Fiche de lecture argumentaire

Section réservée aux débats sur la correction et les correcteurs : tarifs pour rédiger un article ? Peut-on vivre de la correction ? Quels médias recrutent des correcteurs ?
Virgulon
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Fiche de lecture argumentaire

Message non lu par Virgulon » 03 août 2011, 12:50

Bonjour !
Vous est-il arrivé d'avoir à rédiger une fiche de lecture pour un éditeur ?
On me demande d'effectuer ce travail, mais j'avoue que je ne sais pas quel tarif pratiquer.
Le livre fait 350 pages (polar donc "facile" à lire) : résumé, analyse du style, points forts et points faibles, comparaison avec d'autres auteurs… Cette fiche doit servir d'argumentaire au diffuseur.
Si l'un de vous a déjà pratiqué cet exercice de style, je suis intéressée par son retour d'expérience.
Bien cordialement
coco47
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Re: Fiche de lecture argumentaire

Message non lu par coco47 » 05 août 2011, 04:06

Virgulon a écrit :Bonjour !
Vous est-il arrivé d'avoir à rédiger une fiche de lecture pour un éditeur ?
On me demande d'effectuer ce travail, mais j'avoue que je ne sais pas quel tarif pratiquer.
Le livre fait 350 pages (polar donc "facile" à lire) : résumé, analyse du style, points forts et points faibles, comparaison avec d'autres auteurs… Cette fiche doit servir d'argumentaire au diffuseur.
Si l'un de vous a déjà pratiqué cet exercice de style, je suis intéressée par son retour d'expérience.
Bien cordialement
Si on vous demande d'effectuer ce travail, c'est que vous vous êtes proposée. C'est donc que vous estimez avoir la compétence nécessaire. Alors au boulot ! Sinon, je crains pour le pauvre auteur dont les écrits vont être soumis à votre jugement néophyte.
Virgulon
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Re: Fiche de lecture argumentaire

Message non lu par Virgulon » 05 août 2011, 09:42

Bonjour Coco (c'est tellement mieux de commencer ainsi…),
Je ne me suis pas proposée, on m'a sollicitée (oui, j'ai des clients qui me font confiance).
Oui, j'ai les compétences, ma culture "policière" me permettant, entre autres, d'établir des comparaisons de style entre divers auteurs.
En relisant mon message, je m'aperçois cependant que j'ai oublié d'y mentionner ma principale question : combien ce travail peut-il être facturé (je suis l'une de ces "vilaines auto-entrepreneuses", senior laissée-pour-compte – je n'oublie pas la div – sur le parking de la crise).
J'ai fini par trouver, au fil du net, quelques informations qui m'ont permis d'établir mon devis : il est accepté, à un prix tout à fait honorable.
Merci de vos encouragements. Je remarque, une fois de plus, combien l'urbanité règne trop souvent dans les propos échangés sur ce forum. Même s'il est souvent source de précieux renseignements. C'est d'autant plus dommage. Mon côté "peace and love" sans doute qui me joue des tours... Nous sommes pourtant un certain nombre à le déplorer.
Dans la charte du forum des RP, on lit : "les usagers du forum des sites Categorynet.com font preuve de politesse, de courtoisie et de respect à l'égard d'autrui" et "les usagers du forum des sites Categorynet.com s'engagent à éviter la critique facile et préfèrent aider et conseiller les autres membres que de se prêter à la polémique." À méditer ?
Bien cordialement.
coco47
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Re: Fiche de lecture argumentaire

Message non lu par coco47 » 06 août 2011, 01:48

Bonjour, donc, Virgulon,

Tous mes vœux de réussite dans ce travail.

