comment fixer un tarif ?

Section réservée aux débats sur la correction et les correcteurs : tarifs pour rédiger un article ? Peut-on vivre de la correction ? Quels médias recrutent des correcteurs ?
Petifolio
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Message non lu par Petifolio » 25 oct. 2007, 20:58

Bonsoir Beget,

Voici par exemple une proposition que j'avais faite à une boîte de comm'. (Il s'agissait de relire des textes littéraires sans difficultés particulières a priori) :

"Bonjour XXX,

Pour faire suite à nos premiers échanges sur le projet de correction dans le cadre de l’opération « YYYY », je vous donne ci-dessous des éléments sur les conditions de rémunération pour la durée du contrat.

La rémunération se fera « en conscience », c’est-à-dire sur la base du nombre d’heures de travail effectif déclarées.
Pour ce type d’exécution, le correcteur lit 15 000 (quinze mille) signes à l’heure.

Au salaire brut horaire de base de 23 euros s’ajoutent :
8,33 % de supplément de traitement ;
10 % au titre de l’indemnité pour congés payés ;
7 % de frais d’atelier par heure de travail.
Sur la fiche de paie la lettre « D » [ pour Travailleur à domicile ] sera ajoutée à l’échelon de la classification auquel le correcteur est employé.

Cette rémunération est calculée à partir de l’annexe IV de la convention collective des travailleurs de l’édition (revue le 25 septembre 2006).


Cordialement

petifolio
Shalimar
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Message non lu par Shalimar » 01 déc. 2007, 16:31

Bonjour tout le monde,

Je suis contente, une maison d'édition est intéressée par mon profil ; cette dernière me demande donc mes tarifs ( en terme de mots ) pour divers travaux, payée en salaire bien évidemment ( grâce à vos conseils prodigués ici à d'autres membres ).

Vous lisant régulièrement , je viens vers vous pour avoir des conseils avisés, car je souhaite être honnête et juste dans mes tarifs.

1/ Cas d'une relecture complète ,c'est-à-dire, correction + légère mise en page ( = apparemment enlever des justifs notamment dans les dialogues, si vous pouviez me traduire cette demande) .

Je pensais demander 13 € ou 14 € net pour 15 000 mots ( = signes )

Ex : 50 000 mots soit à peu près 200 pages ,cela reviendrait donc (en se basant sur 14 €) à 46 € la correction du livre

2/ Cas d'une dernière relecture avant BAT ( texte quasi parfaits ) : là, je dois avouer que je ne sais pas du tout quel tarif appliquer. Avez-vous une idée ?

3/ Cette maison me demande également si je pratique des forfaits . Cette pratique est-elle déjà arrivée à l'un d'entre-vous ? Que répondre ? Quel tarif ?


Ces 3 cas s'effectuent sur écran.


Je vous remercie par avance pour toutes vos réponses éclairées ; étant nouvelle dans cette branche, je ne veux pas me vautrer d'entrée, car j'ai vraiment besoin de travailler.

:wink:
lamichka
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Message non lu par lamichka » 01 déc. 2007, 23:20

