Perles de journalistes

Section réservée aux débats sur la correction et les correcteurs : tarifs pour rédiger un article ? Peut-on vivre de la correction ? Quels médias recrutent des correcteurs ?
coco47
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Re: Perles de journalistes

Message non lu par coco47 » 07 nov. 2012, 06:25

ann65 a écrit :
coco47 a écrit :Perle de ministre
« C’est de milliards dont on parle. »
Marisol Touraine dans On n’est pas couché, sur France 2, le 3 novembre.
J'aurais dit comme elle.
Il aurait fallu dire : "C'est de milliards que l'on parle" ?
Exact. Dont signifie duquel, de laquelle, desquel(le)s…. De sorte que de est déjà inclus dans dont. D'où il découle ce qui suit.
On ne dit pas : « C'est de cela dont il s'agit », mais : « C'est de cela qu'il s'agit » (ou : « C'est cela dont il s'agit »).
Et on ne dit pas : « C'est de grosses sommes dont nous parlons », mais : « C'est de grosses sommes que nous parlons ».
Et, selon le même principe, on ne dit pas : « C'est à l'amour auquel je pense », mais : « C'est à l'amour que je pense ». Quoi qu'ait pu jadis chanter Françoise Hardy…
cargo06
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Re: Perles de journalistes

Message non lu par cargo06 » 07 nov. 2012, 07:49

Bonjour Coco, bien que j'aie toujours été choqué par cette phrase de Françoise Hardy, il me semble que cette tournure n'est pas forcément fausse :
- si elle pense à l'amour tout court, elle doit dire "c'est à l'amour que je pense" ;
- si elle pense à l'amour de la littérature par exemple, ou du vin, ou d'autre chose, si elle pense à cet amour-là, "c'est à l'amour auquel elle pense".
Bonne journée.
Cargo06
ann65
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Re: Perles de journalistes

Message non lu par ann65 » 07 nov. 2012, 10:09

coco47 a écrit :. Dont signifie duquel, de laquelle, desquel(le)s…. De sorte que de est déjà inclus dans dont. D'où il découle ce qui suit.
On ne dit pas : « C'est de cela dont il s'agit », mais : « C'est de cela qu'il s'agit » (ou : « C'est cela dont il s'agit »).
Et on ne dit pas : « C'est de grosses sommes dont nous parlons », mais : « C'est de grosses sommes que nous parlons ».
Et, selon le même principe, on ne dit pas : « C'est à l'amour auquel je pense », mais : « C'est à l'amour que je pense ». Quoi qu'ait pu jadis chanter Françoise Hardy…
Merci de cette explication. Je crois que je me mélangeais un peu les pédales...
coco47
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Re: Perles de journalistes

Message non lu par coco47 » 08 nov. 2012, 03:56

cargo06 a écrit :Bonjour Coco, bien que j'aie toujours été choqué par cette phrase de Françoise Hardy, il me semble que cette tournure n'est pas forcément fausse :
- si elle pense à l'amour tout court, elle doit dire "c'est à l'amour que je pense" ;
- si elle pense à l'amour de la littérature par exemple, ou du vin, ou d'autre chose, si elle pense à cet amour-là, "c'est à l'amour auquel elle pense".
Bonne journée.
Cargo06
Bonjour Cargo,
J'ai du mal à embarquer avec vous, cher (ou chère ?) Cargo.
D'abord, une recherche très simple sur Google permet d'accéder aux immortelles paroles de cette chanson et de constater qu'il s'agit bien du rêve d'une jeune fille qui voudrait être aimée d'un garçon.
Quand on pense qu'à l'époque Françoise Hardy (qui était ma préférée) passait pour l'intellectuelle des yéyés…
Mais même s'il s'agissait d'une autre forme d'amour, je ne vois pas bien en quoi auquel je pense en serait légitimé. D'autres avis ?
nesk
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Message non lu par nesk » 08 nov. 2012, 09:22

D'accord avec vous, coco47.

Dans tous les cas, si l'on reformule, cela nous donne : "Je pense à l'amour" (en général) ou "Je pense à cet amour" (en particulier). Seul l'article change (défini ou démonstratif).

En reprenant la formulation de base, on retombe donc bien, dans les deux cas, sur :
> "C'est à l'amour que je pense" (en général)
> "C'est à cet amour que je pense" (en particulier)

(si j'ai bien compris ce qu'expliquait cargo :) )
FlorentT
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Message non lu par FlorentT » 08 nov. 2012, 09:38

cargo06 a écrit :- si elle pense à l'amour de la littérature par exemple, ou du vin, ou d'autre chose, si elle pense à cet amour-là, "c'est à l'amour auquel elle pense".
Ce serait plutôt dans ce cas : « C'est l'amour auquel elle pense », sans le à. En se forçant à garder auquel, la formule semble maladroite et pourrait prêter à confusion. Personnellement, je mettrais une suggestion d'autre tournure sur une telle phrase dans une correction. Mais dans ce cas précis, de toute façon, il n'y a pas de doute sur le sens : c'est donc une faute… ou le début d'un usage validé par une œuvre populaire ?!
cargo06
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Message non lu par cargo06 » 08 nov. 2012, 09:51

nesk a écrit :D'accord avec vous, coco47.

