Perles de journalistes

Section réservée aux débats sur la correction et les correcteurs : tarifs pour rédiger un article ? Peut-on vivre de la correction ? Quels médias recrutent des correcteurs ?
letibelim
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Message non lu par letibelim » 11 févr. 2009, 13:19

Si si, j'ai bien vu que j'étais dans la section Correction & correcteurs. Mais je ne pensais qu'il s'agissait d'une zone interdite aux autres membres du forum, désolé.

Sur le fond, ce qui m'a énervé, ce n'est pas tant les diverses perles présentées par les intervenants (certaines m'ont effectivement fait sourire) que le côté Michel Sardou-Le temps des Colonies de certains. Le côté "c'était mieux avant", ou plutôt "Les gens étaient meilleurs avant"
Mais on ne peut pas nier le fait que la tendance actuelle — tous métiers confondus, du fait de l'incompétence du système éducatif à pallier et ses propres manquements et la baisse du niveau moyen des élèves, surtout en ce qui concerne les bases lecture et écriture — veut que les jeunes arrivent aujourd'hui moins bien armé sur le marché du travail, de manière à s'y exprimer le plus correctement souhaitable.
Oh, c'est un débat qui date de l'Empire Romain. On trouve des textes de grands auteurs latins se plaignant de l'inculture des générations suivantes...

Mais je ne crois pas que le niveau de recrutement des journalistes en général ait baissé. Ma grand-mère ne fait pas une faute d'orthographe ou de grammaire... Ferait-elle un bon journaliste ?

Les méthodes de travail, les rythmes, le nombre de SR dans les journaux, ça, oui, ça a changé. J'ai moi-même fabriqué, en tant que SR (ça n'est pas ma formation, mais ça s'est trouvé comme ça), un quotidien de 24 à 36 pages à deux. Deux SR pour faire la pagination, créer l'édition, placer les pubs, les jeux, reprendre les papiers des correspondants, relire ceux des journalistes, faire la mise en page, valider les pages de son collègues et les envoyer à l'imprimerie. Alors oui, j'ai laissé traîner des fautes, des coquilles, des bourdes parfois plus grosses que moi dont certaines méritaient sans doute "La rue des petites perles" du Volatile. Mais comment faire autrement ? Est-ce vraiment LA faute des SR, ou celle du manque de moyens ? Et ne pas s'y tromper, les rédacteurs sont confrontés aux mêmes difficultés. Quand on en est à son 5e article dans la journée, c'est vrai qu'on a envie de mettre "pare-balles" sans "s" et de rentrer chez soi, plutôt que de cogiter de nouveau pendant 30 minutes sur un titre 5 col.

Ce qui a changé, aussi c'est la volonté des journaux d'avoir des journalistes toujours plus généralistes. Et quasiment tous les médias sont concernés. Ils veulent des personnes capables de traiter un sujet culture, un sujet sport, et d'enchaîner su la politique locale ou nationale et l'économie. Eh bien désolé, on ne peut pas être bon partout, on peut toujours creuser et essayer de combler, le temps d'un reportage, ses lacunes, mais rien ne remplacera une vraie spécialisation, qui demande de l'investissement en temps et en en effort. J'utilise à dessein le mot "investissement" qui signifie qu'on n'en récolte pas forcément les fruits tout de suite. Et s'ajoute à ça une demande de compétences sur plusieurs médias (radio, télé, presse écrite, internet,etc.) qui n'arrange rien.

Quant aux "armes" des jeunes impétrants sur le marché du travail... eh bien j'ai la nette impression que c'est le marché du travail lui-même qui a changé, plus que les compétences de ceux qui y accèdent. L'orthographe, oui, bien sûr... Mais avant, dans beaucoup de métiers, on ne demandait pas de savoir écrire correctement. Ces métiers-là, soit n'existent plus, soit ont fusionné avec d'autres et exigent dorénavant de la paperasse et donc une compétence orthographique.

Et puis combien d'annonces qui demandent, en gros, des débutants avec deux années d'expérience ? Manière élégante de faire comprendre qu'il faut avoir deux années d'expérience mais avoir les prétentions salariales d'un débutant...

Alors, peut-être que la jeune génération, de par la déréliction du système éducatif, n'arrive pas avec les mêmes armes que son illustre prédécesseur (tenez, difficulté pour vous correcteurs, ce mot n'a pas de féminin, il me semble), mais je crois surtout que la société a juste... changé.

