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Ras-le-bol d’une correspondante

Publié : 19 juin 2005, 12:15
par piafette
Je viens d'envoyer ce qui suit aux rédactions (départementale et régionale) de Paris-Normandie dont je suis correspondante depuis bientôt 3 ans.
(Quelqu'un m'a dit une fois qu'après 2 ans d'activité de correspondant, ils ne pouvaient pas mettre à la lourde comme ça, si l'un de vous avait des précisions sur cette jurisprudence... Merci!)


"RAS-LE-BOL D’UNE CORRESPONDANTE


Dans le temps, Paris-Normandie couvrait la Normandie, avec ce qu’elle comporte de gens et d’événements exceptionnels dans ses moindres villages reculés, ses moindres cantons de bout de département, dont les citadins de Rouen voire d’Évreux ignoraient non seulement l’existence, mais allaient encore moins en vérifier la situation géographique et l’orthographe sur un quelconque atlas.

Nonobstant, l’affaire ne tournait pas trop mal. Les correspondants faisaient le point avec le responsable de la rédaction dont ils dépendaient, on se mettait d’accord pour la couverture desdits événements, type de papier nombre de signes et j’en passe.

Dans ce bon temps-là, l’on se souvient encore que Paris-Normandie avait des lecteurs.
Hé oui, aussi étonnant que la chose pusse paraître, le lecteur de base était là, dans nos campagnes, friand de savoir ce que faisaient la mairie de son village, les associations, les pompiers, avide à découper religieusement la photo de son neveu qui avait gagné une coupe au foot.

Ha oui, un truc qu’il adorait, notre lecteur, anonyme ou pas : les faits div. Première page qu’il lisait ! J’entends, les faits div de son canton. Le chien écrasé, voire la postière molestée à 200 km de là, notre lecteur s’en tamponne joyeusement le coquillard. Ce qui l’intéresse, c’est si ça a volé, si ça a saigné, dans un périmètre restreint autour de ton domicile, ma foi, on ne se refait pas, et puis mieux vaut être sur ses gardes, non ?


Hélas !!!!!!!! Le bon temps est fini où la PQR ressemblait peu ou prou à de la PQR.
Maintenant on joue les magazines nationaux, on fait de grands dossiers. Paris-Express-Normandie.
Et notre lecteur moyen ? Il rigole. Il ricane même. Il commence à jaser.
Par contre il rit jaune quand il voit que ses pages préférées (événements locaux, faits div locaux, j’arrête on tombe dans la redite) sont remplacées par des pages de pubs. Là où d’ordinaire il trouvait deux pages sur son canton (dans le coin c’est le plus grand canton de l’Eure, hé, c’est pas rien ma tite dame !), que tchi on veut lui vendre de l’inutile.

Bon, mettez-vous à sa place, à notre lecteur moyen.
D’un côté, son journal quotidien ne lui apporte plus le contenu qu’il en attendait fort légitimement.
D’un autre côté, question contenant utile, il laisse maintenant parler son âme écologiste et met ses épluchures de légumes directement au compost.
En parallèle, il observe que les hebdos locaux offrent juste la quantité de papier qui lui est maintenant nécessaire à envelopper le service Limoges de mémé et à faire reluire les cuivres, et que, de surcroît, il y trouve les informations qu’il cherchait vainement depuis des mois dans son quotidien !!!!!!

Belle aubaine non ?



Je vous ai parlé du lecteur de base.

Parlons de l’interlocuteur de base de ce lecteur de base : le correspondant.
Je sais, une vaste campagne nationale d’hypocrisie tente à occulter le rôle voire nier l’existence de ces derniers. N’empêche.
On existe.
On le croise le lecteur.
Il n’est pas content le lecteur.
On croise aussi les décideurs, ceux qui font l’événement.
Ils ne sont pas contents les décideurs.

Qu’ils se rassurent, nous non plus.
Et on le leur dit.

On ne va tout de même pas griller sa crédibilité personnelle auprès de ces gens qui sont le carburant d’un quotidien régional sous prétexte que le SR de Rouen a mélangé fête de la peinture et kermesse de l’école. On a sa fierté, quoi !

Parce que, avant donc, dans le bon temps, on mettait précisément au point les événements à couvrir, nombre de signes, etc.
Malgré notre fameux statut de travailleur indépendant non salarié, le responsable d’Évreux de l’époque nous appelait, quitte à rappeler plusieurs fois en cas de non-réponse, le vendredi, faisant le point, le tout dans une entente cordiale des plus constructive (non, il n’y a pas de faute d’orthographe, l’expression « des plus », quand elle a la valeur de « très », est employée comme un adverbe, et n’appelle donc aucun accord sur l’adjectif –Robert, dictionnaire d’orthographe et d’expression écrite, page 530). De plus, ce responsable, sachant la pagination dont il aurait besoin, négociait ces pages avec Rouen.
Le bon temps, quoi…

Maintenant, nous sommes lâchés dans la nature, à vot’ bon sens, msieudames !
Ouf ! Du bon sens on en a.
On sait très bien ce qu’il faut couvrir, la manière de le couvrir, le nombre de signe que cela mérite. On sait même encore se lever tôt le matin pour envoyer un papier avant le bouclage, histoire qu’il paraisse rapidement, ce qui est la moindre des choses pour un quotidien.