bonsoir,

Je me permets de te répondre car j'ai moi-même posé ces questions il y a peu (tu dois pouvoir lire tt ça facilement, le sujet c'était "correction sur écran" je crois) et il me semble que tu fais une confusion entre le nombre de mots et de signes : tu parles de 50 000 mots mais cela doit représenter pas loin de 300 000 signes espaces comprises (tu trouves cette info dans Word en faisant affichage - barre d'outils - statistiques) donc ce n'est pas du tout pareil car à 15 euros net les 15000 signes (environ 1h de travail) cela fait dans les 300 euros net le bouquin (20h X 15 euros, soit 600 euros brut si tu es en portage et que tu payes ttes tes charges) ce qui n'a rien à voir avec le prix que tu proposes !!! Comme il y a un peu de mise en page à revoir je pense que tu peux demander un peu plus car tu vas y passer plus de temps et comme tu corriges sur écran c'est plus long aussi.
Pour la deuxième partie du travail comme je suis dans le même cas que toi (première correction mais avec révision du style puis deuxième lecture après mise en page) j'ai fait un devis en considérant environ 20000 signes de l'heure ce qui te fait à toi 15h X 15 euros soit 225 euros net (450 brut).
Quant au forfait on me l'a demandé aussi et finalement ça revient au même : c'est à toi d'arriver à déterminer le temps que va te prendre le bouquin (moi je note le temps réel au fur et à mesure que je corrige, ça te donne une base pour la fois suivante et après tu arrives mieux à juger quand on te donne un boulot), en fait tu fais tes petits calculs mais tu ne leur donne pas le détail.
Bon j'espère avoir un peu répondu à tes questions, c'est un vrai casse-tête au départ mais moi grâce aux réponses sur ce forum j'ai mieux compris et mieux géré ces problèmes, je commence à mieux "juger" le temps que représente un bouquin car finalement il ne s'agit que de cela...
Bon courage, et n'hésite pas si tu as d'autres questions (mais bon je débute aussi!!)
lamichka
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Message non lu par lamichka » 01 déc. 2007, 23:36

ps : j'ai oublié de préciser que finalement après avoir expliqué tous ces calculs à mon client nous sommes tombés d'accord sur un travail "en conscience" : je fais un devis estimatif (il préfère plutôt la fourchette haute pour ne pas avoir de mauvaise surprise) puis je lui dirai à la fin le temps réel passé, ainsi il me paiera au réel. Je trouve que c'est un excellent système, le plus honnête que l'on puisse trouver mais il faut une confiance mutuelle suffisante.
voilà, bonne nuit !
Shalimar
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Message non lu par Shalimar » 02 déc. 2007, 12:08

Bonjour,

Merci lamichka pour tes réponses .

Je me disais bien aussi que 46 € la correction çà n'allait pas :oops: .

Oui, j'ai d'autres questions :

1/ Comment calcules-tu la correspondance de mots en signes, car je n'ai aucun texte d'avance pour voir les statistiques, 15 000 signes équivaudraient donc à 2 500 mots , puis-je me baser sur cette équivalence pour faire mon petit calcul approximatif à donner à la maison d'édition ?

2/ Etant débutante et sachant qu'il s'agit d'une petite maison, n'est-ce pas trop prétentieux de demander 15 € net / heure ? Le 13eme mois, les congés payés , le supplément de 8,33 % sont-ils inclus dans ces 15 € net ?

3/ Le travail " en conscience " est assez intéressant et honnête, penses-tu qu'il soit possible de commencer par une base tarifaire ( comme au-dessus ), puis, une fois la confiance installée ( qui demande du temps ) , grâce à mon travail et à leur satisfaction, dériver vers ce paiement en conscience ?

4/ Là, c'est une question bête mais je la pose quand même : est-ce que vous envoyez l'original + la copie corrigée ou seulement la copie corrigée ?

C'est vrai que ce n'est pas évident de s'estimer à sa juste valeur, surtout lorsque l'on a aucune référence ; je me décarcasse depuis 2 jours à ce sujet :?

PS : je ne passe pas par la portage salarial

Merci :wink:
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PascalSR
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Message non lu par PascalSR » 03 déc. 2007, 05:46

Bah, euh... ???!!! Shalimar, tu es une énigme à toi toute seule !


