Syndicats et pigistes

Questions et débats à propos de la pige et des pigistes : tarif d'une pige, statut du pigiste, comment trouver des piges ? Comment vendre des piges ? Droits des pigistes, ...
archaud
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Message non lu par archaud » 19 juin 2009, 17:54

J'ai déjà répondu, mais n'ai pas de problème à redire ce que j'ai déjà dit : parce que, dans le cadre de l'accord, les organisations patronales (le SPMI, le SPPMO, etc) se sont nominativement engagées sur des règles simples, claires. La loi, telle qu'est faite, manque de précision, notamment sur les règles à appliquer pour l'augmentation du prix de la pige, c'était, implicitement, laissé à l'appréciation de chacun, c'est-à-dire de personne. Dire, comme le fait la loi, qu'il y a obligation d'inscrire les pigistes sur la liste unique du personnel est une chose nécessaire mais insuffisamment étayée : et si monsieur Dupont fait pour le journal X une pige de 63 euros et 50 centimes dans l'année, doit-il être inscrit sur ladite liste ? Il fallait établir des règles, elles ont été établies. Peut-être sont-elle trop drastiques, sans doute exclut-elle trop de gens ; elles ont néanmoins le mérite de la clarté, et d'ouvrir des droits pour un certain nombre de journalistes payés à la pige.

A ton tour de me répondre : l'accord a été attaqué devant les tribunaux par le SNJ et consorts. Dont acte. Ils étaient fondés à le faire L'audience est prévue, de mémoire, pour septembre, et, selon toute vraisemblance, il faudra prévoir une procédure d'appel formulée par ceux qui auront été déboutés, qu'il s'agisse des syndicats signataires ou de la partie adverse. Sans oublier le possible pourvoi en cassation, procédure qu'il faut sérieusement envisager. Autant dire que tout ça mettra des années. Et à supposer que les syndicats contestant l'accord reçoivent le blanc-seing des tribunaux, on est reparti pendant des années pour une négociation d'un accord éventuel.

Bref, en conclusion : le jusqu'au-boutisme syndical interdira au moindre pigiste de profiter d'une évolution de son statut, de ses droits. En tout cas pas avant de longues, de très longues années. Les organisations patronales peuvent d'ores et déjà se frotter les mains...
cilou
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Message non lu par cilou » 19 juin 2009, 21:14

archaud a écrit :dans le cadre de l'accord, les organisations patronales (le SPMI, le SPPMO, etc) se sont nominativement engagées sur des règles simples, claires.
Nominativement ou pas, un accord a moins de valeur qu'une loi.
La loi, telle qu'est faite, manque de précision, notamment sur les règles à appliquer pour l'augmentation du prix de la pige, c'était, implicitement, laissé à l'appréciation de chacun, c'est-à-dire de personne.
Il n'y a aucune loi sur l'augmentation du prix de la pige. En revanche, il y a des lois sur le paiement en salaire, sur l'ancienneté, sur l'accord nécessaire du journaliste pour la réutilisation des textes, etc. Ces lois sont très claire, elles ne manquent absolument pas de précision... et pourtant elles sont régulièrement bafouées.
En ce moment, je me bats pour l'ancienneté. Les textes sont extrêmement clairs, il n'y a rien d'ambigu : l'ancienneté est due à tous les salariés, pigistes compris. Aussi bien l'ancienneté dans la profession que celle dans le journal, qui démarre à la première collaboration. Or, mes employeurs nous refusent ce droit, prétextant que l'ancienneté est intégrée au prix de la pige. C'est faux (il aurait fallu que nous l'acceptions par écrit, et l'ancienneté doit obligatoirement figurer sur le bulletin de salaire) et ils savent qu'ils sont dans l'illégalité. Mais ils s'en foutent. Qu'apporte l'accord là dessus ? rien du tout, au contraire, il diminue les droits.
Bref, en conclusion : le jusqu'au-boutisme syndical interdira au moindre pigiste de profiter d'une évolution de son statut, de ses droits. En tout cas pas avant de longues, de très longues années. Les organisations patronales peuvent d'ores et déjà se frotter les mains...
Sauf que tant que l'attaque de cet accord devant les tribunaux ne suspend pas la signature, me semble-t-il. Donc les employeurs doivent d'ores et déjà l'appliquer. S'ils ne le font pas, c'est une preuve flagrante de leur mauvaise volonté. Comme d'habitude.
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