Manifestation des chômeurs et précaires samedi 8 décembre

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Fred (CNT)
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Manifestation des chômeurs et précaires samedi 8 décembre

Message non lu par Fred (CNT) » 05 déc. 2007, 17:27

Nous appelons tous les travailleurs de la presse, leurs syndicats et associations à nous rejoindre samedi 8 décembre à la manifestation nationale des chômeurs et précaires organisée par les associations de chômeurs (AC!, MNCP, APEIS et CGT-Chômeurs) et soutenue par la CNT. A Paris, départ 14h Place de la République.

Du forçat de la pige au galérien du stage, du standardiste en intérim au collaborateur régulier, la précarité dans les boîtes de presse se porte plutôt bien.
Très bien même puisque, malgré une concurrence acharnée, la presse, avec un tiers de travailleurs précaires, se maintient gaillardement dans le peloton de tête des activités les plus précarisées. Encore ce tiers ne concerne-t-il que le "cœur de métier", c'est-à-dire les journalistes au sens des conventions collectives, et ne prend-il pas en compte les activités dites "annexes" (informatique, secrétariat, documentation, etc.) d'une boîte.
Mais un taux de précarité élevé n'est pas le seul titre de gloire du secteur presse. Vieux briscard du contournement du CDI, la presse se distingue aussi par le nombre et la variété de ses statuts précaires, témoignant encore une fois de l'imagination dont savent faire preuve les patrons quand il s'agit de gros sous.
Car le travail précaire, c'est d'abord un enjeu financier : exigence de productivité, durée de contrat adaptée aux besoins de l'entreprise, indemnités de fin de contrat minimales voire inexistantes, rémunérations inférieures au CDI et constamment revues à la baisse, baisse ou exonération des cotisations sociales…
C’est aussi un enjeu social, notamment pour ce qui concerne le droit du travail : difficile en effet pour un précaire, le plus souvent isolé, déconnecté de la vie de l'entreprise, soumis à un chantage à l'emploi permanent, de le faire respecter – une situation d'autant plus prégnante dans le secteur presse que s'y développe le télétravail, avec ses risques d’atomisation accrue des travailleurs. Quant à la défense collective des travailleurs, si les précaires peuvent (sous certaines conditions tout de même) être délégués syndicaux ou représentants du personnel, l'exercice relève du parcours du combattant, version kamikaze.
Il est aussi un enjeu social par les divisions qu'il génère entre les travailleurs : entre CDI et non-CDI, mais aussi entre les différents statuts précaires.
C'est enfin, pour le secteur presse, un enjeu idéologique : difficile, là encore, pour un précaire, de s'opposer au contrôle de l'info, et donc de l'opinion, exercé par gouvernement et patronat, et de contester et/ou dénoncer censure et gros mensonges imposés par sa direction. Ou de s'opposer au contrôle exercé par les annonceurs et l'idéologie qu'ils véhiculent.

Vu sa redoutable efficacité comme machine à fric et comme outil de déconstruction sociale, on comprend l'engouement patronal pour le contrat précaire, quelle que soit sa forme. Un engouement tel, d'ailleurs, que pour Mme Parisot et le Medef, la priorité des priorités, c'est le fameux contrat de travail unique, en lieu et place de tous les contrats existants, un contrat précaire bien entendu.
Peut-être, alors, les travailleurs verront-ils mieux la nécessité de ne pas dissocier leurs luttes en fonction de leur statut ?

Tour de piste de la presse précaire

Profession pigiste
"Tu fais quoi, toi, dans la vie ? – Moi ? je suis pigiste." Une réplique fréquente ces derniers temps, au cinéma comme à la télé. Le détournement du terme "pigiste", qui désigne le statut d'un journaliste rémunéré à la tâche, pour lui attribuer le sens de "profession journaliste" n'est pas anodin : en assimilant un statut à une profession il banalise et institutionnalise la précarité dans la presse. Et si la "profession pigiste" est très valorisée par les médias comme par l'industrie culturelle, la réalité est beaucoup moins valorisante.
Numéro 1 de la précarité dans la presse, ce statut, réservé à l'origine à certaines professions non postées et à des compétences spécifiques (photographes, rédacteurs, dessinateurs, etc.), s'applique à présent à tous les métiers du journalisme. En 2004, il concernait 20 % des journalistes, un taux en constante augmentation (+ 50 % en 10 ans). Car la pige est une bonne affaire pour les patrons : pas d'indemnités de fin de contrat, congés payés souvent inclus dans le salaire brut, des salaires de base dépassant à peine le smic, et… pas de contrat. Les patrons ont en effet pris la mauvaise habitude de considérer et d'imposer la pige comme une forme de contrat de travail, dans la plus parfaite illégalité, et malgré la loi Cressard (1974), qui rappelle que la pige n'est qu'un mode de rémunération, et que l'absence de contrat équivaut à un CDI. Trente ans après, la quasi-totalité des pigistes continuent de travailler sans contrat et de miser sur la bonne foi de leurs patrons…