0. La justif ou justification, c'est l'espace dont on dispose de bout en bout dans une colonne de texte (plutôt un terme de presse, donc, qu'un terme d'édition). Leur demande est vraisemblablement de mettre les dialogues au kilomètre avec « moins typo » (longs pas moyens) initiaux séparateurs plutôt qu'en succession de retour-chariot. En tout cas, c'est comme ça que je le comprends ;

1. un peu d'histoire de la pratique : avant les correcteurs étaient les typographes, corporation a priori sans grandes connaissances puisque leur travail consistait juste à aligner des petits cubes en plomb le long d'une règle en bois. Mais voilà, si le travail était négligeamment fait, la lecture s'en trouvait malaisée voire hasardeuse (surtout en latin). Les typographes sont donc devenus des spécialistes de l'orthographe, de la correction, premiers et pointilleux lecteurs (avec les caractères inversés façon miroir) de livres destinés au plus grand nombre. (Il s'est même vérifié que certaines éditions de la Vulgat valaient mieux que d'autres du fait de corrections effectuées à l'initiative de typographes par rapport au texte « matriciel », coquillé à l'origine par des moines copistes.

Tout ça pour dire que pendant cette ère de l'imprimerie, qui a duré du premier incunable jusqu'au début des années 80, un plomb devait être apposé pour chaque lettre, chaque signe de ponctuation, chaque espace — d'ailleurs en typo, l'espace perd ses attributs pour devenir une espace femelle —, chaque zigouigoui qui devait apparaître sur la blancheur immaculée du papier.

À l'ère informatique, on n'a conservé que le terme de « signes » qui ne rend certes pas compte du travail fastidieux que nécessitait l'antique méthode mais qui met néanmons en avant qu'un texte ne s'exprime pas que par une succession d'assemblages issus de vingt-six lettres mais également par ses « signes diacritiques » et ses « blancs » ;

2. demander trop expose à des réticences, demander pas assez met au jour votre manque d'expérience et dévalorise votre travail ainsi que celui de toute une profession : de deux maux...
Mais en tout état de cause, 15 euros nets/heure, c'est plutôt le haut du panier des tarifs de correction en édition, et surtout s'il s'agit d'un paiement en salaire, alors c'est les Grands Ducs à Byzance !!!
13e mois en correction pour des collaborations ponctuelles ???!!! : un correcteur est payé à la tâche. Si maintenant les petites maisons nous déroulent le tapis rouge, dites-moi où il faut signer ! ;

3. le problème, dans cette optique, n'est pas le manque de repères pour estimer sa valeur ou celle de son travail mais de la quantifier en termes effectifs de degré d'intervention corrélé à la durée de cette intervention : plus il y a de travail de correction, d'édition, de réécriture moins cela s'effectuera rapidement. Voilà pourquoi il est d'usage de parler de rythme (en signes à l'heure) et non de coût par page, feuillet ou unité scripturale ;

4. tu n'envoies que la copie corrigée, sauf s'ils te demandent de saisir les traces de correction (fonction « suivi de correction » des logiciels). Mais surtout, tu sauvegardes très régulièrement ton travail au cours de l'exécution, tu effectues une copie immédiate de sauvegarde de ton support à corriger ainsi qu'une copie de sauvegarde de ton travail final, et une sauvegarde de chaque étape intermédiaire. Idéalement, tu découpes en chapitres, tomes, ensembles.
Apprends aussi à bien utiliser la fonction rechercher/remplacer qui te fait gagner un énorme temps précieux pour tout ce qui est ponctuation, espaces et récurrences typographiques.


Bon courage et bonne chance !
Shalimar
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Message non lu par Shalimar » 03 déc. 2007, 09:21

Bonjour,

Merci PascalSR pour vos réponses et pour le petit historique du métier :wink:

Demander trop ou pas assez, là est la délicatesse ; je pense que 13 € / net est correct pour la correction complète, et que 11 € ou 12 €/net est juste dans le cas d'une simple relecture avant BAT .

Pour la correspondance signes / mots, c'est simplement que cette maison souhaite que je donne mon tarif uniquement en terme de mots ; et que pour faire un rapide calcul sur la base de 15 000 signes / heure, faut-il savoir à combien de mots cela équivaut à peu près .