Zut.
Ça ne marche plus.
Les papiers, quand ils passent, sortent après ceux des hebdos !!!!!!!! Paris-Normandie devient de plus en plus ridicule mes cocos.
Je vois un truc le dimanche, j’envoie le papier le lundi matin, il peut paraître le mardi. Raté ! Il va sortir le vendredi voire le samedi, quand ce n’est pas le lundi de la semaine suivante.
Pendant ce temps, le correspondant de la presse hebdo, pour le même événement, son papier sort le mercredi pour l’un, le jeudi pour l’autre.
Mais tout ça ne semble pas émouvoir outre mesure en haut lieu…

Haaaa je vous entends !
Le relevé mensuel dit d’honoraires que nous remplissons et signons tous les mois, comporte au-dessus de la signature : « L’activité de correspondant local de presse est assimilée à celle de travailleur indépendant non salarié. (…) À ce titre, il n’existe aucun lien de subordination entre le CLP et le journal dont il n’est pas salarié. »

Comme je sais lire, je comprends que Paris-Normandie n’est pas obligé de faire passer mes papiers. Comme elle a décidé, à l’instar de toutes les PQR, que ce statut de correspondant, à la limite de la légalité, permet de ne payer que les papiers qui sont édités, à l’opposé du statut des pigistes tel que défini dans la Convention nationale des journalistes.

(Même les journalistes dits vrais, ceusses qui ont la carte barrée bleu-blanc-rouge, chez PN on en vire un paquet, les autres on les paie à travailler sur des papiers qui ne passent même pas, et alors ? La profession journalistique étant sinistrée à 50 %, autant pousser le bouchon à 75, les derniers chanceux touchant une feuille de paie, on les tiendra encore mieux par les c… acahuètes !)

Comme je sais lire, aucun lien de subordination donc, je comprends aussi que rien ne m’oblige à courir faire des reportages de droite à gauche à mes propres frais, d’envoyer à Rouen à mes propres frais (via un numéro d’appel en 08, passant par un modem 56 K, ce qui fait fulminer quand on a l’ADSL d’un autre côté…), des papiers qui périront dans une corbeille informatique…

À propos, je me pose une question, tant qu’on y est : quand j’ai recours aux bons soins d’un médecin, d’un avocat ou d’un architecte, la note d’honoraires qu’il m’envoie, je la règle rubis sur l’ongle, sans discussion.
Moi, considérée comme travailleur indépendant non salarié, j’envoie ma feuille d’honoraires, lesquels me sont versés avec en moyenne une différence de 10 €, à mon détriment bien sûr… Si quelqu’un pouvait m’expliciter cette décision unilatérale…


Je viens de renvoyer, à Rouen comme à Évreux, trois papiers non passés sur des événements s’étant déroulés le week end dernier. Ha oui, détail important : des fois en juin il se passe pas mal de choses les week ends ; dans le « bon temps » décrit plus haut, on poussait le zèle journalistique (j’entends par ce terme, qui a pour mission de diffuser l’information) à ajouter une ou deux pages par canton.

En ce qui concerne ce week end, j’ai sous le coude, reportages déjà effectués à mes propres frais :
Croth : assemblée générale du comité départemental du tennis de table de l’Eure ;
Ivry-la-Bataille : nomination des nouveaux adjoints au maire ;
Ivry-la-Bataille : assemblée générale de la section foot :
Ézy-sur-Eure : assemblée générale de la section foot :
Ézy-sur-Eure : assemblée générale de l’association de gestion de la Manufacture-Musée du Peigne et de la parure.
Prévenez-moi si cela vous intéresse, je taperai alors les papiers.


Les brèves d’annonce des événements à venir, il est manifeste qu’elles vous laissent de marbre, si j’ose m’exprimer ainsi. J’en ai plein aussi.

Cet après-midi va être riche en événements, de ces types d’événements que les lecteurs ont plaisir à retrouver dans un quotidien régional digne de ce nom : Ivry-la-Bataille : le club des arts organise une exposition de peinture, une audition de piano et un gala de danse de ses élèves ; Bois-le-Roy : représentation théâtrale de CirKapuce ; Ézy-sur-Eure : représentation théâtrale d’Ézy ALE.

Je fais quoi ? J’y vais histoire de suer un bon moment aux frais de la princesse ou je profite enfin de ma nouvelle piscine ????

Pourquoi je vous écris tout ça ?
Je ne sais même pas si j’aurai une réponse.
Le mot Dialogue est-il encore dans vos dictionnaires ?

Mail envoyé à Rouen et à Évreux le dimanche 19 juin 2005-06-19

Catherine Rousseau
Correspondante"

Publié : 19 juin 2005, 14:12
par kraa
Je ne pense pas que ce dont tu parles là reflète forcément la tendance générale... Le dialogue correspondants/chef d'agence, c'est plutôt une affaire de personne, non..?

Dans la rédaction où je suis correspondant, les choses sont nettement plus sereines. Un article commandé est un article payé, fût-il à réécrire totalement. Les notes de frais ne sont discutées que lorsque l'on appelle au Chili ou que l'on parcourt 300 km pour un papier en campagne. Bref, on est bien traité.

En revanche, c'est vrai que l'on observe souvent de gros délais entre les évènements qui ont lieu en zone péri-urbaine et la diffusion des papiers: plus l'évènement est anodin, plus on s'en sert pour ajuster les volumes au quotidien. S'il y a un incendie chaque jour en centre ville, c'est clair que ce sont les pages campagne qui sont reportées.

Après, je pense en tant que petit jeune que, de toutes façon, la PQR est obligée d'évoluer pour survivre. Etre trop nostalgique, c'est peut-être laisser mourir la PQR, tout court.