P.S. : Pour laissé(-)pour(-)compte, le TLFi accepte les deux versions, avec ou sans div. Larousse et Dournon demandent les div, mais précisent qu'il s'agit alors d'un substantif.
ann65
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Re: Fiche de lecture argumentaire

Message non lu par ann65 » 06 août 2011, 11:24

Virgulon a écrit :(je suis l'une de ces "vilaines auto-entrepreneuses", senior laissée-pour-compte sur le parking de la crise)..
Bonjour

Les "vilains" (personnellement, je les qualifie plutôt "d'enfoirés"), ce sont les boites qui proposent à leurs collaborateurs occasionnels des tarifs dérisoires et indécents sous prétexte qu'en tant qu'AE, ces derniers ne paient "que" 20% de charges sociales..

Ceux qui les acceptent sont... dans le besoin et/ou naïfs... :(
Ils ne sont pas "vilains" mais exploités... :( :( :(

Les cotisations des AE sont d'environ 20% du chiffe d'affaires. Celles des travailleurs non salariés classiques s'élèvent à quelque 40% du CA.
Lorsqu'un AE dépasse le plafond annuel de CA (32 000 euros), il devient de facto TNS... et ses cotisations augmenteront de 20%...
Je peine à imaginer que les clients de cet AE acceptent sans barguigner de factures augmentées de 20%...
azucena
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Re: Fiche de lecture argumentaire

Message non lu par azucena » 06 sept. 2011, 19:53

Moi aussi, je suis une vilaine vieille correctrice AE ! Trente-deux ans de métier en tant que salariée.
Les circonstances nous ont parfois imposé ce "choix" qui n'en est pas vraiment un...
Pour ma part, j'étais, depuis près de vingt ans, salariée du studio prépresse d'une grande imprimerie mais, petit à petit, le travail de composition en interne a fait défaut et mon poste de correctrice a carrément disparu... J'ai fait appel à l'Inspection du travail, j'ai fait appel à la Filpac, rien n'y a fait. J'ai été virée, jetée, lourdée, bazardée, et plusieurs opérateurs PAO avec moi...

Passage, à cinquante-trois ans, par la case Pôle emploi où, en province surtout, on vous regarde d'un drôle d'air quand vous dites que vous voulez continuer à exercer votre admirable et bien-aimé métier. Ce métier auquel vous avez donné toute votre jeunesse trop vite enfuie. Celui à cause duquel vous avez à présent les yeux et la tête un peu fatigués, les épaules fourbues, des crampes dans les doigts, les canaux carpiens en alerte et un bon petit paquet de graisse en trop.

Alors, jeté à la rue, le vieux correcteur fatigué s'extirpe tant bien que mal de sa chaise de travail et se met debout. Il croit encore en lui, en ses capacités, en son expérience pluri-décennale, il se jette à corps perdu dans la bataille des AE, souvent avec des armes bien mal fourbies, car on ne lui a pas enseigné à chercher du travail. Il ne connaît parfois pas grand-chose en matière de langage informatique... Le voilà projeté dans l'arène et il doit se transformer en agent commercial, en comptable, que sais-je encore... Il vient, hélas, mille fois hélas, le cœur serré, son code typo, son typomètre et ses souvenirs sous le bras, bouffer le pain des "jeunots" auxquels il aurait encore bien des "choses du métier" à enseigner et auxquels il aurait bien voulu léguer en héritage sa place salariée... si seulement on lui en avait laissé le temps.

Voilà, dans une société qui pratique le "jeunisme" à outrance, nous n'avons, nonobstant nos longues expériences, nos savoirs et savoir-faire, plus d'autre avenir que d'attendre une fin de carrière que l'on nous promet bien triste et bien misérable...

Merci, jeunes gens, de ne pas ajouter vos injustes rancœurs à notre profond désarroi et à notre vif courroux.