Je crois être parée grâce à tous vos précieux conseils , il ne reste plus que l'acceptation de mes tarifs par la maison d'édition , Inch'Allah !
:)

Je vous tiens au courant :wink:
cilou
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Message non lu par cilou » 03 déc. 2007, 10:01

Pour la correspondance signes - mots : c'est marrant, je m'étais aperçue qu'en Français, c'était à peu près comme les francs - euros : 1 mot = 6,65 signes en moyenne.
Cela dit, ça dépend aussi des textes. Par exemple, un texte très technique peut avoir de grands mots compliqués, donc davantage de signes par mot en moyenne. Le mieux, c'est de prendre un texte du même type que celui que tu dois corriger. Tu fais la fonction statistique, tu regarde le nombre de mots et le nombre de signes (espaces comprises), et tu fais la division. Tu auras ainsi une bonne estimation.
Shalimar
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Message non lu par Shalimar » 03 déc. 2007, 13:54

Comme promis ,je vous donne des nouvelles, la réponse ne sait pas fait attendre.

J'étais partie du constat que 1 heure = 15 000 signes = 2 400 mots environ , donc pour le cas d'un roman de 60 000 mots :

A/ Relecture complète ( correction + légère mise en page éventuelle ) : 375 € , soit 13 € net / heure

Leur réponse : Vos tarifs sont en dehors de ce que nous voulons faire dans le cadre d'une collaboration.

B/ Dernière relecture avant BAT ( donc très rapide car docs aboutis ) : 275 € , soit 11 € net / heure.

Leur réponse : Tarifs pas adaptés


Ouin , ouin ,ouin :cry: je n'y comprends rien du tout.

Suis-je trop excessive dans mes tarifs ?

Vraiment ,je suis déçue du peu d'explications données, qu'est-ce que veut dire exactement " tarifs en dehors de ce que nous voulons faire " et " tarifs pas adaptés " ?
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PascalSR
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Message non lu par PascalSR » 03 déc. 2007, 14:58

Ça veut dire tout simplement que ces braves gens cherchent des esclaves corvéables à merci pour des clopinettes et que pensant s'adresser à une novice, les tarifs ne voleraient pas bien haut.

Mais des pros de l'édition qui ne veulent pas entendre parler d'un rythme de travail mais plutôt d'un coût total, de surcroît en comptant les mots et non pas les signes, je suis vraiment désolé mais ce sont des charlots et des exploiteurs. En tous cas, ils donnent une bien mauvaise image du métier d'éditeur.

Ce qui est également dommage, c'est que ce genre de pratiques ne se retrouve pas que parmi les petites boîtes de rase campagne...
lamichka
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Message non lu par lamichka » 03 déc. 2007, 15:14

salut
Je comprends ta déception et ton incompréhension. Leur as-tu exposé en détail le déroulement de ton travail et ton mode de calcul ? Car moi en expliquant bien cela et en disant aussi que si j'étais payée moins que je ne l'entendais ça ne m'empêcherait pas de vouloir faire mon boulot le mieux possible et donc d'y passer le TEMPS nécessaire et donc d'avoir le sentiment de travailler pour rien, l'éditeur a très bien compris lui qu'effectivement ce n'était pas son intérêt car ça ne pouvait pas aboutir à une relation durable !! Maintenant tout est comme ça : ils veulent un boulot parfait, par des professionnels mais ne rien payer. A toi de voir si tu acceptes par exemple pour cette fois-ci (moi j'ai revu à la baisse le 1er boulot et depuis comme il est très content je peux appliquer mes tarifs) en précisant bien que tu fais un effort et qu'il s'agit en quelque sorte d'un "test" pour tout le monde et que s'ils sont contents la fois suivante tu te feras payer "correctement". Ainsi tu montres que tu es de bonne volonté, que tu sais être "commerçante" mais aussi que tu sais ce que vaut ton boulot, je pense que ça peut être un bon compromis (sauf s'ils ne veulent te payer que 50 euros le bouquin alors là moi j'irai voir ailleurs !!). Et puis je pense qu'ils pourraient avancer quelques chiffres eux aussi pour que tu saches ce qu'ils sont prêts à payer, c'est un peu facile de te laisser donner tes prix puis de les refuser !! T'inquiète pas à mon avis ils savent bien ce que ça coûte et ils essayent de tirer les prix, à toi d'être plus maligne. Tiens nous au courant !
Bon courage
varannes77
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abus