On peut s'en gausser, le déplorer ou tout simplement mépriser les jeunes générations (car c'est là, finalement, mon principal reproche : le mépris). Se faisant, on en apprend plus, finalement, sur les membres de l' "ancienne" génération que sur la nouvelle (dichotomie parfaitement arbitraire, d'ailleurs).
cilou
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Message non lu par cilou » 11 févr. 2009, 13:56

Heureusement que nous, rédacteurs, faisons des fautes, sinon vous, correcteurs, n'auriez plus de boulot ! :lol:
Blague à part, il est vrai que la principale qualité des journalistes n'est pas l'orthographe ou la grammaire, mais la capacité à aller chercher l'information, la vérifier, et la mettre en forme de manière claire et agréable. Je connais des journalistes qui rédigent mal, utilisent du jargon, des tournures de phrases tarabiscotées... mais qui sont irremplaçables pour dénicher une information qu'on ne trouve pas ailleurs, et ne pas se faire manipuler. Ce sont des très bons journalistes, même si les rédac'chef et SR ont une heure de boulot par page pour rendre la lecture acceptable. Alors certes, s'il y avait l'orthographe en plus, ce serait mieux, mais ce n'est pas le principal.
En radio, c'est différent, puisqu'il n'y a pas de correcteur qui puisse repasser par derrière.
ymaila
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Message non lu par ymaila » 11 févr. 2009, 14:59

cilou a écrit :En radio, c'est différent, puisqu'il n'y a pas de correcteur qui puisse repasser par derrière.
:?: :D
cilou
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Message non lu par cilou » 11 févr. 2009, 15:43

Argh, voilà, je n'avais pas de correcteur ! :lol:
coco47
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Message non lu par coco47 » 12 févr. 2009, 02:22

D’abord, je suis tout à fait d’accord avec Cilou quand elle dit : Heureusement que nous, rédacteurs, faisons des fautes, sinon vous, correcteurs, n'auriez plus de boulot ! C’était d'ailleurs une des plaisanteries les plus répandues dans les cassetins du temps qu’il y avait encore des cassetins et des correcteurs dedans. Le malheur est que, s’il y aujourd’hui au moins autant de fautes qu’avant, il n’y a plus de correcteurs. La plupart des quotidiens sont soit partiellement corrigés, soit pas corrigés du tout. Ou ils sont corrigés par des SR, qui font ce qu’ils peuvent, mais qui ne sont pas des correcteurs.

Je suis également parfaitement d’accord pour dire que la première qualité demandée à un journaliste n’est pas la perfection de son orthographe. (J’ai moi-même été journaliste pendant quinze ans et j’ai eu d’excellents confrères qui faisaient dix fautes par paragraphe. Mais, heureusement, à l'époque, les correcteurs étaient là pour compléter leur travail, tant il est vrai que journalistes et correcteurs sont complémentaires.) La question n’est donc pas là. Ce que j’ai voulu dire, c’est que nombre des (relativement) jeunes journalistes que j’ai côtoyés quand j’étais correcteur se caractérisaient par leur mépris de l’orthographe et des correcteurs et par leur arrogance. (J’emprunte aux messages de letibelim ces mots arrogance et mépris, parfaitement appropriés ici. Et j’ajoute que mes « jeunes journalistes » sont aujourd’hui cinquantenaires.) L’orthographe, ils s’en tapaient comme de l’an 40. Et ce n’était pas par manque de temps ni surmenage. Je reprends mon exemple du gilet pare-balle sans s à propos duquel letibelim écrit : Quand on en est à son 5e article dans la journée, c'est vrai qu'on a envie de mettre "pare-balles" sans "s" et de rentrer chez soi, plutôt que de cogiter de nouveau pendant 30 minutes sur un titre 5 col. L’individu concerné était premier secrétaire de rédaction à France Soir. Il travaillait six heures par jour pour 50 000 F par mois (le journalisme, ça payait, à l’époque ; la correction aussi). Son boulot était de superviser le travail des six ou sept SR « de base » (pour 18 ou 20 pages) et de rédiger les titres que les rédac’ chefs n’avaient pas rédigés eux-mêmes. Il n'avait aucune excuse. Simplement, pour lui, l'orthographe, c'était du chinois. Et du superflu. Et il n'était pas "un reporter qui va chercher l'info sur le terrain et qui n'est pas tenu au respect parfait de l'orthographe". J'ajoute qu'en tant que SR en chef il aurait dû savoir que l'on peut toujours étroitiser un titre pour faire rentrer un caractère !