Il m'est avis que, de votre côté, vous auriez dû vous battre davantage, avec plus d'ardeur et de courage, pour nous conserver un droit à la retraite à soixante ans et, ainsi, vous faire place nette, mais vous avez, du haut de l'invincibilité et de l'immortalité où votre jeunesse vous égare, baissé les bras bien plus tôt que nous l'eussions fait à votre place en d'autres temps. Il vous faudra à présent supporter les AE quelques années de plus, puisque c'est à ce statut indigne que le monde du travail condamne ses vieux salariés...
coco47
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Re: Fiche de lecture argumentaire

Message non lu par coco47 » 07 sept. 2011, 01:11

Comme je vous comprends, Azucena ! Sauf quand vous rendez responsables de l'échec de la mobilisation contre la contre-réforme des retraites les jeunes salariés. Ceux qui ont permis que passe cette contre-réforme infâme s'appellent Bernard Thibault et François Chérèque, qui se sont battus, bec et ongles, contre la grève générale. Ne cherchez pas plus loin.
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Re: Fiche de lecture argumentaire

Message non lu par cilou » 07 sept. 2011, 08:30

azucena a écrit :mon poste de correctrice a carrément disparu... J'ai fait appel à l'Inspection du travail, j'ai fait appel à la Filpac, rien n'y a fait. J'ai été virée, jetée, lourdée, bazardée, et plusieurs opérateurs PAO avec moi...
J'espère que tu as reçu des indemnités de licenciement conséquentes, après 20 ans d'ancienneté. Sinon, il faut traîner son employeur aux prud'hommes !

@Virgulon : le principe pour établir un tarif, c'est d'évaluer le plus précisément possible le temps que ça prendra (sans le sous-estimer, ce qui est fréquent : il faut tout prendre en compte, le temps de réunion, le temps de correction, les aller-retours avec les commanditaires, et même le temps de paperasserie administrative), puis d'établir ton tarif horaire (qui ne doit pas être trop haut, sans quoi tu ne décrocheras rien, ni trop bas, tu ne peux pas accepter d'être au smic). Tu peux ainsi établir un devis pour ton client en précisant le temps et le tarif horaire, afin qu'il comprenne que tes prix sont justifiées.
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Re: Fiche de lecture argumentaire

Message non lu par ann65 » 07 sept. 2011, 10:18

azucena a écrit :Moi aussi, je suis une vilaine vieille correctrice AE ! Trente-deux ans de métier en tant que salariée.
Les circonstances nous ont parfois imposé ce "choix" qui n'en est pas vraiment un...
Pour ma part, j'étais, depuis près de vingt ans, salariée du studio prépresse d'une grande imprimerie mais, petit à petit, le travail de composition en interne a fait défaut et mon poste de correctrice a carrément disparu... J'ai fait appel à l'Inspection du travail, j'ai fait appel à la Filpac, rien n'y a fait. J'ai été virée, jetée, lourdée, bazardée, et plusieurs opérateurs PAO avec moi...

Passage, à cinquante-trois ans, par la case Pôle emploi où, en province surtout, on vous regarde d'un drôle d'air quand vous dites que vous voulez continuer à exercer votre admirable et bien-aimé métier. Ce métier auquel vous avez donné toute votre jeunesse trop vite enfuie. Celui à cause duquel vous avez à présent les yeux et la tête un peu fatigués, les épaules fourbues, des crampes dans les doigts, les canaux carpiens en alerte et un bon petit paquet de graisse en trop.

Alors, jeté à la rue, le vieux correcteur fatigué s'extirpe tant bien que mal de sa chaise de travail et se met debout. Il croit encore en lui, en ses capacités, en son expérience pluri-décennale, il se jette à corps perdu dans la bataille des AE, souvent avec des armes bien mal fourbies, car on ne lui a pas enseigné à chercher du travail. Il ne connaît parfois pas grand-chose en matière de langage informatique... Le voilà projeté dans l'arène et il doit se transformer en agent commercial, en comptable, que sais-je encore... Il vient, hélas, mille fois hélas, le cœur serré, son code typo, son typomètre et ses souvenirs sous le bras, bouffer le pain des "jeunots" auxquels il aurait encore bien des "choses du métier" à enseigner et auxquels il aurait bien voulu léguer en héritage sa place salariée... si seulement on lui en avait laissé le temps.

