"Au jour d'aujourd'hui...

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Leepstick

"Au jour d'aujourd'hui...

Message non lu par Leepstick » 26 juin 2003, 13:49

... Internet est devenu un formidable catalyseur d'affects. On ne parle plus à son voisinage... Voisins, voisines, c'est out. Au jour d'aujourd'hui, on se branche, on surf, on se connecte. Et cela réclame une révolution totale de la mercantique traditionnelle. C'est pour cette raison que je suis heureux que vous participiez à notre network d'échanges de savoir."
Se voulant rassurant, le consultant toucha simultanément son palm et sa cravate en or.
- "Des questions ? Oui ? Monique ? Allez-y..."
- "Une chose m'échappe. Comment écrivez-vous TECTONIQUE ?"
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flute
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Message non lu par flute » 26 juin 2003, 13:50

"Comme sclérose en plaques. .." répondit le hot-liner du fond de la salle.
Sad story. You got a smoke?
Welcome to the human race!
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Makhno
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Message non lu par Makhno » 26 juin 2003, 15:23

Quand retentirent les 12 premières notes affreusement synthétiques du générique de Matrix 2 dans la poche d'Aymeric S, le visage de ce dernier s'empourpra instantanément.

- Je m'excuse, bafouilla t-il en tentant de réprimer son envie de fondre en larmes, mais c'est probablement le laboratoire qui m'appelle pour me communiquer le résultat de mes dernières analyses.

Alors que les doigts couverts de sueur d'Aymeric S. tentaient de mettre fin à la symphonie mutante, un gigantesque éclat de rire le figea sur place.

- J'espère que vos analyses n'ont pas la même allure que le dernier rapport que nous vous avions confié concernant l'externalisation définitive de nos activités "non core business" !
Dernière modification par Makhno le 26 juin 2003, 15:32, modifié 1 fois.
"Rien n'est là pour flatter beaucoup la soif du mieux. Qu'y faire ?"
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Tarjan
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Message non lu par Tarjan » 26 juin 2003, 15:33

Tiens? Makhno est rayé?
" La réalité est une illusion provoquée par le manque de substances alcoolisées." Arleston
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BARA
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Message non lu par BARA » 26 juin 2003, 15:59

Le petit con, qui venait d'entrer sans frapper ni même rougir d'avoir interrompu le directeur marketing dans sa tentative de harcèlement psychologique à l'encontre d'un subordonné particulièrement fragile (il continuait de faire ses achats de costumes chez Celio), tenait une pêche d'enfer. Il raccrocha son cellulaire après un pas de Madison. Il n'en avait plus que pour un mois. Un mois de boîte et il toucherait 23 mois d'ASSEDIC. De quoi partir en Inde via les ex-républiques soviétiques d'Asie centrale. Toute la boîte était au courant. Seul le consultant l'ignorait, qui fit tomber son Palm dans le pot du ficus benjamina.
Voulez-vous ? Voulez-vous ? Voulez-vous ?
Leepstick

Message non lu par Leepstick » 26 juin 2003, 18:31

Le consultant sentait sa réunion lui échapper (d'autant qu'il était vraiment un peu juste sur son dernier rapport sur les activités non-core business). Rapidement, une main dans le ficus, il tentait de se remémorer les quatre key points de sa formation d'entreprise.
1- jamais de questions ouvertes
2- parler consensus
3- avoir l'haleine fraîche
4-
4... ?

Plus de point quatre, plus de Palm et... Clac ! Les quatre doigts les plus utiles de sa main droite pris dans un piège à souris.
Cette réunion sentait le fromage.
Dernière modification par Leepstick le 07 juil. 2003, 11:59, modifié 1 fois.
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DBardel
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Message non lu par DBardel » 26 juin 2003, 23:03