Message non lu par varannes77 » 04 déc. 2007, 19:55

Là, franchement, ils abusent et tournent autour du pot. 13 euros nets de l'heure il me semble que c'est bien en dessous du tarif syndical non ?
Shalimar
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Message non lu par Shalimar » 05 déc. 2007, 14:31

Salut,

Cette pratique est tout bonnement écoeurante, si çà continue ainsi , nous allons finir par concurrencer les Chinois avec un travail à bas prix .

Les graphistes ont également ce problème de tarification...certains qui ne sont même pas graphistes de métier acceptent de créer à un moindre coût , de fait, lorsque les pros proposent leurs créas aux tarifs réglementés , vous connaissez la suite ....ah non, vous êtes trop cher....... bein voyons à votre bon coeur messieurs dames :evil:

Tout travail mérite salaire correct. Il y a des grilles tarifaires , c'est pas conçu pour faire joli.

Après, vient le manque d'expérience, là, c'est quasi rédhibitoire, il est loin le temps béni et merveilleux où les employeurs donnaient leur confiance et embauchaient à la motivation des postulants.

Bref, je vais continuer ma liste de maisons ( ou agences de com' ) et envoyer mon CV.

:wink:
BEGET
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Message non lu par BEGET » 06 déc. 2007, 14:27

Salut,
j'applique le même tarif que toi.
Comment contactes-tu les maisons car je suis en province et j'ai très peu de réponses à mes mails.
Merci
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PascalSR
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Message non lu par PascalSR » 06 déc. 2007, 23:01

Shalimar a écrit :Après, vient le manque d'expérience, là, c'est quasi rédhibitoire, il est loin le temps béni et merveilleux où les employeurs donnaient leur confiance et embauchaient à la motivation des postulants.
Mais je me demande vraiment d'où tu sors, Shalim !!!
Avant, il y avait moins de correcteurs, et ils avaient blanchi sous le harnais ; pour beaucoup, c'était les assistants d'édition qui se chargeaient de la prépa et de la correction. Mais depuis que les auteurs ne sont plus forcément des gens des « sphères intellectuelles », plus à même de raconter de manière claire et un tant soit peu agréable ce qu'ils ont à raconter, que le nombre de livres publiés est en constante augmentation depuis 10 ans, ils se sont bien rendu compte qu'ils avaient besoin de gens pour faire ce genre de travail.
Mais la case correction étant de plus en plus optionnelle — pour un certain nombre — par les temps qui courent, les contrats correctement rémunérés et les employeurs considérant encore la profession et notre travail s'amenuisent graduellement.

Il ne faut pas se leurrer, le budget correction est celui qui morfle en premier quand l'argent vient à manquer dans une société d'édition. Ce qui est pernicieux et vraiment dégoûtant, c'est que parfois, ce n'est pas le manque d'argent qui est cause de faibles rémunérations, mais la pingrerie des commanditaires. Et il n'y a pas que des petites boîtes pour faire ça ; en 2006, une grosse maison a été condamnée pour avoir payé des correcteurs en agessa...

Et il y a pire et plus pervers : certaines petites maisons qui ne veulent pas entendre parler de correcteurs, tirant partie du désir d'être publié éclosant chez un nombre de plus en plus grand de quidams, n'hésitent dès lors plus à imposer comme condition sine qua non à un contrat d'édition que le manuscrit leur soit remis déjà corrigé.

Et c'est lorsque la personne — qui évidemment n'est pas au courant de ce que coûte une correction — prend contact avec un correcteur professionnel que commence la pantalonade...

Si c'était mis en scène à la télé, on en rirait ; mais hélas, c'est simplement la triste réalité, tout ce qu'il y a de plus pragmatique.
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