Réagir à la diminution-disparition des piges

Questions et débats à propos de la pige et des pigistes : tarif d'une pige, statut du pigiste, comment trouver des piges ? Comment vendre des piges ? Droits des pigistes, ...
graindesel
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Réagir à la diminution-disparition des piges

Message non lu par graindesel » 07 août 2010, 10:16

Bonjour,

Quelqu'un parmi vous a t'il déjà vécu une procédure suite à la diminution des piges ?

je vous explique ma situation. Je suis collaboratrice régulière, rémunérée à la pige, d'un hebdo spécialisé depuis bientôt 9 ans révolus (fin septembre). J'ai dés le début (qui correspondait à mes débuts dans le journalisme) eu un volume de travail assez important pour ne travailler que pour ce titre. Une exclusivité qui m'a été demandée officieusement et oralement.
L'an passé, suite à une réaction vive de ma part (on avait conservé mon nom au dessus d'un article dont on avait remplacé le contenu par un texte qui n'était pas de moi et que je désapprouvais), mes piges ont diminuées d'une façon conséquente. J'ai envoyé un recommandé... et les commandes sont revenues. J'ai tout de même perdu 25% de mon salaire annuel moyen.
Cette année rebelote en pire : 10 semaines sans commandes, un article à 300 € puis rien de rien. Les mois à venir sans aucun revenu vont être difficile. Dans le magazine, un nouveau journaliste signe les articles qui ne m'ont pas été confiés.
Bref j'ai envoyé un courrier avec AR à la direction pour leur rappeler que je suis de fait en CDI, que la modification des mes conditions de travail est unilatérale et que je ne l'accepte pas. Que j'attend un retour aux conditions antérieures.
Mais... silence. Le courrier a été reçu le 28 juin et pour l'instant aucune réponse.
Au début je me disais qu'ils consultaient leurs avocats, maintenant j'aurais tendance à penser qu'ils me méprisent. Où qu'ils attendent que je sois financièrement au bout du rouleau pour me proposer un licenciement à l'amiable avec indemnité minable. Licenciement amiable que je compte de toutes les façons refuser (à savoir: le journal a été condamné de façon très conséquente pour licenciement abusif il y a 2 ans).
Je sais que je devrais renvoyer un courrier en AR avec copie à l'inspection du travail... mais je ne connais pas les conséquences de celui-ci.
C'est un vrai bras de fer assez épuisant nerveusement (le domaine de mon journal est restreint et dans l'attente de leur réaction je peux difficilement proposer mes services chez les concurrents) et bien sur financièrement.

Auriez-vous l'expérience de ce type de situation ou des conseils à me donner ?
Merci de votre attention,

G.
egery
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Re: Réagir à la diminution-disparition des piges

Message non lu par egery » 07 août 2010, 10:33

bonjour
alors je ne suis pas une grande spécialiste mais sauf si tu as signé un contrat de salarié tu n'es pas en cdi chez eux. Tu es juste pigiste et tu ne peux rien faire. Le journal choisit à qui il veut donner ses articles. Le mieux est que tu postules auprès d'autres titres.
graindesel
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Re: Réagir à la diminution-disparition des piges

Message non lu par graindesel » 07 août 2010, 11:06

bonjour egery,


Je suis totalement sure de mon fait (confirmé par le SNJ) : dès qu'un journaliste est rémunéré régulièrement par un titre (3 mois je crois mais sans certitude), il est en CDI. Or, je reçois des bulletins de salaires tous les mois depuis 8 ans. La succession des salaires équivaut de fait à un contrat de travail même s'il n'est pas écrit.
Et je pense que mon journal le sait aussi même s'ils n'ont pas l'habitude que les pigistes connaissent leurs droits (la preuve) et les fassent valoir.
zoom
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Re: Réagir à la diminution-disparition des piges

