Flux de travail de pigiste

Questions et débats à propos de la pige et des pigistes : tarif d'une pige, statut du pigiste, comment trouver des piges ? Comment vendre des piges ? Droits des pigistes, ...
migguel
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Flux de travail de pigiste

Message non lu par migguel » 17 juil. 2012, 17:16

bonjour ,

je souhaiterais optimiser mon activité trop décousue pour le moment.

Comment s'organise le flux de travail :
Peut-on esquisser un schéma de charge de travail de pigiste ?

- 1 pige/semaine
- 4 piges/mois
- nombre de feuillets en moyenne / semaine ou jour
- plusieurs sujets en même temps...

y compris :
- temps de documentation
- déplacement, (photos éventuelles)
- rédaction, finition, relecture livraison
- budget moyen d'une pige pour, un sujet construit
- (4 à 5 feuillets + 1 ou 2 encadrés, photos éventuelles)

En résumé peut-on faire un plan de charge pour espérer stabiliser et pérenniser une activité de pigiste ?

merci pour tout (surtout à Cilou et Ann65 fidèles sur le métier)

cdlt. M.
cilou
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Re: Flux de travail de pigiste

Message non lu par cilou » 18 juil. 2012, 09:39

Bonjour,

Je ne calcule pas en nombre de piges par mois : on ne peut pas comparer un papier d'un feuillet et une enquête de 10 feuillets. Je n'ai jamais vraiment fait un schéma de charge de travail : j'acceptais les piges au pifomètre, en ayant un peu l'habitude de la quantité de travail que je pouvais réaliser. En gros, j'ai fait au max une douzaine de pages en un mois (en bossant beaucoup et stressant beaucoup), à 2,5 feuillets par page en moyenne. Ce qui comprend le travail de veille (pour proposer les sujets), d'enquête, les interviews téléphoniques, la rédaction et la correction. Je ne faisais pas ça tous les mois.
Il faut pouvoir mener plusieurs papiers de front (surtout quand tu dois interviewer des gens : en attendant qu'ils te répondent, il faut bien avancer sur autre chose). Certains journaux te donnent des sujets très en amont, ça permet de mieux s'organiser.
Même quand la charge de travail est importante, il faut continuer le travail de veille, pour pouvoir proposer des sujets pour plus tard. Sans quoi, après un mois de gros boulot, on risque de se retrouver avec un mois creux.
Côté temps, j'estime que je faisais un tiers veille et proposition de sujets, un tiers enquête sur les sujets commandés (incluant les interviews), et un tiers écriture/correction. Je ne faisais pas les photos.
Quant au budget d'une pige, il dépend surtout du temps que tu y passes, tout compris (veille, synopsis, contact de la rédac, enquête, rédaction, corrections...). A toi de l'estimer pour chaque pige, puis de voir combien elle te revient de l'heure, et si c'est rentable. Dès qu'il y a déplacement, ça prend plus de temps et c'est plus cher (mais ça permet souvent de faire un bon papier).

Cilou
Climousse
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Re: Flux de travail de pigiste

Message non lu par Climousse » 20 juil. 2012, 11:02

J'ai derrière moi trois années de pige plutôt fructueuses (en tout cas je n'ai pas à me plaindre, j'ai toujours eu du boulot), et l'irrégularité reste mon quotidien. Pourtant, j'ai quatre employeurs réguliers, dont je connais désormais à peu près le rythme de commande. Je sais que tel hebdo me commande environ un reportage de 11 feuillets toutes les cinq ou six semaines, tel mensuel un dossier de 20 feuillets trois ou quatre fois par an, etc etc, et le temps qu'il me faut à peu près pour réaliser chaque boulot.

Evidemment, c'est beaucoup plus facile avec des employeurs réguliers que quand on travaille en "one shot" permanent (mais est-ce viable, de toute façon ?). Pour autant, il y a des périodes de gros embouteillage et d'autres de sous-activité. C'est parfois assez difficile à gérer (l'emploi du temps quand trop de commandes se bousculent en parallèle/la démotivation quand il n'y a plus rien d'impératif mais qu'il faut quand même relancer la machine), mais finalement, je me dis que c'est intrinsèque au métier (je vivais ça aussi en poste) -- même si c'est particulièrement criant à la pige. Parce qu'on peut s'organiser du mieux possible, il y aura toujours des impondérables : l'interview annulée, celle qu'on ne parvient pas à caler, le reportage qui se dégonfle sur place, le papier qu'on n'avait pas prévu et qu'il faut intercaler très vite dans son agenda (et qu'on a accepté même si on savait que ce serait super galère, pas vrai les pigistes ?), les consignes du rédac chef qui changent en cours de route, l'interlocuteur qui n'a finalement rien à dire, sans compter tous les trucs qu'on a un peu laissés traîner (appeler untel, relire tel paragraphe, constituer sa note de frais, envoyer les citations à relire... :roll:) mais qu'il faut quand même bien faire un jour ou l'autre, et les phases de semi-repos dont on a besoin car le métier est quand même diablement exigeant ! Donc, je m'en sors en élaborant une belle planification au départ (tableau Excel pour les commandes, planning mensuel affiché au mur, agenda, "to-do" listes)... qui ne cesse de bouger jusqu'à l'atterrissage, en général poussiéreux mais néanmoins réussi.

Concrètement, j'essaie quand même de toujours mêler reportage ou enquête et rédaction dans une même semaine. Il n'y a rien de plus désespérant (pour moi) que d'enchaîner les journées assise devant mon clavier sans sortir, et rien de plus épuisant (pour moi) que les semaines entières à multiplier les reportages ou les coups de fil sur des sujets différents sans jamais prendre le temps de me poser un peu pour savoir où j'en suis. Parfois, je ne peux pas faire autrement... mais j'essaie d'éviter. Et la veille, dans tout ça ? A vrai dire, là aussi c'est plus facile quand on travaille toujours avec les mêmes titres (a fortiori s'il s'agit de presse pro ou spécialisée) : c'est une veille permanente, en lisant d'autres revues, en restant à l'affût (au cours d'un reportage pour le mag 1, tel interlocuteur aborde un sujet qui peut se prêter à une actu ou une fiche pratique pour le mag 2, voire même intéresser en changeant l'angle les lecteurs du mag 3 -- ça ne fonctionne pas toujours mais ça arrive quand même !), en se ménageant un peu de temps pour flâner sur internet...

Enfin, je n'ai jamais réussi à évaluer la "rentabilité" de mon travail. Le Guide de la pige évoque bien une méthode (basée sur un calcul de sa rentabilité horaire et de l'objectif qu'on s'assigne) mais je trouve que ça ne se prête pas tellement au métier tel que je l'exerce (je ne prétends donc pas que c'est universel), qui s'avère souvent chronophage. Même si la paye finale est élevée dans l'absolu, le travail que demande un long dossier pour un mag professionnel est si conséquent qu'on n'arrive pas à un taux horaire très intéressant (si on raisonne comme ça). Je ne fais donc pas ce calcul-là mais plutôt : j'arrive à en vivre, j'arrive à ajuster mon activités et mes horaires, tant que ça fonctionne, ça me va bien comme ça.
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