Le petit vernis de la précarité : le CDD
Il présente quelques avantages non négligeables : prime de précarité, congés payés non compris dans le salaire brut. De plus, soumis à un encadrement juridique strict, il est relativement protecteur du droit du travail : rupture de contrat motivée, égalité de traitement avec les CDI (en principe)… C'est sans doute la raison pour laquelle le recours au CDD plutôt qu'à la pige est généralement le fruit d'un combat syndical, et non du bon vouloir patronal.

Services "annexes"
Pour ces services (personnel administratif, informatique, accueil, entretien, etc.), c'est le plus souvent par le biais de l'externalisation que s'est instaurée la précarité. Des services revendus à des sous-traitants, généralement des sociétés de services qui font leur beurre en se débarrassant des CDI pour les remplacer par des intérimaires. Coup double pour la boîte de presse : un intérimaire externe, ça revient moins cher et, ne faisant pas partie de la boîte, ça ne revendique pas.


Correspondants locaux de presse (CLP)
Le chouchou de la PQR. Traditionnellement instits, notables ou élus locaux, les CLP ne bénéficient pas du statut de journaliste. Mieux, travaillant sans contrat, payés en honoraires, les CLP ne relèvent même pas du statut salariés et sont assimilés à des travailleurs indépendants. Pas de cotisations sociales, pas de rémunération minimale, pas de contraintes liées au droit du travail : une aubaine pour les patrons de presse locale, qui, en l'absence d'encadrement juridique du recours au CLP, ne se gênent pas pour appliquer ce statut à un nombre croissant de journalistes professionnels (25 000 en 2004). Payés une misère, ne bénéficiant ni de la protection du Code du travail ni de protection sociale, les CLP constituent le Lumpenprolétariat du journalisme.

Le CDD d'usage
Réservé à certains secteurs d'activité à caractère saisonnier (dont l'information et l'audiovisuel) et "aux emplois par nature temporaires", il est très prisé dans l'audiovisuel. Au contraire du CDD classique, il peut être renouvelé indéfiniment. Conclu et conçu pour des durées très courtes (un à plusieurs jours), il est le contrat flexible idéal. Et, cerise sur le gâteau, il permet aux patrons de s'exonérer de la prime de précarité.

Stagiaires
Qui n’a jamais vu un service ou une rédaction tenir sur les épaules d’un stagiaire, conventionné ou non, bien entendu pas payé ou tout juste indemnisé. Notamment pendant ces glorieuses périodes estivales où, les journaux devant bien paraître tout de même, le stagiaire devient souvent presque le maître des lieux… Sans parler de la non-existence fréquente de tuteur et de réel suivi. Et pourtant on sait bien que le stage est un passage presque obligé pour entrer dans une entreprise de presse à la sortie de la formation. En gros, un bon cheptel de jeunes arrivants corvéables et taillables à merci, sans droit, sans salaire et donc… sans problème !

Travailleur indépendant
En pleine expansion en Europe et en France, le statut indépendant chez les journalistes fait d'abord un tabac dans les pays de l'ex-URSS (80 % des journalistes) comme dans les pays anglo-saxons, dont il symbolise parfaitement l'idéologie qui y règne en maître (laisser-faire économique et marché roi). Vendu comme un contrat "de gré à gré", censé résulter à la fois des lois du marché et d'une négociation entre deux parties égales et complémentaires, le "contrat" indépendant est présenté comme la forme idéale de la relation employeur-travailleur. Idéale pour l'employeur, sans aucun doute : d'une part, vu l'état du "marché du travail", c'est lui qui impose les conditions du contrat, d'autre part les termes (rémunération, temps et conditions de travail…) de la relation de travail étant tous "négociés" "de gré à gré", ils ne relèvent pas du droit du travail et ne garantissent aucun filet de protection au travailleur… Pour le travailleur, par contre, c'est une autre histoire : la marge de "négociation " est quasi nulle, il ne bénéficie d'aucune protection, que ce soit sur le plan du droit du travail ou sur celui de la protection sociale.