Je n'imagine pas des gens comme moi (22ans, citadin) acheter le canard juste pour lire des nouvelles de la fête au saucisson du patelin voisin: il faut continuer à le faire, parce que l'on est des relais sociaux entre tous les membres du tissu local, et tu l'as très bien dit, mais il faut vraiment apporter autre chose.

Là où je suis, on ne touche pas aux faits divs, mais on met le paquet sur la ville (la campagne est le domaine exclusif des CLP, et les délais sont souvent de plusieurs jours), on fait un peu d'investigation (mais de la vraie), on a remis au goût du jour les éditos locaux avec une petite touche d'insolence... Et ça marche plutôt.

Quand tu dis "tout fout le camp", est-ce que ça veut dire que tu voudrais que la PQR reste celle qu'elle était à tes débuts..? Ca me semble difficile.

Publié : 20 juin 2005, 14:08
par clemencehoud
Salut Catherine,

Je viens de quitter l'Eure où j'ai bossé pendant près de 3 mois en CDD pour un hebdo concurrent de PN (mais appartenant ou même groupe. Si avec ça tu ne vois pas que quel canard il s'agit... ;) ) Et c'est vrai que PN ne nous faisais pas très peur comme concurrent. Ca a beau être un quotidien, les papiers sortent longtemps après les hebdos, qui eux, se font fort de couvrir TOUTE l'actu de la semaine passée, et de ne surtout pas prendre une semaine de retard sur l'info. Le mot d'ordre du rédac chef était : la locale, la locale, et la locale... C'est ce que demande le lecteur, car les sujets de société, il les a déjà au 20 h. Ce n'est peut être pas vrai dans les toutes les régions mais en Normandie, terre d'élection de la PHR (plus de 30 titres sur la région! pas tous de bonne qualité, d'ailleurs. Mais les quelques journaux locaux dont les ventes progressent en France sont des titres de PHR), en Normandie, disais-je, les lecteurs veulent des comptes-rendus de la foire à l'andouille, histoire de voir s'ils y sont en photo...
Ceci dit, c'est une question de région. Je travaille maintenant dans le Centre, toujours dans un hebdo. Mais on y fuit les comptes-rendus, qu'on laisse aux deux quotidiens locaux. Nous, on se spécialise dans les annonces d'événements, les portraits, les dossiers de fond. Et ça doit marcher, puisque les ventes progressent alors que celles des quotidiens s'écroulent.

Publié : 20 juin 2005, 14:16
par piafette
Alors, kraa, que je te remette bien le tout dans son contexte, effectivement.

Je ne prétends pas, à aucun moment, « refléter la tendance générale ».
Cette lettre, je viens de la mailer à la rédaction.
Quand je parle de « dans le temps », on remonte à pas plus tard que 8 mois, et à Rouen ils devraient comprendre.
Je ne joue pas les anciens combattants.
Ils ont changé leur politique, ils ont viré le quart des journalistes mensualisés. Leur manière de remplir les pages procède du principe que plus le papier est gros, moins y aura à faire de dentelle. Les brèves et photos légendées les emmerdent. Avec ça, on va droit à la désinformation. Le SR est SR comme je suis évêque, il doit avoir un Cv à la hauteur de sa paie, ceci explique certainement cela.

Alors, « dans le temps » (8 mois donc), y avait un chef d’agence, un vrai, un pro, qualités journalistiques, qualité humaines, çui qu’on rêve, quoi…
Maintenant, on a une brêle, un mec nul professionnellement, un frimeur sans parole, malpoli de surcroît.
Et ce type ne fait pas son boulot de recentrage d’infos. On part à l’aventure faire des papiers, on ne sait même pas la place allouée, encore moins si ça passera.
Tu l’appelles, au bout de 2 mn (quand ça commence à le déranger) on l’appelle justement sur l’autre ligne. Tu passes à la rédaction, il te voit, il dit pas bonjour, il se sauve à l’étage.
Jusqu’ici, les délais étaient courts pour la publication des papiers (on avait même en son temps reçu un courrier de rappel du grand boss de Rouen, parti sous d’autres cieux lui aussi, nous demandant d’envoyer rapidement nos papiers). Justement en tenant compte de ce lectorat de base que tu sembles totalement ignorer.
Je ne suis PAS nostalgique, je te répète que je ne suis pas un ancien combattant. Seulement moi je regarde le monde et je vois que c’est monnaie courante de déterminer les « cibles » en se basant sur des critères qui sont à côté de la plaque.

« Je n'imagine pas des gens comme moi (22ans, citadin) acheter le canard juste pour lire des nouvelles de la fête au saucisson du patelin voisin », dis-tu.
Ben toi aussi, t’es à côté de la plaque.
T’as 22 balais, je te souhaite belle et longue vie.
Mais là t’es ringard.
Non seulement tu imagines mal, mais de plus tu as un métro de retard quant à la réalité sur le terrain.
Et là, on va en effet parler de tendance générale. Mais de la vraie. Toi, citadin de 22 ans, tu ne la reflètes pas du tout.

Car la fête au saucisson du patelin voisin, pour parler d’elle, il y a un tas de gens qui n’ont que la PQR pour en être informés. Ils n’ont pas la surabondance d’affichages et autres moyens de communication des villes ; nonobstant, pour leurs loisirs, ils prennent obligatoirement la voiture ; donc ils veulent savoir le prix d’entrée de la fête du saucisson, que ça te plaise ou non.

