Renaissance du diplôme de lecteur-correcteur

Section réservée aux débats sur la correction et les correcteurs : tarifs pour rédiger un article ? Peut-on vivre de la correction ? Quels médias recrutent des correcteurs ?
Avatar de l’utilisateur
J-Fabien
Messages : 120
Inscription : 16 nov. 2012, 02:51
Contact :

Renaissance du diplôme de lecteur-correcteur

Message non lu par J-Fabien » 25 juin 2016, 21:44

Les bonnes nouvelles n’étant pas légion dans notre profession, je ne résiste pas au bonheur de partager celle qui nous a réunis vendredi soir dans un bistrot du XXe pour une À la* des plus réjouissantes.

Il y a quelques mois, nous étions plusieurs à annoncer tristement la fermeture de Formacom et, en conséquence, la disparition du diplôme de lecteur-correcteur.

Nous venons d’apprendre avec satisfaction que la certification du diplôme vient d’être reprise par l’école Estienne, école d’excellence spécialisée dans les métiers du livre. La formation de correcteur, dont la première session devrait débuter en septembre, reprend le même contenu et sera assurée, pour l’essentiel, par les même profs. C’est donc bien la même formation de haut niveau qui renaît de ses cendres.

Le coût de la formation ne sera pas plus élevé, voire inférieur, et il y aura sans doute des possibilités de financement plus larges, l’établissement faisant partie de l’Éducation nationale.

Tous les anciens élèves et enseignants de Formacom présents vendredi se réjouissaient de savoir que la transmission de notre métier se pérennisait et que de nouveaux élèves, futurs correcteurs, auraient la chance, le privilège, de recevoir cet enseignement d’excellence.

C’est aussi une excellente nouvelle pour l'avenir de notre métier, dans un contexte qui ne lui est pas, par ailleurs, très favorable.

Un grand merci à Patricia Nerre, dernière présidente de Formacom, qui a beaucoup œuvré pour cela.


« À la santé du confrère
Qui nous régale aujourd'hui… »


* Une À la (appellation venant de la chanson des typographes À la santé du confrère) est une réunion informelle de correcteurs, consistant à picoler tout en discutant typographie (discuter typo étant facultatif). On sait qu’un correcteur est bon quand, ivre-mort, il est encore capable d’expliquer ce qu’est une virgule déterminative.
coco47
Messages : 1037
Inscription : 27 nov. 2008, 05:00
Contact :

Re: Renaissance du diplôme de lecteur-correcteur

Message non lu par coco47 » 28 juin 2016, 04:12

Bonjour J-Fabien,
Le À la, que j'ai connu masculin pendant plus de quarante années de métier, aurait donc changé de sexe ? Et on ne m'avait rien dit ! Que fait le Syndicat des correcteurs ? Qu'en pensent les confrères, à la santé de qui je lève mon verre. Pas d'eau, pas d'eau, pas d'eau…
Catherine_75
Messages : 698
Inscription : 06 févr. 2008, 19:21
Contact :

Re: Renaissance du diplôme de lecteur-correcteur

Message non lu par Catherine_75 » 28 juin 2016, 10:02

Tiens, J-Fabien, tu étais là, vendredi soir ? Moi aussi. Nous nous sommes donc croisés.

Coco47 a totalement raison, j'ai toujours et partout entendu parler d'un À la.

Bonne journée,

Catherine
Avatar de l’utilisateur
J-Fabien
Messages : 120
Inscription : 16 nov. 2012, 02:51
Contact :

Re: Renaissance du diplôme de lecteur-correcteur

Message non lu par J-Fabien » 28 juin 2016, 21:53

Le Syndicat des correcteurs, cela fait bien longtemps qu’il ne s’occupe plus de rien et surtout pas de cette école dont il a renié la paternité et qu’il a regardée crever sans ciller…

Autre temps, autres mœurs, j’ai toujours entendu ce mot au féminin, mais puisque nul dictionnaire n’a daigné l’accueillir, et qu’il nous appartient donc en propre, laissons-le voguer au fil des usages, des préférences et de ses humeurs identitaires mouvantes.