Voilà, dans une société qui pratique le "jeunisme" à outrance, nous n'avons, nonobstant nos longues expériences, nos savoirs et savoir-faire, plus d'autre avenir que d'attendre une fin de carrière que l'on nous promet bien triste et bien misérable...

Merci, jeunes gens, de ne pas ajouter vos injustes rancœurs à notre profond désarroi et à notre vif courroux.

Il m'est avis que, de votre côté, vous auriez dû vous battre davantage, avec plus d'ardeur et de courage, pour nous conserver un droit à la retraite à soixante ans et, ainsi, vous faire place nette, mais vous avez, du haut de l'invincibilité et de l'immortalité où votre jeunesse vous égare, baissé les bras bien plus tôt que nous l'eussions fait à votre place en d'autres temps. Il vous faudra à présent supporter les AE quelques années de plus, puisque c'est à ce statut indigne que le monde du travail condamne ses vieux salariés...
A 46 ans, je ne me considère plus vraiment jeune, mais ma colère contre les employeurs margoulins reste entière ! Et ce n'est pas de la rancoeur. Ces "'enfoirés" (par exemple ceux qui exigent de leurs "salariés" qu'ils s'inscrivent comme AE), il faut les traîner devant les tribunaux pour qu'ils comprennent que le code du Travail ce n'est fait pour les chiens.

Quelques remarques sur votre message.

Qui a appris à "se vendre" ? Pas grand-monde si ce n'est les jeunes issus des écoles de commerce.
Il n'en reste pas moins que dès lors que l'on cherche du boulot... il faut "se vendre", que l'on propose ses services en tant que salarié ou en tant que prestataire. Le temps où le salarié faisait toute sa carrière dans la même entreprise est révolu depuis trèèèèèèès longtemps.
S'offusquer (ou même s'étonner) de cela me semble pour le moins étrange.

De même, regretter (s'étonner ?) que l'on vous rigole au nez quand vous arrivez avec votre typomètre sous le bras (ou du moins regretter qu'il vous soit devenu inutile), c'est un peu comme si un informaticien regrettait (s'étonnait ?) qu'un employeur lui rigole au nez quand il annonce qu'il ne programme qu'en langage basic ; ou comme si un architecte annonçait qu'il ne travaille qu'avec son crayon et sa règle et s'étonnait (s'offusquait ?) de ne pas être pris au sérieux ; ou comme si un rédacteur précisait aux rédactions qu'il démarche qu'il ne rend ses articles qu'écrits à la main, "à l'ancienne", et s'étonnait de ne pas être retenu ; ou comme si un maquettiste prétendait vouloir continuer à être dans la course sans maîtriser aucun des logiciels de PAO et s'étonnait de voir ses candidatures rejetées...

S'adapter aux progrès technologiques et à la société qui évolue, ce n'est pas encourager le "jeunisme"... C'est simplement vivre avec son temps et dans son temps. Et c'est ce que vous avez fait durant toute votre carrière...

Enfin, je réagis à ce "De votre côté [des jeunes],vous auriez dû vous battre davantage, avec plus d'ardeur et de courage, pour nous conserver un droit à la retraite", je trouve ce procès et ce reproche bien cruels et fort déplacés Azucena...
Quand tu as 25 ans, quand tu es bardé(e) de diplômes BAC + 5, quand tu arrives sur le marché du travail et quand tu ne te vois proposer (au mieux...) que des stages payés moins de 400 euros ou un boulot d'esclave rémunéré au Smic... tu as tout juste assez de force pour te battre pour ta survie.
Je ne pense pas que ces jeunes se sentent "invincibles et immortels" lorsqu'ils voient les portes se fermer devant eux avec tant de violence.