Revenons à aujourd’hui. Je connais les conditions de travail catastrophiques des journalistes et des SR de nos jours. Ma fille de 30 ans est SR dans un magazine d’informatique. Bien qu’ayant un CAPES d’anglais, elle préfère ça à l’enseignement, qu’elle a trouvé encore plus épouvantable. Je serais donc mal placé pour « mépriser les jeunes ». Simplement, quand ma fille a un doute à son boulot sur un problème d’orthographe qui lui semble difficile, elle m’appelle et on en discute brièvement. Puis elle me dit merci. Alors que j’en ai connu beaucoup qui me demandaient de quoi je me mêlais et m’envoyaient paître parce que je les emmerdais avec mes remarques. Et je sais que cette espèce n’est pas éteinte. C’est juste cela que je pointe du doigt ici.

Enfin, les arguments divers exposés ci-dessus ne s’appliquent pas aux exemples que j’ai cités : Un des magistrats qui a travaillé…, les Charentes maritimes, notre société s’auto-interroge… Et ce qui m’intéresse par-dessus tout, c’est la façon dont les modes (ou les tics) se répandent, et les questions que cela pose. Pourquoi tout le monde dit-il aujourd’hui : L’un de ceux qui est…, L’une de celles qui a… ? C’est fascinant. Pourquoi la formule Bis repetita, employée hors de son véritable sens, fait-elle florès ? Qui a commencé ? Pourquoi tous les journalistes ont-ils copié sans chercher à savoir ? Car il est indéniable que le principal vecteur de ces modes est la presse. Voilà-t-y pas un vrai sujet de société ?

Allez ! Un dernier pour la route. Ce soir, dans les commentaires d'après-match (pas dans le reportage à chaud) : L'équipe de France s'est faite balader par les Argentins.
prof
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Message non lu par prof » 12 févr. 2009, 07:57

coco47 a écrit :[...] Enfin, la majorité des journalistes "de dernière(s) génération(s)" se contrefichent des remarques des correcteurs.
Bonjour !
.....Du temps qu'il y avait encore…, j'ai connu les journalistes qui se bousculaient pour faire relire leurs textes, soucieux aussi d'obtenir du correcteur quelques commentaires instructifs.
.....Cordialement.
cilou
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Message non lu par cilou » 12 févr. 2009, 09:07

Pour ma part, j'aime bien qu'on me fasse des remarques sur le français, qu'on m'explique qu'une expression que j'emploie tout le temps n'est pas correcte... Il faut dire que j'aime cette langue et la manière dont elle évolue m'intéresse. Et tu as raison Coco, regarder comment telle ou telle expression vient à la mode ou au contraire devient ringarde est fascinant.
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Message non lu par letibelim » 12 févr. 2009, 10:47

Bon, je vois qu'en fin de compte, nous ne nous pas vraiment en désaccord, alors désolé si, sur un moment d'énervement, j'ai senti du mépris dans vos propos Coco. Désolé, donc, de la méprise sur le mépris.

Moi aussi, j'apprécie cette langue et j'ai bien souvent lu le blog Langue sauce piquante proposé par les correcteurs du Monde.fr.

Et je suis tout à fait ravi lorsque j'apprends des choses auprès des correcteurs, que je rencontre au vrai trop rarement dans les rédactions.

Je demande juste, en retour, que les remarques soient dites avec un minimum de tact. Mais je dois reconnaître que c'est en général le cas.
kraa

Message non lu par kraa » 12 févr. 2009, 12:38

Le "taux d'alcoolémie", alors que l'alcoolémie est déjà un taux d'alcool.
Damned, je tombe dans le piège quasiment tous les jours (comme 90% de mes collègues, des gendarmes et des flics) Merci Cilou !
coco47
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Message non lu par coco47 » 13 févr. 2009, 03:59