De plus, et c’est là que tu es vraiment en retard, la tendance générale est au dynamisme des campagnes.
Alors que les villes s’essoufflent, offrent certes cinémas et salles de spectacle, et restaurants… mais des centres-villes de plus en plus désertés et des habitants non concernés par la vie sociale de leur lieu de résidence, les villages, eux, bougent à un point que tu n’auras pas de mal à vérifier. Il suffit de se renseigner aux auprès des conseils généraux et des préfectures.
Aujourd’hui, la vie associative est plus florissante par habitant dans les villages que dans les villes. Les moyens mis en œuvre (bibliothèques, écoles, maisons des associations, installations sportives et j’en passe) sont, toujours comparés aux grandes villes et en proportion du nombre d’habitants, énormes.

Et ne va pas croire qu’y soit offerte de la sous culture. À 7 km d’ici, il y a une association de danse qui a eu une médaille d’or à un concours européen. Nous avons à 10 km (toujours donc dans des bourgs de 1000 à 3000 habitants) la championne du monde du ju-ji-tsu. Et des groupes de musique et des troupes de théâtre pas moins honorables que ceux qui se produisent sur de « grandes » scènes. Pour ne parler que d’eux.
Et –hélas- la délinquance s’installe aussi dans les villages. Ils sont en fait bien plus tranquilles à dealer au fond d’une impasse forestière qu’au coin d’un quartier de banlieue hyper policé, ce qui permet aux niais des villes et des ministères de déclarer que la délinquance est en baisse, oubliant de lire la ligne suivante : « … dans les villes ».
J’en veux pour preuve hier, où un brave tournoi de foot dans un village a pris des allures de guérilla car les jeunes des banlieues des villes de Dreux et d’Évreux en ont profité pour venir y régler leurs comptes sanglants. Ils sont pas cons, les flics arrivent beaucoup moins vite, y avait bien une gendarmerie dans le patelin, mais ils n’étaient pas de garde, ceux qui sont venus étaient à 20 km…
Encore une résultante de cette politique du « tout ville », qui a 20 ans de retard… presque ton âge…

Je te cite à nouveau : « Quand tu dis "tout fout le camp", est-ce que ça veut dire que tu voudrais que la PQR reste celle qu'elle était à tes débuts..? Ca me semble difficile. »
Tu as dû vachement interpréter là ! C’est pas bien pour un journaliste…
Non seulement je ne l’ai pas écrit, mais je n’ai en aucun cas voulu le signifier.

Ta réponse, en fait, confirme mes soupçons les plus pessimistes : la PQR qui se veut « d’aujourd’hui » réagit avec (allez, soyons magnanimes) 15 ans de retard.
La mouvance actuelle est à un monde rural vivant au sang neuf.
Si la PQR ne suit pas, là, elle va en crever.

Autre commentaire : ta manière de snober quelqu’un que tu crois « ancienne » (sur quels critères d’ailleurs ? tu connais mon âge ? ce que j’ai fait dans la vie ?) augure très mal (mais ça je le devinais bien, allez…) la façon d’appréhender les choses des décideurs de demain.

Je conclurai en te citant deux collègues correspondantes de ma région, en réaction à ce mail ; la première est dans un hebdo: « DAnle genre je me lache, alor là, trè fort !
Avec tout ce qui va avec et la vérité bien en face. Bien rédigé, bien pensé je le garde celui là un mail comme ça y zon pa du en recevoir bq... «

La seconde est aussi à Paris-Normandie : « Grandiose !
C’est littéralement grandiose ton coup de gueule, Cath !
No comment ! Total respect !
As-tu reçu une réponse ? Dis moi que oui... »

Autre mail de la même (elle avait dû relire) : « Je confirme et signe, c'est
GRANDIOSE ! »



Je te précise que les âges de ces dames et le mien sont totalement différents (non, nous ne formons pas le club de tricoteuses de l’Eure).

Clemencehoud, merci de corroborer mes dires. Et dis-toi que PN maintenant est encore moins dangereux pour les hebdos qu'il y a 6 mois...

Publié : 20 juin 2005, 14:47
par clemencehoud
Faut dire qu'en plus, pour un quotidien, ça craint de ne pas sortir tous les jours à cause de problème de rotatives qui mouillent... :wink:
Allez, bon courage!
Clémence.

Publié : 20 juin 2005, 16:59
par kraa
Je ne voulais pas être agressif, ni faire semblant de tout savoir, avec ma minuscule expérience. Désolé, donc, si c'est l'impression que ça donne.
Alors, « dans le temps » (8 mois donc), y avait un chef d’agence, un vrai, un pro, qualités journalistiques, qualité humaines, çui qu’on rêve, quoi…
Maintenant, on a une brêle, un mec nul professionnellement, un frimeur sans parole, malpoli de surcroît.
Hors contexte, je pensais que tu parlais d'une dérive de la ligne éditoriale. Apparemment, ça ne tient qu'à un homme... donc tout ce que j'ai dit, ben c'était hors sujet :oops: ha ha ha je retire tout -à ma décharge, je ne pouvais pas savoir.
Mais là t’es ringard.
Non seulement tu imagines mal, mais de plus tu as un métro de retard quant à la réalité sur le terrain.
Et là, on va en effet parler de tendance générale. Mais de la vraie. Toi, citadin de 22 ans, tu ne la reflètes pas du tout.