Face au développement de la précarité, luttons pour obtenir :
• la transformation en CDI de tous les postes fixes ;?
• le paiement en salaire de tous les collaborateurs de presse (Agessa, CLP...) ;?
• l'alignement des droits des précaires sur ceux des CDI, en application du Code du travail ;?
• l'alignement des droits des CDD d'usage sur ceux des CDD ;?
• l'élargissement de l'indemnisation chômage à tous les précaires ;
• la rémunération des stagiaires au tarif du poste occupé ;
• la réintégration des emplois et fonctions sous-traités
• un réduction du temps de travail réelle, sans diminution de salaire, et avec embauches en CDI correspondantes

La précarité t’isole, le syndicat te renforce !
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Message non lu par Mireille » 07 déc. 2007, 21:20

T'es gentil Fred, mais la dernière fois les chômeurs étaient noyés dans une masse et en ordre dispersé.

J'essaierai d'y venir tout de même. C'est où déjà ?

Ha place de la République!

Avec tout ce que tu as écrit je ne retrouvais plus l'adresse.

Je viens juste pour couvrir la maniffe, parce que perso je suis pour les CDD, le vacations et les piges qui sont souvent mieux payées que les emplois CDI :D
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Message non lu par dani l » 07 déc. 2007, 21:33

Bonsoir Mireille !

et dimanche, tu seras à la librairie ? Je suis passé plusieurs fois le week-end mais je n'ai trouvé personne ... (!?)

.................. :roll:
"Chaque employé tend à s'élever à son niveau d'incompétence." Peter et Hull
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Message non lu par Mireille » 07 déc. 2007, 23:04

dani l a écrit :Bonsoir Mireille !

et dimanche, tu seras à la librairie ? Je suis passé plusieurs fois le week-end mais je n'ai trouvé personne ... (!?)

.................. :roll:
Dany, la librairie, je n'y allais plus le dimanche depuis fin juin. Sauf si un auteur me disait qu'il venait faire une dédicace.

De plus le président, jette l'éponge et la trésorière qui nous héberge en a marre de percevoir ses loyers en retard. Bref ! Ca bat de l'aile à la librairie.

J'ai écrit au maire de mon quartier pour trouver un local pas cher, et si c'est jouable je reprends avec un autre nom d'asso.... Pour l'instant, seul fonctionne le blog et mes émissions radio pour les auteurs et musiciens indépendants.
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Message non lu par dani l » 07 déc. 2007, 23:11

En f@it, j'étais passé pour te voir, toi, ou le Président afin de vous proposer de vous aider à en assurer la permanence, vu que c'est près de chez moi ...

................ :wink:
Dernière modification par dani l le 07 déc. 2007, 23:16, modifié 2 fois.
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Message non lu par Mireille » 07 déc. 2007, 23:15

C'était super ça !
Mais bon Gérard est organisé comme "feu défunt mes genoux" selon l'expression consacrée. Et comme il voulait tout régentait, ben ce qui devait merder a merdé :lol:

Mais , je ne lâche pas le truc, il faut un espace dédié aux artistes autroproduits. J'y crois très fort :D
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Message non lu par Mireille » 08 déc. 2007, 17:53

J'y suis allée, en étant gentille je dirai qu'il y avait à tout caser 300 personnes pour 12 cars de polices :lol:

En plus il faisait froid, une espèce de saloperie gelée nous tombait dessus.

C'est pas avec ça que le gouvernement va trembler.

Peut-etre faudrait-il organiser des manifestations de chômeurs en semaine, après quand on ne bosse pas, on a tout notre temps pour dire sa colère au gouvernement.

- qui encourage les salaires smicards
- les abus d'amplitude horaire de travail
Dernière modification par Mireille le 09 déc. 2007, 11:14, modifié 1 fois.
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Message non lu par dani l » 08 déc. 2007, 20:13

Mireille a écrit :J'y suis allée, en étant gentille je dirai qu'il y avait à tout caser 300 personnes pour 12 cars de polices :lol:

En plus il faisait froid, une espèce de saloperie gelée nous tombait dessus.