Il ignorait que parmi les racines du ficus serpentaient encore les câbles de l'ancien réseau en fibres optiques, certes obsolète mais néanmoins toujours opérationnel. Quelqu'un avait oublié de le désactiver. Quelque part, sur un moniteur de la première génération, la pulpe de ses doigts gras s'agitait fiévreusement.
Le piège n'avait jamais réussi à happer cette souris, dernier témoin d'une ère où - comme c'est dégoûtant - les mens and girls se parlaient, comme ça directement, d'haleine à haleine. Même ceux qui n'avaient pas été soumis au traitement à la cuiller d'argent. Lorsque les archives ne seront plus gardées secrètes, on découvrira que parfois, ils se touchaient. C'était carrément dégueulasse (excusez-moi d'utiliser cette tournure désuète, mais c'est pour vous plonger dans l'ambiance de l'époque). Il s'agissait d'une souris extrêmement rudimentaire, à deux boutons avec molette. C'est justement ce caractère primitif qui lui permettait d'échapper aux pièges, de facture pourtant fort rustique, mais néanmoins trop sophistiqués encore pour choper l'antiquité.
Le palm restait introuvable. Le substrat ultra-phosphaté ET bionique (encore un anachronisme, ou plutôt une survivance de l'ère des fibres optiques) du ficus l'avait probablement dissout. Et le consultant savait qu'il ne pourrait plus très longtemps laisser sa main au contact de cette substance qui, jadis, avait causé la perte de milliers d'inconscients, dont on avait retrouvé les ossements en Europe Centrale. Là où ses onze mois d'Allocation Spéciale Supposée Envoyer Des Ignares Crever (Assedic) lui permettraient de se la couler encore plus douce pendant que des ignares soigneusement sélectionnés iraient gagner sa paie pour lui.
Lorsqu'il retira sa main d'entre les organes digestifs du ficus, il était malheureusement trop tard : il manquait la moitié de ses quatre doigts utiles. La moitié longitudinale, s'entend. Donc la plus emmerdante.
Alors qu'il s'empressait de cacher sa mutilation sous l'or de sa cravate, le consultant entendit dans son oreillette le rire hideux d'une femelle au bord de l'orgasme.
Il leva le regard vers l'écran tridimensionnel, et vit Monique, vautrée sur les genoux de Dédé qui lui malaxait frénétiquement la poitrine. Derrière les pourceaux, au fond de la grotte, luisait un moniteur de la première génération.

DB_fallait_bien_que_j'invente_un_truc_pour_pas_montrer_que_je_retrouve_pas_le_point_4... :roll:
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Melfrid
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Message non lu par Melfrid » 27 juin 2003, 01:52

Il ne revenait pas de sa surprise quand une petite voix sur sa gauche le héla timidement. D'abord, il ne vit personne, puis, baissant le regard, il vit, niché au fond de la chaise-coque en plastique "salle des fêtes", un nain chauve, endimmanché, qui lui demanda:
"Pourquoi le chef y veut révolutionner la mère cantique traditionnelle? Moi, à la messe, je trouve que c'est elle qui chante le mieux."
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boultan
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Message non lu par boultan » 27 juin 2003, 02:41

C'est alors qu'un revenant lubrique fit son apparition ectoplasmique et tenta d'abuser de son "esprit d'ouverture" et de son "don inné pour la communication" qu'il regrettait bien, désormais, d'avoir pompeusement fait figurer sur son CV. Essayez, vous, d'empêcher un spectre de vous inspecter le sphyncter au speculum... Et cette question lancinante qui revenait comme un écho dans sa tête : "Tectonique ?"

"- Bah ouais, j'fais un peu de sport faut dire, c'est pour ça, enfin j'm'entretiens quoi..." se surprit-il à répondre tout bas...
A louer, bon état général, faire offre
Crash

Message non lu par Crash » 30 juin 2003, 11:08

Chacun y allait désormais de son jeu-de-mots-à-deux-balles-maître-Capello. La réunion partait définitivement en Chupa et le petit con du fond en profitait pour draguer la stagiaire, évidemment blonde, évidemment pulpeuse, habillé court et rose, c'est entendu.
Le comptable, éminemment gris, maugréait dans son coin, l'angle gauche de la table de réunion disposée en rectangle, un peu comme la maison de la Mort aux trousses, vue d'avion. La voir de près impliquait effectivement qu'on grimpât la montagne des père fondateurs. Ce qui n'était pas chose aisée. Puis, de trop près, la vérité éclatait, comme une rate soumise à un choc violent: la maison était en carton-pâte. L'avion était une maquette et le champ de maïs génétiquement modifié.
"Plus ne m'est rien", songea le consultant, tandis que le comptable tournait et retournait la blague de l'ectoplasme zombifié par Baron Samedi, trickster notoire. "Tec ? Pec ? Il a des muscles que je n'ai pas ? Malgré mes deux années d'abonnement au Forrest Hill ?".
Le Surnatéum notait ainsi la filiation d'un adepte au Baron Cimetière: "L'adepte qui est monté par ce ghédé présente toutes les caractéristiques du Baron, porte des lunettes noires, se montre très exhibitionniste, adore pincer les fesses des filles et avale sans sourciller du rhum dans lequel a mariné 21 piments..."
Dernière modification par Crash le 30 juin 2003, 12:49, modifié 1 fois.
Leepstick