Car la fête au saucisson du patelin voisin, pour parler d’elle, il y a un tas de gens qui n’ont que la PQR pour en être informés. Ils n’ont pas la surabondance d’affichages et autres moyens de communication des villes ; nonobstant, pour leurs loisirs, ils prennent obligatoirement la voiture ; donc ils veulent savoir le prix d’entrée de la fête du saucisson, que ça te plaise ou non.
Je suis bien d'accord avec toi, je ne suis pas un citadin méprisant comme tu le sous-entends... Je suis moi-même correspondant local, j'aime et je respecte les foires à l'andouille, pour les gens qu'on y rencontre, etc... j'ai dit dans mon post " il faut continuer à le faire, parce que l'on est des relais entre tous les membres du tissu local, et tu l'as très bien dit ". Je n'ai jamais dit que ça n'était pas important, mais que ça ne suffisait plus, à mon sens. Après, on est d'accord ou non, mais ne te fâche pas je ne dénigre pas ton travail... puisque c'est le mien aussi.
Et ne va pas croire qu’y soit offerte de la sous culture.
Je n'ai jamais dit ça... J'ai beau être citadin, je ne suis pas parisien :lol: D'ailleurs, je le répète, comme je couvre moi-même de la campagne, de la vraie, je sais quand même un peu ce qu'il s'y passe, et loin de moi l'idée d'en dénigrer la vue culturelle.
Je te cite à nouveau : « Quand tu dis "tout fout le camp", est-ce que ça veut dire que tu voudrais que la PQR reste celle qu'elle était à tes débuts..? Ca me semble difficile. »
Tu as dû vachement interpréter là ! C’est pas bien pour un journaliste…
Non seulement je ne l’ai pas écrit, mais je n’ai en aucun cas voulu le signifier.
Ben j'ai vu que tu ne l'avais pas écrit, et j'ai cru que c'était ce que tu voulais dire. Il est évident que ca n'est pas le cas, maintenant que tu as fait ta mise au point, mais, ne connaissant pas le contexte, j'ai pensé que tu parlais d'une dérive sur le long terme. Il est vrai que j'aurais pu être plus subtil.

Autre commentaire : ta manière de snober quelqu’un que tu crois « ancienne » (sur quels critères d’ailleurs ? tu connais mon âge ? ce que j’ai fait dans la vie ?) augure très mal (mais ça je le devinais bien, allez…) la façon d’appréhender les choses des décideurs de demain.
Je ne voulais pas te snober, et je ne connaissais pas le contexte. Au contraire j'ai du respect parce que tu dois faire ce que je fais mieux que moi, avec plus d'expérience et manifestement plus de recul, et que ta lettre est très courageuse.

Cela dit ta réponse est inutilement méchante, je ne voulais pas faire le donneur de leçon mais juste parler de ma (modeste) expérience. C'est à ça que sert le forum.

Bonjour Catherine

Publié : 20 juin 2005, 17:49
par Davka
Il se trouve que j'ai bossé cinq ans à Paris-Normandie, qu'après y avoir été correspondant, je suis devenu stagiaire, puis journaliste puis de nouveau correspondant. Je te comprends tout à fait. A vrai dire, je suis parti de la même manière que toi. j'ai envoyé un fax en expliquant deux ou trois trucs sur notre statut, c'était il y a deux ans et j'attend encore la réponse de notre cher Rédac en chef, qui depuis, tout le monde le sait, est parti vers des horizons plus ensoleillé.s La seule réponse que j'ai eu est venu de quelqu'un d'en dessous, qui le pauvre, a du s'en prendre pleins la g** à cause de mes histoires (d'ailleurs, il paraît qu'il s'est fait viré depuis, même si ça n'a pas de rapport). cette réponse était téléphonique et je t'avoue que j'ai regretté et regrette encore ce dernier "papier". La personne en question m'a même dit au téléphone: mais tu es fou, t'es grillé partout maintenant.
Aujourd'hui, je me dis que j'ai bien fait, le journal s'est bien cassé la tête depuis. Il y a eu une autre direction, un autre rédacteur en chef et pas mal de mouvement, pas mal d'échec aussi. Je regrette juste de ne pas avoir gardé contact avec certains journalistes de là-bas, même s'il m'arrive quelque fois d'en avoir.
Voilà, j'ai pas vu le contenu de tous les post ici mais je peux te donner un conseil: refais ta vie loin de la PQR même si c'est dur. Et plus particulièrement loin de notre cher PN.
Il est loin le temps où l'on se faisait repérer en tant que correspondant et où l'on devenait journaliste à force de bosser bien.
Maintenant, je crois que sur le marché du travail, pas mal de recruteurs se plantent en demandant des types qui sortent des "écoles", il n'y a pas de meilleure école que la PQR, pas de meilleure école parmi celle-ci que Paris-Normandie.
Dans tout ce chaos, quand tu arrives à bosser, c'est forcément que tu es bon.
A plus.

Publié : 20 juin 2005, 18:28
par piafette
Non, je n’ai pas voulu être méchante.
Juste te démontrer qu’il faut se méfier de ce que l’on sous-entend.
Et c’est le mal d’aujourd’hui : voir l’arbre et croire qu’il détermine les espèces de la forêt.
Soit on entend, soit, si on voit qu’on n’a pas toutes les donnes, on n’hésite pas à poser des questions à 10 balles.
Et ça, c’est le courage de base journalistique.
Partir du postulat, je dirais de la réalité, qu’on ne sait pas, donc on doit poser des questions. Ça m’est arrivé de me prendre la tête avec des gens qui croyaient que si j’étais journaliste, donc j’avais les réponses.
Même qu’une fois, on m’a demandé : « C’est parce que vous êtes journaliste que vous êtes une emmerdeuse ? », et j’ai répondu : « Non, c’est parce que je suis une emmerdeuse que je suis une journaliste. »
Ce qui est stricte vérité.