Message non lu par zoom » 07 août 2010, 11:21

Egery, tu n'es effectivement pas une grande spécialiste...
Dans le cas dune collaboration suivie, et en l'absence de contrat ecrit, tu es présumée en CDI, ce que effectivement les patrons n'apprécient que très moyennement.
Si la situation semble se pourrir, et tu n'as plus envie ou plus d'espoir de continuer avec ton employeur, tu peux demander à être licenciée dans les formes, avec indemnités (1 mois de salaire par année d'ancienneté il me semble mais a vérifier).
Le mieux est de te mettre en contact avec ton syndicat, ou avec le délégué du personnel de l'entreprise, qui devrait t'aider à aller jusqu'aux prud'hommes car c'est souvent là que çà se termine avec ce genre d'employeur, qui comme Egery, pense ne rien devoir aux pigistes lorsqu'ils n'en veulent plus... :evil:

Sauf quand les dits pigistes acceptent des réglements en factures ou en droits d'auteurs bien sûr, il ne leur reste alors que les yeux pour pleurer et le téléphone pour trouver de nouvelles collaborations. :twisted:
graindesel
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Re: Réagir à la diminution-disparition des piges

Message non lu par graindesel » 07 août 2010, 11:41

Merci Zoom,


je suis déjà les conseils juridiques du SNJ, consulté pour les termes du courrier que j'ai envoyé. Ainsi je ne demande pas mon licenciement (je ne veux pas que leur avocat puisse dire que c'était un souhait de ma part) mais signale une modification unilatérale de mon contrat de travail. J'en suis juste au stade où je leur demande de réparer la situation. S'ils m'offrent un rattrapage de salaire et m'assurent de nouveau des commandes, je ne dirais pas non (même s'il faut bien dire que je n'en ai plus envie). Le truc c'est qu'ils m'ignorent totalement. Et ma crainte (stratégique) est que si j'associe l'inspection du travail à mon second courrier, cette possibilité de reprise de collaboration soit fichue. Et me sent obligée d'attendre parce que plus tard je ne voudrais pas que l'on me reproche mon travail pour des concurrents alors que le journal ne m'avait pas signifié la fin de ma collaboration.

Bon je me prépare assez anxieusement au passage devant les Prudhommes pour licenciement sans cause réelle. D'autant qu'alors je porterais aussi plainte pour l'affaire de mon nom utilisé sur un texte non écrit par moi. Mon journal nous traite comme des chiens... si d'autres n'ont pas les moyens de se faire traiter autrement moi je voudrais qu'ils rendent des comptes. Flute : le droit cela existe ! En tout cas je suis prête à le soutenir.

Voilà pourquoi je cherche ici des vécus similaires. Faut dire que l'isolement de pigiste provinciale, n'aide pas dans les moments de doute.

G
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Re: Réagir à la diminution-disparition des piges

Message non lu par ann65 » 07 août 2010, 13:44

Bonjour,

Ton employeur n'est pas tenu de te donner du boulot si tu ne lui "conviens" plus. Mais il est tenu de te licencier s'il ne te commande plus de boulot.

Puisqu'un nouveau "pigiste" a été embauché à ta place... le licenciement économique n'est pas envisageable. Tu peux facilement le prouver.
Il s'agit donc d'un licenciement abusif (sans cause réelle ni sérieuse).

La seule solution qui te reste est donc de déposer un dossier (en référé pour aller plus vite) afin que ce licenciement soit reconnu et que tu puisses toucher non seulement les indemnités conventionnelles (un mois brut par année de présence), mais aussi des dommages et intérêts que tu calculeras en fonction du préjudice (financier et moral) que tu estimes avoir avoir subi.

Être officiellement licenciée te permettra également de t'inscrire au Pôle emploi et de toucher une allocation chômage

Bon courage !
cilou
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Re: Réagir à la diminution-disparition des piges

Message non lu par cilou » 09 août 2010, 09:51

Bonjour Graindesel,

Jusqu'à présent, tu as fait tout ce qu'il fallait. Si tes employeurs restent sourds, il te faut aller plus loin, à savoir aller aux prud'hommes. Ann a raison, il s'agit d'un licenciement sans cause réelle ni sérieuse, et c'est ce qu'il faut réclamer aux prud'hommes
N'espère pas une reprise de tes piges, elle est très peu probable.
La question qui me semble importante, maintenant, est : y vas-tu seule, ou avec un avocat ? Vu ton ancienneté (9 ans), les sommes en jeu sont conséquentes : un mois de salaire par année d'ancienneté + la prime d'ancienneté (si, comme la plupart des employeurs, le tien ne te l'a jamais versé) + les dommages et intérêts pour licenciement abusif. C'est pourquoi je te conseillerais de prendre un avocat spécialisé dans le droit de la presse (et si possible le droit des pigistes). Demande au SNJ, ils ont probablement des noms.
cilou
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Re: Réagir à la diminution-disparition des piges