Ne vous trompez pas "d'ennemis" Azucena ! Votre désespoir et votre... rancoeur vous égarent.
Dernière modification par ann65 le 08 sept. 2011, 10:20, modifié 1 fois.
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Re: Fiche de lecture argumentaire

Message non lu par GinaFizz » 08 sept. 2011, 09:37

Sans accabler Azucena dont le témoignage me touche, je tiens à ajouter mon grain de sel.

Journaliste pigiste depuis 6 ans, 30 ans au compteur et un flambant Bac + 5 en Lettres avec mention Très bien, j'ai participé à toutes les manifs lors de la réforme des retraites - et je n'étais pas la seule. Je vote consciencieusement, j'ai mes convictions et mes révoltes. Et j'ai bien vite compris que l'univers ouaté de l'université n'allait pas déboucher sur une carrière "autoroute du bonheur".

Azucena, je suis navrée des conditions dans lesquelles vous avez été licenciée. Mais n'imaginez pas que la situation soit plus simple pour les "jeunes". Ce que vous vivez au quotidien depuis quelques années en tant qu'AE constitue une perspective de carrière (dans son entier) pour pas mal de monde. Il va de soi que le mot "retraite" est à mes yeux nimbé d'un dodu nuage de mystère ! J'écarte généralement cette idée pour revenir au présent, à savoir mon salaire, mes charges et mon loyer.

Donc révoltez-vous contre la boîte qui vous a mise dehors sans autre forme de procès, battez-vous pour vos indémnités de licenciement si ce n'est déjà fait, allez voter, manifestez, parlez-en autour de vous. Mais ne "nous" renvoyez pas la patate chaude. Nous l'avons prise en pleine tronche... un peu plus vite que vous. :wink:
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Re: Fiche de lecture argumentaire

Message non lu par azucena » 08 sept. 2011, 18:51

coco47 a écrit :Comme je vous comprends, Azucena ! Sauf quand vous rendez responsables de l'échec de la mobilisation contre la contre-réforme des retraites les jeunes salariés. Ceux qui ont permis que passe cette contre-réforme infâme s'appellent Bernard Thibault et François Chérèque, qui se sont battus, bec et ongles, contre la grève générale. Ne cherchez pas plus loin.

C'est vraisemblable et je vous l'accorde. J'ai été moi aussi fort choquée et déçue par leurs agissements (ou non-agissements, c'est selon). Mon petit reproche était fait aux jeunes essentiellement, mais pas seulement, car ils sont la force active d'aujourd'hui et de demain. À vrai dire, je comptais peut-être un peu plus sur eux que sur moi-même pour reprendre le flambeau de nos vieilles luttes (je dois être un peu lasse de lutter contre des moulins à vent) et je ne crois pas avoir de leçon à recevoir en la matière. Pour moi, les jeunes ont une grande force, celle de pouvoir croire et lutter, la flamme de l'espoir est encore en leur cœur et les forces purement physiques ne leur manquent pas. Quant aux moins jeunes comme moi, ils ont laissé quelques plumes dans les luttes... Cependant, malgré quelques courbatures, un "crabe" endormi et des "guibolles en papier mâché", mon mari (déjà retraité) et moi étions dans la rue jusqu'à la dernière minute et nous serions certainement dans les premiers à reprendre le flambeau et à hurler plus fort que les autres si demain il fallait se lever à nouveau.

Quant aux urnes dont quelqu'un a parlé ici... Nous verrons ça bientôt. Pourvu que les Français n'aient pas, encore une fois, la mémoire bien courte...
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Re: Fiche de lecture argumentaire

Message non lu par azucena » 08 sept. 2011, 20:32

[quote="ann65
A 46 ans, je ne me considère plus vraiment jeune, mais ma colère contre les employeurs margoulins reste entière ! Et ce n'est pas de la rancoeur. Ces "'enfoirés" (par exemple ceux qui exigent de leurs "salariés" qu'ils s'inscrivent comme AE), il faut les traîner devant les tribunaux pour qu'ils comprennent que le code du Travail ce n'est fait pour les chiens.