Je reprends les points : ce mec nommé est nommé justement en fonction de la ligne du journal, mais à ce point-là, je n’appelle plus ça une ligne éditoriale.
J’ai toujours été la première à être heureuse de voir des annonceurs dans les journaux où je travaillais. Mais si on fait partir les lecteurs, on fait ensuite partir les annonceurs. Pour le moment, leur politique est commerciale et à court terme.
Mais c’est cette nouvelle politique qui a fait fuir son prédécesseur et amené ce branledu là où il est ; qui a aussi fait fuir ailleurs tout journaliste qui le pouvait, et prendre leur mal en patience les autres (je parle des mensualisés là).
Maintenant, on entre à la rédaction, on a l’impression de rentrer dans un tombeau.
Ils ont en plus viré un tas de journalistes et fermé des antennes locales.
Par contre, les deux poufumiasses qui sont payées à l’accueil pour téléphoner à leurs copines et leur envoyer des texto (je te jure, j’hallucine à chaque fois), elles sont toujours là, elles…

En ce qui concerne le lecteur et décideur de base de campagne, tu le côtoies certes, mais côtoyer et vivre, crois-moi, ça fait un monde.
Le phénomène que je te décris est on ne peut plus vrai.
Seulement dans les campagnes, on est victimes (et je pèse le mot) des décisionnaires de tout poil qui sont des urbains. Un seul exemple (le reste est à l’avenant) : par souci d’écologie ( !) (prétend-on), on augmente le prix du gazoil et de l’essence, et ce pour obliger les gens à prendre les transports en commun.
Ben je peux me mettre devant ma porte, voire à côté de la mairie de mon patelin, il ne passera pas le bus…
Tout va dans ce sens, qui est un contresens. Et tout est lié.
Pour ce qui est des dossiers magazines, les gens s’en tapent, comme dirait clemencehoud, ils l’ont à la télé…

Mais bon je pense que dans l’ensemble tu as compris qu’il s’agissait du mail que je venais de leur envoyer. Merci d’en apprécier le courage, et retourne lire ma question préalable à ce 1er post, elle n’est pas là pour rien…
Je gagne avec PN en moyenne 200 € par mois. Il y a 10 ans j’étais rédac chef adjointe d’un mensuel spé pro et je ramenais 10 000 F. Mais c’est tout ce que j’ai trouvé. Parce que les rédactions autres sont toutes parisiennes et me prétendent au Diable Vauvert (90 km, c’est vrai qu’à dos de percheron, ça fait longuet…).
Ces 200 € par mois, qui me sont indispensables pour survivre, je viens de les mettre dans la balance car j’en ai marre d’être prise pour une conne par tous ces troudus.

Vraiment pas de méchanceté, je te jure.
Juste une mise en garde.
Juste certainement de la douleur aussi. Et de l’amertume.
Je dois être très idiote, à me révolter encore d’observer que ce sont les cons qui tiennent les manettes, où qu’on se retourne.

On ne se refait pas.

On en fait hin des remises à plat ?
Au moins, ici, on se sent moins seul.
C’est pour ça que je réitère : non, aucune méchanceté, promis.

Je te fais un gros smac fiston ! :lol:

Davka, j'avais pas vu ton post je répondais au précédent.
Bon, je vais te répondre aussi, mais en 2 mots déjà: grillée je le suis pas mal et désabusée, alors...

Bon, je reviens plus tard, faut que je fasse manger ma famille.

Publié : 20 juin 2005, 21:16
par piafette
Davka,

Dire que je me sens encore moins seule au lu de ton post serait un euphémisme !
Mais dire qu’il me remonte le moral serait pur mensonge…
Heuuuuuuuuuu je n’en suis pas encore partie d’abord !
Pis ça ne se passerait pas comme ça, crois-moi…

C’est en fait le résumé de ce forum.
On peut le montrer à son conjoint en lui disant : « Ha tu vois, y en a d’autres aussi, le malaise est général, je fais pas exprès ! »
Mais en même temps, ben merde, hé oui, profession sinistrée, je viens ici j’en vois avec des CV plus musclés que le mien qui sont aussi en galère…
Parce que, Davka, tu dis : « Dans tout ce chaos, quand tu arrives à bosser, c'est forcément que tu es bon. »

Heu là… je le jurerais pas…
Y a un tas de nullissimes qui se démerdent pas mal (comme l’autre face de rat dont je parlais plus haut). Ce en quoi ils excellent, c’est le cirage de bottes, le beurrage de cul… C’est un don, certes… je ne l’ai pas.
Anecdote pour vous faire sourire. On va remonter à 13/14 ans en arrière. Au moment où le patron a fait passer le message par son adjoint (pas fou, a envoyé un porte-parole, l’était pas là), lequel message était : « Les publirédacs ne vous seront plus payés en sup, après tout, c’est de l’information. »

Je vous dis pas la consternation autour de la table.
Une dizaine de mecs plus moi, j’étais la seule nana de la rédaction.
J’ai été la seule à prendre la parole (on reconnaît là le légendaire courage masculin…) et à poser la question suivante : « Je voudrais savoir si on peut mettre sur la feuille de remboursement de frais le prix du tube de vaseline ?? »

Les autres ont préféré à sec. À preuve, ils y sont toujours, dans cette boîte.
N’oublie pas qu’il y a des « bons » qui galèrent comme des malades… justement parce que leur intelligence fait peur à l’employeur potentiel.