Message non lu par cilou » 09 août 2010, 09:54

J'oubliais : commence d'ores et déjà à chercher de nouvelles collaborations. Car les prud'hommes, ça peut être long (sauf en référé, mais je ne sais pas si ton cas relève des référés). Et c'est le meilleur moyen de ne pas ressasser et de tourner la page (sans pour autant lâcher tes droits, bien sûr).
egery
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Re: Réagir à la diminution-disparition des piges

Message non lu par egery » 09 août 2010, 10:11

graindesel a écrit :bonjour egery,


Je suis totalement sure de mon fait (confirmé par le SNJ) : dès qu'un journaliste est rémunéré régulièrement par un titre (3 mois je crois mais sans certitude), il est en CDI. Or, je reçois des bulletins de salaires tous les mois depuis 8 ans. La succession des salaires équivaut de fait à un contrat de travail même s'il n'est pas écrit.
Et je pense que mon journal le sait aussi même s'ils n'ont pas l'habitude que les pigistes connaissent leurs droits (la preuve) et les fassent valoir.
En tout cas c bon à savoir !! je pensais que l'histoire des trois mois ne s'appliquaient qu'en cas de contrat signé d'où mon erreur. bon courage pour la suite!
graindesel
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Re: Réagir à la diminution-disparition des piges

Message non lu par graindesel » 09 août 2010, 10:55

Merci à tous,


Vos messages m'ont vraiment fait du bien parce que je me sentais très seule face au bras de fer qui s'annonce. Parce que je vais aller jusqu'au bout et réclamer mes droits. j'ai adhéré au SNJ. Et stimulé par cet échange, je suis en train de travailler sur des articles à proposer ailleurs qu'à mon cher journal. J'ai retrouvé la motivation !
à bientôt

G
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Re: Réagir à la diminution-disparition des piges

Message non lu par ann65 » 09 août 2010, 15:30

graindesel a écrit :Merci à tous,


Vos messages m'ont vraiment fait du bien parce que je me sentais très seule face au bras de fer qui s'annonce. Parce que je vais aller jusqu'au bout et réclamer mes droits. j'ai adhéré au SNJ. Et stimulé par cet échange, je suis en train de travailler sur des articles à proposer ailleurs qu'à mon cher journal. J'ai retrouvé la motivation !
à bientôt

G
Oui, ce sera un bras de fer et oui ce sera très long et oui tu seras seule.
Par conséquent, comme Cilou, je te conseille de te faire assister par un avocat, ne serait-ce que pour le calcul des dommages et intérêts. Les avocats ont l'habitude de ce type de calcul. Et le SNJ devrait pouvoir t'en conseiller un près de chez toi..
Je te conseille aussi de ne pas tarder à déposer une plainte aux Prud'hommes dans la mesure où ta lettre est restée sans réponse, il semblerait ben qu'aucun accord amiable soit possible. Les procédures sont généralement longues. Quant à savoir si le référé s'applique dans ton cas... le mieux est de le demander !
Enfin ne compte pas disposer rapidement de l'argent que ce groupe de presse te doit... D'où la nécessité de faire reconnaître ton licenciement afin de pouvoir t'inscrire au Pôle Emploi le plus rapidement possible.
Bon courage.
Dernière modification par ann65 le 09 août 2010, 17:14, modifié 1 fois.
graindesel
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Re: Réagir à la diminution-disparition des piges

Message non lu par graindesel » 09 août 2010, 16:43

D'après le SNJ, avant la plainte aux prudhommes, la seconde étape devrait être un second courrier en AR avec copie à l'inspection du travail. je compte l'envoyer demain en reprenant les termes du premier courrier et en faisant valoir que je n'ai pas eu de réponse, en les sommant de m'en donner. Et à partir de là je crois avoir lu que sans réponse (mais faut-il attendre 1,2,3 semaines, 1 mois ?) je peux au moins demander en référé aux Prudhommes le papier nécessaire pour m'inscrire à pôle emploi. Je crois qu'il faut que je démontre que l'arrêt des piges me laisse sans rien pour vivre.