C'est pas avec ça que le gouvernement va trembler.

Peut-etre faudrait-il organiser des manifestations de chômeurs en semaine, après quand on ne bosse pas, on a tout osn temps pour dire sa colère au gouvernement.

- qui encourages les salaires smicards
- les abus d'amplitude horaire de travail

_ bah! il fer@ plus chaud en mai ...


.................. :shock:
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Message non lu par Fred (CNT) » 10 déc. 2007, 09:57

Mireille, je te trouve un peu dure : on était plutôt 1000… :D Mais c'est vrai que c'est pas énorme vu le sujet et par rapport aux années antérieures. La pluie y a sûrement joué pour beaucoup :evil:
Mai un autre problème joue : l'absence des syndicats (en dehors de la CNT, mais j'admets qu'on est pas une organisation de masse), alors que les sujets deu chômage et de la précarité devraient être l'une de leurs priorités. Laisser cette question aux mains d'association spécialisées (qui font du bon boulot par ailleurs, là n'est pas la question), c'est entériner une séparation entre travailleurs en CDI et les autres : une absurdité à mon sens, surtout vu l'évolution actuelle des conditions de travail.
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Message non lu par starfrog » 10 déc. 2007, 11:36

D'accord avec toi Fred !
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Message non lu par GinaFizz » 10 déc. 2007, 11:47

J'ai traversé la place samedi à 14h (j'habite par là), et il n'y avait vraiment pas foule...
Comme le dit Mireille, c'était plutôt la manif de la police ! :shock:

La faute à la pluie ? Au week-end ? Au sentiment d'impuissance largement répandu chez les chômeurs et précaires ? C'est à craindre. :?
(La manif de fin novembre était aussi pluvieuse, mais nettement plus peuplée.)
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Mireille
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Message non lu par Mireille » 10 déc. 2007, 14:42

Fred (CNT) a écrit :Mireille, je te trouve un peu dure : on était plutôt 1000… :D Mais c'est vrai que c'est pas énorme vu le sujet et par rapport aux années antérieures. La pluie y a sûrement joué pour beaucoup :evil:
Mai un autre problème joue : l'absence des syndicats (en dehors de la CNT, mais j'admets qu'on est pas une organisation de masse), alors que les sujets deu chômage et de la précarité devraient être l'une de leurs priorités. Laisser cette question aux mains d'association spécialisées (qui font du bon boulot par ailleurs, là n'est pas la question), c'est entériner une séparation entre travailleurs en CDI et les autres : une absurdité à mon sens, surtout vu l'évolution actuelle des conditions de travail.
1000 he bien ! à regarder et photographier ça fait peu :shock: Pas de quoi faire un article, non pas parce que cette manife n'était pas populaire, mais surtout pour ne pas faire de tort.

Laisser les syndicats de travailleurs s'occuper de chômeurs n'est pas non plus forcément la panacée, sauf si quelqu'un crée un syndicat de chômeurs qui se bougerait pour aller chercher les personnes privées d'emploi là où elles sont (dans les ANPE et ASSEDIC). Comment regrouper les plus de 6 millions de chômeurs français autrement !!!

Un chômeur est un être isolé à contrario des travailleurs. Pour les atteindre c'est très dur... Pourtant je ne pense pas que les chômeurs soient satisfaits de leur condition... Avec les ASSEDIC qui exigent du rendement de recherche, c'est un job à plein temps... :

- Il faut répondre à des annonces
- s'inscrire dans les boites d'Intérim
- Envoyer des bouteilles à la mer (candidature spontanée)
- Se fabriquer un réseau voir des réseaux
- Fabriquer des lettres de motives personnalisées pour des entreprises qui te répondent avec une lettre type.
- Relancer les bons contacts pour faire passer sa candidature sur le dessus de la pile.
- Relancer les mauvais au cas où la première fois n'était pas le bon moment.
- Participer à des salons pour l'emploi
- Participer à des ateliers dans l'ANPE où l'on est inscrit
- Etre en veille permanente du marché de l'emploi.
- Distribuer sa carte de visite à un maximum de personnes.
- Etc... j'en oublie :lol:

Aujourd'hui le chômeur ne chôme plus, c'est devenu réellement un travailleur dans tous les sens du terme, mais privé d'emploi.
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