Tu dis aussi : « Maintenant, je crois que sur le marché du travail, pas mal de recruteurs se plantent en demandant des types qui sortent des "écoles", il n'y a pas de meilleure école que la PQR, pas de meilleure école parmi celle-ci que Paris-Normandie. »

On devrait reprendre cette phrase et la mettre sur des immenses affiches, la taguer sur les murs des ANPE (car ce mal, très français, sévit dans toutes les professions), la mailer à tous les chefs d’entreprise, les recruteurs, tous ces bornés qui t’envoient la lettre type comme quoi t’as pas le profil, une fois je me suis retenue de ne pas leur renvoyer à tous ma photo de profil pour qu’ils vérifient (ça m’aurait coûté trop cher, zont eu chaud), enfin bref tous ces gens qui ont un soupçon de pouvoir, inversement proportionnel à leur cervelle.
Haaaaaaaaa !!!!!!! le vrai bonheur de la bêtise ! Beati pauperes spiritu ! zénitude assurée !

Non, franchement, un capital QI, c’est pas de la tarte. Une malédiction oui.

Merci à tous de me permettre de m’exprimer. Faute de faire croûter ça empêche de péter total les plombs.

Mais surtout, surtout, tout ça, sans aucune méchanceté ni animosité, j’y reviens kraa, chuis sûre que t’es un tit gars bien, et perso je n’aime pas certaines prises de chignon que j’aperçois au détour des forums.
Y a déjà assez des autres qui nous le prennent (le chignon, pas le pognon !).
Autant se soutenir, malgré nos énormes différences.

Hayé taleure je vais virer lamento, pourtant je vous jure j’ai rien bu.
Je sais ! Comme je fais la grève, ça fait deux jours que j’ai pas tapé de papier ! Je dois être en manque…
Je vous embrasse tous.

Publié : 21 juin 2005, 08:51
par kraa
Je te fais un gros smac fiston ! :lol:
bises madame :wink:

Le sujet rien que le sujet

Publié : 21 juin 2005, 09:36
par Davka
En fait, je voudrais nuancer ce que j'ai dit sur les écoles de journalisme. Je ne critique pas ceux qui en ont fait, mais je ne vois pas l'intérêt, ni même la valeur ajoutée, pour parler en terme économique. Je crois même que rien ne vaut l'expérience et donc que les écoles ne valent rien...
Pourquoi alors sont-elles si prisées par les employeurs ? Eh, bien dans cette période de crise, c'est une assurance. On embauche tellement pas que quand on le fait, on ne veut pas se planter. Donc, ceci explique le nombre croissant d’entretiens auquel on doit se préparer : on te présente d’abord le chef de service, puis le chef de secteur, puis le rh, puis le grand manitou et à chaque fois c’est éliminatoire. C’est une sécurité. Le problème, c’est que les écoles ont développé le même genre de sécurité pour soi-disant avoir les meilleurs journalistes ou être simplement les meilleures, la plus reconnue de la profession, patatit-pataterre… Accueillir plus de gens au concours d’entrée en saquer encore plus, en attirer de nouveaux… Une bande de gestionnaires.
Résultat : les grands d’hier se cassent la gueule gentiment et il ne se passe plus un an sans qu’une fac, une formation, soit reconnue par la convention collective.
Je disais que les écoles cherchent les meilleurs : soit elles demandent des journalistes plus ou moins déjà formés – dans ce cas, l’école n’est plus qu’un bout de papier qui permet d’être reconnu et donc, c’est une arnaque qui coûte cher et que tout le monde ne peut pas se payer. Soit les écoles forment, mais leurs examens semblent orienter pour ne pas dire privilégier un seul « profil » ou assimilé : en gros science po.
Bref, t’as fait science po, une école parisienne, t’es le plus grand journaliste du moins, mais t’es jamais allé au feu, sinon deux ou trois fois bien entouré et bien soigné. Comme dans une visite guidée d’un pavillon témoin. Et après, en plus, je plein les journalistes qui sortent de ces écoles : Bac +5, + école de journalisme et t’es payé 1 200 € quand tu as de la chance et encore. Mais bon, la plupart sont recrutés sur place, les autres trouvent un petit truc en presse pro et désapprennent tous leurs rêves de reporter de guerre…
Et donc voilà, grâce à cet joli moule, tous les journalistes finiront par se ressembler…et plus personne n’achètera le journal, justement parce que ces journalistes… Ne ressemblent pas au lecteur ou non tout simplement pas assez de culture pour sans cesse réinventer le journal. Car c’est finalement ce qu’il faut.
Ouvrez la PQR pour une revue de presse : tout est dans le titre. Plus de contenu. Des titres chocs, à la limite de la prise de position, à la limite du racoleur ou de la belle pensée du philosophe de bar tabac, tendance PMU. Et on achète plus la PQR tout simplement parce qu’elle est vide. Ce n’est pas le fait de ne pas parler de la foire à l’andouillette. C’est l’absence de culture et de fond, (tout autant que de forme) des éditions. Les chers dirigeants de la PQR sont tout sauf des journalistes (ou tout simplement tout sauf des gens qui réfléchissent). On les reconnaît facilement, ils gèrent les journaux comme il gèreraient une usine automobile, un supermarché ou une enseigne de fringues (ce ne sont pas des activités honteuses et ce n’est pas péjoratif dans ma bouche) Seulement, ce n’est pas la même chose. Parce que le type qui achète des fringues ou qui achètent un magazine ne se situe pas sur la même tranche. Il s’agit d’un besoin culturel, de quelqu’un qui lit et donc qui n’est pas con et même si il veut bien se voir dans le journal, il ne veut pas que cela, il veut voir des choses, avoir des trucs à lire parce que c’est pour cela qu’il achète le journal, pour le lire et comme aujourd’hui tu peux avoir de l’info partout, à vomir, tu peux tout savoir, mais si t’achète un journal, c’est pour le lire.
Et oui, c’est la morale à la jean-claude vandamme. Mais c’est la clef du succès. Quand nos chers dirigeants de PQR auront réfléchit une seconde à cela, il auront tout compris. Et tout viendra naturellement. Une seule devise, donner des choses à lire et à voir au lecteur. Le reste, ces réunions à n’en plus finir, à moitié tremblotant, à moitié hystérique où l’on basse des grands phrases définitives sur l’avenir de la presse.. Fait doucement sourire. Par politesse. Mais je crains que l’embellie ne soit )pas pour demain… Pour certains journaux en particulier.
Allez, bon courage à tous, la lumière est au bout du chemin et le chemin est plus important que la route. Et vive confessius !

