteur). Scientifique, policier et journaliste enquêtent, tentent d'étayer leurs hypothèses par des faits, recoupent les informations,... l'écrivain ne fait rien de tout ça (sauf s'il fait un livre-enquête, auquel cas son rôle se rapproche de celui du journaliste. Donc je parle ici de l'écrivain-romancier).
il travaille comme un moineau passant de branche en branche, de manière superficielle, se contentant du factuel.
Là encore, parle pour toi. Le but d'un journaliste est de relater les faits et de les remettre dans leur contexte, les analyser, voir leurs implications. Certains le font, d'autres pas.
Un écrivain n’a que faire de ces calculs sordides. Il travaille avec son âme, et non sous le coup de la carotte et du bâton.
Ah bon ? L'écrivain ne doit pas bouffer, lui aussi ? Il ne doit donc pas essayer de faire un livre qui plaît aux lecteurs ? La "dictature" du lectorat est-elle vraiment plus douce que celle du directeur de publication ?
Ils sont assez rares les journalistes qui parviennent à vivre de leurs écrits, comme une longue enquête. De Closets a pu le faire à une époque passée.
Pour le coup, il a écrit quantité de conneries.
cela conduisant à ce processus de « people-orienting journalism » qui a achevé de saper la crédibilité des journalistes.
cela n'a rien à envier au "people-orienting writer".
« Le Canard enchaîné » peut faire ce travail, mais on lui reproche de payer ses informateurs.
On s'en fout de ce que certains lui reprochent. Ils font du bon journalisme, ils ont plein de lecteurs, le reste importe peu.
Tout le monde ment, et une interview n’est souvent qu’un assemblage de « propos mensongers recueillis ». Il ne s’agit pas de trouver de bonnes informations, mais de trouver des infos conformistes, pour vendre du contenu.
Faux. Il y a de bonnes interviews
A se sujet lisez les ouvrages de Bernard Stiegler sur la dénonciation de la télécratie et la destruction de l’ego par l’industrie culturelle.
J'ai interviewé une fois Stiegler, ça m'a enlevé toute envie de lire ce qu'il écrit depuis. Il était arrogant et voulait contrôler de A à Z le contenu de l'interview.
Il ne s’agit pas de renoncement, mais de la prise de conscience de deux réalités opposées. Une approche artistique, et une approche utilitaire, vénale, à la base du journalisme puisque ce dernier doit être rentable, inséré dans la cascade, le torrent publicitaire qui le finance.
Oui, l'approche littéraire est artistique, l'approche journalistique est utilitaire, puisque son but est d'informer. Mais je récuse le terme vénal. La presse doit vivre, tout comme l'édition doit vivre. Mais c'est marrant, tu n'accuses pas l'édition d'être vénale. Alors qu'elle sort elle aussi des livres pourris, et refuse probablement de publier certaines perles, car elles ne seraient pas rentables.
Peut-on dire que Frederic Beigbeder a écrit « 99 francs » sur ordre ? Ou bien que Houelbecq est obligé de ré-écrire les mêmes romans parce qu’il a créé un genre ?
Pour moi, c'est typique de l'édition "putassière", oui. Le but est de vendre, et le scandale est un des moyens les plus efficaces pour ça. Ca n'empêche pas les écrivains auteurs des scandales d'avoir du talent.
La bonne santé financière d’un journal renforce effectivement son indépendance. Pas d’argent, pas de journal, mais la recherche effrénée de budgets publicitaires sape la crédibilité, comme déjà évoqué.
Je suis d'accord.
« Le Monde » dirigé par André Fontaine, « Libération » dans les années ’80 faisaient un bon travail. De même les journaux de la fin du 19ème et début 20ème étaient de bonne qualité car les journalistes étaient plus proches de la classe moyenne et de la classe populaire que de la classe des possédants.
Ne t'inquiète pas, vu la précarisation de la profession, la plupart des journalistes vont redevenir proches de la classe moyenne (voire basse) :roll:
Ces journaux étaient parfois bons, parfois mauvais. Comme aujourd'hui. On peut à la rigueur discuter sur la proportion de "bon" et de "mauvais" aux différentes époques.
Quant au « Canard enchaîné », il ne s’agit pas d’un support entrant dans la catégorie de la presse alternative. Ce journal est établi depuis longtemps.
J'ai dit alternatif car non porté par un grand groupe. Les journalistes possèdent encore une large majorité. Je ne vois pas pourquoi un journal alternatif devrait forcément être pauvre, distribué par des bénévoles et mal mis en page.
Par presse alternative on entend un support anti-libéral, anti-productiviste, anti-consumériste, ne présentant pas une mise en page ressemblant à un écran de télévision, n’utilisant pas les commentateurs habituels.
Alternative = qui pense comme toi ?
Pour toi, un journal de qualité est forcément anti-libéral, anti-productiviste et anti-consumériste ? Evidemment, ça réduit le nombre de candidats.
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Re: Articles avec copié-collé et réécriture

Message non lu par koolashaker » 17 déc. 2009, 16:17

Cilou & Co...Chapeau bas...moi ça me gave d'argumenter et de dépenser de l'nrj à me justifier auprès de gens qui n'ont jamais écrit un papier de leur vie..et qui ont des stéréotypes...
koolashaker
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Re: Articles avec copié-collé et réécriture

Message non lu par koolashaker » 17 déc. 2009, 16:21

Qui se cache derrière le pseudo "societypages"....?

Ce serait drôle de savoir...c'est un peu comme les auditeurs qui appellent radio trucmuche pour vomir sur tel ou tel sujet..et qui n'ont aucune expérience...

Des gens qui ont un avis sur tout..."qui ont emmené leur grand père à l'école"...comme on dit...
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Re: Articles avec copié-collé et réécriture

Message non lu par koolashaker » 17 déc. 2009, 16:23

C'est vraiment de la "masturbation intellectuelle"..
lennoes
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Re: Articles avec copié-collé et réécriture

Message non lu par lennoes » 17 déc. 2009, 16:40

En tout cas, avec tous les bouquins qu'il nous a conseillés, on en a de la lecture! Heureusement, il y a les vacances (pour ceux qui en prennent).
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