Et que croyez-vous que l'on fît ? À vrai dire, j'admire votre force, vous avez encore les moyens de rêver à un monde juste et plus beau, tant mieux. Dans mon cas, j'ai bel et bien fini de croire et d'espérer. L'Inspection du travail a joué le jeu... de mon employeur, tout simplement parce qu'il y avait cinquante ou soixante emplois à préserver dans une région économiquement anéantie. Soit il nous virait, soit il mettait carrément la clé sous la porte. Que croyez-vous que l'Inspection a choisi de faire ? Elle a fermé les yeux et donné son aval pour trois "ruptures conventionnelles" successives aboutissant toutes trois au Pôle emploi et un licenciement de délégué du personnel pour "inaptitude" alors que le pauvre garçon était certes malade mais, ayant deux enfants à élever, travaillait quand même (et bien !) depuis des années. C'est même un de mes collègues du studio prépresse qui a témoigné contre lui. Abasourdie ! révoltée ! Il y a hélas des jours où on aimerait pourvoir donner quelques coups de poings dans la tronche de certains... Le Pôle emploi, qui a bien compris où le bât blessait, s'est tu lui aussi, parce que du boulot pour les quinquas, il n'y en a pas, autant ne pas s'emm... avec eux et les laisser patauger tout seuls dans leur boue.
Après, quelques AE de plus ça fait toujours ça de moins sur les listes du chômage et, après l'échec en AE, on n'aura même pas besoin de les rétribuer... Merci qui ?


Quelques remarques sur votre message.

Qui a appris à "se vendre" ? Pas grand-monde si ce n'est les jeunes issus des écoles de commerce.
Il n'en reste pas moins que dès lors que l'on cherche du boulot... il faut "se vendre", que l'on propose ses services en tant que salarié ou en tant que prestataire. Le temps où le salarié faisait toute sa carrière dans la même entreprise est révolu depuis trèèèèèèès longtemps.
S'offusquer (ou même s'étonner) de cela me semble pour le moins étrange.

S'étonner, non, on ne s'étonne pas. S'offusquer... pourquoi pas... Vous savez, en province, dans les petites villes dont on ne peut pas toujours s'échapper, pour un correcteur il n'y a guère d'autre entreprise que celle où, par chance, il exerce. Ici, c'est une région de rêve... pour les "estivants" seulement.

De même, regretter (s'étonner ?) que l'on vous rigole au nez quand vous arrivez avec votre typomètre sous le bras (ou du moins regretter qu'il vous soit devenu inutile), c'est un peu comme si un informaticien regrettait (s'étonnait ?) qu'un employeur lui rigole au nez quand il annonce qu'il ne programme qu'en langage basic ; ou comme si un architecte annonçait qu'il ne travaille qu'avec son crayon et sa règle et s'étonnait (s'offusquait ?) de ne pas être pris au sérieux ; ou comme si un rédacteur précisait aux rédactions qu'il démarche qu'il ne rend ses articles qu'écrits à la main, "à l'ancienne", et s'étonnait de ne pas être retenu ; ou comme si un maquettiste prétendait vouloir continuer à être dans la course sans maîtriser aucun des logiciels de PAO et s'étonnait de voir ses candidatures rejetées...

C'était une image, il ne vient à l'idée de personne de se présenter ainsi. Il y a belle lurette que je n'utilise plus de typomètre et je ne le regrette pas. Par ailleurs, sans pour autant être maquettiste, je crois maîtriser bien plus que nombre de correcteurs certains logiciels de PAO dont il m'a bien fallu, province oblige encore une fois, apprendre quasiment "sur le tas" à connaître les rouages. Hélas, c'est bien connu, quand on fait bien le travail que l'on fait, on ne peut guère évoluer. Ici, les employeurs filous réservent le strict minimum de temps à la formation continue.

S'adapter aux progrès technologiques et à la société qui évolue, ce n'est pas encourager le "jeunisme"... C'est simplement vivre avec son temps et dans son temps. Et c'est ce que vous avez fait durant toute votre carrière...