Embrassons-nous Folleville !
Car bien sûr que, amoureux de la langue, nous ne pouvons qu'être d'accord sur le fond.
Pour enchaîner (et non rebondir – quel horrible mot !) sur les propos de Prof et Cilou, je garde un souvenir ému des fins de service à France Soir, quand, après le coup de feu du bouclage, tel ou tel journaliste (je pense en particulier à un chef du service politique, éditorialiste, un Corse) venait dans le coin des correcteurs (on était déjà passé à l'open space) pour parler de telle ou telle correction qu'on avait apportée à son article. Et pourquoi ? Et comment expliquer ça ? Ah bon ! C'est intéressant. J'ai appris quelque chose. J'essaierai d'y veiller à l'avenir.
C'étaient des moments de… gourmandise. Après, on allait souper dans les Halles, puis écouter du jazz. On avait les moyens… Bon, assez ! La nostalgie est toujours ce qu'elle était.
Entendu il y a une heure sur Europe 1 (si je cite souvent cette station c'est parce que c'est ma préférée, donc celle que j'écoute le plus) : Les télés pullulent d'émissions de ce genre (dans un sujet magazine, donc écrit).
Sur le côté fascinant des modes et des tics de langage et d'écriture et de leur propagation, j'ai en réserve pas mal de réflexions que je livrerai ici si ce thread se maintient.
A propos de propagation, ce n'est que récemment que je me suis interrogé sur la bonne vieille expression se répandre comme une traînée de poudre. Et je me suis dit (sur le tard) qu'une traînée de poudre ne se répandait jamais d'elle-même. Cette traînée, il faut que quelqu'un la dépose sur le sol. Et ce qui se répand, ce qui se déplace très vite, c'est le feu que l'on a mis à la poudre.
Cordialement à tous.
PS : Mon pseudo est un hommage à un voilier que j'ai possédé pendant dix ans, avec lequel j'ai parcouru vingt-cinq mille milles et qui courait sous le numéro 47.
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Message non lu par PascalSR » 13 févr. 2009, 10:16

coco47 a écrit :PS : Mon pseudo est un hommage à un voilier que j'ai possédé pendant dix ans, avec lequel j'ai parcouru vingt-cinq mille milles et qui courait sous le numéro 47.
Ha, effectivement, ça payait bien la correction !!! :mrgreen:
archaud a écrit :
Par contre, je me demande si Letibelim a vu qu'il était dans le forum « correcteurs » ?.
Tiens, une question : es-tu certain qu'il faille dire par contre et non en revanche ? Ma maman — ex-maîtresse d'école (sourire) — me reprend à chaque fois, lorsque je dis par contre. Mais elle peut avoir tort ! :D
Dans l'absolu, je pense qu'elle a raison. Mais comme dit précédemment, certaines expressions sont happées dans le langage courant, et même les correcteurs, gardiens du Sanctuaire, ne peuvent s'empêcher de s'y laisser prendre. C'est là toute l'histoire d'une langue vivante... Par contre, on n'accepte pas encore « suite à » ; peut-être un jour... en 2120, j'espère, quand je serai mort ! :lol:
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Message non lu par PascalSR » 13 févr. 2009, 10:31

Tiens, en passant, un peu HS mais je me demandais où mettre ça :

savez-vous ce qu'est une « bande podotactile » ? Moi, je ne savais pas. :arrow:
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Message non lu par eowyn316 » 13 févr. 2009, 10:51

J'avoue que, dans ce débat, je suis un peu d'accord avec tout le monde. Même s'il est vrai qu'en tant que jeune journaliste, je me sens un peu visée !
Ok, vous n'avez pas tort. Ma formation en orthographe et grammaire se résume à mes années de primaire et de collèges à ma maman qui m'expliquait qu'on ne dit pas des zharicots, mais des haricots et qu'on ne parle pas de lavabo dans la cuisine, mais d'évier, et de deux heures par mois de français en école de journalisme pendant la première année, où la seule chose que j'ai retenu était qu'on ne disait pas baser sur mais fonder sur.
D'ailleurs, j'ai dû me gratter la tête devant la moitié des perles citées ici en me demandant ce qu'il pouvait bien y avoir de mal là-dedans. D'où ma question : quand on n'a pas de correcteur dans son journal, comme moi, où peut-on trouver des renseignements clairs (traduction : pas de bouquin de 350 pages) sur l'orthographe, la grammaire, la syntaxe et le vocabulaire? Ou mieux, sur internet, il existe quelque chose de clair (à la portée d'un idiot de jeune journaliste, je veux dire)?

Aller une petite perle pour la route. J'ai raconté en toute innocence (enfin, sans tilter trois secondes) que les mérovingiens (donc Ve siècle après JC) se servaient d'épis de maïs pour décorer leurs poteries. Bouuuuuh honte sur moi
cilou
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Message non lu par cilou » 13 févr. 2009, 11:09

eowyn316 a écrit :D'ailleurs, j'ai dû me gratter la tête devant la moitié des perles citées ici en me demandant ce qu'il pouvait bien y avoir de mal là-dedans.
Tu n'es pas la seule !
D'ailleurs, si nos aimables correcteurs pouvaient préciser pourquoi on ne dit pas "suite à", pourquoi on ne dit pas "rebondir sur", et nous expliquer toutes les autres perles, ce serait utile !
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Message non lu par eowyn316 » 13 févr. 2009, 11:34

Bien d'accord !
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