Vu la taille du café et l’étroitesse du trottoir qui le bordait, nous avons même dû nous frôler… ☺
Ne travailles-tu pas parfois chez un célèbre éditeur juridique, aux cotés de C. B., maître ès virgules (entre autres) ?
coco47
Messages : 1037
Inscription : 27 nov. 2008, 05:00
Contact :

Re: Renaissance du diplôme de lecteur-correcteur

Message non lu par coco47 » 30 juin 2016, 05:26

J-Fabien a écrit :Le Syndicat des correcteurs, cela fait bien longtemps qu’il ne s’occupe plus de rien et surtout pas de cette école dont il a renié la paternité et qu’il a regardée crever sans ciller…
Dont acte.
J-Fabien a écrit :Autre temps, autres mœurs, j’ai toujours entendu ce mot au féminin, mais puisque nul dictionnaire n’a daigné l’accueillir, et qu’il nous appartient donc en propre, laissons-le voguer au fil des usages, des préférences et de ses humeurs identitaires mouvantes.
J-Fabien, vous l'avez toujours entendu au féminin. C'est-à-dire depuis quelle année, et où ? Désolé de jouer les vieux de la vieille, mais j'ai entendu dire « un À la » de 1971 à 1995 dans des dizaines de cassetins et d'ateliers du labeur et de la presse parisiens, et je l'ai entendu dire au masculin par des ouvriers à deux doigts de la retraite qui eux-mêmes l'avaient connu tel depuis les années 1940. Et j'ai participé, parfois sans modération, à un paquet de À la masculins au fil d'un paquet d'années. (À France-Soir, il y avait un À la tous les jours, et un vieux typo était même préposé à l'approvisionnement et à la tenue de ce qu'on appelait le « bar parallèle » Ce type ne faisait — et ne savait plus faire — que cela. La Gutenberg [caisse de retraite complémentaire] ne s'en portait que mieux, puisque le tiers des ouvriers [typos, correcteurs, rotativistes, clicheurs, photograveurs…] calanchaient du maladies dues à l'alcool après à peine quelques années de retraite.) Bref, quand je parle du masculin de À la, il ne s'agit pas de préférences ni d'humeurs (d'ailleurs, si humeurs il pourrait y avoir, ce ne serait pas celles de « ce mot » mais les vôtres).
Mais, après Catherine et moi, d'autres correcteurs peuvent-ils faire état des usages qu'ils ont constatés à ce sujet ?
Catherine_75
Messages : 698
Inscription : 06 févr. 2008, 19:21
Contact :

Re: Renaissance du diplôme de lecteur-correcteur

Message non lu par Catherine_75 » 01 juil. 2016, 02:18

J-Fabien a écrit :Le Syndicat des correcteurs, cela fait bien longtemps qu’il ne s’occupe plus de rien
Tiens donc ? Assister les syndiqués aux prud'hommes, ce n'est rien ? Être le lien entre employeurs et correcteurs, ce n'est rien ? Défendre bec et ongles les droits des correcteurs et leur statut de salariés, ce n'est rien ?
Le problème, vois-tu, c'est qu'aujourd'hui c'est chacun pour sa pomme, surtout avec l'auto-entrepreneuriat. Avant que le Syndicat ne « s'occupe de quelque chose », il faudrait que les syndiqués pensent à se fédérer et à s'occuper, eux-mêmes, de « quelque chose ». Beaucoup ne souhaitent se syndiquer que s'ils y trouvent un avantage personnel, en ayant complètement zappé les principes de solidarité et d'entraide du syndicalisme, les intérêts collectifs, pas seulement individuels. Alors, bien sûr, avec cet état d'esprit, les syndiqués se font rares, surtout ceux qui payent leurs cotisations, et un syndicat quasi vide de militants ne peut plus faire grand-chose…
J-Fabien a écrit :et surtout pas de cette école dont il a renié la paternité et qu’il a regardée crever sans ciller…
Comment peux-tu être aussi péremptoire ? Je peux t'assurer que le sort de Formacom a toujours préoccupé le Syndicat des correcteurs. Que voulais-tu qu'il fît ?
J-Fabien a écrit :Autre temps, autres mœurs, j’ai toujours entendu ce mot au féminin, mais puisque nul dictionnaire n’a daigné l’accueillir, et qu’il nous appartient donc en propre, laissons-le voguer au fil des usages, des préférences et de ses humeurs identitaires mouvantes.
Je n'ai rien à ajouter à la réponse de coco47.
J-Fabien a écrit :Vu la taille du café et l’étroitesse du trottoir qui le bordait, nous avons même dû nous frôler… ☺
Ne travailles-tu pas parfois chez un célèbre éditeur juridique, aux cotés de C. B., maître ès virgules (entre autres) ?
Raté ! Je ne vais pas chez Dalloz, je travaille principalement en presse.
alléluia
Messages : 21
Inscription : 23 juin 2009, 18:08
Contact :

Re: Renaissance du diplôme de lecteur-correcteur

Message non lu par alléluia » 06 juil. 2016, 20:23

coco47 a écrit : Mais, après Catherine et moi, d'autres correcteurs peuvent-ils faire état des usages qu'ils ont constatés à ce sujet ?
Ça fait bien longtemps que je n'ai pas participé à un À la. Enfin, de mon temps, c'était un À la.
Répondre

Revenir à « Correction & correcteurs »