Exact. Encore faut-il, encore une fois, que les portes de la formation continue soient largement ouvertes dans les entreprises, notamment dans les petites villes où, comme chacun le sait... on fait ce qu'on peut avec les moyens techniques que l'on a...

Enfin, je réagis à ce "De votre côté [des jeunes],vous auriez dû vous battre davantage, avec plus d'ardeur et de courage, pour nous conserver un droit à la retraite", je trouve ce procès et ce reproche bien cruels et fort déplacés Azucena...

Il n'y a là rien de cruel et ce n'est pas un injuste procès non plus, seulement la constatation quelque peu amère que j'ai pu faire, dans ma région tout au moins. Les "vieux" comme moi étaient encore dans la rue quand les "jeunes" n'y étaient plus. Les "vieux" iront voter de bon matin quand les "jeunes" ne seront pas encore inscrits sur les listes électorales. Or, face à nos maux physiques naissants, face à notre découragement après tant d'années de luttes, nous laisserions volontiers aux plus jeunes la force d'y croire et l'énergie de reprendre le flambeau, de vouloir se lever et de se battre. Vous savez, la retraite, financièrement parlant, nous n'y tenons pas plus que ça et nous savons encore travailler...

Quand tu as 25 ans, quand tu es bardé(e) de diplômes BAC + 5, quand tu arrives sur le marché du travail et quand tu ne te vois proposer (au mieux...) que des stages payés moins de 400 euros ou un boulot d'esclave rémunéré au Smic... tu as tout juste assez de force pour te battre pour ta survie.
Je ne pense pas que ces jeunes se sentent "invincibles et immortels" lorsqu'ils voient les portes se fermer devant eux avec tant de violence.

Voyons les choses dans l'autre sens. J'ai 53 ans, je suis bardée de diplômes (BAC + 5 pour moi aussi). Je suis depuis près de trente ans dans le milieu du travail et j'ai vu mon coefficient dégringoler jusqu'au SMIC, plus bas que celui que j'avais quand j'ai commencé à travailler (si, si !)...
Quand tu as 53 ans, que tous te conseillent de la fermer parce que ton employeur est âgé et dit à qui veut bien l'entendre que si on lui met les bâtons dans les roues il mettra la clé sous la porte et plus de cinquante emplyés au chômage, que tu as plus de mal à boucler tes fins de mois qu'il y a trente ans, que ton employeur abuse de sa position et de ta vulnérabilité, qu'il fait petit à petit disparaître ton poste, qu'il te met au placard, qu'il embauche un petit chef vulgaire qui t'insulte (véridique !), que tes propres collègues ont tellement les "copeaux" de perdre leur job qu'ils détournent la tête quand tu leur adresses la parole, qu'en plus de ça tu te paies la grave maladie de ton conjoint, un jeune adulte handicapé à porter à bout de bras, une future belle-fille "Amour dans le pré", les courses du samedi, la popote du dimanche et 100 bornes tous les jours pour aller te sentir totalement inutile, que tu es obligée, pour payer les études de ton fils et régler tes factures, de donner des cours tous les soirs après le boulot jusqu'à plus d'heure, que le syndicat (on taira le nom), l'Inspection et la Médecine du travail, appelés à ton secours, se planquent alors même que tu leur mets les faits sous les yeux... tu n'as même plus ce fameux "tout juste assez de force" de te battre pour ta survie parce que tu ne crois plus en rien ni en qui que ce soit, et peut-être même plus en toi-même.
En ce qui concerne les stages à 400 €, quand j'avais 25 ans, cela n'existait certes pas, mais la situation n'était guère plus enviable. C'était le (ou les) mois d'essai, l'embauche — ou pas — et rien d'autre... Et souvent, c'était du zéro franc ou, en attendant l'occasion de trouver mieux, l'usine ou les petits boulots. Les portes ne se fermaient pas, elles ne s'ouvraient pas, tout bonnement... Et encore, quand et là où il y avait des portes !