Publié : 21 juin 2005, 14:50
par Jumi
Sans revenir sur le cas précis de PN, que je connais pour y avoir travaillé comme journaliste, et avoir eu d'ailleurs des correspondants quotidiennement au téléphone, (en effet, PN passe les papiers n'importe quand sans en avoir rien à foutre et utilise, en tout cas quand j'y étais des connections internet bas débit qui marchent jamais), je voudrais dire une chose : ne pensez vous pas que ce déversement de rage poujado-campagnarde anti citadins, gens d'en haut et jeunes issus des écoles a de nauséabonds relents ?

Publié : 21 juin 2005, 15:50
par piafette
Où vois-tu de la rage Jumi ?
Serais-tu insensible aux nuances qui émaillent sans discontinuer les posts précédents ? Personne ne s’y dit anti-qui que ce soit…
Et si tu trouves nauséabond que certaines personnes fassent un simple constat de société, qui de la migration des familles à la campagne et de la désertification des centres-villes, qui des critères étroits de choix des recruteurs, c’est que ta sensibilité nasale n’est pas la même que celle des personnes citées.

Publié : 21 juin 2005, 17:34
par Davka
Cher Jumi
j'avoue avoir du mal à comprendre le fond de ta pensée. Peut-être peux-tu préciser ?
Quand aux jeunes issus des écoles tant mieux pour eux !
Je ne les envie pas et je ne les déteste pas.
Ce que j’ai dit, c’est simplement : si tout tous les coupeurs de radis sortent de l’école des oignions, à l’arrivée, tu auras une bonne rangée de poireaux. C’est la même chose pour tous les métiers.
Sauf que dans le journalisme, il faut a priori se renouveler sans cesse, repenser sans cesse, réfléchir et construire parce que le lecteur est ainsi fait : il réfléchit, construit… Le lecteur d’ailleurs n’est pas une entité figée, c’est un ensemble d’individus qui réfléchissent, pensent et construisent…etc. et je t’en passe et des meilleurs.
Si tu lui sers toujours la même soupe, tu le méprises.
Ce que je propose, c’est une autre approche des ressources humaines : La diversité des profils. Un diversité qu’on retrouve dans les pages.
C’est ce qui fait, à mon sens, la qualité d’un journal. Et cette diversité, si tu comptes sur la case « loisirs » et « centres d’intérêts » pour la construire, et bien, c’est triste. Maintenant, chacun à sa politique de recrutement. Chacun à sa manière de penser le journalisme.
Mais voilà, si tu ouvres un canard et que tu vois quinze fois la même photo, pris sur le même angle au bout d’un moment, ça lasse. Mais c’est peut-être une erreur de ma part. Ce n’est pas à mon sens du poujadisme.
Je te tutoie mais je ne te connais pas. Et c’est peut-être mieux ainsi.
J’en finirais donc avec vous en ces termes : je vous remercie humblement pour les « relents nauséabonds » mais ils m’ont convaincu que vous aviez probablement mal compris mes paroles. Ou sinon, je n’ose comprendre.
Est-ce encore un incendiaire qui crie aux pompiers ?
Gardez donc pour vous votre mépris et vos phrases en cocorico. Je ne crois pas aux gens d’en haut, parce que je ne crois pas aux gens d’en bas, au petit’gens et au peuple… et tous ces expressions qu’on invente pour faire des raccourcis et éviter d’aller au bout du sujet.
Il n’y a que des individus, des hommes (au sens générique d’être humain, je précise parce que vous risqueriez de croire encore…).
Le reste, je vous laisse le loisir de l’inventer.
Amusez-vous donc à re-comprendre.

Publié : 22 juin 2005, 08:38
par guenuchette
C'est archi faux. On sait parfaitement que les correspondants de presse n'ont aucun contrat, si ce n'est moral avec la pQR. Sa force est de s'appuyer qsur les correspondants. Mais ceux-ci restent inter-changeables à tout moment. j'ai été correspondante durant 8 ans dans une autre région que le tienne. Le jour où ils veulent te lourder, ils ne te le dients pas, simplement ils ne publient pas tes papiers. Rien ne les y obligent. Et c'est comme celà que tu vas tout droit vers la porte de sortie.....