Dans tous les cas, si l'on reformule, cela nous donne : "Je pense à l'amour" (en général) ou "Je pense à cet amour" (en particulier). Seul l'article change (défini ou démonstratif).

En reprenant la formulation de base, on retombe donc bien, dans les deux cas, sur :
> "C'est à l'amour que je pense" (en général)
> "C'est à cet amour que je pense" (en particulier)

(si j'ai bien compris ce qu'expliquait cargo :) )
Bien, coco47 et nesk, je me rends à vos arguments qui sont clairs, je me suis un peu pris les pieds dans le tapis. (en Suisse on dit : s'encoubler dans la panosse, la panosse étant une serpillière). Bonne journée.
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Message non lu par Catherine_75 » 08 nov. 2012, 10:26

cargo06 a écrit :(en Suisse on dit : s'encoubler dans la panosse, la panosse étant une serpillière).
On ne le dit pas seulement en Suisse. Je connais l'expression, je suis originaire de Franche-Comté.
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Message non lu par PascalSR » 08 nov. 2012, 13:36

Je ne parlerai que d'une chose importante : les doubles voire triples espaces ! MDR 8)

Mais, bon, il avait une bonne excuse, il avait plusieurs casseroles sur le feu…
Ces technologies fabriquent une société qui détruit ce qui permet une vie décente.
Sous nos yeux, on voit le monde plonger dans le libéralisme.
duplex
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Message non lu par duplex » 08 nov. 2012, 14:38

De triples espaces, c'est sans doute une erreur, mais des doubles, c'est l'usage après un point terminant une phrase. Du moins c'était, car il tend à disparaître en anglais (s'il n'a pas déjà totalement disparu, les usages traditionnels laissant la place à des usages plus proches des standards des autres langues), mais reste assez courant aux États-Unis (mais je ne vois pas de doubles espaces dans l'U.S. Government Printing Office Style Manual).
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Message non lu par Catherine_75 » 08 nov. 2012, 14:52

duplex a écrit :…mais des doubles, c'est l'usage après un point terminant une phrase.
Ah bon ? Pas en français, en tout cas.
FlorentT
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Message non lu par FlorentT » 08 nov. 2012, 15:09

Catherine_75 a écrit :Pas en français, en tout cas.
C'était l'usage en anglais (d'ailleurs le Code typo continue de le préconiser au paragraphe 87), apparemment à cause des machines à écrire. Comme le fait remarquer Duplex, l'usage actuel ne l'utilise plus (je n'ai lu aucun livre récent en anglais avec deux espaces), et l'U.S. Government Printing Office Style Manual est même très clair à ce sujet :
2.49. A single justified word space will be used between sentences. This applies to all types of composition.
Mais certains, qui ont connu cet usage lorsqu'il était généralisé, peuvent encore le perpétuer je suppose.
duplex
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Message non lu par duplex » 08 nov. 2012, 16:58

Merci Florent, je n'avais pas eu le temps de rechercher quel paragraphe traitait de la question.
Catherine, voyons, vous aviez tout de même bien vu que la lettre n'était pas rédigée en français ;)
FlorentT
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Re: Perles de journalistes

Message non lu par FlorentT » 14 nov. 2012, 14:07

Perle de journaliste ou fatigue de correcteur, en première page du Canard enchaîné aujourd'hui, et dans un titre en plus : « L'amiante contaminée ». J'avoue avoir eu des doutes et pensé avoir peut-être manqué un jeu de mot habile, de ceux dont le Volatile a le secret. En vain !
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Message non lu par ann65 » 14 nov. 2012, 14:48

FlorentT a écrit :Perle de journaliste ou fatigue de correcteur, en première page du Canard enchaîné aujourd'hui, et dans un titre en plus : « L'amiante contaminée ». J'avoue avoir eu des doutes et pensé avoir peut-être manqué un jeu de mot habile, de ceux dont le Volatile a le secret. En vain !
Je n'ai pas acheté le Canard aujourd'hui. Es-tu sûr qu'il s'agit d'une coquille ? Que dit l'article ? Je suppose qu'il traite de la mise en examen de Martine Aubry dans l'affaire de l'amiante.
Ce serait alors un jeu de mot rappelant l'affaire du "sang contaminé", non ?

Si c'est le cas, ce titre m'apparaît plutôt comme un jeu de mot vaseux, plutôt que comme une "perle"...
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