Message non lu par Leepstick » 30 juin 2003, 11:45

"Et s'il est besoin de le prouver, enchaîna le consultant, le visage crispé par un effort visant l'expulsion d'un ectoplasme, voici un diaporama !"

- Ici, la maison qui a inspiré la table carrée de notre salle de réunion.

- Clairement visible, ici, le Baron porte bien des lunettes de soleil et drague une stagiaire blonde...

- ... ou avale d'étranges cocktails :

- Les pères fondateurs, vus de loin, avec un appareil grossissant :

- Enfin, une photo de mes vacances dans l'Iowa :
Crash

Message non lu par Crash » 30 juin 2003, 12:22

Des 'ooh!', des 'aah!' dignes des dialogues d'un John B. Root inondèrent d'orale viscosité la salle de réunion, dont la machine à café commençait à s'entartrer.
"Mais qui donc est l'homme à chapeau ? zozotta -forcément- la stagiaire (blonde).
- l'homme au chapeau, expulsa le comptable gris.
- Las Vegas, c'est dans l'Iowa ? hurla le petit con du fond de la salle.
- Baratelli, votre gueule!"
Le directeur marketing virait à l'incarnat. La réunion au pugilat. C'était prévisible. Le Surnatéum notait que le Ti-bon-ange du « pot tête » (dit aussi le canari vaudou) contenu dans le chapeau de Baron Samedi anticipait les révoltes et punissait les coupables. Après quoi, un baka, esprit « vampire » extrêmement maléfique s'occupait des rebelles en créant un état de désordre généralisé. Ceux-ci finissaient invariablement sous les coups de machette des tontons macboultes. Et leur sang nourrissait l'esprit, en paiement de ses services.
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dreyfus
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Message non lu par dreyfus » 30 juin 2003, 12:34

Dans la backroom noyau dur rouge sang, bachotaient des secretaires extatiques et complaisantes, pulpeuses cependant malgré leurs piles de compte rendus. Plus vite pensa l'une d'elle, tandis qu'elle branlota un mémorandum fané sur lequel on avait versé des litres de satisfaction. Elle ne put reprimer un sourire quand le coursier vint lui délivrer sa ration d'enveloppes quotidienne.
Pendant ce temps, la sueur criait victoire aux commissures des pores exsangues de Marie Robert, planqué derrière son bloc note en plomb, ce qui le protége des radiations mais pas du saturnisme. Les yeux exorbités, il affiche sur son tableau noir toutes les victoires de la mâtinée, le fait que le boss l'ait oublié dans son compte rendu, le café saupoudré d'épices, la mésange écrasée sous son pied, l'entrelac de doigts divinement arrangés sur sa tendre bedaine.
Il avait faim et ressentait comme une impression de vague à l'âme quand la tête de son voisin traversa la pièce.
:roll:
Crash

Message non lu par Crash » 30 juin 2003, 13:27

Sa femme était finlandaise. Elle l'avait retrouvé. Elle avait gardé sa hache. Sa condamnation à 14 mois de prison avec sursis allait en être passablement alourdie.
Il décida de mastiquer un billet de 5 euros en provenance d'Allemagne. La concentration en cocaïne y était beaucoup plus forte que sur les billets français. Il regrettait de n'avoir pas une vieille peseta. La concentration y était 100 fois supérieure.
L'épice contenue dans son café avait commencé de lui bleuir le blanc de l'oeil. Etait-il le kwisatz Haderach ? La réunion commençait de s'éterniser et il ne savait rien de ce que s'y déroulait. Mais s'il l'était...
Leepstick

Message non lu par Leepstick » 30 juin 2003, 13:39

Et pendant ce temps, le diaporama se répandait en d'obscènes scènes comme celle-ci...

...ou celle là...

... ou encore cette dernière, à la limite de l'insoutenable...
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