Ne vous trompez pas "d'ennemis" Azucena ! Votre désespoir et votre... rancoeur vous égarent.[/quote]

Aucun égarement, j'ai beaucoup donné, beaucoup lutté aussi, je n'ai plus la capacité de rêver et de me battre, c'est tout.
De la rancœur ? Certainement, on en aurait pour bien moins que ça.
Quand à se tromper, je pense plutôt que ceux qui accusent les auto-entrepreneurs de tous leurs maux se trompent bien plus que moi d'ennemi.
Nous sommes tous appelés à faire ce que nous pouvons pour survivre et il y a belle lurette que, quant à nous, nous mangeons des patates, chaudes ou pas...


Mais nous étions venus là pour Virgulon, et nous l'avons un peu oublié/e (?). J'ai voulu simplement réagir contre ceux qui accusent les AE de tous les maux et ne savent pas toujours de quoi il retourne ni comment les gens en sont arrivés là et ne feront vraisemblablement rien pour changer les choses... J'avais à dire que travailler sous ce statut ne relève pas forcément d'un choix délibéré, il n'est guère enviable, à tous points de vue, mais c'est souvent ça ou le "chomdu". À 50 ans passés, tu as encore moins de "choix" que les autres et je ne souhaite à personne d'en arriver à cette solution après trente ans de travail salarié.


À part ça, pardon, mais je ne me suis exceptionnellement pas relue, on attend la "mamma" en cuisine...
azucena
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Re: Fiche de lecture argumentaire

Message non lu par azucena » 08 sept. 2011, 20:36

cilou a écrit :
azucena a écrit :mon poste de correctrice a carrément disparu... J'ai fait appel à l'Inspection du travail, j'ai fait appel à la Filpac, rien n'y a fait. J'ai été virée, jetée, lourdée, bazardée, et plusieurs opérateurs PAO avec moi...
J'espère que tu as reçu des indemnités de licenciement conséquentes, après 20 ans d'ancienneté. Sinon, il faut traîner son employeur aux prud'hommes !

Bien entendu ! Mais bon, "ya" pas de quoi fouetter un chat non plus...
Vu que l'Inspection du travail a donné son accord les yeux fermés, je suis partie avec un peu plus que les indemnités qui m'eussent été dues en cas de licenciement économique.
Les Prud'hommes, c'est pour ceux qui se sentent et se savent soutenus... Quand tout le monde te lâche, tu lâches aussi.
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Re: Fiche de lecture argumentaire

Message non lu par azucena » 08 sept. 2011, 20:41

À part ça, pardon, mais je ne me suis exceptionnellement pas relue, on attend la "mamma" en cuisine...[/quote]

Effectivement, j'aperçois quelques belles bourdes çà et là... Vraiment désolée ! On se relira à tous les coups à l'avenir. Ah, les casseroles sur le feu !
ann65
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Re: Fiche de lecture argumentaire

Message non lu par ann65 » 09 sept. 2011, 10:50

azucena a écrit : J'ai voulu simplement réagir contre ceux qui accusent les AE de tous les maux et ne savent pas toujours de quoi il retourne ni comment les gens en sont arrivés là et ne feront vraisemblablement rien pour changer les choses... J'avais à dire que travailler sous ce statut ne relève pas forcément d'un choix délibéré, il n'est guère enviable, à tous points de vue,
Nous nous sommes très mal comprises. Je n'ai sans doute pas été claire.
Les AE ne sont pas coupables, ils sont victimes "d'employeurs" :roll: peu scrupuleux et d'une société qui dévalorise les savoir-faire et le travail, mais qui valorise la "débrouille "et les escroqueries en tous genres...
Je ne les accuse pas de casser le marché, je regrette qu'ils soient exploités.

Bon courage. Votre témoignage est évidemment poignant.
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