Ce n'est pas encore le cas (je suis payée un mois après la parution d'articles que j'ai rédigé au printemps et je viens de recevoir la rémunération d'un gros travail d'édition) mais le seras bientôt : je n'aurais plus de salaire du journal à partir de septembre.
C'est dingue : mon journal n'est pas petit, il est même leader sur son marché. Il s'est ramassé une bonne baffe à l'issue d'un procès pour licenciement abusif (ils ont fait appel de la décision des prudhommes et ont perdu. On m'a même parlé d'une jurisprudence qui en aurait découlé) il y a deux ans. Ils me méprisent tellement, sont tellement surs d'eux pour aller à l'affrontement comme cela ?
Je suis sure de mon bon droit mais cela recommence à me filer la frousse.
Je repose la question mais quelqu'un parmi vous ou à votre connaissance a t'il déjà vécu la même chose ?
Merci à tous de votre attention
cilou
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Re: Réagir à la diminution-disparition des piges

Message non lu par cilou » 13 août 2010, 08:00

graindesel a écrit :Ils me méprisent tellement, sont tellement surs d'eux pour aller à l'affrontement comme cela ?
Je suis sure de mon bon droit mais cela recommence à me filer la frousse.
Ne t'inquiète pas : ils savent qu'ils ont de grandes chances de perdre. Mais leur raisonnement est le suivant : "seul un pigiste sur cinq ou sur dix ose réellement nous poursuivre en justice, les autres ne font que du bluff. Même si on perd les procès, on reste donc gagnant, et notre dureté et la longueur des procédures découragent la plupart des pigistes".
Je repose la question mais quelqu'un parmi vous ou à votre connaissance a t'il déjà vécu la même chose ?
Je suis justement en train de vivre la même chose. J'ai pris un avocat, la procédure est en cours. Je sais que ce sera long, mais ça en vaut la peine, à la fois financièrement, et pour une question de principe.
graindesel
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Sous le choc,

Message non lu par graindesel » 05 sept. 2010, 12:50

Suite des aventures...

j'ai eu une commande de mon chef de rubrique par téléphone: 2 pages ! Chouette : après 4 mois sans salaires, fin décembre je recevrais 120 € brut. Le ton de sa voix était incroyable : on avait l'impression qu'il avait un pistolet sur la tempe !

Mon souci est que ma deuxième interlocutrice du SNJ n'avait pas du tout les mêmes propos que la première ! Elle m'a dit qu'il fallait que je me secoue, que j'agisse : que je prenne rendez-vous avec mon drh. Et pour quoi ? Pour négocier avec eux. Négocier quoi ? Un licenciement à l'amiable mais en exigeant une indemnité plus importante que ce à quoi j'ai droit normalement.
Lorsque j'ai dit que non, non, non, sur le principe je ne peux accepter de partir tout simplement (sans compter que bonjour le chômage minable, calculé sur les derniers mois sans piges), là cela a été l'estocade : comme je suis pigiste, je n'ai aucune chance d'obtenir le référé aux prudhommes et devrais attendre la fin de la procédure (2 ou 3 ans) pour avoir mon papier jaune à porter aux Assedics.

Bref, je suis encore un peu dans la panique de l'insécurité annoncée mais totalement sure de moi : je n'accepterais aucun licenciement à l'amiable et je vais aux Prud'hommes. Ils me virent salement : je veux qu'ils l'assument. C'est une vraie question de principe. Mais du coup, je n'ai pas vraiment été conseillée sur ce que je dois faire dans ce cas là.

Les deux questions que je me pose :

- Pensez-vous que quand on est collaborateur très régulier (Avec bientôt 9 ans d'ancienneté, j'ai pendant au moins 5 ans reçu un salaire mensuel qui représentait l'intégralité de mes revenus ; je touchais environ 1400 € en moyenne de cet unique employeur avant que mes piges chutent), même rémunéré à la pige, on n'a aucune chance d'aller en référé ?

- je vais prendre un avocat (peut-être même avant ma demande de référé. Parce ce que même si cela ne marche pas pour les pigistes, cela ne coûte rien d'essayer non ?) mais, question bête : je dois le payer avant la décision prudhommale ? Grande angoisse : je n'ai absolument pas les moyens de me payer un avocat !

J'habite en province. Vaut-il mieux que j'aille aux Prudhommes de ma bourgade (qui n'ont certainement jamais eu affaire à des litiges concernant des pigistes) ou ceux de Paris (lieu de mon employeur), qui ont déja condamné plusieurs fois le journal mais sont débordés ?

Un très grand merci à ceux qui me lisent et voudront bien me conseiller.

g
cilou
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Re: Sous le choc,

Message non lu par cilou » 06 sept. 2010, 09:04

graindesel a écrit :Bref, je suis encore un peu dans la panique de l'insécurité annoncée mais totalement sure de moi : je n'accepterais aucun licenciement à l'amiable et je vais aux Prud'hommes. Ils me virent salement : je veux qu'ils l'assument. C'est une vraie question de principe. Mais du coup, je n'ai pas vraiment été conseillée sur ce que je dois faire dans ce cas là.
Réfléchis bien avant de refuser tout règlement à l'amiable. Imagine que tu ailles au tribunal, tu attends 2 à 3 ans, tu payes un avocat... et tu récupères (probablement) uniquement les indemnités de licenciement auxquelles tu as droit. Autrement dit, tu pers 3 ans et de l'argent pour obtenir finalement ce que tu auras pu obtenir à l'amiable. En te donnant à l'amiable des indemnités de licenciement, ils "assumeraient" le licenciement, comme tu dis.
Tu as raison de ne pas te laisser faire, c'est ça qui est important. Ce qui est important, aussi, c'est qu'ils ne s'en tirent pas sans te donner ce qu'ils te doivent. Mais s'ils te le donnent à l'amiable, c'est mieux que si tu l'obtiens au tribunal (sans compter qu'il y a une petite probabilité que le tribunal te déboute : en justice, on ne sait jamais).
Pour ma part, j'aurais bien aimé pouvoir négocier avec mon employeur. La DRH ne veut même pas me recevoir.
- Pensez-vous que quand on est collaborateur très régulier (Avec bientôt 9 ans d'ancienneté, j'ai pendant au moins 5 ans reçu un salaire mensuel qui représentait l'intégralité de mes revenus ; je touchais environ 1400 € en moyenne de cet unique employeur avant que mes piges chutent), même rémunéré à la pige, on n'a aucune chance d'aller en référé ?
Je suis sceptique sur la réponse qu'on t'a faite. Pour moi, tu as des chances en référé. De toute façon, ça ne te coûte rien d'essayer : c'est gratuit et rapide. Fais la demande, potasse bien le droit des pigistes, et fonce.
- je vais prendre un avocat (peut-être même avant ma demande de référé. Parce ce que même si cela ne marche pas pour les pigistes, cela ne coûte rien d'essayer non ?) mais, question bête : je dois le payer avant la décision prudhommale ? Grande angoisse : je n'ai absolument pas les moyens de me payer un avocat !
Oui, en général, un avocat demande un acompte avant, et le reste après la décision.
J'habite en province. Vaut-il mieux que j'aille aux Prudhommes de ma bourgade (qui n'ont certainement jamais eu affaire à des litiges concernant des pigistes) ou ceux de Paris (lieu de mon employeur), qui ont déja condamné plusieurs fois le journal mais sont débordés ?
Là, c'est difficile à dire, car tout dépend des tribunaux : certains ont la réputation d'être plus favorables aux employeurs, d'autres aux employés. Dans le doute, peut-être vaut-il mieux Paris, en effet. Un avocat serait de bon conseil... à condition qu'il connaisse plusieurs prud'hommes, et qu'il soit prêt à plaider indifféremment chez toi ou à Paris.
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